LA FAGADE VERS LA FIN DU XII° SIÈCLE
io Au rez-de-chaussée, une belle galerie ou porche, s'étendant dans toute la largeur, précédait un portail merveilleusement sculpté.
2° Au premier étage s'ouvrait une fenêtre de 4" 25 de larg. en plein cintre (*), accompagnée latéralement d’une arcature en arc brisé, se prolongeant sur les trois faces des deux tours, véritables contreforts en maçonnerie pleine (sauf la cage d'un escalier), de 6"45 de côté.
3° Au second étage, une galerie d'environ trois mètres de haut, percée de huit fenêtres
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1, La distance qui sépare les tours est en réalité de 1" 75, mais en perspective, même quand on est dans l'axe de l'église, cet intervalle ressemble à une meurtrière.
2. Il n’y a pas lieu de tenir compte de la différence de tracé des claveaux du sommet de l’archivolte extérieure de la fenêtre, aujourd’hui en arc brisé: ceux-ci ont été changés après l'incendie de 1533, au moment du remaniement de la façade
62 g@onographie ve la cathédrale D'Angets.
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en plein cintre reliait les deux tours; un peu en arrière s'élevait un pignon, orné de deux baies, correspondant à la toiture de la nef. Latéralement voici les deux tours zso/ées et dégagées, sur leurs quatre faces, ornées d’une arcature à f/ein cintre, en cinq divisions. A partir de ce niveau seulement, les tours sont creuses et forment une belle salle voûtée. Jusque-là ce sont plutôt d'énormes contreforts en maçonnerie massive que des clochers.
4° Âu troisième étage, les tours remplissent leur destination réelle, d'enveloppe du beffroi qui supporte les cloches ; aussi sont-elles largement ouvertes de deux grandes baies en arc brisé sur trois de leurs faces et d’une seule (plus large) dans la direction de l'axe de l'église : c'est par là qu'on y introduisait les cloches.
5° Enfin au quatrième étage s'élancent les pyramides octogonales, reposant sur Îles quatre faces de l'étage inférieur et sur quatre encorbellements, ornés de têtes grimaçantes à l'intérieur de chacune des tours.
Remarquez l'heureuse division des arcatures sur la façade à différents niveaux.
Mérimée € oôserve avec surprise dans les tours latérales, que les colonnes engagées sur « leurs faces ne sont pas à l'aplomb les unes des autres et qu'elles n'ont pas même une « relation régulière avec celles des étages inférieurs ef supérieurs. Comme elles n'ont aucune « utilité réelle, cette faute est icr sans aucune conséquence... (') »
Évidemment en s'exprimant ainsi, il était hanté du souvenir des façades des cathédrales d'Auch et de Rennes, des églises de Saint-Sulpice ou de Saint-Eustache de Paris, dont les colonnes sont superposées. Au moyen âge, on ne procédait pas ainsi, sauf en Italie, où quelques façades et certains campaniles sont ornés d’arcatures cinq ou six fois répétées et toutes semblables. Ÿ a-t-il rien de plus monotone et de plus fastidieux ?
Combien j'admire ici au contraire l’habileté du maître de l'œuvre au XIIe siècle. Au lieu d'ouvrir sa galerie de trois grandes arcades (celle du milieu, correspondant à la largeur du portail), il s'est souvenu qu'il fallait avant tout abriter de la pluie les pénitents et ceux qui devaient assister aux cérémonies qui s’y passaient. Il a divisé sa galerie en six arcades, relativement 6asses et profondes, dont deux masquant le portail, ménageaient au visiteur la surprise de sa belle imagerie. Au-dessus de ces arcades, il a ouvert des oculus, d’un faible diamètre, suffisant à aérer et à éclairer la partie supérieure de la galerie, mais ne laissant guère passage à la pluie.
Au premier étage des tours, une arcature vigoureuse a permis d'élargir d'environ om40 la muraille sur l'extrados de l’archivolte, comme par une sorte d’encorbellement. Son échelle est suffisante pour s'harmoniser avec la grande fenêtre et comprend érors divisions en arc brisé.
Le second étage est tapissé de cing arcades en f/ein cintre. Un nombre impair s'imposait ici, puisqu'il suffisait d'éclairer faiblement par une ouverture sur chaque face la salle destinée aux sonneurs.
Très logiquement, le beffroi étant presque toujours divisé en deux par un pan de bois, l'architecte a meublé le troisième étage de quatre arcades. Deux sont aveugles et correspondent à l'épaisseur des murs, deux plus larges sont ouvertes et laissent passer le son des cloches, qui se balancent précisément en face
1. {Votes dun voyage dans l'Ouest de la France, par Prosper Mérimée, 1836, p. 325.
Œbapitre 0. — La sisasis 63
Ainsi, ce n’est pas au hasard et par simple fantaisie, quil a adopté les nombres 3, 5, 4, pour les divisions verticales de chacun des étages des tours. La variété et l'effet décoratif qui en résultent sont excellents et charment le spectateur. Au milieu du XIIIe siècle, après l'achèvement de la croisée et des transepts, le clocher du haranier, couvert de plomb, paraissait au-dessus de la toiture, entre les deux flèches de pierre, svelte et enrichi de dorures. C'était assurément un notable embellissement, dont pouvait jouir le spectateur, placé sur la rive droite dans l'axe de l'église. Il disparut bientôt, masqué par la masse informe du gros clocher d'ardoise, enfoncé comme un coin entre les deux tours au XIVe siècle et mieux encore par le mur et la tour du XVIe siècle.
Tour du ford. r Tour du Æud.
Elle est creuse dans | Elle était #/eine, com-
toute sa hauteur. Une 4 flèche octogonale très £ élevée, accompagnée de
me un contrefort jusqu'aux trois quarts de sa hauteur totale. Une pyra-
{ guarites > (lucarnes) et mide octogonale percée
de quatre « f//ettes > (clochetons) la couronnait
de quatre baies la surmon-
tait, mais elle avait été
autrefois. Elle fut ren- reconstruite au XVIIe
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siècle. C'était jusque-là
versée par la foudre en
1824 et remplacée par la tour de l'horloge, trans-
celle-ci trop courte et portée en 1632 au sommet
du pignon.
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Borche et Portail.
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L'ancien porche est dé- Les vitres en furent moli en 1484, après la renouvelées en 1492. En reprise en sous-œuvre du 1740, l’orgue placé autrefois (dès 1475) dans la 3° chapelle à gauche de la nef est établi sur une tribune au devant de la fenêtre. Au bas de celleci, une galerie portée par des modillons sculptés,
portail, dont les vantaux furent placés en 1487. La voûte du porche, sur plan barlong, est terminée en
La façade, sauf la tour
du Nord conservée, a été réunissait deux escaliers reconstruite en 1868 et pris dans l'épaisseur du
mur de la façade.
années suivantes sur un
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à or Et CL) 2— C2 — - #4 — =
plan tout différent.