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LÉGENDE DE SAINT JEAN L'ÉVANGÉLISTE

Sauf le tympan et la partie inférieure du XVIII: siècle, la verrière date du XITI° siècle et représente la légende de saint Jean l'Évangéliste ; elle fut réparée par Robin André en 1463. |

Le vitrail du XIIIe siècle, réparé en 1463, disparut en 1765 et fut remplacé par un vitrage informe dans lequel on distingue des morceaux de verre peint très finement du XVIe siècle et retaillés de la façon la plus grotesque, de façon à former une sorte de console. Ce chef-d'œuvre de mauvais goût (') fut exécuté en vertu de la conclusion capitulaire du 4 janvier 1765 : « Le vitrail de la petite porte du cloître du côté du chapitre étant « en totale ruine, sera refait à neuf. On prendra dans la nefles vitraux, qui sont au-dessus « des autels de Saint-André et de Saint-Joseph, qui seront mis en vitres blanches avec « une bordure de vitres peintes, s’il s'en trouve suffisamment pour cet effet. »

Robin André reçut en 1453 (*) « pour les deulx aultres fenestres de la dite croisée de devers le cloaistre tant pour verre que pour les relever et mettre en plom neuf pour chacune X Î. pour ce XX |.»

Une remarque s'impose ici au point de vue décoratif. Les deux verrières n° 20 et 22 du milieu du XIIIe siècle sont sur un fond bleu assez clair : les encadrements des médaillons sont encore composés d’une large bande rouge cernée de deux filets blancs, les bordures très larges rappellent celles du XII° siècle, les mosaïques ne paraissent pas entre les médaillons ; bref, on voit très bien entre ces fenêtres et celles du chœur une différence de couleur et de dessin notable. Ces dernières sont de 30 à 40 ans plus récentes.

3° Le CHœur.

Une partie de l’avant-chœur, c'est-à-dire de la travée, située avant l'abside, fut évidemment construite avec les piles de la croisée (voir page 29 de ce volume) ; d'autre part, l'abside est postérieure à 1274. Comment, après l'achèvement des voûtes de la croisée et des transepts, la clôture provisoire élevée sur le mur de la Cité fut-elle percée de fenêtres et vitrée ? je n’en sais absolument rien.

Toutefois, la différence de la décoration adoptée dans quelques verrières entre les médaillons, l'encadrement de ceux-ci et la composition des bordures me donne à penser que les N° 24, 43 et 44 seraient d'une date antérieure aux autres verrières et pourraient avoir figuré dans les fenêtres ouvertes dans le mur provisoire pour être ensuite replacées là où elles sont aujourd'hui. Je fais exception des N° 39 et 40 fabriquées vers la fin du XI1° siècle pour la grande fenêtre N° 13 de la façade.

Dans un article de la Revue d'Anjou, 1887, p. 1, Mgr Barbier de Montault écrit:

€... Le chœur ayant été construit en 1274, les verrières datent à peu près de cette € époque ; toutefois, celles qui avoisinent le transept, sont d'un XIII° siècle plus avance,

1. Archives de Maine et Loire. Série G. N° 385. Délibérations 1766-1767. Ce vitrail est un des quatre neufs « deux au-dessus du cloître et deux dans la nef au-dessus des autels de Saint-André et de Saint-Joseph qui furent payés 600 livres au sieur Morfeau, vitrier.

2. Archives de Maine et Loire. Série G. Fabrique, t. III, p. 24.

€ ce qui est facile à constater à leur style d'abord, puis à leur fonds d’un s2 beau bleu, qui € éteint par son intensité l’azur moins brillant des autres fenêtres... }»

Je suis d'un avis tout contraire. L'examen détaillé des vitraux du chœur, de l'’abside surtout (à part les N° 39 et 40) donne l'impression d’un travail antérieur de 30 à 40 ans à la construction de 1274, contemporain par conséquent de l’évêque Guillaume de Beaumont, mort en 1240, représenté au bas de la fenêtre N® 30 et 31 et dont les armoiries figurent au N° 43.

Faut-il en conclure que cet évêque fit fabriquer de son temps toutes les verrières, destinées à l'abside future ? aucun texte ne me permet de l’affirmer, mais la chose me paraît possible pour tout l’ensemble, surtout pour les N° 24, 43 et 44 dans lesquels on ne voit pas encore de mosaïques, formant tapisserie entre les médaillons. Quoi qu'il en soit de cette hypothèse, j'ai tenu à l'exposer ici, parce qu'elle cadre avec l’étude du parti pris par le peintre verrier, pour la décoration des verrières.

En 1818, un architecte mal inspiré a fait supprimer dans chaque fenêtre du chœur le panneau inférieur pour y substituer des assises de tuffeau, dans le but, sans doute, de mieux faire ressortir le dessin des rampes de fer du XVIII siècle ou pour éviter des

réparations.

Hauteur des fenêtres : 7M,15 — Largeur 1",78. LA VIE DE SAINT PIERRE.

A. Saint Pierre et saint Paul, traités de séducteurs par Néron, contemplent Simon, soutenu par deux démons au sommet d'une tour d'où il devait s'élancer vers le ciel (*). B. Après la prière de saint Pierre, les démons laissent choir le magicien, qui se brise

la tête (*).

C. Sur l'ordre de Néron, saint Pierre est enfermé dans la prison Mamertine (:). La

bordure porte à droite et à gauche de ce médaillon un écusson surmonté d’une crosse, indéchiffrable par suite de mauvaises réparations.

D. Un ange ouvre à saint Pierre la porte de sa prison.

E. Peu après en être sorti, l'apôtre rencontre le Christ et lui dit : € Seigneur, où allez-

vous ? (+) ».

F. Saint Pierre est amené devant Néron, assis sur son trône (°).

1. Legenda aurea, p. 103... Diem statuit (Symon) quo in celum deberet ascendere, quia indignabatur in terris amplius habitare. Statuto igitur die, turrim excelsam super capitolinum conscendit et indè se dejiciens, coronatus lauro, volare cepit. Dixit autem Paulus ad Petrum : meum est orare, tuum imperare. Dixitque Nero : verax est homoiste, vos autem seductores estis.

2. …Tunc Petrus ait : adjuro vos, angeli sathane, per dominum nostrum Jesum Christum, ut apostoli ipsum non feratis et corruere dimittatis. Et continud dimissus corruit et confractis cervicibus, expiravit.

3. Dixit Nero apostolis : Suspecto animo me fecistis, propterea malo exemplo vos perdam deditque in manibus Paulini viri preclarissimi qui tradidit eos in custodiam mamertini… |

4. Cum venisset ad locum qui nunc dicitur sancta Maria ad passus vidit Christum sibi occurrentem et ait: Domine, què vadis ? Respondit : Venio Romam iterum crucifigi. Cui Petrus : iterum crucifigeris ! Cui domiaus :eciam. Petrus verd ait : Ego domine revertor ut tecum crucifigar.…

$. … Cui (Nero) dixit : Tu es ille qui in plebibus et mulieribus quas a thoro virorum separans gloriaris ? Quem apostolus increpans dicebat se in cruce domini gloriari. Tunc Petrus tanquam aliegena jussus est crucifigi, Paulus verè qui

erat romanus jussus est capite truncari.

Œbapitre riv. — Les itraur. 163

G. Sur l'ordre du tyran, il est crucifié la tête en bas (°).

H. Un ange, aux aiïles éployées, contemple la scène.

La bordure inférieure manque : on l’a placée au bas de la fenêtre N° 39.

LA VIE DE SAINT ÉLoI.

A. Saint Éloi est tout d'abord maréchal : on lui amène un cheval à ferrer.

B. Un sujet manque : ce 2° médaillon est en verre blanc.

C. Le saint frappe une enclume, devant un personnage agenouillé.

D. Le roi confie à saint Éloi de l'or et des pierreries, pour lui faire un trône : celui-ci les pèse. S. ELIGIVS.

E. Saint Éloi présente au roi deux trônes exécutés avec la matière d'un seul (*).

F. Le saint prend avec des pinces rouges le nez d'un diable, qui l'obsède pendant son travail.

G. Saint Éloi pèse la monnaie, frappée avec l'or, qu'on lui confie.

H. Jésus-Christ semble inviter le saint à venir recevoir sa récompense. La partie gauche a été refaite au XVI° siècle.

Antérieurement à la translation, vers 1832, de la moitié de /4 vie de saint Martin, enlevée de la grande fenêtre au-dessus de l'orgue N° 13, quelle était la légende peinte dans cette baie ? je l’ignore.

Depuis 1895, elle renferme une grande fgure de saint Christophe et quatre bustes d'Apôtres, peints au XVI siècle et provenant de la chapelle de sainte Croix du Verger.

Au commencement du siècle dernier, ce vitrail avait été placé dans la fenêtre principale de l’abside, où il faisait le plus mauvais effet, entre les verrières du XIIIe siècle (:).

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