DANS SON ÉTAT ACTUEL
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Œbapitre 0. — La facade. 61
« Deux tours flanquent le portail, écrit M. Mérimée. Dans l'origine, c'est-à-dire à € la fin du XITe siècle (?), elles ne s’élevaient #robablement que d'un étage au-dessus de € la fenêtre, surmontée peut-être d’un fronton triangulaire.
€ Dans les siècles suivants, les tours s'exkaussèrent d'un étage; puis on les surmonta € de longues flèches octogones flanquées de clochetons... »
Ainsi, après l'hypothèse dans une phrase « probablement », voici l'affirmation positive dans une autre « s'exkaussèrent. y Mais ce n’est pas tout. M. Mérimée continue ainsi :
€ Après avoir éevé les tours (?) on sentit qu'il devenait nécessaire d'élever aussi la { partie centrale de la facade. On y ajouta d'abord un étage, présentant huit longues € niches, qui contiennent les statues des anciens ducs d'Anjou (ce sont les figures de € saint Maurice et de ses compagnons)... Enfin, Jean de Lespine construisit entre les « deux tours et au-dessus de ces niches une nouvelle tour, ou plutôt un pavillon surmonté € d'une coupole octogonale, terminée par une lanterne... »
Cette prétendue nécessité d'élever la partie centrale de la façade est une autre grosse erreur; je le démontrerai plus loin.
Mais je suis tout à fait d'accord avec M. Mérimée pour ce qui suit: € Z'oute cette (ordonnance, d'une composition lourde et surchargée, produit l'effet le plus malheureux € par son désaccord complet avec les tours voisines, surtout avec la base sur laquelle elle { repose. La balustrade de la plate-forme du pavillon touche presque à celle des tours et La { bande étroite de jour ('), qui les sépare, ressemble plutôt à une lézarde, qu'à un intervalle & laissé à dessein... »
Ceci est très exact. Le contraste entre l'architecture si simple de la grande fenêtre, de l’arcature qui l'accompagne et la mièvrerie des détails sculptés sur les pilastres. plaqués entre les statues de saint Maurice et de ses compagnons, la différence de style de cette partie avec les arcatures en plein cintre des tours et surtout le raccourcissement de cellesciqui auparavant se dégageaient dans le vide de chaque côté du pignon de la façade, tout cela, sans même parler de la grosse tour, fait vivement regretter l'état primitif.
Quel était-il donc au juste ?