DIFFÉRENTS NIVEAUX DE LA CATHÉDRALE
Plusieurs édifices, empiétant de plus en plus sur les constructions voisines, se sont succédé sur le même emplacement. À chaque agrandissement correspond un relèvement de niveau.
Les fouilles pratiquées en 1699 et en 1757 pour le maître-autel, en 1763 pour le caveau des chanoines, auraient donné à ce sujet de précieux renseignements, si les témoins avaient consigné les découvertes faites au cours des travaux, comme on le fit en 1755 pour la reconstruction de la cathédrale de Rennes ().
Cette précaution fut malheureusement négligée. On en est encore, même après les fouilles de 1902, à se demander si l’ancienne abside ne renfermait pas une crypte analogue à celle des cathédrales de Nantes ou de Bayeux. Il eût été si facile de s'en assurer et de le noter en 1757, en creusant les fondations de l'énorme massif de maçonnerie, sur lequel s'élève le maître-autel. Aujourd’hui, la vérification est absolument impossible.
Malgré cela, les remarques de Brossier, de Thorode, de M. Grille et les fouilles récentes permettent d'affirmer que le niveau du pavage a changé au moins quatre fois :
1. Au VIITe siècle, il était trois à quatre mètres plus bas que maintenant.
2. Au XIe siècle, la différence était de 1,45 dans les transepts et de 1",20 dans la croisée.
1. Bibliothèque Angevine, à l'Université. Mémoire pour le sieur Roulet contre le Chapitre de l’église cathédrale d'Angers. Paris, 1785, pp. 2 et 3... Il se trouvait de grandes inégalités et des vides immenses entre cette muraille et la colline. Pour les combler, il fallut y transporter une grande quantité de terres jectices, que l’enceinte des murs retient dans une assiette immobile. La colline, les terres de rapport et les remparts ont formé dès lors un tout indivisible et une sorte de Z/anishhère, sur lequel a été bâtie successivement la Cité d'Angers. La colline n'était pas coupée à pic, mais surbaiïissée en plusieurs endroits et remplie de cavités.
2. Procès-Verbaux, dressés on 1755 et 1756 relatant tous les monuments et les intersignes, qui existaient alors dans les diverses parties de l’église, avec un plan par terre de l'édifice, par ordre de l’intendant Le Bret.