VI. Œonstruction Du chœur, après
Un grand mur provisoire fermait le chœur au niveau du mur de la cité. Restaient à édifier plus de la moitié du chœur et le rond-point tout entier. Il fallait abattre le mur d'enceinte, comme on l'avait fait à Bourges et au Mans pour l'achèvement des cathédrales de ces deux villes. L'antique muraille, propriété du chapitre, était inutile depuis la construction par saint Louis d'une nouvelle enceinte : aucune difficulté à la renverser pour allonger le chœur. Mais, au delà se trouvaient une rue et un terrain vague situés en arrière de l’église Sainte-Croix, appartenant au comte d'Anjou. Celui-ci voulut bien en faire abandon le 17 février 1274 (°). { Karolus Dei gratia, rex Siciliæ... comes Andegavensis... Cum nos haberemus inter majorem et sanctæ Crucis ecclesias, gnamdam viam seu plateam vacuam, sordidis patentem usibus, sed ulilem pro vestra ecclesia amplianda, concedere vobis.….. dienaremur. »
Un acquit, signé de Thomas Lointier, pour un appentis & inter le cevez monasterii beati Mauritii Andegavensis, daté de l'année 1276, semble indiquer que l’abside était sinon terminée, du moins fut avancée à cette époque (°).
Après avoir abattu le mur d'enceinte au niveau du pavage, on entreprit les fondations de l’abside.
Un tiers de l’avant-chœur était déjà construit avec des pierres d'attente, car il avait bien fallu l’entreprendre en même temps que les piles de la croisée pour maintenir la
poussée des voûtes.
Dans son ensemble, le chœur comprend une travée sur plan carré et une abside
1. Voir ce que je dis à ce sujet dans le volume II, pp. 96 et 97.
2. On a retrouvé dans les fouilles de 1902, les piliers et les murs des anciens transepts, de la croisée et du chœur enfouis de 1°,45 : on ne s'était donné la peine de les démolir que jusqu’au niveau du pavage exécuté au XIII° siècle — le même qu’à présent, à dix centimètres près.
3. Le manuscrit N° 656 de la bibliothèque d'Angers, p. 179, nous donne son éloge funèbre dont je citerai seulement ce qui suit : € À domo domini sumens exordium et antiquam hujus ecclesiæ structure fabricam, temporum vetustate et quadam caliginosa fuligine denigratam, eleganti ædificio et illustris operis novitate renovavil…
4. Celui du Sud prit le nom de chapelle des chezraliers après la fondation de l'Ordre du Croissant, par René d'Anjou, en 1448 et celui du Nord s’appela la chapelle de Jean Michel, après la mort de ce saint évêque, en 1447. Plus tard, quand le souvenir de Jean Michel disparut, on le désigna sous le nom de chapelle des Évéques, parce qu’il servit longtemps de lieu de sépulture aux évêques.
5. Notice de la ville d Angers, par Thorode, publiée avec notes par l’abbé Longin, p. 64.