‹ Monographie de la cathédrale d'Angers. Les immeublesChapitre 263 sur 359 · GE D D ER 2 D EE · texte numérisé non relu

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UTREFOIS les tailleurs de pierre concouraient à la perfection d'un monument comme le maître de l’œuvre et sous sa direction. Ils travaillaient dans le chantier fort à leur aise, puisqu'ils pouvaient tourner chaque bloc de pierre en tout sens. Moulures, frises ornementées, chapiteaux, modillons, statues étaient presque toujours achevés avant la pose. Sous le titre modeste de /az/leurs de pierre ou d'imagrers, ils confiaient leur besogne terminée à l’appareilleur pour

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la mettre en syessl Cette méthode était fort avantageuse ; elle permettait d'employer dès le début d'une

construction un grand nombre d'ouvriers et d'éviter de sérieuses difficultés d'exécution. Ainsi, comment sculpter sur le tas certains détails des modillons ou encore les fleurs à quatre pétales des arcs diagonaux de la voûte de la nef ? Ceux-ci ont certainement été terminés avant d’être posés sur les cintres de charpente, dressés pour la construction. On remarquera aussi que dans les moulures ornées de dents de scie du XIIe siècle, celles-là sont toujours entières aux deux extrémités de chaque pierre et ne sont pas coupées au hasard par un joint, comme cela aurait lieu de nos jours, quand les sculptures sont faites après la pose.

Ce n'est pas toutefois une règle absolue. En quelques églises, afin de les terminer promptement, par économie ou pour toute autre raison, les chapiteaux ont été laissés bruts : on se contentait alors de tracer la moulure des tailloirs, et la corbeille restait inachevée. On en peut voir des exemples en Anjou à l’arcature extérieure du clocher de Mouliherne, dans la nef de l’église paroissiale de Fontevrault, dans la chapelle de la Vraie-Croix de l’abbaye de la Boissière, dans le chœur de Saint-Germain-sur- Vienne et en maint autre édifice. Le même cas se présentait avant 1451 dans le transept nord de notre cathédrale, dont ni la clef de voûte, ni les chapiteaux des piliers situés à droite et à gauche de la rosace, ni ceux de la grande arcature, sur laquelle s'appuie la galerie de circulation, n'avaient été sculptés.

Le chapitre chargea André Robin, maître des œuvres, de les achever avant de lui faire badigeonner la voûte. Mais le tour de main n'était plus le même; les feuillages et les ” crochets saillants de ces chapiteaux laissent beaucoup à désirer ; on reconnait au premier coup d'œil ces sculptures d'avec celles du XITI° siècle.

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