bidem, p
6. Monographie de la Cathédrale de Chartres, par l'abbé Bulteau, t. III, p. 204.
142 Bonograpbie de la cathédrale D’Angers.
T'el est aussi l'avis de M. Merson : € Les vitraux du XII° siècle sont d’une coloration « plus claire, plus limpide que ceux du XITIe. Ces derniers semblent aujourd’hui plus « altérés. Les verres, d'une fabrication moins soignée, étaient plus raboteux et « retenaient davantage la poussière » (').
IT suffit d'ouvrir les yeux en entrant à Saint-Maurice d'Angers, pour partager l'opinion de ces maîtres.
Les trois verrières de la nef, n°5 3, 4, 5, dans lesquelles le blanc nacré dessine si bien les bordures sur un admirable fond bleu et dont les médaillons sont entourés d’une bande rouge, sertie de deux filets blancs perlés, l'emportent de beaucoup comme harmonie sur les verrières du chœur, exécutées au déclin du XIII: siècle, à plus forte raison sur celles des transepts.
Pourquoi faut-il que le chapitre, mal inspiré et dédaignane ces chefs-d'œuvre de la peinture sur verre (*),ait gaspillé au XVIII: siècle les autres verrières ? C’est au point de vue artistique, une perte irréparable.
Si je n'avais craint d’allonger outre mesure ces considérations, j'aurais fait quelques emprunts à l'introduction de M. l'abbé Guitaud, (Vztraux de Bourges, 1900) (:), dans laquelle il donne des pages si savantes et si judicieuses sur l'Aré du Vitrail.
D'après M. Mâle, tous les vitraux de l'Ouest, Chartres, Le Mans, Angers, Poitiers au XIT° siècle, sont l'œuvre de peintres-verriers, qui travaillèrent à Saint-Denis ou tout au moins de leurs élèves (+). « Par quelques traits, les vitraux d'Angers se rattachent encore « à l’école sortie de Saint-Denis : les couleurs, dont la limpidité, la fraîcheur, qui font le € charme des anciens vitraux de Chartres et particulièrement de l'arbre de Jessé. Les € fonds, conformément à la tradition du XII: siècle, restent bleus, de ce bleu transpa- € rent, si exquis à l'œil, dont le secret semble, perdu au siècle suivant. Enfin, #xe bordure € (d'Angers) donnée par le R. P. Martin dans les Vitraux de Bourges, ressemble telle- € ment à une bordure de Saint-Denis, qu'il est difficile de méconnaître l'origine des « vitraux d'Angers (‘). Nous trouvons ici, semble-t-il, une école locale, qui s'épanouira «€ surtout au siècle suivant et qui a été créée au XITI° siècle par des artistes, qui furent € en rapport avec ceux de Saint-Denis. » |
Aucun texte ne me permet d'appuyer ou de contester l'opinion de M. Mâle : elle me semble cependant très admissible en la rapprochant de ce fait, que le tombeau de l'évêque Ulger (mis en place entre l'achèvement des voûtes et l’année 1160) (f), était orné de plaques de cuivre couvertes de dessins sur un fond de vernis brun. Or, c'est la technique