Côté Est
26, 27, 28, 29, 30. Idem, le chapiteau n° 29 est bien à deux rangs de crochets, mais le tailleur de pierre a négligé d'imiter les feuilles et les bourgeons du XITT° siècle ; il a placé aux extrémités des feuilles en style du XV° siècle.
Les bases des colonnettes qui reposent sur tous ces chapiteaux ont été taillées au X V° siècle; elles avaient été laissées brutes jusque-là comme les chapiteaux inférieurs. Il n'y a d'exception que pour le n° r6.
ITI. CHœur.
Tous les chapiteaux secondaires, correspondant à ceux que je viens de décrire dans les transepts, sont masqués par la boiserie formant le dossier des stalles : il est impossible de les voir. En quelques endroits de l'abside, ils sont remplacés par des culs de lampe, comme on peut l’apercevoir dans le dessin du vol. II, p. 32.
Clefs de voûte.
Ïl n'y en a que quatre dans toute la cathédrale. Les trois travées de la nef n’en comportent pas. L'oculus ménagé dans la voûte de la croisée, pour le passage du Æaranier, remplace une clef de voûte.
206 Sonograpbie de la catbédraie d'Angers.
Celle du transept sud est ornée de feuillages sculptés au XIII° siècle. Au contraire, celle du transept nord n'a été taillée qu'au XV: siècle (bien qu'elle ait la même apparence que la précédente) par 2obrn.
La travée carrée du chœur est ornée d’une belle clef de voûte à feuillages, et les nervures du rond-point se réunissent autour d’une figure de Notre-Seigneur bénissant.
Satues.
Au sommet de chacune des sept fenêtres de la lanterne du chœur, des statues d'un mètre trente centimètres, sont incrustées en relief dans le remplissage de la voûte. Elles représentent non pas des Anges, mais des personnages debout, tenant les instruments de la Passion (couronne, croix, lance, les autres difficiles à distinguer). Ces statues ainsi posées sont une des caractéristiques du style plantagenet. On en rencontre des exemples atlleurs.
Je ne puis clore cette revue des sculptures intérieures de la cathédrale, sans faire remarquer les jolis motifs (têtes humaines ou feuillages) terminant les redents des rosaces à cinq lobes des baies géminées du chœur, et l’heureux contraste qui existe dans le chœur entre les tailloirs simplement moulurés des colonnes, qui séparent les sept fenêtres de l'abside, avec les tailloirs enrichis de feuillages des colonnettes placées à droite et à gauche des fenêtres. Ceux-ci se prolongent même pour former des frises, qui pénètrent dans l'épaisseur des fenêtres. Tout cet ensemble est de l'effet le plus heureux.
Voilà pour l'édifice lui-même ; mais, les stalles du XIII: siècle, renouvelées en 1783 et années suivantes, les tombeaux et les épitaphes, les orgues, le jubé, les autels, les religuaires où armoires du trésor ou de l’urne de Cana, en un mot tous les monuments élevés dans la suite des siècles, dont on trouvera la description dans les volumes II et III, nous montrent combien la sculpture avait été prodiguée dans notre cathédrale. De tout cela la majeure partie a disparu : nous avons cependant encore le maître-autel, deux autels secondaires, le buffet d'orgues, quelques débris de tombeaux, la boiserie du chœur et les stalles.
Les petits autels modernes sont médiocres et j'ai trop longuement décrit les tombeaux de Mgr Angebauth et de Mgr Freppel, et la chaire, soit disant monumentale de l'abbé Choyer, pour y revenir.
lo INTÉRIEUR DE L'ÉGLISE.
Er x UAND on démonta la rosace du côté sud, il y a quelques années, on NN" fut très surpris d'apercevoir sous le badigeon des restes de peinture, À: sur les colonnettes et les arcatures rayonnantes.
On avait évidemment voulu mieux faire ressortir le réseau de la pierre entre les vitraux. Dans ce but, le peintre avait employé le noir en grandes surfaces sur les moulures accompagnant latéralement les fûts et les autres parties de l'architecture, tandis que le jaune et le vermillon posés à plat éclairaient les colonnettes et les arcatures. Une rangée de feuilles polylobées et semblant courir l’une après l’autre s’enlevait en noir sur l'encadrement de la petite rosace centrale. Les redents de celle-ci comme la moulure extérieure de toute la rose dénotent une restauration opérée au cours du XVI° siècle.
Cette décoration polychrome, adoptée aussi pour la rosace du côté nord, serait à rétablir : elle ajouterait certainement à l'effet des vitraux.
Le 14 mars 1437, le chapitre fit marché avec un peintre « pour représenter la vie de « saint Waurice autour du chœur (*) ». Qu'est-ce à dire ? Une fresque, peinte sur les murs de l’abside ? N'étaii-ce point plutôt le modèle ou patron sur toile de la tapisserie, donnée en 1459 par le chanoine Hugues Fresneau (*) et qui € se fendait à l'entour et au dedans du cueur }? Ici le mot cœur ne désignerait pas l'abside et le sanctuaire de la cathédrale, mais simplement l'endroit où on chantait, l'ensemble des stalles, placées dans l'intertransept, au haut de la nef, dès le milieu du XITI® siècle. Cette question sera facile à trancher, si plus tard la boiserie du chœur disparaît : on trouvera peut-être sous le badigeon quelques traces de cette vie de saint Maurice, dans le cas où elle aurait été peinte à fresque.
Les chapiteaux et les modillons de la nef reçurent comme les rosaces une décoration sommaire en rope et en or: on la découvrit en 1872, au moment de l'enlèvement du badigeon. Peut-être en est-il de même dans tout le pourtour de l’église ? C’est ce que l'avenir nous apprendra. Cet embellissement, qui rappelle les peintures de la 1° travée de la cathédrale de Laval, était-il de très ancienne date ? Je ne le crois pas. Je lis en effet sur une feuille de parchemin, détachée d'un compte du XV° siècle (vers 1481), ce qui suit: € Z{em Johann: Kouaneye, ro fictura chimerarum in pilaribus Prediutæ navts exislentium eliam ex conventione facta inter ipsum capilulum et Rouaneye, Piciorem CX VIT s. d.» W se peut fort bien qu'on ait ainsi enluminé les chapiteaux et les modillons, pour les mettre en harmonie avec la partie de l'église, dans laquelle l'orgue, sa tribune et l'encadrement de la grande fenêtre resplendissaient de dorure et de vives