‹ Monographie de la cathédrale d'Angers. Les immeublesChapitre 35 sur 359 · Archives de Maine et Loire, Série G, N · texte numérisé non relu

Archives de Maine et Loire, Série G, N

30 eonographie de la cathédrale D'Angers.

circulaire jusqu'au niveau de la galerie intérieure et à sept pans dans la partie supérieure ou lanterne ('). I] faut admirer l'ingénieux artifice du maître de l'œuvre pour dégager ses fenêtres, toutes étincelantes de beaux vitraux. Afin d'empêcher les arcs convergeant à la clef de voûte centrale, de masquer en biais la partie supérieure des fenêtres, il a établi les chapiteaux des colonnes de l'abside beaucoup plus haut que ceux des arcs doubleaux de la première travée du chœur. De cette façon, le spectateur, placé au milieu de la nefet dans l’axe de la croisée, peut embrasser d’un seul coup d'œil dans toute leur hauteur et en leur entier les cinq fenêtres du fond de l'abside. Malheureusement, le couronnement de l’autel à baldaquin détruit l'harmonie et les heureuses proportions de cette immense voûte du rond-point, si habilement combinée et enrichie de plusieurs statues, formant saillie, dans le remplissage de la voûte au-dessus de chacune des fenêtres.

Le maître de l'œuvre s'est évidemment inspiré du chœur de l’église de Saint-Martin d'Angers, un peu plus ancien. Seulement, au lieu de faire reposer des statues de deux mètres de haut sur les tailloirs des chapiteaux à la place ordinairement destinée à la retombée des nervures, d'agrandir le rayon de la courbe de celles-ci et de remonter jusqu'au-dessus de la tête des statues, il a prolongé le fût de ses colonnes de deux à trois mètres. Les chapiteaux du rond-point se trouvent donc placés beaucoup plus haut que ceux du reste du chœur,

Cette disposition, outre l’avantage qu'elle présente par rapport aux fenêtres, fait paraître le rond-point encore plus élevé, qu'il ne l'est en réalité.

La charpente du chœur n’a jamais été renouvelée : c'est un rare et beau spécimen de l'époque. On y aperçoit fort bien la reprise opérée, au moment de la construction de l'abside.

Les contreforts peu saillants du rond-point, montaient autrefois de fond, sans glacis ni ressaut jusqu'à leur sommet, comme ceux de la nef. Leur partie supérieure a été complètement modifiée au moment de la restauration générale.

VII. Comparaison entre l’œuvre du xii° siècle et celle Du xiti.

Bien que les corniches à modillons aient été généralement abandonnées à la fin du XIIe siècle, l'architecte les a prodiguées dans les transepts et le chœur tant à l'intérieur qu'à l'extérieur. L'ensemble de l'édifice y a gagné : au premier abord, il est presque aussi satisfaisant que s’il avait été bâti d’un seul jet. En y regardant de près cependant, la sculpture des chapiteaux et des corbeaux de la galerie de la nef (cktmeræ) l'emporte beaucoup sur celle du reste du monument. Les modillons de la corniche intérieure des transepts et du chœur laissent grandement à désirer. Ils ne sont plus à une échelle satisfaisante : en général, leur masse est mal équilibrée. Les têtes des figurines montent trop haut et déforment le profil du modillon. (Voir volume II, p. 26.) Ils ne semblent plus bien remplir leur fonction de support de la corniche (°).

1. Archives de Maine et Loire. Série G, N° 264, article 334: € Item autour de la /un/erne du cueur, fault réparer douze toises de muraille. »

2. M. Mérimée exprime le même jugement : « Bien qu’au milieu de ces travaux, un nouveau style d'architecture prit naissance on ne laissa pas de se conformer au plan original, sauf de légers changements de détail, qui prouvent de la

Œbapitre i. — Œonstruction De la cathédrale. 21

De même, la sculpture des chapiteaux, bien qu'elle soit largement traitée, est bien inférieure à celle du XIIe siècle. Les tailloirs sculptés n'ont pas la fermeté et la simplicité grandiose de ceux de la nef: ils se confondent avec la corbeille du chapiteau. Hâtonsnous d'ajouter que si dans les détails de la sculpture, le maitre du XIIIe siècle a été inférieur à son prédécesseur, il l’a surpassé dans le tracé des voûtes. Profitant des progrès accomplis en quelques années, il leur a donné plus d'élégance et surtout de légèreté. Leur forme domicale caractéristique du style Plantagenet est bien conservée, mais il a su les enrichir en ajoutant quatre liernes du sommet de l'arc doubleau à l'arc formeret. Tandis que dans la nef, l’arc diagonal s'appuie maladroitement sur le tailloir en laissant vide une grande partie de sa surface (:), il l’a fait retomber dans les transepts et le chœur sur l'angle même du tailloir d’une des grosses colonnes qui reçoit en même temps deux arcs doubleaux secondaires. L'un a développé le thème de l’autre. Si l'architecte du XIIIe siècle a la palme pour l’heureuse disposition des nervures de la voûte, celui du XIIe a plus encore droit à notre admiration pour son audace d'avoir, peut-être ici pour la première fois, lancé dans l’espace des voûtes aussi larges, pour l'appareil si soigné des piliers ec des arcs et encore pour la sculpture grandiose de la nef.

Le gros œuvre de la cathédrale est terminé.

Nous allons maintenant examiner en détail : 1. & l'extérieur, le Parvis, la Galerie, le Portail, la Façade. les Clochers et chacun des édifices accessoires, groupés autour du monument, 2. à l'intérieur, la Sculpture, les Vitraux et le Pavage.

Deux chapitres seront consacrés l’un aux Accidents (Ouragans, Incendies, Dévastations, etc.) l’autre aux Réfarations.

Enfin je rapporterai quelques-unes des anciennes Descriptions de la cathédrale. On saisira ainsi sur le vif l'impression produite sur les voyageurs par l'église Saint-Maurice si chère à tous les Angevins.

Avant d'entamer tous ces chapitres, la réfutation de plusieurs auteurs anciens ou modernes sur les dates assignées par eux à la construction de la cathédrale s'impose : le lecteur voudra bien m’accorder quelques lignes pour les citer et signaler leurs erreurs.

e sure Fdéraee s QnYé RE, à es lle s di x de Br:

r haute:

Page 1