‹ Monographie de la cathédrale d'Angers. Les immeublesChapitre 264 sur 359 · I. EXTÉRIEUR DU MONUMENT · texte numérisé non relu

I. EXTÉRIEUR DU MONUMENT

La sculpture du portail, dont on a vu les détails p. 52 et suivantes, est très remarquable. Les chapiteaux sont ciselés avec un soin merveilleux ; les statues ont un caractère de grandeur et de simplicité, qu'on ne trouve pas souvent aïlleurs ; enfin, la frise extérieure ressemble plus à un travail d'orfévrerie, s-mé de cabochons, qu'à celui de la pierre.

La composition des beaux chapiteaux de l’arcatire voisine de la grande fenêtre de la

198 Sonograpbie De la cathédrale Dv'Angers.

façade, rappelle la sculpture si mâle et si bien entendue de la tour Saint-Aubin, construite par l'abbé de la T'our-Landry de 1130 à 1154.

Quel était le mérite de la sculpture de la galerie ou du porche détruit en 1807 ? il n’en reste qu'un chapiteau mutilé, mais bien fait pour faire regretter cette superbe annexe.

Au-dessus de la grande fenêtre, à la place d'une galerie modeste à baies cintrées, mettant les deux tours en communication l’une avec l’autre, /ean de l Espine éleva de 1535 à 1540 un pan de mur très richement décoré de pilastres, séparant huit statues colossales. J'en ai donné la description au chapitre des clochers, ainsi que de la partie supérieure de la façade, dans laquelle les sculptures avaient été prodiguées : inutile d'y revenir. Cependant, grâce à l'échafaudage dressé dernièrement, M. le chanoine Urseau a pu déchiffrer un nom de tailleur de pierre, gravé sur le pilastre du milieu: c'est une intéressante découverte, car personne ne connaissait jusqu'à l'an dernier le nom de l'ornemaniste, auquel était due la décoration des pilastres. [l s'appelait Léz/# Œuyer, nom tout à fait angevin.

Chose curieuse, chaque assise des pilastres entre les statues est ornée d'un motif de sculpture inspiré de l’Antique ou de la fantaisie, mais il se répète identique de gauche à droite au même niveau dans le sens horizontal et s'arrête scrupuleusement en haut et en bas de chaque morceau de pierre, de façon qu'aucune partie en relief n'empiète sur un joint. |

On a conservé l'épais cahier-journal de /ean de Lespine, donnant pour chaque semaine le nombre de journées de maçons, et de manœuvres, employés à la construction de la tour centrale. Malheureusement, les noms des maçons travaillant à auf on en bas n'y figurent pas.

Nous avons vu, p. 84, /ean de Lespine remplacer le clocher d’'ardoise, brûlé en 1533, par un pan de mur décoré de pilastres et de statues entre 1535 et 1540,sur lequel s'appuie la façade de la tour centrale. [ci nous devons maintenant associer le nom de Zézin Guyer, sculpteur ornemaniste, comme nous dirions aujourd’hui, à celui de /ean Giffart et de Jean des Marets, ymagiers, auteurs des huit grandes statues de saint Maurice et de ses compagnons.

La date de 1537 gravée sur des cartouches au même niveau que le nom de Zézin Guyer, donne l'année exacte du travail de cet artiste. On ne peut apprécier l'exquise délicatesse et la belle ordonnance des tabernacles à jour et des culs de lampe des statues, . que de l'échafaudage élevé au devant en ce moment. Ces détails, trop fins et si étudiés, ne se voient pas assez d'en bas, pour qu'on puisse en juger.

A qui attribuer l'exécution des beaux bas-reliefs, posés en 1537 entre les petites bales de la tour du Nord ? je ne saurais le dire. On y voit des têtes de mort de grande dimension et des enfants soutenant des cartouches... pourquoi ? Les cloches de l'Ordinaire, suspendues en cette tour n'étaient pas spécialement affectées aux offices funèbres, comme le seing mortuaire de la cathédrale de Rouen... Alors à quoi bon ces insignes macabres?

Ces bas-reliefs n’auraient-ils point été préparés à l'avance pour le tombeau de l'évêque François de Rohan (') ) décédé et enterré à Lyon en 1536? Le chapitre a pu vouloir en

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