Monographie, vol. II, p
Œbapitre rri. — Réparations € et embellissements. 243
Plusieurs cloches sont refondues en 1570 et le Gros Guillaume, coulé en 1572, domina de sa voix grave toute la sonnerie jusqu'à la Révolution (:).
XVIIe siècle.
Daussart, de Tours refond en 1609 Zxnocent, second bourdon, gur éfait brisé et François Lamt fait subir la même opération à la petite ordinaire en 1616 (*).
L'orage du 25 mai 1617 ne fut guère moins funeste à la cathédrale que l'incendie de 1533. |
Le 13 juin 1617 comparaissent devant #ranpçois Lanter, lieutenant général du Roi et devant le sénéchal d'Anjou Maistre Adam Eslie, advocat et procureur du chapitre, assisté des chanoines Ponthus Jousselin et Claude Taillebois ; is exposent (*) «que le jour de la « feste-Dieu 25 mai sur les neuf à dix heures du soir, la fouldre tomba du ciel sur « divers endroits de leur église et sur les clochiers d’icelle, qui a faict de très grands bris, « causé de très grandes pertes et ruynes, les quelles ne se peuvent faire réparer qu'avec- « ques très grande somme de deniers de quoy ils désiroient être par eulx faict procès- 4 verbal en présence du procureur du Roi... »
À cette requête laissée par écrit, le lieutenant général répond, en décidant de se rendre avec le procureur du Roi le jeudi suivant en la dite église pour dresser procès-verbal « des ruynes, bris et ruptures sur la monstre qui en sera faicte par les chanoines et la € visitation par experts et gens à ce congnaissant. }
Au jour dit 15 juin, le lieutenant général, le procureur du roi et /acques Gohory, commis du greffier se rencontrent sous la galerie de l’église avec les chanoines Guzl/laume Louveau, Kené Gaignard, Ponthus Jousselin, Estienne Quétin et Claude Taillebors, qui requèrent les magistrats de € se transporter ès clochiers et tours, aux galleries qui sont « autour d'icelles, afin de leur faire monstre des ruynes... »
Ceux-ci font alors comparaître Vincent Camus, Jehan Moreau, Micou, maczons, René Menant et Bonnel Nynard, maistres charpentiers, Guillaume Ménard et Isidore Gaultier, couvreurs d’ardoise, André Marcadé et André Bonontus, vitrier, Alexandre Liprou, serrurier et /acques Girardet, facteur RS ORBUES experts pris d'office pour la visite, dont ils reçoivent le serment.
Cela fait, tous montent de compagnie.
Ils constatent « au clochier vers les Jacobins (Sud) deux ruptures (*) audedans dudict « clochier vers le septentrion, l'une au milieu de la hauteur, l’autre un peu plus bas, « chacune des dites fractures de deux piés en carré et qui pénétrent presque tout au « travers de la muraille. }
La tour centrale fut encore plus maltraitée :
.. Nous ont monstré la dicte tour et daulme en deux faces dicelle (:), les balustres
Ibidem, p. 97 et 98.
Monographie, vol. II, p. 99.
Fabrique, t. IV, p. 528 à 559.
On parle même de trois déchirures ou fractures dans le procès-verbal du 30 octobre 1617. Du côté de la façade et du côté de la nef.
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244 SBonograpbie De Ia cathédrale d'Angers.
€ rompues et abattues, ensuite les corniches qui estaient posées sur les dites balustres et les « quelles portent le dessus de la dicte tour, les dites fractures en la grandeur de quinze « à seize pieds de haulteur et de quatre à cinq pieds de large et encore un pillier faict en € saillie fendu en la longueur de cinq à six pieds se séparant de la dite tour avec les € parapets faits d'architecture des dits deux clochiers et daulme qui sont rompus.
« Îtem nous ont monstré un des coings du dit daulme du coté de l’église de la paroisse € saint Maurice, dans lequel il y a une grande fracture qui commence depuis le hault « des corniches qui portent les balustrades jusqu'à une architrave audessous de la « grandeur de vingt-cinq pieds de hauteur et encore audessous du pilier fendu et qui « brise tout ledit coing presque à jour et en l'épaisseur de la dite tour et daulme, en € sorte qu'il y a danger que le dit coing n'ayant plus de support que la dite tour tombe «€ et ne ruyne du tout, ce qui serait un dommage inestimable, par le moien desquels « bris sont tombés une infinité de grosses et longues pierres sur les parapets d’autour « qui les ont du tout rompus et passant outre est tombée sur la couverture du corps et « nef de la dite église qui a rompu une grande partie de la charpente et couverture en € la hauteur de vingt cinq à trente pieds et en l'estandue de quatorze chevrons, la « sablière cassée et plusieurs autres pièces de charpente brisées. Et de l’autre côté vers la « porte Angevyne une grande fracture en la dite couverture commençant depuis le haut « dicelle jusqu'au bas du parapet.
€ Item nous ont monstré la vouste du grand vitrail, qui supporte tout le devant « dudict daulme, de laquelle il y a plusieurs pierres cassées et tombées, même les € voussures dicelle par la force dudit tonnerrè, qui a rompu le devant de la grande porte « principalle entrée de la dicte église qui était ornée de plusieurs ymages peintes (\) € et même rompu des jambages aux portes de l’église de la paroisse et de la chapelle € Sainte Anne...
€ Nous ont aussi monstré huit petittes pyramides de pierre de tuffeau et plusieurs € images qui estoient autour des dits clochiers rompues et ruynées, la plupart des « quelles tombées sur la couverture l'a rompue en plusieurs endroits.
€ Nous ont encore monstré dans l’escallier à monter ès clochiers au droict de la € première gallerye proche des voultes une grande fracture dans la muraille, provenant € de la force du dit tonnerre.
€ Idem nous ont monstré les parapets faits en balustre d’architecture du côté vers le « pallais épiscopal ruynés en la longeur de trente six pieds et en leur haulteur d’acou- « doire (°).
« Idem nous ont monstré un apentis qui couvre la voulte pour aller à l'horloge la € plupart découvert.
1. Ce passage contredit la note 1 de la page 57. Plusieurs auteurs, entre autres Louvet, qui avait vu le portail avant sa restauration, disent qu'avant cette restauration, il n’était pas peint. |
2. Ce passage, donnant la longueur de érente six pieds de parapets faits en balustres d'architecture vers l'évêché, peut concerner les tours, mais la première travée de la nef, au-dessus de la chapelle de Sain.e-Anne, dont le paraP ferait après 1533 aurait été composé de balustres et non d’un mur plein.
Œbapitre rri. — Képarations et embellissements. 245
« La couverture de la gallerye estant audavant de la grande porte de la dite église qui € couvre les soufflets des orgues est dutout descouverte et l'ardoyse et la latte ruynée € par les pierres des clochiers tombées sur la dite couverture.
€ Idem la couverture de la dite église tant de la nef que du cueur, grand autel et « chappelles rompue tant en ardoyse que lattes en plusieurs endroits.
€ Idem nous ont monstré le grand vitrail de la dite église rompu et du quel sont « sortis la plupart des carrés et panneaulx diceluy, la ferrure et les verges ostées et « plusieurs aultres vitres de fenestrages dicelle cassés en plusieurs endroits.
«4 Idem nous ont monstré les orgues, dont la superficie touche jusques à la voulte qui « sont baissées de beaucoup et à ce moyen les jeulx gastés et rompus et les orgues « discordantes et dont l’un des claviers est fracassé par la viollence du tonnerre, etc.
Le lieutenant général enjoint aux experts de lui en faire un fidèle rapport le lundi suivant.
€ Auquel jour dix neufième du moys et an ont comparu Vincent Camus et [ehan € Moreau maczons, Kené Menant et Nynard, charpentiers, Guillaume Ménard et € Gaullier, couvreurs, A/exandre Liprou, serrurier, André Marcadé et André Bourneuf, « vitriers et /acques Girardet facteur d'orgues ; chacun d'eux fait son rapport et devis € estat de calcul ».
— Les maçons, après avoir insisté sur les échafaudages et les engins nécessaires pour monter les pierres si haut, déclarent qu'il faudra & {2er la plupart des pierres avec du fer et du plomb » et demandent y compris les sculptures onze mille livres.
— Les charpentiers réclament « pour quatorze chevrons, de cinquante huit pieds de long, € cent soixante pieds de sablière à remettre à neuf, vingt quatre fermes, garnies d’entre- € veaux, jambettes, blochets, sablières, jambes de force, poinczons et croix, qu'il faudra € chercher au loing de plusieurs forests, avec les engins >» quatre mil livres.
« La charpente de l’église et de la chapelle des chevalliers est fort offancée : grand { nombre d'entrevaux, blochets, jambettes et sablières sont rompus, etc... pour les € réparer quinze cents livres.
€ Cent vingt huit pieds de sablière, vingt deux blochets et un tirant d'un pied en € carré et de cinquante deux pieds de long sur la chapelle Saint-René (rond-point) € coûteront huit cents livres.
€ Le beffroy du clocher vers les /acobins est à reffaire. Il a quatorze pieds en son € carré, composé de six pourteaux de trente pieds et de quinze pouces en carré, douze € entretoises de quatorze pieds de long et d'un pied en carré, de vingt quatre croix de € saint André chacune de douze pieds de long, huit pouces en un sens et sept dans € l’autre et coutera non compris la ferrure deux mil cinq cens livres.
€ En l’aultre clocher, où sont les Ordinatres, il faut réparer un plancher d'aissis de six « pouces d'épaisseur, pour ce soixante livres.
«€ La charpente et le petit escalier de boys pour monter à l'horloge sont tout brisés € par le tonnerre et la chute des pierres, pour ce trois cent cinquante livres.
— Les couvreurs estiment la réparation à huit cent livres.
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246 SBonograpbie de la cathédrale D'Angers.
. — Le serrurier demande six sols par livre de fer employé eu esgard à la partie haulte et au danger à ce faire ».
— Les peintres verriers réclament deux mille livres.
— Enfin, le facteur d'orgues évalue la réparation de l'instrument à dix sept cent cinquante livres.
Au total, 25,760 livres, sans parler du serrurier, qui n'a pu faire un devis, ne sachant pas à l'avance ce qu'on lui demanderait € sinon à mesure que la dite réparation se fera, « en liens, assemblaiges, pattes, chevilles crampons et autres ferrures, spéciallement « pour l'assemblage de corniches et parapets des clochers et beffrois par l'avis des € architectes ».
Un second procès-verbal des 23 et 24 octobre 1617 nous fournit les noms de quelques autres experts (') et leurs nouvelles demandes beaucoup plus modérées puisque le total ne monte plus qu’à 6,240! qui sont portées à 6,290! par le sieur de la Perrière, trésorier général de France dans une pièce datée du 13 décembre 1617 (°).
Les trésoriers ayant envoyé l'affaire au grand conseil, les chanoines adressent au Roi en 1619 une requête pour obtenir que la somme de 1500 livres payée annuellement pour les décimes, soit appliquée à la réparation de l'église pendant plusieurs années jusqu'à concurrence des 10,000 livres, auxquelles ils évaluent le montant des réparations (:).
En voici la conclusion :
€ .… À ces causes, Sire, dont il appert par les pièces y attachées et attendu la faveur € et qualité de cette demande et quil seroit honteux de laisser plus longtemps la dite « église, portail, orgues et clochiers en la désolation et ruineux état où ils sont € depuis, il vous plaise ordonner que les quinze cents livres ou environ que les dits € supplians payent annuellement pour les dits décimes, seront employés par advance € d'années aux réparations jusques à concurrence du total des réparations, desquelles € les acquits seront rapportés par devant les dits thrésoriers généraux de France à € Tours. |
Le chapitre avait le 15 juin 1619 présenté requête à l'assemblée générale du Clergé de France (*) pour obtenir son appui et aussi demander €à ce qu'il leur plaise leur « faire remise et donner descharge pendant sept années de dix mille livres à prendre « sur les décimes de leurs diocèse, ou à tout le moins sur celles que payent les « dits evesché et chappitre, revenant à quinze cents livres, afin de leur donner le moien « de faire réparer les dits église, clocher et orgues. Ils leur rappelaient «que messieurs « du clergé avaient trouvé bon avecq la permission du Roy, de faire chacun an un fonds
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1. Fabrique,t. 1\V, p. 562 à 571. Saïillard, prêtre organiste. — CAaniyne et Robin, sculpteurs. — Bourneuf; ne Lotroust, couvreur, Amand, charpentier, Renard, serrurier, enfin Dagobert Guillot, maître des œuvres, voyeur € visiteur pour le Roy en Anjou.