IV. APPENDICE SUR UNE VERRIÈRE DE LYON
70. La planche d étude (VIII) qui représente l’abside de Saint-Jean à Lyon offre un genre de symbolisme bien moins grave que celui de Bourges, et dont l’objet, du reste, n’est point le même. Toutefois, les premières indications de zoologie symbolique auxquelles nous avons été conduits, appellent un complément dont 1 occasion se présente ici trop naturellement pour être repoussée. D’ailleurs, ce vitrail, qui a plusieurs points de contact avec le nôtre, demeurerait énigmatique en partie si nous n’éclaircissions quelques-unes des représentations qui le composent.
Le centre, consacré aux principaux mystères de la vie de Notre-Seigneur, représente, de bas en haut, i° l’Annonciation, 20 Bethléem, 3° le Calvaire, 4° la Résurrection, 5° l’Ascension dont les détails occupent trois médaillons superposés. Les bordures accompagnent chacune des grandes scènes de deux petits médaillons parallèles, qui sont, à droite et à gauche, i° le Buisson ardent et la Toison de Gédéon, 20 une jeune Femme portée par une licorne qui lui sert de monture, et le prophète Isaïe annonçant l’enfantement de la Vierge, 3° le Serpent d’airain et le Sacrifice d’Abrabam, 4° le Lion et Jonas, 5° l’Aigle et la Calandre, 6° un Ange congédiant les disciples après l’Ascension, et l’un des Apôtres.
Entre toutes ces peintures, trois seulement réclament une interprétation, le reste peut être compris au premier coup d’œil (1).
L’aigle qui, dans les sculptures de Strasbourg, saisit ses aiglons pour les éprouver en leur faisant fixer les yeux sur le soleil, me semble représenter l’œuvre de la régénération humaine par Jésus-Christ. Vrai Dieu, en même temps que vrai homme, il nous convie à une sainteté divine(2); et, comme parle l’Eglise, il a pris notre nature pour l’élever en quelque façon au partage de la sienne (3). 11 veut des cœurs qui placent leurs affections et attachent leurs regards en haut (4)- C’est là surtout le fruit qu’il nous faut recueillir de sa résurrection (5); et c’est, si je ne me trompe, pourquoi cet emblème se
sée (IV Reg. II, 23, 9.4) et dévorés par les ours, ne nous présente qu’une chasse; symbole répété souvent par les anciens sculpteurs chrétiens, mais que nous n’avons point à développer en ce moment. Du reste, ces mêmes auteurs ont évidemment pris le change sur un autre point encore, lorsque, confondant en une seule scène la représentation des lionceaux et celle de la licorne apprivoisée, ils croient y trouver Daniel dans la fosse aux lions.
A Saint-Denis, parmi les travaux de Suger (op. cit.,n°32,p. 345), nous trouvons encore l’indication d'un riche crucifix d'or, dont le pied semble avoir retracé le cycle de la Nouvelle Alliance. La courte description que donne la notice annonce un modèle singulièrement conforme à celui de Saint-Bertin. Ce sont les quatre évangélistes à la base; sur le fût, des émaux consacrés à représenter l'union des deux Testaments, etc. «... De auro vero obrizo circiter quater viginti marcas nos posuisse, si bene recordor memiuiinus. Pedem vero quatuor evangelistis comptum(P); et eolumnam cui sancta insidet imago subtilissimo opéré smaltitam et Salvatoris historiam cum antiquæ legis allegoriarum testimoniis designatis; et capitello superiore mortem Domini cum suis irnaginibus ammirante, per plures aurifabros lotbaringos quandoque quinque, quandoque septem, vix duobus annis perfectam habere potuimus.»
Au vii' siècle, saint Benoit Biscop déploie dans une abbaye de la Grande-Bretagne un ensemble de christologie dont 1 exposition conviendrait également bien aux verrières que nous venons d étudier. Voici le texte du biographe publié par Mabillon [AA.ss. BB., t. II, p. 1006): «Imagines quoque ad ornandum monasterium ecclesiamque B. Pauli (Ginviensen) de concordia Veteris et Novi
Testamenti summa ratione compositas exhibuit : verbi gratia Isaac ligna quibus immolaretur portantem, et Dominum crucem in qua pateretur æque portantem, proxima super invicem regione pictura conjunxit. Item serpenti in eremo a Moyse exaltato, Filium hominis in cruce exaltatum comparavit. »
Les monuments écrits suivent dans le cours des siècles ces représentations; et si notre cadre nous permettait de pousser cette exploration plus avant, on voit que nous pourrions sans difficulté rattacher ces pensées du moyen âge à celles des catacombes romaines. Cs. Dungal., Resp. adv. Claud. Taurin. (Bibl. PP. XIV, 207). — Hraban ., adv .J ml. (ap. Martène, Thésaurus, V, 452 — 475, passim). — Evagr., yJltercat. (Ibid. 12 — 15). — Epiphan., in. . . Resurrect. (t. II, 278 — 280). — Barnab., Epist., cap. 9 — i6(Galland, t. I, p. 124 — 136). — Etc.
(1) Il est évident que le buisson ardent et la toison de Gédéou revêtent ici le mysticisme exposé par l'office de la sainte Vierge. « Rnbuin quem viderat Moyses incombustum , conservatam agnovimus tuam laudabilem virginitatem, Dei genitrix...» — «Quando natus es ineffabiliter ex Virgine, t.unc impletæ sunt Scripturæ : sicut pluvia in vellus descendisti ut salvum faceres genus humanuin; te laudamus, Deus noster. »
(2) Matth. V, 48- «Estote ergo vos perfecti sicut et Pater vester cœlestis perfectus est. »
(3) « Da nobis ejus divinitatis esse consortes qui humanitatis
nostræ fieri diguatus est particeps Jésus ChristusDoiniuus noster.»
(4) II Cor. IV, 18.— Eph. 1, 18. — II Petr. I, 19.
(5) Coloss. III, 1, 2. «Si consurrexistis cum Christo, quæ surs uni sunt quærite...; quæ sursum sunt sapite, non quæ super terrain.»
trouve à Strasbourg près du phénix, du pélican et de Jonas. Mais à Lyon, au lieu de recourir a 1 histoire fabuleuse de l’aigle (i), le peintre s’est inspiré de l’Écriture sainte. Près de Jésus-Christ montant au ciel, il place l’aigle emportant ses petits au haut des airs, et les formant à ce vol hardi qui doit caractériser leur mâle origine (2). C’est le Fils de Dieu nous montrant le terme où doivent aspirer nos désirs, nous précédant au ciel pour y préparer notre place et gérer nos intérêts près de son Père (3).
rjy En face de l’aigle, le vitrail de Lyon représente une personne assise, dont la pose annonce le malaise et l’affaiblissement. Près d’elle un oiseau blanc à long cou avance la tête comme s’il voulait la poser sur ses genoux, et dans les airs plane un oiseau tout semblable qui tourne ses regards vers cette scène. L’inscription porte gladrius ou glabrius, qui doit être lu chaladrius ou chamdrius, comme on va s’en convaincre. Consultons d’abord le Bestiaire de l’Arsenal sur l’histoire naturelle de cet animal singulier (4)-
(1) Nous n'avons pas cherché à déterminer pour le pélican les faits réels qui avaient pu occasionner les attributions dont il a été ‘ratifié; on ne doit donc pas attendre de nous que nous fassions cet honneur aux propriétés imaginaires de l’aigle, de la licorne, etc. Étrangers, du reste, à la cathédrale de Bourges, ces animaux ne peuvent obtenir dans notre ouvrage qu'une place d’emprunt étroitement mesurée.
(2) Deuteron. XXXII, u. « Sieut aquila provocans ad volandum pullos suos. . . , expandit alas suas et assumpsit eum ( popu lum suum) atque portavit in humeris suis. » Gloss, ordinar., in h. I. « Aquila secundum physicos, ab acumine oculorum vocata, tam acute videt ut quum super maria immobili penna ferati manis visibus pateat, pisciculos iu mari natare vidcat; ac tormenti instar descendens, raptam. . . prædam ad littus pertrahit. Pullos quoque plumescentes alis verberat et ad volandum provocat. Sic Christus nos dictis et exemplis exhortans ad alta provehit ut sequamur quo præcessit. . . . Super cœlos quoque exaltatus, et humains substractus aspectibus, in mari liujus mundi Datantes oculis misericordiæ videt; et pennis amoris pertrahit ad littus æternæ securitalis. Unde : Ego, si exaltatus fuero a terra, ornnia traham ad me ipsum.» — «Aquila, ut aiunt, quum plumescere pullos suos videt, ad solem convertit; et ilium nutrit qui irreverberata i aspicit radios solis. Si lumina deflectit, quasi degeuerem negligit. Pullosque ad volandum provocat, et lassos alis sustentât. Sic Deus ad verum solem nos invitât, iufirmitatibus nostris compatitur, et alis gratiæ sustentât.»
Cs. Exocl. XIX, 4- — Isai.XL, 3i. — Etc.
Comme nous l’avons constamment remarqué jusqu’à présent, le fond imaginaire de ces récits repose sur le témoignage des écrivains profanes. Cs. Phile, Carm. V in Cantacuzen., v. 6o3 — 608 (ed.Wernsdorf, p. 196). — Id., de Animal. proprietat., I, 14 — 22. — Ælian., de Animal., II, 26. — Plin., Natur. fiist. X, 3. — Etc. Claudien ( de III consul. Honor. , Præfat. ) et Lucain ( Pharsal. IX, 902 — 906) ont prêté à cette fable le secours de leur pompeuse poésie; et elle jouissait d’une prescription paisible lorsque les SS. Pères l’ont empruntée pour lui communiquer une valeur arale par les applications mystiques qu’ils en ont faites. Cs. Clem. Alexandriu., Cohort.ad Gentes, cap. 10 (p. 75). — Eustath., Ilexaer. (Bibl. PP. XXVII, 29). — Ambros., Hexaemer. , libr. V, 18 (t. I, 104). — Guarric. Igniac., in Asc. Domini ( Bibl. PP. XXIII, 220). — Pseudo-Maxim. Taurin., serni. 17, de Salomone (Append., p. 60; et Ambros. Opp., t. II, Append., 456). — Etc., etc.
Quant à la Glose, c’est surtout saint Jérôme c pour guide. Cs. Hieronym., in Abdiam, I, 4- (t. III, i458).
(3) Joann. XIV, 2. — Hebr. I, 3; VII, 25—28.
(4) Nous retrouvons encore l'original de ce Bestiaire dans les compilations d'Hugues de Fouilloy et autres auteurs, qui sont attribuées comme un seul et même ouvrage à Hugues de Saint- Victor (Opp. Rotliom. 1648, t. II, p. 43o). Instit. monast., libr. II, cap. 3i. «Est volatile quod dicilur charadrius (al. caladrius). . . . l’hysiologus dicit de eo quod est lotus albus, nullam partem nigri
in se liabens Quisquis auteni ægritudine detinetur, per hanc
volucrem agnosci solet utrum vivere an mori debeat. Si enim in- (irmitas adest ad mortem, mox faciem suam charadrius avertit ab illo homine; et non dubitaut quin morialur homo ille. Si autem couvalescere et sanari debet, intendit in eum diligenter charadrius; et accédais, os suum ponit super hominis os, afllatuque suo abstrahit omuem inûrmitatem hominis iutra se; volansque in
aerem contra solem, comburit ejus infirmitatem et dispergit; et sanatur infirmus et fit iucolumis.
« Sic et Christus de seipso protestatus est : V enit enim princ.eps mundi hujus, et in me non habet quidquam; quia peccatum / fecit, nec inventus est dolus in ore ejus. Veniens autem ipse ad infirmitatem populi Judæorum, avertit se ab eo et convertit fasuam ad gentes; tollensque nostras iuiquitates et portans peccata nostra, exaltatus est in crucem; ascendens autem in allum captivam duxit captivitatem , dédit dona hominibus. In propria venit, et sui eum non receperunt; quotquot autem receperunt e dédit eis potestatem filios Dei Jieri. » — Cs. ibid. , libr. I, cap. 4 (p.4i3). Le Bestiaire rimé de la bibliothèque royale ne fait guère que paraphraser plus ou moins lourdement ce même modèle. Quant au Pliysiologus de la bibliothèque de Berne, il diffère à peine, en cet endroit, du texte latin que nous avons transcrit. Cs. Leroux de Lincy, Introd. au livre des légendes, p. 1
Albert le Grand ne dément pas, à l’occasion de la calandre, le caractère de circonspection et, pour ainsi dire, de probité scientifique que nous avons observé (n° 52 , p. 98) dans ses paroles sur le pélican. 11 rejette soigneusement la responsabilité de ce r sur ceux qui s’en font garants, et veut même avertir son lecteur du petit nombre des autorités qui appuient cette narration. Alb. M de Animalibus, libr. XXIII (ed. cit. , fol. i86r°). «Caladrius, sive caladrion, avis est (ut quidam referunt) tota alba, Persidis regionem inhabitans; licet etiam ibi perraro inveniatur, eo quod
multos habeat insidiatores Quæ præsentata iufirmo etiam
indicat omnes morborum dispositiones, et nonnullos dicitur cu- Si enim infirme objecta avis vultum et oculos in infirmum convertit, indicat sanandum ; quia tune infirmitatis materiam evaporare (evaporari?) indicat et consumi. Ad quem vaporem se adeo fortiter convertit, detenta ab ipso, quod etiam inficitur ex ipso. Sed postea , evolans ad tempus in aerem, infectionis illius consumit materiam. Etc. » Cet homme distingué ne se contente pas toujours de rejeter les risques et périls de ses assertions sur leurs premiers auteurs; il oppose même à des enseignements de Pline des informations prises sur les lieux. Ainsi , à l’occasion d'un conte fait par le naturaliste romain sur les aigles du Nord ( du moins Albert pensait qu’il s'agissait des aigles), il va chercher (op. cit., fol. i85 r° ) des vérifications jusqu'en Livonie. Ailleurs (de Leone, ibid., fol. 180 v°), il donne son avis en terminant un
exposé : « Sed ego hoc puto esse falsum Sed hoc pro certo
falsum est. »
Vincent de Beauvais n’hésite nullement (Specul. doctrin., libr. XV, cap. i52, ed. cit., t. II, 1481). L’affirmation pure et simple lui donne une allure bien autrement dégagée. «Caladrius est avis alba quæ, quum ad infirmum sanandum adducitur, omnes infirmitates ejus intra se colligit; et in aere volans, ibi eas comburit atque dispergit. »
Il parait que l'on était d'accord sur la patrie de la calandre : c’était décidément la Perse, comme le dit Albert le Grand. Aussi les narrateurs n’avaient pas manqué de la mettre au nombre des merveilleuses choses qu’avait dû voir Alexandre dans ses expéditions d’Orient. Je n'ai point trouvé qu’il en fût fait mention dans les textes publiés par M. Berger de Xivrey parmi ses études sur la zoologie paradoxale ( traditions tératologiques), et je n’ai pas cru devoir faire d’autres recherches à cette occasion; mais j'ai pour garant le célèbre Jacques de Vitry. Celui-ci dans une digression Phn.o-Sohmenne dont il croit devoir orner son histoire des croi-
Uns nifmu qui eft apclcs calaïrte (i Jjlljifiologcs Dit De reft oifrl qu’il fCt tôt liions, et... nuit noirctc y a en lui.... se uns eft en enfermete, par li rnlaîrc eft roneus fil morra ou fil uiura. Se l'enfermetes Del Ijoine eft à mort, fi toft que U ralaîrcs le uoit, il ofte fes er Del malaDe ; Dont eft coneu qu’il morra. (£t fe l'enfermetes n'ajmrticnt à mort, li ealaïircs efgarïic l’enferme foi la face, et totes les enfermetes De lui aune en foi...; et pernole en l'air uers le foleil, et art totes les enfermetes De lui et efpart. Cnft eft fanes li malaîies.
€ift calaDrc porte la famlilanrc 5e noftre Scgnor 3l)cfurrift qui tôt eft liions, et tiule noirete n'a en lui; ft que il meifmes témoigné en lemangile, qui Dift (Joan. XIV, 20) : A moi nient li princes 5e ceft mon5e, et si ne troua en moi nul mal.
Cil qui ne fift onques pcric, ne en qui liouclje nule uoif5ic ne fut trouée (1 Petr. II, 22 ), oint 5e fes foins riels à l'enferme pople 3uys; il torna 5'els fa face por la mefcrcance, et tonta fes er à nos gens (ad nos, gentes), et ofta totes nos enfermetes et nos pécljiés quant il fut Icoc ès crois, et quant il monta es ciels qu'il mena noftre cljaitiuetc (en chaitivoisdiib), et fi nos 5ona ôons(Eph.IV, 8). Car cris qui le mirent ne le recourent mie; 5ont il 5it en l’etoangile (Joan. I, 12) : A tos cels qui le rc= rljurent 5onra-il poefté 5’eftre fil 5e Der.
Saint Pierre Damien (2) est, sans contredit, la source où puisait l’auteur latin traduit ici en roman; et si l’on veut comparer le travail du compilateur secondaire avec le texte primitif que rédigeait le docteur du xue siècle, on reconnaîtra que celui-ci n’a pas gagné au changement. Quant au guide suivi par saint Pierre Damien, il semble que ce soit saint Eustathe(3) plutôt que saint Épiphane(4). Mais ces divers auteurs paraissent croire que le précieux oiseau a pouvoir sur toutes les maladies imaginables. Exagération : saint Ambroise (5) pense avec la majeure partie de l’antiquité classique, que la jaunisse seule est soumise à cette puissance de transfusion. Mais il ne faut point restreindre davantage le pouvoir de cet intéressant animal, si l’on veut conserver quelque respect pour l’empirisme ancien. Glycas(6) a beau vouloir atténuer le merveilleux de cette histoire, il faut s’y ranger ou rompre avec la science gréco-romaine, transmise dans les écoles depuis Aristophane ou ses commentateurs jusqu’à Suidas et Phi lé (7).
sades (ap. Bongars, Gesta Dei per Francos, p. 1097 — 1 1 1 4) énumère toutes les productions que l’on prêtait à l’Orient. Le pélican et la licorne y trouvent leur place; mais quant à la calandre, qu'il désigne sans la nommer, il prend la liberté de révoquer en doute son existence malgré qu’en aient dit les paradoxographes couverts du nom d’Alexandre, (loc. cil. p. 1 io5) « De his autem avibus quas Alexander vidit in Perside, quæ si in faciem ægrotantium inspicerent, convalescebant; si autem respicere noluissent, absque
dubio moriebantur ; utrum verum sit aut possibile,
prudenti lectori judicandum relinquimus. »
Le Bestiaire rimé de la bibliothèque royale ne recule pas autant le pays de la calandre, il se contente de la placer en Palestine. Voici le texte que je transcris en partie, le Glossaire de Roquefort n’en ayant donné qu'une citation copiée trop précipitamment, peut-être.
Caladrius est un oiecar Sor ta; autres rortris rt braus,
Xutrcsi blans rame la neis;
Jltult partis! cist oisraits cortcis.
Xufunc fri; le trouve l’en «Es pais de 3rrusall)cm.
Chiant l)om est en cirant maladie duc l’eu despeirr de sa vif,
Bonc est cist oiscl aparté.
Se il deit estre conforté Ct trespasse de ce! malagc ,
C’oiscl li tome le visage , et treit à sei l'enfermelé;
€t s'il ne deit aveir santé , f oiscl se torne d'autre part ,
3a ne fera vers lui regart.
©rc est reson que je vos die due cest blanc oiscl séncfic.
31 séncfic san; error 3l)ésucrist notre sauveor dui nuques ncircs pcncs n'out ©in; fut lot blanc si com li plout , en lui ne out iniques nerté.
eil certes qui est Hérité Bit en l'Evangile de sei :
Ci prince , dist il , vint à mci Bc cest mont; mes riens n'g trova
lie en lui ne fu unq trouée Utile trieljerie provée.
3 (si P) cest verai kaladrius C'est nostre sauveor 3l)esus dui vint de sa grant majesté por esgarder l'enfermelé Etc., etc.
(1 J Nous employons le mot calandre dans notre texte, parce qu’il est adopté par Brunetto Latini dans son Trésor. Et son traducteur italien conserve exactement cette forme, en écrivant calandra. Le bestiaire français rimé se sert de l’expression caladrius, qui n’est ni latine, ni grecque, ni française. Du reste, il faut convenir qu’au dire d’anciens auteurs, calandre (ou ca/endre) et caladre ( ou chaladre ) ne désigneraient pas une même chose. Cs. Bartholom. Angl. (B. de Glanvilla), de Proprietatibus rerum, libr. XII, litt. R.
(2) Petr. Dam., op. cit., cap. 10.
(3) Eusth., op. cit. (Bibl. PP. XXVII, 3a). — Cs Pseudo-Isidor. ad Etjmolog., libr. XII, cap. 7 (t. IV, 522).
(4) Epiphan., op. cit., cap. a3 ( t. Il, 220, sq.)
(5) Ambros., in Ps. CXVIII, 74 (t. I, 1094). “Si est tanta vis in naturalibus, ut animal visum prosit ictericis ; ita ut mortui quoque cornu ejus animantis prodesse dicatur, si fuerit demonstratum iis qui in bujusmodi inciderint passionem ; dubitare possumus quod justi sanet aspectus? Etc., etc. »
Les éditeurs de saint Ambroise ne savent comment interpréter cette corne d’un oiseau, que tous les manuscrits leur attestent unanimement ; et ils se croient obligés de recourir à quelque quadrupède. C’est une erreur : le Bestiaire de l'Arsenal décrivant la calandre nous apprend quelle a 11 cornes droites et de dpevrce; circonstance que ne mentionnait point la compilation attribuée à Hugues de Saint-Victor, et qui est empruntée je ne sais d’où. Cs. Pseudo-Phile, de Animal. Propriet., carm. XXXII (cd. de Pauw, p. 129). — Ælian., op. cit., libr. IV, 41 ■
(6) Midi. Glyc., loc. cit. (p. 43).
(7) Phil., Carm. V, v. 623 — 629 (p. 198). — là. de Animal. Propriet., carm. XXXI. — Ælian., op. cit., libr. XVII, i3. — Plin., Nat. liist., libr. XXX, 28 (al. 11.) Aristoph. schol. ad Av., v. 266. — Suid., V. /apaSp’M et ïy„ Tepo;. — Hcliodor., Æthiopic. HI, 8 (ed. Mits-
VITRAUX DE BOURGES
Qu’est-ce, en somme, que le charadrius dans sa subsistance réelle la plus réduite: Un pluvier? un cormoran? un rollier ou un loriot? Grand débat depuis Belon jusqu’à Temminck, et où l’on s’attend bien, je pense, que je ne me mêlerai pas. La discussion se compliquerait bien davantage encore si I on pesait les titres que la civette ou la martre pourraient avoir à se mettre sur les rangs (i). Mais cette fois nous serions trop loin du moyen âge. Laissons ces recherches accessoires pour ne songer qu’au symbolisme. On a vu comment la calandre était interprétée par des écrivains à peu près contemporains de la verrière de Lyon. C’est Jésus-Christ prenant nos misères pour nous élever à la qualité d’enfants de Dieu, nous donnant la vie par la mort qu’il accepte pour nous; et, par ses abaissements, rendant à notre nature une dignité plus grande que celle qu elle avait perdue (2). Ici reviendraient toutes les pensées que nous exprimions au sujet de l’aigle; mais l’emblème de la calandre y ajoute quelque chose de plus touchant, en joignant au triomphe de notre humanité avec celle du Fils de Dieu, le souvenir de ce que lui a coûté notre réhabilitation.
Il n’est pas besoin de dire que les deux calandres figurées dans le même médaillon sont deux circonstances d’un même fait, comme l’enfant de la veuve est répété deux fois à Bourges et au Mans (3), pour présenter à l’esprit deux scènes d’une seule histoire.
72. Le sens de la licorne est moins inattendu, on le retrouve partout. Cependant, ayant rencontré des antiquaires qui ne l’avaient pas suffisamment saisi, nous avons cru devoir quelque place à cet emblème avant d’arrêter notre marche. Voici premièrement le texte du Bestiaire de l’Arsenal, qui, cette fois, s’écarte un peu plus qu’à l’ordinaire du texte latin où nous l’avons vu puiser jusqu’à présent (4).
Une befte qui cft apele'e en grieu monoeeros : c'eft en latin unirorne. — pijyftologes nos ïiift ï)c fa nature qu'il eft mult bel îie eors, et fi n’eft mie grant befte: Ija cors île ceoal et pies îfolifant et tefte ïie cerf, et l)alte rois et clerc, et coc tortc comme porccl; et une corne en mi le front, qui bc loitgor a mi pies, ïiroitc et aigue. <£t bc cèle corne... îiepèce... quant qu’èlc ataint...
cherlich, p. 190). — Etc. U y a une parenté évidente entre le texte d'Héliodore et celui de Glycas.
(1) Cs. Aristot., Hist. animal., libr. IX, cap. 6. — Dalecliamp, ad Pli.11., loc. cit. — Aldrovand., Ornithol., libr. XX, cap. 8 et 67. — Belon, Hist. de la nature des oiseaux (i 555), livr. II, ch. 38; III, 27; VI, 11 (p. 146, 1 83, agS).— Etc.
(2) P nef. pasch. : « . . . Qui abstulit peccata mundi ; qui mortem nostram moriendo destruxit, et vitam resurgendo reparavit. » — P nef. Ascens. :<•... Est elevatus in cœlum, ut nos divinitatis suæ tribueret esse participes.» — II. « Diem sacratissimum célébrantes quo Dominus noster unigenitus Filius tuus unitam sibi fragilitatis nostræ substantiain in gloriæ tuæ dextera Collocavit. »
Hilar. Pictav., in Ps. CXXXVIII ( t. 1 , 563). « Verbum caro factum habitavit in nobis non in vida infirmitatesque carnis ex Verbi virtute deficiens, sed naturæ nostræ infirrnitates homo natus as-
sumens Non peccator fuit, sed peccata suscepit; neque infirmus
exstitit, sed portavit iniquitates. Ipse euim secundum propbetam (Isai. LUI, 4 ), peccata nostra suscepit et infirrnitates nostras portavit. . . . Suscepit ergo infirrnitates quia homo nascitur, etc.» Id., in Matth. VIII, 17 (t. I, 701) «. . . . Omnium peccata dimittens, omnium infirrnitates auferens , et malarum voluptatum insidentium incentiva depellens; passione corporis sui, secundum prophelarum dicta , infirmitates humanæ imbecillitatis absobbens.»
Petr. Chrysolog. , serin. 148, de Incarnat, sacram. «Nascitur Christus ut nascendo corruptam redintegret naturam; infantiam suscipit ille, patilur nutrimenta, percurrit ætates : ut unam perfectam, manentem, quam ipse fecerat instauraret ætatem. Portât hominem, ne jam cadere homo possit : quem terrenum fecerat, fecit esse cœlestem; animatum liumano spiritu, spiritum vivificat in divinum. Et sic eum totum tollit in Deum : ut in eo quod peceati, quod mords, quod laboris, quod doloris, quod terræ est, nil relinquat. »
Cs. Hilar. Pictav., in Ps. LXVII (t. I, 227— 23o).— Isai. LIII, 4, 5. — I Petr. II, 24. — Etc., etc.
(3) Cs. N" 5o, et 6 (p. 91, 6); Etude IV, fig. B.
(4) Institut, monast., libr. II, 6 (Hug. Opp., t. II, 420). «Est animal quod dicitur monoceros (mouoceros autem græcc, unicornis dicitur latine), eo quod unum cornu babet in medio capile. Pliysiologus dicit liane unicornem liabere naturam quod sit pusillum animal et liædo simile, acerrimumque babet in capite cornu unum; ipsumque nullus venalor vi aut prævenire aut capere po-
test, sed hoc dumtaxat commente ac dolo capiunt illud. — Puellam virginemque speciosam ducunt in locum ilium ubi moratur, et dimittunt eam solam; quum autem ipsa viderit illud, aperit sinum suuin : quo viso, omni ferocitate deposita, caput suum in gremium ejus deponit; et sic dormiens deprebenditur ab insidiatoribus, et exhibetur in paladum regis.
«Sic et Dominus Jésus Christus spiritualis unicornis descendens in uterurn Virginis, per carnem ex ea sumptam captus a Judæis, morte crucis damnatus est. De quo David (Ps. XXVIII, 6) : Et dileclus quemadmodum filius unicorniurn ; et alibi (Ps. XCI, 11 ) : Et exaltabitur sicut unicornis cornu meum; et Zacharias ( Luc. 1 , 69) -. Suscilavit cornu salutis nostræ in domo David pueri sui. Etc.»
Cette manière de traduire saint Lue pourrait donner lieu à des recherches intéressantes sur les auteurs consultés par Hugues de Fouilloy et par ceux qui ont poursuivi son travail. Nous ne saurions nous arrêter à cette circonstance dans une explication aussi restreinte que doit 1 être celle-ci. Bornons-nous à faire observer que saint Pierre Damien n’est pas ici le point de départ. Voici sou texte (op. cit., cap. 23) : « Quis liane ingenuitatem unicorni coutu lit ut dedignetur viribus vinci, humilitatis arte patiatur se facile superari? Nunquam scilicet a venatoribus capitur, nisi prius in virginis gremio reclinetur. »
Cs. Rupert., in Numer. XXIII, XXIV (de Trinitale et oper. ejus , libr. II, 20, 22). — Honor. Augustodun., in Ps. XCI, 1 1 (D. Pez, V, 1705). — Brun. Astens., Sentent., libr. III, 6 ( Bibl. IJP. XX, 1768). — Bcd.(?), in Ps. LXXVII, 69 (t. VIII, 860). — Althelm., Carm. (Bibl. PP. XIII , 29). — Isidor., Elymolog. XII, 2 (t. IV, 53). — Gregor. M., Moral. XXXI, 1 5, 16 (al. i3, 14); in Job. XXXIX (t. III , 280).— Mich. Glyc., op. cit., die sexta (p. 62).— Eustath., op. cil. (Bibl. PP. XXVII, 3i). — Etc. Quoi qu'en disent certains auteurs, la sagacité de la licorne pouvait être mise en défaut; car, au dire de l’outrecuidant Tzetzès (Chiliad. V. carm. 7), il suffisait de lui présenter un jeune homme vêtu en femme, pourvu qu’il fût abondamment parfumé d’odeurs exquises.
Quelquefois, ne considérant dans la licorne que sa force indomptable, onia prise pour symbole de la férocité, de la violence, de la rudesse intraitable, de la fierté inflexible. Cs. Job XXXIX, 9T/t?XI’ 2a— IsaL XXXIV, 7.— AA. SS. Jun., 1. 1, 458, 469;
‘ 4>7— E«cl.«r, Farm, spir., cap. 5 (Bibl.
PP. VI,83â)c Basil. M, in Ps. XXVIU, 5 (t.I, «oJ.-Psemlo-
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tuf tn fa giron lot fimplrnirnt, il »i fratat. fore font 1rs vam pris qui lr jnitrat, etc.
Pour diversifier quelque peu nos citations, nous interromprons celle-ci, afin de la compléter par un emprunt fait au Bestiaire français rimé de la bibliothèque royale.
St ccftf mmicillofc beftr filut une rorne a en la trfte Settffie noftre Scignor Jljefumft, noftre ôamiror.
C’eft runicortie ffptrilel «Qui en la nterge prift oftel ,
<ûut eft tant De grant ïiignilc'
(En cefte prit Ijumanité Par quoi au munïic s'aparut.
Son peupler mie nel qucmit.
2Unrois bien l'espierent
Haut qu’il le jirinftrent et lièrent, Bruant $)ilatrr le menèrent,
(Et illee a mort le bampnerent.
Etc.
Cette histoire singulière, empruntée du reste en bonne partie à l’antiquité (i), a revêtu parfois une forme naïve, malgré un certain air de recherche. On trouve, vers le xvic siècle, des représentations du mystère de l’Incarnation sous l’allégorie d’une chasse : la bête est lancée par deux paires de limiers accouplés que suit un ange sonnant du cor, et la licorne se jette dans le sein de la vierge qui l’attend assise. Les deux paires de chiens sont la Miséricorde et la Vérité (ou le Droit), la Justice et la Paix (Ps. LXXXIY, n); le piqueur ailé est l’archange chargé de Vannonciation; le reste s’explique assez parla citation que nous venons d’emprunter au moyen âge lui-même (2).
Basil., in h. I. (Ibid. 36o). — Etc., etc. Élien (XVI, 20) avait donne à la licorne la réputation de ne pouvoir supporter ses semblables, nouveau préjugé de tyrannie contre la pauvre bête.
Ailleurs cette vie indépendante et fière a été traduite en un sentiment plus doux : on n’y a vu qu’un amour passionné de la solitude, et l’on a fait de cet animal l’emblème de la vie monastique; ou bien , séparant de celle force irrésistible toute idée de fougue furieuse et malfaisante, on l’a choisi pour symbole de la puissance invincible et sans rival. C’est dans ce sens que les Pères anciens surtout appliquent souvent à Notre-Seigneur les textes de l’Ecriture qui citent la licorne. Cs. Hraban., de Universo, lib. VIII, 1, (t. I, i3i).— Brun. Astens., inPs. XXVIII, 6 (Bibl. PP. XX, i474). — Theodoret., in Numer., Quæst. 44 (t- 1, 161). — Euseb., Demonstr. evangel., libr. X, 8 (en P.?. XXI, 22). — Clem. Alexandrin., Pœdagog., libr. I, cap. 5(t. I. 107). — Tertull., adv. Jud. 10 ; et adv. Marcion., libr. III, 18 (p. 195, 4°7)- — Etc., etc.
Arrivé à ce point, le symbolisme de la licorne amenait naturellement l’idée de la croix; d’autant plus que la corne de licorne passait pour un contre - poison universel. Cs. Pseudo-Hieronym. , in Ps. XCI, 11. — Justin. M., Dial, cum Trjph., 91, io5 (Galland, I, 548, 55g). — Etc. Le tout d’après les classiques, comme on le verra plus bas. On peut aussi consultera ce sujet les savantes recherches de M. Berger de Xivrey. ( Traditions tératologiques, p. 56i, sv.). J’ai vu deux fois chez d’anciens auteurs ecclésiastiques, sans qu’il me soit possible de ine rappeler actuellement leurs noms, que la licorne devenait la proie des chasseurs lorsque sa corne avait donné contre un certain arbrisseau. Les monuments qui représentent la licorne au pied de la croix, pourraient avoir été dictés par cette singularité. Ce serait une manière d’exprimer 1 anéantissement du Verbe divin dans le mystère de la Rédemption. Cs. Philipp. II, 7. — I Cor. I, 18 — 25. — II Cor. VIII, 9.
(1) Les auteurs profanes, si ce n’est Tzetzès, ne parlent pas,
que je sache, de l’expédient inventé pour prendre la licorne; mais la mention que saint Eustatke fait de cette fable montre quelle se rattache aux temps classiques. Aussi bien, à part cette unique circonstance, tout le reste se trouve abondamment développé, avec des contradictions sans nombre, par l’antiquité gréco-romaine et par ses disciples les plus ardents. Cs. Phile , de minimal Propr., XL, XLI (p. 160 — 171). — Tzetz., loc. cit. — Ælian., III, 4 1 ; IV, 5a; X, 4°; XV, i5; XVI, 20. — Pkilostrat., Vi ta Apollon., libr. III, 1. — Aristot., Hist. anirn., libr. II, 1. — Ctes., ap. Phot., cod. LXXII, sub fin. — Megasthen., ap. Strabon., libr. XV. — Solin., Poljhist., cap. LU. — Plin., Natural. hist., libr. VIII, 3i (al. 21); XI, 106
( al. 4 4)- — Etc.
Je ne sais si la pierre gravée, publiée par Montfaucon ( Antiquité expliquée, supplément , t. III , pl. XI, p. 36) , peut passer pom- un travail antique. Ce serait le plus ancien des documents connus sur la licorne prise par une vierge. En attendant que ce fait puisse être éclairci , saint Eustatbe est le terme le plus élevé que nous ayons pu atteindre en remontant le cours des siècles. C’est déjà nous rapprocher de l’époque de Tatien, que nous soupçonnions (n° 44 ï P- 8°) d’avoir compilé le Phjrsiologus. Du moins atteignons-nous ainsi le temps où le décret de saint Gélase classait cette compilation parmi les écrits suspects. Quoi qu’il en soit , dès lors nous trouvons l’existence de la licorne niée par saint Ambroise (de Benedictionib. patriarch., XI; t. I, 529); mais rien n’y fit, l’impulsion était donnée. De même plus tard, Marc Paul ( Milione, libr. III, c. 12, ed. Baldelli, t. II, 3g4,ett. I,p. i6i)eut beau traiter d’absurde la chasse imaginaire de la licorne; cette fable (avec son cortège d’inventions accessoires) avait prescrit, et continua son règne pour se relever avec plus d’empire que jamais au xvi' siècle par la charlatanerie des érudits et des médecins. Cs. Aldrovand., de Quadrup. solidiped.
(2) Cs. Oats sccOôt Duel) in ïtu bracljloajnm ©art Dca Koaen-
su
l3a VITRAUX DE BOURGES.
La licorne de Lyon, au lien de reposer sa tête sur le sein de la vierge, lui sert de monture. C'est le triomphe de la virginité de Marie dans le mystère de l'Incarnation (t). La fleur que la vierge tien, élevée SC retrouve dans une autre verrière de la même cathédrale comme symbole de la cliastete. A Bourges, dans la seconde voussure du portail sud (portail de l’Archevêché), la mère de Dieu porte un bouquet en manière de sceptre; et la verrière de la Jussieme nous présentera la même chose dans ce
volume. , , ,
A Sens, dans un vitrail du xvc siècle, une licorne a trouvé place parmi les rameaux de arbre de Jesséi et le blason a souvent adopté cet emblème, avec une signification moins mystique, il est vrai, mais empruntée au même ordre d’idées.
?3. Id se termine notre principale tâche. Ce n’est point une verrière que nous avons expliquée, comme on le voit, c’est tout un cycle dont il fallait montrer la pensée fondamentale et signaler les principales formes en divers lieux. Autant il serait chimérique de réver un plan aussi vaste pour toutes les parties d’un travail comme le nôtre, autant il serait mesquin, à notre avis, de circonscrire si rigoureusement ses interprétations, quelles fussent condamnées à ne point franchir le parvis de la basilique qui les a fait naître. Si le premier de ces projets est à peine accessible à des auteurs que soutiendraient les largesses d’un gouvernement, le second n’aurait pas même de quoi tenter celui qui se propose autre chose qu’un guide de voyageur. Il semble donc qu’entre ces deux points extrêmes le choix d’un milieu se présente comme l’unique solution. Ce serait que dans chaque monographie d’un grand monument chrétien, un thème de prédilection fût adopté, qui reflétât la lumière au loin sur toute l’époque. Le reste, mesuré à des proportions moins vastes, se restreindrait plus ou moins sévèrement â l’objet spécial du livre. Mais ainsi, chacun apportant sa pierre à la reconstruction de la science symbolique, les matériaux de l’édifice, après plusieurs travaux de ce genre, se trouveraient rassemblés et ne réclameraient plus qu’une main qui les coordonnât définitivement.
Pour nous, après avoir payé ce tribut à la cotisation pour la science future, nous entrons désormais dans une voie plus courte et plus aplanie.
tirant? ittaric, f /îiirmlierU, Wlrief) pinter, i5o5, in-fol.) fol. i — xir"(t. II). Etc.
f i) Cs. Ambros., de Institut, virginis, cap. vj (t. II, 272). — Id., de Virginib., libr. I , cap. 4 , 5 (Ibid. ; i5o, i5i). — Etc.
miretur in lotis loin nspcrls me nliquid invenire, quant quidquam connu quœ diccnda sunt non prætermlUero..
Hieronym., in Mich. I(t III, p. ISOS).