I. Œglises antérieures au XI: siècie
La Chronique de l’église d'Angers, les anciens auteurs et la tradition s'accordent sur ce point : € Défensor, premier évêque d'Angers, construisit et consacra une église en l'honneur de la sainte Vierge, vers l'an 325 ou 350 ('). Occupait-elle l'emplacement de l'édifice actuel ? C'est probable, nul ne le sait cependant d’une façon positive.
Saint Martin l'aurait consacrée une seconde fois en 396 sous le titre de saint Maurice, après l'avoir enrichie d'une fiole remplie du sang de saint Maurice, recueilli à Agaune, sur le lieu même de son supplice (*)... € dictarum vero ampullarum ad ecclesiam Andegavensem delegavit alleram, que postmodum in honorem eorumdem martyrum «dificata est et sub eorum nomine consecrala... Ÿ
M. l'abbé Longin fait observer () que cette légende du bréviaire de Tours, au 22 octobre, ne se trouve pas dans Île récit de saint Eucher, comme l'avance Thorode, mais pour la première fois, vers la fin du XIIe siècle, dans une lettre des chanoines de Tours à Philippe, archevêque de Cologne. Les Bollandistes la croient fausse.
À qui donc s’en rapporter alors? M. d'Espinay, après avoir écarté plusieurs hypothèses, conclut que de la première période de l'existence du Christianisme à Angers jusqu’au temps de saint Martin, nous ne savons absolument rien. Il faut arriver, dit-il, vers l’année 470, pour trouver ce texte de Grégoire de Tours : € Veniente vero Audovarico Andegavis, Childericus vez, sequenti die advenit, inleremptoque Paulo comite, civitatem oblinuit. Magno, ea die, incéndio domus ecclesie concremata est. y Où se trouvait cette église ? le texte ne le dit pas.
Bourdigné fait bien allusion à ç ne ancienne cronicque, qui racompte que du temps de l’empereur Zénon (474), il y avait un monastère à Angiers, dédié au nom de Monseigneur saint Maurice, auquel se faisaient plusieurs miracles » pour prouver que « quand le roy Charlemagne fit batir l’église (?), il y en avait une petite au nom semblablement de monseigneur sainct Maurice (*), >» mais cette chronique est inconnue.
ÉGLISE DU VIll° SIÈCLE.
Doit-on regarder les substructions, découvertes en 1763 (dont il sera fait mention plus loin) comme celles de l’église incendiée en 470 par Childéric ? je ne le crois pas. Ce seraient plutôt les restes de la basilique contemporaine de saint Lézin (VITE siècle) et de la charte de 770, par laquelle Charlemagne accorda plusieurs privilèges à l’église d'Angers (*).
1. € Deffensor, episcopus et dives, basilicam andegavensem circa annum 325 ædificat. > Bibliothèque d'Angers, Ms. N° 635, p. 20x.
2. Chronique &d Angers. Prosperio morienti assistit Martinus, Andegavensem ecclesiam preciosissima sancti Mauritil reliquia locupletans et in ejus nomine consecrat.
3. {Votice de la ville d Angers, par Thorode, publiée par l'abbé Longin, p. $5, note 1.