OU LE RÈGNE DE JÉSUS-CHRIST PAR L’ÉGLISE
128. Un auteur dont nous rappelions, il n’y a qu’un instant, les recherches sur les vitraux peints(i), a dit, en parlant de la cathédrale à laquelle nous consacrons nos premières études : «Les nombreux « sujets religieux des vitres de Bourges se retrouvent partout ailleurs, et n’offrent dans leur composi- « tion aucun travail qui les singularise.» Nous croyons qu’il ne lui eût pas été facile de prouver son assertion, et elle nous paraît surtout très-hasardée relativement à la verrière qu’il s’agit d’expliquer en ce moment. Non pas certainement qu’il soit sans exemple que le livre de Y Apocalypse ait servi de motif à la peinture sur verre; mais traité comme il l’est ici, on peut bien dire que, s’il se rencontre ailleurs, il s’en faut bien qu’il se retrouve partout. Quant à nous, cette verrière nous paraît avoir été si peu répétée, que nous serions assez portés à la tenir, telle qu’elle est, pour unique; et c’est à ce titre que nous l’interpréterons rapidement, parce que l’intérêt de nos explications risquerait d’avoir trop peu de portée pour trouver grâce aux yeux de certains lecteurs. D’ailleurs, le sujet est aussi simple que majestueux; et, s’il prête à de vastes développements, il peut s’éclairer par une exposition de quelques mots. Car ce qui paraît ici mériter surtout l’attention, c’est la netteté précise et la sobriété, pour ainsi dire, de la conception générale.
Trois grandes scènes dominent les visions de saint Jean, et en tracent le partage; le peintre-verrier de Bourges les a fort bien saisies : il les détache de leurs accessoires et les fait ressortir avec une simplicité solennelle sur laquelle il serait difficile d’enchérir. Ce sont : i° la manifestation du Fils de l’homme sur la terre, et sa parole (chap. I, 12 — 111); 2° sa grandeur dans le Ciel, et son action continue dans le temps (chap. IV — XVIII) pour gouverner le monde jusqu’à la consommation des âges; 3° son triomphe, enfin, et le règne immortel de ses serviteurs avec lui (chap. XIX-XXü), après que les siècles auront achevé leur cours. Tout le reste se range autour de ces points de centre; et ce n’est pas une petite preuve du mérite de notre artiste (2), que cette gravité qui lui fait exclure tout objet de second rang pour mieux mettre en saillie ce qu’il y a de fondamental et de plus solidement instructif. Il fallait un esprit solide et mûr, pour ne pas se laisser entraîner au désir de retracer des visions merveilleuses et terribles, mais souvent énigmatiques et diversement interprétées par les docteurs; tout ce qu’il présente a un caractère dogmatique irrécusable, et une portée pratique où la contestation ne saurait pénétrer. S’il emprunte quelque circonstance à l’un des tableaux de saint Jean, pour le faire passer dans un autre, c’est avec un discernement plein de modération et de sagesse.
129. Le texte de Y Apocalypse , et la marche la plus ordinaire à nos vitraux, font assez comprendre que le groupe inférieur est le premier dans l’ordre des scènes. Le Fils de l’homme y apparaît au milieu des sept flambeaux (3); le glaive à deux tranchants est dans sa bouche; et les sept anges des
(1) E. H. Langlois, l. cit., p. 146.
(a) Quand je parle d’artiste, de peintre-verrier, etc., j'imagine que ma vraie pensée n'échappe pas au lecteur. Je prétends surtout désigner le véritable auteur, quel qu'il soit : l'inventeur, celui qui a tracé le programme, beaucoup plus que le metteur en œuvre. L'art du moyen âge, avec son aspect schématique et son caractère d'universalité, nous montre bien que l’abnégation des anciens artistes dont les noms nous échappent si souvent, netait pas toujours de la modestie; c'était souvent conscience, vérité, justice ( Cs. n“ 98, p. 177). Ainsi, lorsque cette dame gauloise dont parle Grégoire de Tours (JJisl. Fr., II, 17; ed. Ruinart, p. 70), dirigeait les peintres de la basilique quelle avait élevée, leur montrant, la Bible en main, ce qu'ils avaient à retracer sur les murailles, il est probable qu’à l’indication du sujet principal elle joignait des avis de détail pour l'exécution. Dès lors, en signant leur œuvre, les
peintres eussent évidemment donné le change à la postérité; le véritable auteur n'était pas celui qui avait tenu le pinceau. De même les populations qui ont laissé perdre les noms d’artistes que notre curiosité aimerait à enregistrer aujourd’hui, 11'ont été ni si injustes ni si indifférentes que nous pourrions le croire. Elles savaient que ces monuments n'étaient ni l'œuvre d’un homme, ni même celle d'un corps : c’était l’ouvrage de la chrétienté, exécuté par un de ses délégués au département de l’art; mais sur des instructions reçues de plus haut, et dont l’honneur revenait avant tout au commettant.
(3) Apoc. I,ia, sqq. « Vidi septem candelabra aurea; et in rne-
dio septem candelabrorum aureorum, similem Filio hominis
Et habebat in dextera sua stellas septem, et de ore ejus gladius utraque parte acutus exibat, etc.» Cs. Apoc. II, 1.
Le globe ou disque supporté par la main gauche du Fils de
PLANCHE SEPTIÈME, L’APOCALYPSE. aai
Églises (i), on du trône, [entourent de leurs hommages. Mais le livre aux sept fermoirs(2) et le baptême (3) sont empruntés à la seconde vision de saint Jean.
Le groupe central est consacré à la seconde scène de l 'Apocalypse , le trône et les vingt-quatre vieillards (A). Il n’est pas nécessaire d’étudier beaucoup pour savoir que l’on s’accorde assez généralement à voir dans ces vingt-quatre assesseurs les représentants de l’ancienne Loi et de la nouvelle (5) : les patriarches et les apôtres, les écrivains des deux Testaments, etc.
' Vere le so™met de la verrière, la durée se ferme; les temps sont accomplis (6), et tout se fixe pour 1 éternité. Le maître vient recueillir sa moisson (7), et ses serviteurs ont séparé le bon grain; le grand roi convoque ses amis au banquet, où ne seront admis que ceux qui ont revêtu la robe nuptiale (8). La salle du festin souvre pour les noces de l’Agneau; là, l’innocente ivresse sera sans terme, et la joie sans mesure (9) dans les palais éternels.
Sur tout cet ensemble plane le double symbole du nombre mystérieux cpii revient tant de fois dans la Révélation de l’apôtre bien-aimé(io). Sept nuages et sept étoiles couronnent le vitrail, pour n’y rien laisser entrer qui ne porte avec soi quelque chose de solennel et de sacré.
i3o. Cherchons à imiter la concision grave de notre modèle, afin de ne point lui ôter dans l’explication même, cet aspect austère et auguste qui saisit et fixe le regard. Aussi bien, pour lui accorder tous les développements qu’il mérite, il faudrait appeler à notre secours trop de monuments étrangers; un exposé général de l’emploi de V Apocalypse dans les arts se présenterait alors à nous, et ne pourrait s’accommoder des limites où nous serions forcés de l’étreindre (11). Réservons ce travail pour d’autres temps, et fournissons seulement le nécessaire. Nous avons au pied du vitrail l’établisse-
l’homme, est aujourd’hui eu verre blanc. Le vitrail, dans son état primitif, représentait peut-être les sept étoiles sur la pièce de verre actuellement remplacée par ce disque muet. Peut-être aussi ce globe indiquait-il tout simplement le prince des /vis de la terre (Apoc. I, 5). Cs. Apoc. XVII, i4; XIX, 16.— I Tim. VI, i5.— Etc.
Quant au glaive à deux tranchants (Apoc., I. cit.; XIX, i5. — Hebr. IV, 12), qui semblerait désigner une épée à double lame, dont la poignée serait au milieu (Cs. Judic. III, 16) , le peintre y a vu un espadon. Sur la lame, près de la poignée, est un il précédé d’une lettre peu distincte : je ne sais s'il faut lire Ail, ou bien £1N (celui qui est, Apoc. I, 4, 8.) écrit de droite à gauche. Cs. n° i33.
(1) Apoc. 1, 10. «Sacramentum. septem stellarum quas vidisti in dextera mea, et septem candelabra aurea : septem stellæ, angeli sunt septem ecclesiarum ; et candelabra septem , septem ecclesiæ sunt.» — Apoc. III, 1 »... Hæc dicit qui habet septem spiritus Dei et septem stellas.» — Ibid. I, 4- «Joannes septem ecclesiis quæ sunt in Asia : Gratia vobis et pax ab eo qui est, et qui crat, et qui venturus est; et a septem spiritibus qui in conspectu throni ejus sunt. » — Tob. XII, i5. — Etc. Cs. n° i35.
(3.) Apoc. 5, 1. »Et vidi, in dextera sedentis supra thronum, librum scriptuni intus et foris, signatum sigillis septem. Etc.» Dans la première vision c'est également la main droite qui porte les sept étoiles. Ce pourrait être une raison de douter que les étoiles aient été figurées sur le globe que tient la main gauche; d’autant que du côté droit on pourrait trouver une autre allusion aux sept étoiles dans les sept personnages nimbés qui s'avancent vers le Fils de l’homme en portant chacun un livre. Cs. n° i35.
Quant à la forme du livre qui est en la main du Fils de 1 homme, elle est un peu plus reconnaissable dans le vitrail quelle ne parait l'étre dans la lithographie : la partie supérieure offre quelque indice de la tranche des feuillets.
Il est évident que pour le peintre de Bourges, comme pour bien d'autres, ce Uvre est le symbole de l’Écriture sainte. Cs. Rupert., in Apoc., libr. IV. — Berengaud., in Apoc., vis. 3(Ambros. Opp., t. II, Appendix, 5i8). — Brun. Astens., in Apoc., libr. I(Bibl. PP. XX, i685).— Alcuin., in Apoc., cap. 5 (ap. Mai, Nova collect Vatic., t. IX, p. 296). — Gloss., in h. I. — Etc., etc.
(3) Apoc. lV,6. «Et in conspectu sedis tamquam mare vitreum simile crystallo. » Cs. Apoc. XXII, 1, 2. Rien n'est plus ordinaire parmi les écrivains ecclésiastiques que de montrer dans cette mer de cristal un symbole du baptême. On en sera moins surpris si l’on soirne à l’usage primitif, longtemps conservé dans l'Eglise, de baptiser par immersion. Cs. Rupert., op. cit., libr. III- Brun. Astens., op. cit., libr. II(Bibl.PP.XX, .684). — Gerboh. Reichers-
perg., inExod.XN, 14 (D.Pez, V, 3172). — Gloss., in h. I. — Alcuin., op. cit., cap. 4 (Mai, L cit., 2g3). — Pseudo-Augustin., in Apoc., homil. 2 et 3 (t. III, Appendix, p. 162, 164). — Ambros. Autpert., in Apoc., lib. III (Bibl. PP. XIII, 465). — Etc., etc.
(4) Apoc. IV, i,sqq. «Post hæc vidi : et ecce ostium apertum iu cœlo.... Et ecce sedes posita erat in cœlo, et supra sedera sedens.
». . . . Et iris erat in circuitu sedis Et in circuitu sedis se-
dilia viginti quatuor; et super tlnonos viginti quatuor seniores sedentes
» Et de throno procedebant fulgura et voces. ... Et in medio sedis et in circuitu sedis, quatuor animalia, etc.»
Les foudres et les éclairs ont été traduits en larges flammes qui s'échappent des mains de Jésus-Christ; et les quatre animaux évangéliques ont été compris parmi les vingt-quatre vieillards. Ils me paraissent désignés par les personnages qui tiennent des espèces de diptyques ouverts; d'autant plus que sous les pieds de l’un d’entre eux on lit encore le nom de saint Matthieu. Cet indice permet de conclure que les noms des trois autres évangélistes avaient été tracés aussi bien que celui-là.
(5) Rupert., in Apocal., libr. III. — Brun. Astens., libr. II (Bibl. PP. XX, 1684). — Gloss., in h. I. — Alcuin. (L cit., p. 292). — Ambros. Autp. (Bibl. PP. XIII, 464). — Etc.
(6) Apoc. XIX, 6, sqq. «... Alléluia : quoniam regnavit Domi-
nus Deus noster omnipotens. Gaudeamus et exultemus, et demus gloriam ci; quia venerunt nuptiæ Agui, et uxor ejus præparavit se Beati qui ad cœnam nuptiarum Agni vocati sunt. — Etc.»
Cs. Apoc. XIV, 7; X, 6.
(7) Matth. XIII, 24 — 4^; III, !0, 12. — Luc. III, 17. Cs. Apoc. 7, 14 — 20. — Is. IX, 3. — Joann. IV, 38. — Etc.
(8) Apoc. XIX, 9; XX, 1 5; XXI, 7, 8, 27; XXII, 3, 1 1, .4, i5; VII, t 3 — 15. Cs. Matth. XXII, 1— i3;XXV, x— 13.— Luc. XII, 35— 38.— Etc.
(9) Apoc. XXI, 1 — 4, 7, 9 — 14; XXII, 1 — 5; VII, 16, 17. Cs. Prov. IX, 1— 5. — Isai. LXVI, 10— 1 4- — Ps. XXXV, 9. — Etc.
(10) Apoc. 1,4, 12, 16; IV, 5; V, 1,6; VIII, 2; X, 3; XI, i3; XII, 3; XV, 1, 7, 8, etc. Ce nombre est devenu tellement caractéristique de saint Jean, que le moyen âge a souvent peint cet apôtre ayant près de lui sept petites églises, qui forment son attribut distinctif dans quelques vitraux.
(11) Tous ceux qui ont réfléchi, les écrivaius ecclésiastiques à la main, sur l'art du moyen âge, savent très-bien qu'on serait ridicule à vouloir traiter comme par épisode l'influence de l'Apocalypse sur les œuvres des artistes chrétiens. Pour moi, j’avoue ne pas comprendre comment il se peut faire que le savant Augusti
VITRAUX DE BOURGES
ment de l’Église : «Toute puissance m’a été donnée au ciel et en la terre; allez donc : enseignez « toutes les nations, et baptisez-les au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, leur apprenant à «garder tous les commandements que vous tenez de moi. Etc. (i).» Au milieu, c’est l’accomplissement de cette promesse, qui accompagnait la mission des apôtres (2) : «Voici que je suis avec vous « tous les jours jusqu’à la consommation du temps.» Enfin, cette simple et mâle trilogie s’achève par l’accomplissement irrévocable de cette autre parole qui couronnait les premières (3) : «Qui croira, et « aura reçu le baptême, sera sauvé.»
Mission de Jésus-Christ, et prédication apostolique qui étend à tout l’univers l’œuvre du Fils de Dieu; ministère ecclésiastique qui perpétue, par l’enseignement et la discipline, l’œuvre des apôtres; salut éternel des hommes, terme des conseils divins dans la mission de Jésus-Christ, qui concilie la gloire de Dieu et le bonheur de la créature. Partout, auprès de Jésus-Christ, l’Église : pour enrôler les hommes au service de Dieu; pour maintenir la doctrine évangélique sur la terre, et diriger les fidèles dans la voie du salut; puis sur le seuil de l’autre vie, l’Église encore, pour ouvrir le ciel même aux pécheurs, par le sacrement de la réconciliation. Telles sont les trois coupes de cette grande composition. Jésus- Christ et l’Église en forment l’unité, les points de partage sont dans la diversité des temps et des ministères.
Jésus-Christ, conciliateur de la terre avec le Ciel(4),et cause de toute justification pour les hommes(5), est surtout médiateur du Nouveau Testament (6) et chef de l’Église (7); c’est ainsi qu’il se présente à notre foi depuis l’incarnation (8). L’Église, c’est ce flambeau que Jésus-Christ est venu allumer, et qu’il veut porter bien haut comme un phare (9) pour guider la marche des générations; c’est la ville de refuge qui seule peut nous abriter contre la colère divine. Cette cité de Dieu (10), ce royaume de celui à qui les nations ont été données pour héritage (11), le Roi des rois l’a acheté de son sang (12); mais tous les jours il en poursuit la conquête avec le glaive de la parole divine (i3) qui se résout dans l’Évangile (14). L’entrée de ce royaume, la porte de cette cité, c’est le baptême (1 5); car c’est l’Évangile et le baptême qui enfantent à Dieu des sujets (16), et peuplent son royaume.
Ainsi, « Un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême (17); voilà le résumé du premier groupe. Plus de religion sans Jésus-Christ, depuis que le Verbe s’est fait homme (18); point de christianisme hors de l’Église (19); point de part dans l’Église sans les sacrements qu’elle seule dispense (20).
Mais cette proclamation de la loi nouvelle ne devait pas être faite à quelques générations seulement, et se perdre dans le silence de l’Écriture après la mort des apôtres; leur doctrine devait se faire entendre jusqu’aux derniers jours, et leur pouvoir devait se transmettre à travers les siècles à des successeurs (21). Maintenir l’esprit de sainteté avec la vraie doctrine dans son Église, défendre les siens contre les ennemis intérieurs aussi bien que contre les attaques du dehors; diriger l’arche du salut à travers les orages du monde, et l’arracher manifestement parfois aux plus affreux périls; et, pour cela, disposer du sort des empires d’après ses desseins sur son Église, c’est à quoi saint Jean nous montre le Seigneur veillant sans relâche du haut de son trône dans le ciel, et c’est ce qu’indique le centre du vitrail (22).
( Beilràge. . . , 1. 1 , 90, sqq.) n'ait presque rien trouvé à dire sur cette question. C'est véritablement marcher à tâtons en plein midi.
(1) Matth. XXVIÏI, 18 — 20. — Marc. XVI, i5 — 20.
(2) Matth. XXVIII, 20.
(3) Marc. XVI, 16.
(4) II Cor. V, 1 8, 1 9.— I Tit. II , 5, 6— Eph. II, 1 3— 16.— Col. I ,
(5) Hebr. VII, 24 — 27. — Rom. 111,24 — 26. — Eph. I, 7 — 10. •(6) Hebr. IX, i5; VIII, 6; XII, 24. — Gai. III, 19,20.
(7) Eph. 1 , 22 ; IV, 1 2, 1 5 ; V, 23.— Col. 1, 18; II, 19.— Act. XX ,
(8) Joann. XVII, 3. — Col. I, 5, 12 — 20, 24, 26 — 28. — Hebr. I — III.— ITim. III, 1 5. — Gai. III, 22— 26. — Rom. XVI, 25— 27.
(9) Isai. II, 2.— Matth. V, 14— 16.— Hebr. XII, 22. — Etc.
(10) Hebr. XII, 22. — Matth. V,i4- — Eph. II, 19 — 22. — Apoc.
(1 1) Ps. II, 6 — 9. — Apoc. XIX, 12 — 16. — Ps. XXI, 26 — 29. — Col. I, i3.
(12) I Cor. VI, 20; VII, 23.— Act. XX, 28. — I Petr. II, 9. (t3) Hebr. IV, 12.— Apoc.1, 16; II, 16; XIX, i5— Eph. VI, 17.
04) Philipp. 1, 16. — Matth. XXIV, 1 4- — Marc.I, 1 5 ; VIII, 35; XVI, i5. — Act. XV, 7. — Rom. X, 16. — I Cor. IV, 1 5. — II Cor. IV, 4 ; XI , 4. — Col. 1 , 26— 28. — Gal.1 , 6— 1 1 . — II Thess. 1,8.— IITim. I, 10. — I Petr. IV, 17.— Etc.
(15) Joann. III, 3, 5. —I Petr. III, 21.— Tit. III, 5. — Etc.
(16) I Cor. IV, i5. — Joann. III, 3 — 7.
(17) Eph. IV, 5.
(18) Col. 11,8.— Joann. IH, 18, 19, 36; VIII, 24; XVII, 3.— I Cor. XVI, 22. — Gai. I, 8, g. — I Joann. V, 10 — 12; II, 23. — H Joann. 9. — Marc. XVI, i5, 16. — Etc., etc.
(19) Matth. XVIII, 17.— ITim. III, i5.— Eph. IV, 3—6, 1 1—18. — Joann. X, 1, 16. — Etc.
(20) Matth. XXVIII, 19. — Marc. XVI, 16. — Joann. III, 5. — Tit. HI, 5. — Eph. V, 26. — 1 Petr. III, 20, 21.
(21) Matth. XXVIII, 20. — Tit. 1,5.— IITim. 11,2. — I Petr. V, 1—4— Etc.
(22) Deuteron. XXXIII, 2, 3 Dan. VII, 9— 14. — Rupert.,
in Apoc., libr. IV. « Verbum quippe sive eloquium Domini est de quo et Psalmista (Ps. CXVIII, 140): Ignitum, ait, eloquium luum vehementer. Etc. »
Le dernier tableau est plus varié que les deux autres. Il convenait d’y réunir plus d’intérét, tout le reste n’étant qu’un acheminement vers ce point. En avançant dans l’examen du vitrail, on reconnaît de plus en plus la pensée qui a dirigé l'auteur. Il n’embrasse dans l'Apocalypse que la tige centrale qui est le régne du Verbe incarné; les combats, il les omet : parce que, malgré les obscurités qui peuvent dérober à nos yeux mortels la marche des affaires divines sur la terre, le Christ, néanmoins, demeure victorieux, il règne, il triomphe et commande en maître (i). Le chef des prédestinés appelle, rassemble et dirige ses élus; il brise ou courbe les obstacles sur leur passage, il permet que souvent les voies leur soient pénibles, mais enfin il les guide et les amène : c’est le terme seul qui importe. Puis, lorsqu’il les a réunis tous, il ferme cette scène du monde où l’on se Battait d’avoir bien autre chose à faire (2); et tout ce qui passe est arrêté irrévocablement dans son cours, en dépit des projets sans limites (3) qui se formaient tranquillement ici-bas. Alors commence le jour de Jésus-Christ (4) et de tous ceux qui se trouveront inscrits dans le livre de vie (5).
L’innocence n’y est pas seule admise; celui qui a souillé sa robe dans la fange du monde, après l’avoir reçue éclatante de blancheur dans son baptême, peut en retrouver l’éclat dans le sang de l’Agneau (6). C’est ce qu’annonce la présence de saint Pierre, dont les clefs indiquent le ministère de
Augustin., in Tit. Ps. LIX (t. IV, 5yy). «Quando ergo nos mutaret Christus, nisi fecisset quod dixit (Luc. XII, 4g): Ignem veni mittere in mundum? Si ergo Christus venit mittere iu mundum ignem, utique salubriter atque utiliter; non quo modo missurus
est mundum iu ignem Non ergo timeatur ignis Christi,
fœnum consumit. Etc., etc. — Id. , in Ps. CXXXIX, n (Ibid. 1 558, sq.).
Cs. Gerhoh., in Ps. XVII, i3, sqq. (D. Pez, t. V, a3a — 235.) — Brun. Astens., in Apoc., libr. II (Bibl. PP. XX, 1684)- — Berengaud., in Apoc., vis. II (1. cit., 5i3). — Alcuin., in h. I. (loc. cit., 2g3). — Ambros. Autpert., in Apoc., libr. I, et III (Bibl. PP. XIII, 428, 464). — Etc. Pour tous ces auteurs, la seconde vision de saint Jean représente la succession des docteurs et de la prédication, maintenues par Jésus-Christ dans son Eglise. C’est l’apostolat persistant et continué jusqu'aux derniers jours, par la protection de celui qui envoya les premiers .apôtres; pensée noblement exprimée par la préface de la messe des apôtres, et que le sacramentaire de saint Grégoire répète volontiers sous plusieurs formes. Nat. s. Barlliolom. (edd. BB, t. III, P. I, 124) : «Qui Ecclesiam tuam sempiterna pietate non deseris; sed per beatos apostolos tuos jugiter erudis,et sine fine custodis.». — Cathedr. S. Pétri. [ Ib., 29). «...Per quos Unigeniti tui sacrum corpus exoruas, et in quibus Ecclesiæ tuæ fundamenta constituis : quarn in patriarchis fundasti, in prophetis præparasti, in apostolis coudidisti.» — Nat. s. Mall/uœ (Ib., 3o). «Vere dignum et justum est. ... te laudare mirabilem Deum in beatis apostolis tuis, in quibus glorificatus es vehementer : per quos Unigeniti tui sacrum corpus colligis, et in quibus Ecclesiæ tuæ fundamenta constituis.» Nat. s. Matthœi ( Ib., i3i). «Qui Ecclesiam tuam, iu tuis fidelibus ubique pollentem, apostolicis facis constare doctrinis; præsta, quæsumus, ut, per quos initinm divinæ cognitionis accepit,per eos usque in finem sæculi capiat regni cœlestis augmentum. » — Etc.
Notker, seq. de Apostolis (D. Pez, 1. 1, P. I, 38).
« Cim e sanclorum Senatus aposlolorum,
Princcps orbis terrarum,
Rectorque regnoruni ;
aEcclesiarum mores et vitam moderare Quæ per iloclrinam tuam Gdeles sunt ubique.»
(t) Les princes, aux temps qu’il y avait une chrétienté, ne pensaient pas pouvoir mieux relever leur autorité qu eu la présentant aux peuples comme l'instrument du règne de Jésus-Christ. Depuis un demi-siècle, nulle monnaie (que je sache) ne proclame plus cette généreuse profession de foi politique XS VINCIT, XS REGNAT, XS IMPERAT, qui déclarait si bien l’égalité commune des monarques et des sujets devant le roi des rois; et j’ignore si peuples et rois ont gagné beaucoup à cette suppression. Ce qui est bien sûr, c’est que cela ne modifie en rien les oracles du psaume second, par exemple. Pour ce qui est de la formule, quon ne simagine pas que je la regrette; quand on s’avisa enfin de la biffer,
il y avait déjà bien des années quelle formait une dissonance que le temps devait effacer, faute de pouvoir la résoudre : la couronne de Louis XIV ne portait déjà plus la croix. Ceci est, à propos de numismatique, une remarque de blason que les béraldistes pourront faire remonter plus haut; car je ne saurais en préciser la date, et j'aimerais à la voir déterminer.
(2) Apoc. VI, 9 — 1 1 — Rom. VIII, 19 — 22.
Epist. ad Diognet., n° 6 (Galland, I, 323). . . k-liâç 8’ewcsîv, ôrop ÉlTTIV £V OÔjAaTl ijiuyvi , toüt’ sio’iv ÉV Z0(7|AW XpKTTtaVOÎ. ËaTtapTai y.avà lïâvTwv twv toû cwjiaTo; j j.il&'i ijiuyi), y,al Xpurnavol xarà ràt; toû
*6ff(J.0U TCÔAS'.Ç. Oi’/.EÏ p.lv év TW (TWfiaTt ij lU'/pi , O’JX 1(7 Tl SÈ SX TOÛ CrwJiÆTOç ' xa. i Xpurnavol èv x6a |xw oixoDo-tv, où» eùrl Se ex toû y.ôoixo’j. ÀôpaToç 4 ’^w/’h iv oparw (ppoupsîTai tw ’ y.al Xpurnavol ytvwaxovTas |«vovtsç
Iv tw »é(7(j.w, âôpaTo; 8s aÛTwv 4 Oeoaé&ia pivet. Mise! tï;V Jfs/f 4 oàpç v.ai Ttotaïut, p.r,8sv àS'.y.oupivT, , S'.6ti Tœîç ’rçSovaîç xuXvita,'. y pr lerQai’ jutnî xal Xpumavoûç ô y.ârpoç, p.v]8Èv à8uoo'jp.svo; , ôrt t aïç viSovaïç avaTiTâiraovTat. H ôuyi) tt)V (UooCmv àya-â câp/.a , xal Ta pi/.-i)’ z.al Xpwmavol Toûç jj.W70üvTai; dyaicwaiv. ÊyxéxXei'na.'. fdv r, tw CTwgaTi, (rjvéysi Sè aÔT?j to cwp.a- xa.'. Xp'.<mavoi |aèv w; év (ppoupà tw y^oiuo, aÙToi
Ss (juvly^ouai tôv xhaym. K. t. X.
(3) Matth.XXIV, 37— 42.— Luc. XVII, 26— 3o.— Etc.
(4) Philipp. 1,6, 10; II, 16. — Jud. ai. — Etc., etc.
(5) Apoc. XX, 12, i5; XXI, 27.— Etc.
(6) Apoc. XXII, 14. — Paulin. Nolan., Poem. VI, de S. Joann. Bapt., v. 276, sqq. (t. I, P. II, p. i3).
« O Paler, o boniinuin rerumque ælerne creator,
Quoi giadibus pareil pietas luo! Qnis paler unqiiam Suslinet eriariti tolies ignosceie nalo !
Das genli sensum quo vel bona vol malanoscant;
Proponisque malis pœnas, et pneraia juslis.
Hæc quoque quis sprevil ? redeal quandoque libebit,
In promptu venia est : sanctum palet ecce Iavacrum Quod renovet vitam , veleresque oblileret aclus,
Quodque novos boulines facial. Quid quairimus ultra?
Hoc quoque pollulo prolapsus corpore donum.
Quamquam jam nimiüs longe processerit error,
Desinal et redeal; quum se damnaveril ipse,
Absolvi meruit : si pœnitet, irrita eulpa est.
O vere, quod ais, pondus leve! Quodque coliæret,
Suave jugum (Mallh.XI,3o)! loties bomiui quum ignoscilur uni.
Et tamen erra mus, Gnis nec commis ullus Humano generi! Sed crescit laus tua; nam quo Major eulpa rei, parcenlis gloria major.
Etc.»
Ces accents de saint Paulin, si nobles en même temps que si pieux, me paraissent entrer tout à fait dans l’ordre des idées qu’a suivies l’artiste de Bourges. Il ne veut montrer Notre-Seigueur dans cette composition que comme auteur et consommateur de notre foi (Hebr. XII, 2). Tout ce qui n’est point le salut des hommes est écarté de ce plan , afin de fixer nos regards sur celui qui nous a aimés et nous a lavés de nos péchés dans son sang (Apoc. I, 5). Près d’arrêter cette grande perspective, il n’a pas
VITRAUX DE BOURGES
réconciliation confié à l’Église dans le sacrement de pénitence, et qui rappellent l’ouverture de Y Apocalypse, où Jésus-Christ est montré comme disposant de l’entrée du ciel et de celle de l’abîme (1). C’est en vertu de ce pouvoir de la première résurrection (2), que l’Église à tous les âges introduit au banquet de V Agneau de nouveaux convives.
i3i. C’est toujours cette pensée que nous avons trouvée dans plusieurs verrières du jugement (3): «Réconciliez-vous avec le juge, avant que le temps soit venu de comparaître devant son tribunal « pour rendre compte de tout avec rigueur.» C’est toujours l’Église, sans laquelle on se flatte en vain d’appartenir à Jésus-Christ (4). Car quand même Pierre ne paraîtrait que comme premier confesseur de la foi chrétienne , et juge pour le Ciel dans les affaires de la terre (5), c’est-à-dire comme personnification de l’enseignement et de l’autorité ecclésiastique dont il est le dépositaire suprême, on voit bien qu’il est ici pour bannir toute pensée d’arriver au Fils de Dieu sans être présenté par l’Église. Tous ces sens peuvent être exprimés par le symbole de la clef du ciel, et sous le surnom de Portier du ciel, jadis fréquemment donné à saint Pierre (6). Mais, outre que le pouvoir de remettre les péchés me paraît plus sensiblement indiqué à cet endroit de l’ Apocalypse (7) par l’interprétation des écrivains
voulu omettre cette ressource que nous donne la bonté divine pour repousser l'accusateur qui porte plainte contre nous jour et nuit en présence de notre Dieu (Apoc. XII, 10). Cs. I Joann. II, 1.
(1) Apoc. I, 18; III, 7,8. — Etc.
Ambros. Autp-, in Apoc., libr. I(Bibl. PP. XIII, 429> « ...Habet siquidem etEcclesia promodulo suo basclavés in Christo(Apoc.I, 18). . . . Nec miriim si babeat in Christo claves mortis et irtferorum, quæ ipso annuente in Petro accepit claves regni cœlorum. Unde scriptuni est (Matth. XVI, 19) : Tibi dabo claves regni cœlorum : et quodeumque ligaveris super terram erit ligalum et in cœlis, etc. Et rursum (Joann. XX, 23) : Accipite, ait, Spiritum sanctum : quorum remiserilis peccata, remi/tunlur eis , etc. Consideret itaque unica a Christo dilecta, consideret. autem desiderio gemens, spe gaudens, quanta illi in patria viveuti poteslas maneat; si adhuc et in exilio tamquam mortua, in cœlis pari ter et in terris solvit et ligat. »
Cette peinture ne sort point du cercle tracé par saint Jean. Nous avons marqué la troisième division de X Apocalypse dès le chapitre X1X°, parce que le règne de mille ans après la défaite du judaïsme et du paganisme y apparaît comme le prélude du triomphe définitif de l'Agueau.
Or, c'est à cette occasion que l'apôtre parle de la première résurrection. A défaut d'idées bien nettes sur le règne de mille ans, divers commentateurs ont vu daus la résurrection première, soit le baptême, soit le sacrement de pénitence. C’était toujours la rémission des péchés; niais il ne parait pas douteux que ce soit la seconde interprétation qui ait prévalu dans la pensée du peintreverrier de Bourges.
(a) Apoc. XX, 5, 6. Ambros. Autp., libr. III (Ib., 461) « ■ . . Totum Ecclesiæ tempus quod in sua visione sæpius recapitulando contexit (Joannés) , ad illam coutinuatam resurrectionis diem docet referendum de qua non longe inferius in bac revelatione dicitur : Beatus et sanctus qui habet partent in resurrectione prima. Prima enim resurrectio qua a morte peccati ad vitam justitiæ animæ resurgunt, toto nunc tempore agitur. Secunda vero, qua de terra; pulvere ad vitam corpora redeuut, in futurum exspectatur. »
Cs. Alulf., sup. Apoc., cap. (Gregor. M. opp., edd. BB., t. III,
(3) N°g8(p. 175 — 177). Pseudo-Chrysostom., de Pœnit. (t. VIII,
Append., p. 290, 296) Mil icoté <ts rcapaSû b àvxtSixoç xû
xptxîj’ tco piiAovxi xp'.TÎj. O àvxîSixoç- cû càv vDv crj yapicrçi t6te EÜpéncîTa; ers itapaStSoùç ô y.ptx-r,ç tû ÛTCiipsTii (Matth. V, 25, sq.)... y.al sîç çtAay.fjV p>T)0ï)<nj,e!ç xi ay.6xoç xi ê^wxspov. «PoSspôç ô xéroç. . . . Êàv “po toü Oavàxou StàAûcrtiç xi ycéoç, Î.ÉAuxœi ' . . . . TaOxa siSâxsç, âSeAçoi, itapâW.Y)Xa OéctOe xàç r,iîovàç ym. X7|v (AlXXoiway r,p,É pav xi;; ■/. pccEu;, Y.oX xviv xoü SuiàÇovxoç K. x. X — Hy-ovcraxE itàvxwç
xïjç xoû Àîctüoxû'j <ptXavOp<iiraaç, ôxi lïpiç xiv paxx p’.ov Ulxpov (/.sxà xûv âXmv émCvov y.ai xoüxo sDipcev (Matth. XVI , 19. — Joann. XX, 23)' Soi Si Wu xàç yAsiç ttiç |3a< riXtîaç xûv oûpavûv' Av xtvwv àç’çç
xou «tXavGpcoraav; Aôxw cro t xàç y.Xeî ç. Aià x£ oùz. iScoy.Ev Icoàvvri 3ç êîci axiiGoç àvs-EXî xoû Ascmixcu, TÎjç àyàxrïiç ày.ptëûç ë/jsv xi <rjij.Soloi ;
Aià tc xàç yAeïç xrfç [3a<ri>s iaç oOy. b/i-yei purev, xfllixoi àyauûv iràp % àvxaç
aùxiv; ÉXéyopsv o3v ôxc Stà xoûxo Iléxpu xàç y.î.ïiç xijç PacnXetaç èra-
aXEUtre , '/m. oùSevl xûv àvau.aprçxoiv xaxeictexeuiTBV, ïva IIÉTpoç oxav tSri xivàç xûv 1% àp.apxvip,àxcov èitwxpeçivxùiv, ym. Stà (lÆxavoîaç eîç xt]v ■paot-
leiav ei<i£ta,Çop.£V(üv (Matth. XI, 12) , ;xvr,<jGslç xoû y.aO' iauxiv
üxoSeiyp.axoç , xal ^ jj.îv xotç Sià jae xavoîaç icpoatoüixiv facavoiSg Ovpav
Mexav6i]<rov Ttptv àicoxletoG^vat. É^ouircav yàp ëyi’. b Yciç xoû àvOpc’oitou lui x7iç yîjç àçtév ai à,u.a pxtaç. Oîcou ^ àjAapxia , éxû ri >ûmç. . . ÈvxaüOa 7.ü<rov, ym. xoxe ae Usxpoç ûuoSé^Exai.
(5) Hilar. Pictav., in Ps. CXXXI, 2 (t. I, 5o3). ». . . . Petrum primum Filii Dei confessorem, Ecclesiæ fundamentum, cœlestis regni janitorem, et in terreno judicio judicem cœli. . . » — Id., de Triait. VI, Zq (t. II, 161) ». . . . Hinc regni cœlorum habet claves, bine terrena ejus judicia, judicia cœlestia sunt. »
(6) Hilar., in Matth. XVI, 19 (t. I, 749, sq.). «O beatus cœli janitor! cujus arbitrio claves æterni aditus traduntur; cujus terrestre judicium præjudicata auctoritas sit in cœlo ; ut quæ in terris aut ligata sint aut soluta, statuti ejusdem conditionem obtineant et in cœlo. »
Prudent., Peristeph., II, 461, sqq. (924, t. II).
«Aller ( apostolus ) vocalor genlium ;
Aller, catliedram possidens Priraam, recludit créditas Ætermtatis januas.»
Elpis, Hymn. de Petro et Paulo.
0 Janitor cœli
peccati vincula
Résolve libi potestalc tradita
Qui cunclis cœlum verbo claudis, aperis.»
Le Dante ( Paradiso , XXIII , XXIV) ne manque pas de rappeler ce titre, et de donner à saint Pierre une place éminente parmi les bienheureux admis aux noces de l'Agneau.
« Quivi trionfa sotlo l’allo Filio Di Dio e di Maria, di sua vittoria,
E coll'antico e col novo concilio Colui cbe lien le chiavi di tal gloria.
«O sodalizio eletto alla gran cena Del benedelto Agnello, il quai vi ciba Si cbe la vestra voglia è sempre piena ,
Etc.»
(7) Je parle non-seulement de la première résurrection, mais des livres qui sont ouverts devant le trône pour le jugement, et de l'exclusion prononcée à plusieurs reprises contre l'impur et le profane. Apoc. XX, 5, 6, 12, i5; XXI, 8, 27; XXII, i5.
Petr. Blés., serm. 65 (Bibl. PP. XXIV, 1145). » Très in
judicio libros attendo ; librum viæ, librum conscientiæ, et librum vitæ. Etc. » — Id., de Confessione (Ibid., 1174). «Sicut Deus judex et ultor est culpas abscondentium, sic advocatus est confitentium; nec melius causam nostram justificare possumus quam si, accusaudo et punieudo nos, partes judicis exsequamur Si vero
du moyen tige, il me semble que saint Pierre a déjà été montré dans le groupe central comme juge de la foi et chef de la hiérarchie. Car telle est, si je ne me trompe, l’intention qui a dicté la scène où deux apôtres debout s’approchent de saint Pierre. Ce doit être saint Paul venant faire hommage (1) au lieutenant du Prince des pasteurs, auquel il est présenté par saint Barnabé. C’était une noble et simple invention pour relever la dignité de saint Pierre, que de le représenter accueillant le grand apôtie avec 1 affabilité dune puissance hors de toute contestation (2); cette seule expression équivalait à bien d autres, et il n était plus besoin d’y rien ajouter dans la suite.
i32. On a pu remarquer que nous évitons soigneusement de mêler à l’art du moyen âge celui des monuments chrétiens de Rome que l’on pourrait appeler primitifs. Certes, la parenté de ces deux arts est visible en plusieurs points, et leur exposition pourrait avoir une grande portée; mais, avant de les comparer, il convient de bien étudier chacun d’eux, pour ne pas gâter ce parallèle par un empressement indiscret, soit en prévenant l’époque où il pourra être présenté comme il le mérite, soit en brusquant des aperçus qui exigent un ample cortège de faits. Cette fois, il est impossible de ne pas rappeler les antiques peintures chrétiennes en parlant de Y Agneau triomphateur; mais nous le ferons avec une extrême réserve, pour ne pas enlever à ces études l’intérêt qu’elles pourront avoir plus tard.
L agneau ou la brebis a souvent exprimé le fidèle; l’Évangile conduisait bien naturellement à ce symbole (3). Mais, d un autre côté, le Fils de Dieu avait été montré aussi par l’Esprit saint sous cet emblème (4). Le troupeau et le pasteur se trouvaient donc confondus sous une même expression, puisque celui qui va chercher la brebis perdue et la rapporte lui-même au bercail est aussi celui que montrait le Précurseur comme «l’Agneau de Dieu, chargé des péchés du monde (5)». Il importait donc de caractériser nettement V Agneau maître du monde (6). Aussi voyons-nous que dans des représentations
pudor prohibeat confiteri, recolat quomodo libri conscientiarum aperientur coram omnibus in die judicii, quum revelaverit Dominas abscondita tenebrarum. . . . Non ergo pudeat dicere quod non puduit facere; sed utili erubescentia conlundatur, ut in splendoribus sanctorum de kumilitatis suæ merito glorietur. »
Petr. Lombard., Sentent. IV, 17, n° 4. « ■ • • Ex liis indubitanter ostenditur oportere Deo primum et deinde sacerdoti offerri confessionem; nec aliter posse perveniri ad ingressum paradisi, si adsit facultas. »
Augustin., serm. CCCXCII, 3 (t. V, i5o4). « Agite pœnitentiam qualis agitur in Ecclesia, ut oret pro vobis Ecclesia. Nemo sibi dicat : Occulte ago, apud Deum ago; novit Deus qui mihi ignoscat, quia in corde meo ago. Ergo sine causa dictum est : Quee solverilis in terra, soluta erunt in ceelo? Ergo sine causa sunt claves datæ Ecclesiæ Dci? Frustramus Evangelium, frustramus verba Cbristi. Etc.»
L'expression de saint Bernard, si hardie en apparence (in Fest. ss. a p p. Petr. et Paul., serm. I, 2; 1. 1, 989) : « Claves regni coclorum tam singulariter accepit (P et rus) , ut præcedat sententia Pétri sententiam cœli,» n'est qu'un abrégé de ce qu'avaient dit saint Ckrysostome (in Isai., hom. V, 1; t. VI, p. i3a) et saint Hilaire (loc. cit.) bien des siècles avant lui.
Hieronym., epist. ad Heliodor. (t. IV, P. II, p. 10). « Absit ut de his quidquam sinistrum loquar qui, apostolico gradui succedentes,Christi corpus sacro ore couficiunt; per quos et nos christiani sumus; qui, claves regni cœlorum habentes, quodam modo ante judicii diem judicant.»
Cs. n" 98 (p. 176).
(1) Gai. I, 18.— Act.IX, 26, 27. Cette idée du peintre-verrier avait, en outre, l’avantage de distinguer ainsi entre tous, les deux apôtres dont la vocation avait un caractère tout spécial, et, pour ainsi dire, exceptionnel. Peut-être leur nimbe plus orné les désigne-t-il comme premiers apôtres des Gentils, et comme ayant fondé l'Église où commença le nom de chrétien. Cs. Act. XHI, 2, 3; XI, 25, 26.— Etc.
(2) Optât. Milevit., de Schism. donatist., II, 2, 3, 5 (Galland, V, 471 ). „ . . . Negare non potes scire te in urbe Roma Petro primo catbedram episcopalem esse collatam, in qua sederit omnium apostolorum caput Petrus; unde et Cephas appellatus est: in qua una cathedra imitas ab omnibus servaretur, nec cæteri apostoli singulas sibi quisque defenderent; ut jam sclusmaticus et peccator esset qui contra singularem cathedram, alteram collocaret.
Ergo cathedram unicam, quæ est prima de dotibus, sedit prior
« Unde est ergo quod claves regni cœlorum vobis usurpare contenditis, qui contra cathedram Pétri , vestris præsumptionibus et audaciis, sacrilegio militatis?»
Saint Jérôme (in Gai. I, 18; t. IV, P. I, p. 236) ne parle pas autrement au sujet du premier voyage de saint Paul à Jérusalem. « . . . . Non discendi studio, qui et ipse eumdem prædicationis liaberet auctorem, sed honoris priori apostolo deferendi.»
(3) Luc.XV,4— 6.— Matth. XVIII, 12— i4;XII, n;XXV, 3a, 33. — Joann. X, 1 — 16. — I Petr. II, i5. — Etc. Ailleurs les apôtres sont désignés sous cette figure (Matth. X, 16; XXVI, 3i. — Luc. X, 3. — Joann. XXI, 17), et ces diverses acceptions se retrouvent dans les monuments. Cs. Ciampini, V ctera monim., P. II, tab. 16, p. 62; tab. 52, p. 162; tab. 47, p- i49i tab. 3j,p. ia3; etc. — Buonarruoti, . . . Framm. . . . divetro, p. 45 — 4§- — Aringhio, Roma. subterran. (1659), 1. 1, 189; t. II, 61. — Etc.
(4) Act. VIII, 32. — Isai. LUI, 7, XVI, 1. — Jerem. XI, 19.— I Petr. I, 19. — Joann. XIX, 36. — Exod. XII, 5 — 14, 43 — 47- — Numer. IX, 12. — Joann. I, 29. — Apoc passim.
(5) Joann. X, 11, i4,etc. — Ilebr. XIII, 20. — IPetr.II^ 25. — Etc.
Ce langage complexe ayant de part et d’autre sa source dans
l’Écriture sainte, se rencontre dans la liturgie aussi bien que dans la Bible et sur les monuments figurés. On cherchait si peu à sauver cette cause apparente de confusion, qu'on affecte même volontiers de rapprocher les deux termes.
Scquent. Pasch.
«Victimæ pascliali laudes Immolent christiani,
Acnus redemit oyes,
Etc.»
Sabb. in albis, Responsor. « Isti sunt Agni novelli qui annuntiaverunt; modo venerunt ad fontes, repleti sunt claritate. In conspectu Agni amicti sunt stolis albis. Etc. »
Les écrivains ecclésiastiques parlent de même. Paulin. Nolan., epist. 42, ad Florent, (t. I, P. I, p. 256). »... Faclus es et positus in caput populi, electus ex ovibus in virum gregis ut regeres oves paseuæ ejus qui animam pro ovibus suis posuit. Idem agnus et pastor reget nos in sæcula, qui nos de lupis oves fecit, earutnque nunc oviom pastor est ad custodiam, pro quibus fuit agnus in victimam. Etc.»
(6) Isai. XVI, 1.
VITRAUX DE BOURGES
primitives, lors même que la situation et les circonstances de la composition distinguent assez aisément Y Agneau de Dieu, on a cependant pris soin de le signaler tout particulièrement, soit par le nimbe de sa tête, soit par la croix ou le chrisme qu’il porte sur le front (i), soit même par une espèce de houlette qu’il porte appuyée sur son flanc (2). Cette houlette se trouve dès lors remplacée par une croix inclinée vers l’épaule (3), comme on l’a fait généralement dans la suite. Plus tard, le nimbe croisé et la croix hastée sont déjà réunis (4), sans que cette croix prenne encore l’aspect d’un étendard.
Quoi qu’il en soit de ce qu’avait prétendu statuer le conciliabule quinisexte sur l’usage de cette figure (5), il est certain qu’il constate son emploi dans l’Église (6) comme ayant prescrit. Les évêques grecs de cette assemblée prétendent faire disparaître l’agneau devant le crucifix, et prouvent par là deux choses : que le crucifix était déjà connu, et que l’agneau datait de fort loin; c’est tout ce qui nous importe en ce moment. L’Église romaine, qui a toujours été singulièrement éloignée de la manie législative, n’accorda nulle sanction à ce statut capricieux qui conclurait à la prohibition (7) après avoir débuté par l’éloge; et l’Occident, sans repousser l’image de Jésus-Christ crucifié, maintint avec respect l’ancienne représentation de l’agneau, soit isolée (comme dans les médaillons de cire, solennellement bénits par les papes, et connus sous le nom à'Agnus Dei ), soit sur la croix au pied ou au revers du crucifix sculpté ou ciselé (8), soit sur les calices ou les patènes.
i33. Ainsi fut conservé cet antique emblème qui avait consolé la foi des premiers chrétiens, lorsque le voisinage du paganisme obligeait l’Église à s’interdire bien des moyens dont la saison n’était pas venue. Le temps arriva où la succession des générations nées dans le christianisme, l’abolition du supplice de la croix, et le bannissement de l’idolâtrie hors des sociétés policées, permirent à l’Evangile de se produire sans entraves. Alors, tout en écartant les premiers voiles du mystère qui avait protégé le berceau de la chrétienté, il eût été bien singulier que l’on rompît brusquement avec cet âge vénérable en répudiant les signes qui avaient alimenté la piété des martyrs. Loin de les rejeter, on s’y affectionna de plus en plus; et cet héritage s’embellit au lieu de décroître entre les mains de la postérité. Cette croix, que l’Agneau portait pour nous remettre en mémoire son sacrifice volontaire (g), s’orna d’une bannière, et devint un étendard de vainqueur. Sur ce signe de ralliement, le peintre de Bourges inscrit les principaux éléments du monogramme antique de Jésus-Christ, le X, l’A et l’fï. Le
(1) Aringhio op. rit., 1. 1, 253; t. II, 2o3. — Bottari, . . . Roma sotterranea , 1. 1, tav. ai, aa; t. Il, tav. 5o.
(а) Aringhio, op. cit., 1. 1, p. 319. — Bottari, op. rit., t. II, tav, 68. — Mamachi, Origin. et antiquit. christ., 1. 1, p. 282.
(3) Aringhio, op. rit., t. II, p. 14.
(4) Aringhio, t. II, p. 2g5.
(5) Cs. Boldetti, . . . Cimiterj , p. 22 — Etc.
(б) Concil. Trull. (A. 692), can. 82. Év twji tûv (tstïtüv e ixévwv ■jpaçatç àiivo;. .. éy^apàTrerai — tôv àVf|0 iv&v 'fliiEv Sià toO v6u.oj itpoüzoipaivwv àiAviv, Xp'.urciV <rôv 0eôv r,yjsi. . . . Ùç âv ouv t'o lé'kv.m /Ai t aïç ^pMiAaToupyîatç év Tai; â-œvTwv Étysciv û-oypà^Ta'., tov toO aïpovroç Tt[i ô.[lo. p-riav toû x6<T|àou àpvoü Xpwroü toO Qio'j %üv, xa-à toi àvOpûmvov ^apay.TÜpœ v.nX év Taïç sixôon àxb toù vûv àvx't toO naXaioü à|zv où âvauTr^oOdOai opiÇofUV- R. t. 1.
(7) Je parle dans le sens de ceux qui prêtent à ce canon LXXXII l’intention d'exclure absolument l’image de l’Agneau; interprétation qui n'a pas conquis l'assentiment universel, bien quelle soit assez généralement adoptée. Cs. Hadrian. PP. epist. ad Taras., Concil. VII (Nicæn. II), Act. 2 (ss. Concil., ed. Coleti,t. VIII, 768). — Eliæ, Epiphan., etc., confess. (Ibid., 779, etc.).
(8) L’abside d'Auxerre ( Etude XVII) consacre au triomphe de l’Agneau une rose tout entière. Autour de lui sont des anges thuriféraires, et les symboles des quatre évangélistes, qui lui forment un glorieux cortège, les uns en l'entourant de leurs hommages empressés, les autres en le montrant comme le législateur du monde. La comparaison de cette rose avec le médaillon de Bourges donne lieu d'observer une sorte de prescription qui me parait avoir réglé très-souvent cette représentation au moyen âge. Communément l'Agneau triomphateur semble marcher de droite à gauche, et sa tête, se dirigeant vers le spectateur, se trouve tournée du côté droit : allusion visible à l'appel du grand jour où il réunira, pour partager à jamais sa gloire, ceux qui l’auront suivi ici-bas. Cs. Matth. XXV, 33, 34- — Apoc. VI, 16; XIX, 9; XXI, 5, 7; XXII, 4- Sous cette forme l'image de l’Agneau triomphateur
atteint donc sa plus haute expression; tout y parle : non-seulement l'emblème, mais jusqu’aux moindres circonstances de la représentation, le port, la démarche, les attributs divers.
Du reste, je suis loin de prétendre que cette prescription ait régi constamment et impérieusement toutes les représentations de X Agneau triomphateur. L'assertion ne serait pas soutenable; et tout ce que je prétends dire, c'est que le xm" siècle me parait s’être rangé assez ordinairement à ce parti.
Je suppose bien qu'on ne me prêtera pas non plus la prétention d'énumérer toutes les variantes qu'offre X Agneau de Dieu dans les monuments, même au moyen âge. Pour peu qu’on m'eu soupçonne, je dirai que je n’y songe aucunement; et si j’ajoute quelque chose en terminant cette ébauche, c'est uniquement comme sujet de comparaison avec une peinture que nous avons déjà rencontrée plus d'une fois (Cs. nM 3o, 3i; p. 46 — 49. — PI. I. —Études I, fig. F; II; IV, fig. D; VI, fig. D; VIII, banc. 4; XII, fig. A, D, F, G; XVIII, fig. C; XX, fig. A, B). Dans une ancienne mosaïque de Saint-Pierre au Vatican, qui remontait pour le moins au temps d'innocent III, et qui subsistait encore sous Sixte-Quint, on voyait devant un autel l'Agneau couronné du nimbe divin, versant le sang de ses quatre membres et du côté droit de sa poitrine. Mais le sang de cette dernière plaie était reçu dans un calice. Cs. Ciampini, de Sacr. œdijic. a C. M. construclis, tab. i3. — AA SS .,Jun., t. VII, p. i35, 141- — Casali, de Veter. ss. Christian, ritibus (1647), P- 3. Pour l’explication de cette peinture, ç a été une boune pensée à Casali que de consulter le grand pontife qui avait restauré la magnifique abside dont elle faisait partie. Innocent III, de Offic. missœ, libr. IV, cap. 44 (al. 17) : «Non solurn lavit nos ( Chrislus ) a peccatis nostris in sanguine suo, quando sanguinem suum fudit pro uobis in crucis patibulo; verum etiam quotidie nos lavat a peccatis nostris in sanguine suo quaudo ejus sanguinem accipimus in calicis poculo.» Cs. Apoc.XXI , 22; XIII, 8; V, 12, etc.
(9) Isai.LIU, 7. — ïïebr. IX, 14. — Gai. II, 20. — Etc.
PLANCHE SEPTIÈME, L’APOCALYPSE. 2a7
chrisme constantinien allait s’oblitérant sensiblement avec la succession des âges(i), et les siècles que nous étudions dans cet ouvrage ne s’en servaient plus que de loin en loin. L’adjonction anti-arienne des deux lettres « et <o remplace alors presque constamment la sigle primitive qu’elle avait accompagnée d abord, mais son origine apocalyptique (2) la désignait tout naturellement pour cette verrière entièrement calquée sur les révélations de saint Jean. D’ailleurs, cette formule si fréquemment employée à Chartres, par exemple, ne pouvait être mieux placée que sur la bannière de l’Agneau, afin de réunir à un emblème de mansuétude le signe de la toute-puissance et de la majesté suprême. Celui qui, pour nous sauver, sest laissé conduire comme la brebis à la boucherie(3), s’abandonnant sans résistance aux mains des bourreaux (4), il ne faut pas qu’on oublie qu’il est la vertu divine (5) et la splendeur des deux (6). C’est lui qui inspirait les écritures, et lui qui en est le terme; en lui se résolvent les promesses et les figures de l’ancienne Loi. Comme il avait dicté les paroles des prophètes et réalisé en sa personne leurs oracles, il a instruit les apôtres, et soutient leur oeuvre dans la lutte de ce monde, pour la consommer un jour, enfin, dans la gloire. Il est le législateur des saints, leur modèle et leur couronne (7).
(1) L’abréviation IHS XPS, évidemment empruntée à la Grèce (IH20V2 XPI2TQ2, IC XC) par le moyen âge, passa même dans l’orthographe habituelle chez nos pères; et rien n’est plus ordinaire dans les manuscrits latins de cette époque, que l'adoption de cette écriture à demi grecque : Ikesus Xpistus, ou tout simplement ihs xps. On la rencontre variant avec les divers cas {Sun xpm, iku xpe, xpi, xpo), comme expression absolument adoptée, et qui ne pouvait arrêter personne. Cette singularité, qui semblait devoir conserver au monogramme constantinien son antique popularité, ne fit, au contraire, qu’en précipiter la désuétude. Les nations du rite latin, c’est-à-dire la presque totalité des catholiques, appliquèrent à la nouvelle forme, un peu trop exotique, malgré sa prescription, cette force constante de simplification qui pousse les peuples vers la réduction des signes fréquemment usités. Ihesus n’était qu’une illégalité glossologique entièrement réhabilitée par l’usage qui l’avait fait entrer dans le domaine de l’orthographe (comme Iherusalem, lheremias, etc., qui se lisent çà et là dans les manuscrits); mais Xpistus était par trop étrange, et disparut de bonne heure sous la main des copistes qui écrivaient en langues modernes : dans les manuscrits français, par exemple, on trouve presque constamment JheSucrist. En outre, les monuments exposés aux yeux du public appelaient sans cesse une modification dont ils présentaient le modèle totalement élaboré : le mot IHS ou I1IC (Jésus Nazarenus, etc.), le seul des noms du Sauveur qui fût inscrit sur la croix (Cs. PI. I. — Etudes II, XVII, XVIII), et d’ailleurs son seul véritable nom (Cs. Mattli. I, ai, 25. — Luc. 1 , 3 1 ; II, 21 ), devait prendre le dessus dès qu’il y aurait à choisir. Les prédications de saint Bernard, de saint Bernardin de Sienne, etc., à la louange de 1 auguste nom de Jésus, ne firent que prêter une nouvelle impulsion à un mouvement déjà bien fort, parce qu’il était naturel. L’art s’empara enfin de ce signe, dont la popularité était décidée dès le xv' siècle, et le chrisme de la primitive Église ne se remontra plus guère depuis lors que comme une affectation d’archaïsme; car la transformation était consommée, et les peuples, auxquels il ne faut point d’érudition, ne lisaient plus rien dans la sigle du labarum et des catacombes.
Du reste, cette modification s’est trouvée singulièrement justifiée par la marche des choses dans la société; et l’état des esprits, à quelque temps de là, prouva que ce n’était point une simple fantaisie de la piété. Être chrétien aujourd'hui, qu’est-ce à dire? C’est ce que l’antiquité aurait appelé n 'être pas un barbare. Le baptême est devenu comme la porte de la civilisation pour les nations modernes; et le christianisme qui, au temps des catacombes, ne ralliait guère que des âmes d’élite et des cœurs dévoués au martyre, s’est trouvé, après plusieurs siècles, être la condition commune dans les régions policées. Cette révolution une fois opérée, n’étre pas chrétien est devenu une sorte d'ignominie; si bien que, sauf certaines âmes désespérées, nul n’est jaloux de passer pour ennemi du christianisme. Aussi la dissidence a constamment pris soin de conserver, du moins quant au dehors, des airs de réforme plutôt que de protestation; ce qui nous a conduits a voir inaugurer dans le langage la pluralité des sociétés, et même des églises (ou, comme on dit, des communions ) chrétiennes; ex-
pression tellement dérisoire et vide, dans la conscience même de ceux qui l'emploient, qu’alléguer aujourd'hui devant des hommes d’Etat les intérêts de la chrétienté , ce serait prêter à rire.
A ce point, il n'était donc pas si mal avisé de se donner une bannière qui ne fût pas précisément entre les mains de tout le monde; et les Réformés du xvi* siècle montrèrent bien que le choix n’avait pas été mal fait, quand ils semblèrent prendre à tâche de ne plus prononcer qu’à peine ce nom glorieux du Seigneur Jésus qui suffisait à réjouir les apôtres quand il leur avait été donné d'être déshonorés pour lui aux yeux des hommes. Cs. Act. V, 41 ; IV, 17, 18, 29, 3o; XVIII, 4; XIX, 17; XXI, 1 3; XXVI, 9. — Philipp. II , 10. — Etc.
Quant au X seul employé avec l’a et l’o>, on en trouve des exemples dans l’antiquité chrétienne. Cs. Vettori, Nummus œreus vet. christ., p. 75. La guerre que Julien l’Apostat avait déclarée à cette lettre montre que les symboles chrétiens ont toujours été pris au sérieux de part et d’autre.
(2) Apoc. I, 8, 17; XXI, 6, XXII, i3; II, 8.
(3) Act. VIII, 32. — Matth. XXVI, 63.— Etc.
(4) I Petr. II, 23. — Joann. IX, i5, 17, 18.
(5) ICor. I, 18,24. — Bom. 1,4.— Hebr.I, 3.— II Petr. 1, 16, 17. — Etc.
(6) Hebr. I, 3. — Apoc. XXI, a3. — Etc.
(7) Prudent., Calhemer. IX, 10, sqq. (p. 336, t. I).
«Corde nains ex parentis Ante nitindi exordiuin,
Alpha et Ü cognominalns :
Ipse Ions et clausula
Qua-qtie posl futura sunt.»
Rupert., in Apocal. (I, 8 ) libr. I. «Totum quod hactenus dixit (Joannes) de persona Filii, parum erat; nec suffieiens ad salutem credenti vel confitenti. Quid enim illic offenderet Cerinthum, Eliiouem,sive Arium; aut alium quemlibet divinitatis Chrisli inimicum hæreticum ? Recte igitur. . . addit istud quod sum-
mum est in quo fides christiana consistât velut supremo gradu: de Chrisli divinitate sublimiter æque ut de Pâtre sentiens, .... Ego su/n a. et ta, id est principium et finis,. . qui est, qui erat, et
qui venturus est Ut ergo dubium non sit quale vel cujus
rci principium sit vel finis, per a commoniti. ... ad sacræ scripturæ exordium respieiamus, ubi scriptum est (Gen. I, 1) : In Principio creavit Deus cœlum et terram. Et per tu, quæ ultima est, item commoniti, ad finem ejusdem scripturæ in evangelico volumine respieiamus, ubi scriptum est (Matth. XXVIII, 20) : Et ccce ego vobiscum suni omnibus diebus usque ad consummalionem sœculi ; ut veraciter credamus et confiteamur hune esse principium in quo omnia facta sunt, et finem, sive consummationem qua omnia restaurata et perfecta sunt. «
Id., ib. (XXII, 12, i3) libr. XX. « Ecce venio cito, et merces mea rnecu/n est, reddere unicuique secundum opéra sua. Nimirum sic loquitur ut bene sibi conscius quant magnæ sit fortitudinis et inexhaustæ facultalis ad puniendum noxios atque sordidos
VITRAUX DE BOURGES
i34- Je n’entreprendrai point de m’arrêter au symbolisme de Y amande à propos de la gloire fuselée où paraît Jésus-Christ dans le centre du groupe supérieur, et qui est soutenue par deux anges. Ce sujet appartiendrait plutôt à des principes généraux d’iconographie chrétienne, où l’on pourrait énumérer et apprécier la forme et la valeur des transformations que subit cette figure selon les lieux et les âges. M. Didron ne saurait manquer de développer cette question dans l’ouvrage qu’il rédige en ce moment au nom du Comité des arts, et dont personne ne désire la publication plus que nous.
Quant à cette reine dont les mains portent des couronnes, et dont le sein est en partie découvërt comme pour allaiter deux hommes qui fléchissent le genou près d’elle, il n’y a pas lieu à balancer sur le nom qu’on doit lui donner. C’est Y épouse de l’Agneau (i), l’Eglise. Outre plusieurs allusions au langage figuré du Cantique des cantiques (2), et aux paroles des prophètes annonçant les torrents de délices que Dieu doit répandre dans les cœurs de ses élus (3), on y reconnaît aisément un symbole des deux voies qui ont conduit l’homme au salut, aux deux grandes époques marquées par les formes de la révélation divine. Souvent les écrivains ecclésiastiques du moyen âge ont adopté cette figure pour présenter à nos esprits les deux sources qui ont versé à l’humanité la vérité céleste : la prophétie et l’Évangile (4), la promesse et le libérateur, l’ancienne et la nouvelle Loi; ou, pour employer le langage jadis consacré, l’Église avant et après Jésus-Christ (5).
i35. Au sujet des sept étoiles qui dominent tous ces tableaux, faisons observer d’abord que l’étoile à cinq pointes est une sorte de pièce rapportée et disparate dans les monuments chrétiens. Sans grande érudition, il suffira de recourir au simple témoignage des yeux pour se convaincre que cette sorte d’étoile est inconnue aux représentations chrétiennes avant la fin du xv° siècle (6); voilà pour l’empirisme. Quant à l’étude scientifique des textes, elle montrerait que ce signe est un symbole profane qui s’est introduit dans l’art au moment où les rênes de la tradition hiératique flottaient en des mains molles et distraites. Mais l’époque de nos verrières n’aurait pas admis cette intrusion; nous n’avons donc qu’à constater la longue protestation des vieux âges contre une forme qui semble régner aujourd’hui sans contrôle, depuis que les artistes régentent à leur gré les représentations religieuses.
Quel est le sens de ces sept étoiles et de ces sept nuages? Nous avons vu (7) que les sept étoiles
( Apoc. XXII, 11) quantumcumque nocuerint, quantumcumque sorduerint, nihil minus a suis meritis tormenta recepluros ; et ad remuneranduru justos et sanctos quantumcumque justitiam fecerint, quantumcumque sanctificati fuerint, nihil minus a suis meritis præmia recepturos. Ait ergo : Ecce venio, etc. Quamvis servo malo (Luc. XII, 45 — 48),noxio atque sordido, inebrianti se atque pereutienti conservos suos, videatur quod in tempora longa fiat hoc; ego dico quia ecce venio, cito venio. Et ne quis de mercede
dubitet, merces mea mecum est Unde tibi tanta potestas,
tanta sufficientia? Ait : Ego surn alpha et oméga, primus et novissimus , principium et finis. Ac si dicat : Inde inanus mea non est invalida ad reddendum unicuique secundum opéra sua, quia ego sum ante omnes et ante sæcula Deus, et post me non erit alius; quod intelligitur per alpha et oméga, quarum videlicet littera-
rum in alphabeto græco altéra prima altéra ultima Hoc idem
in initio libri dixerat, et hic idcirco rénovât. . . ne quis adhuc
dormitet aut de ignorantia sese excuset; seu, quasi vilem, scripturæ liujus tubam præ amore sordium suarum audire dissimulet.»
Cs. Honor. Augustodun., Gemm. anim., libr. I, cap. 100 (Bibl. PP. XX, 1060).— Paschas. Radb., in Ps. XL1V (Ib. XIV, 707).— Ambros. Autp., in Apoc., libr. X (Ib. XIII, 653, 418, sq.). — Primas., in Apoc., libr. V (Ib. X, 338). — Ambros. (?), de Instit. Virg. cap. XI (t. H, a65, sq.). — Id. (?), de Sacram., libr. V, cap. I, 1 (Ibid., 373). — Epiphan., adv. hœr., t. I, hær. 62 ( t. I, 5ig). — Origen., in Joann., t. I, 22, 34, 35; in Rom., libr. IX, 39 (t. IV. 21, 34 — 36, 661). — Clem. Alexandr., Pœdag., libr. I, 7; et Strom. IV (p. 1 19, 635; t. I). — Tertullian., de Monogam., 5. — Etc.
Le Dante, lorsqu'il peint les joies du ciel, affecte de rappeler ce titre de Notre-Seigneur, comme l'a fait le vitrail de Bourges.
Parad. IX, 86, 87 :
Ove ogni ben si termina e s'inizia. n
Ib. XXVI, 16—18.
«Lo ben che fa contenta questa corte Alfa et oméga è di quanta scrillura Mi legge amore e levemenie e forte. 0
L’ancienne hymne, si majestueuse, Sancti venite (ap. Daniel, Thesaur., I, 194) fait aussi précéder de ce nom l’annonce du jour qui doit consommer les temps.
Alpha et oméga Ipse Christus Dominus Venit venturus Judicare hommes.»
(1) Apoc. XXI, 9; XIX, 7, 9.
(2) Cantic. I, IV, VII, etc. Cs. Prov. V, 19.
(3) lsai. LXVI, 10— 13; XLIX, i5.Cs.Osee, II, 14.— Isai.LX, 16. — Exod. III, 8. — Numer. XIII, 28. — Etc., etc.
(4) Augustin., contr. Faust., libr. XII, cap. 47 (t- VIII, 25o). «... Ibi ( in disciplina catholica) sunt omnes thesauri sapientiæ et scientiæ absconditi, qui nulli aperiuntur si sibi per maternam carnem trajeclum cibum, id est per apostolica et prophetica ubera, lactis alimenta contempserit. Etc.» Cs. I Cor. III, 2. — I Petr. II, 2. — Etc.
Isidor., in Gen. (XLIX, 2.5), cap. XXXI, 57 (t.V, 356). *Benedictionibus uberum, sive duorum testamentorum : quorum altero nunciatus est (Filins), altero demonstratus. » Cs. Apon., in Cantic. (1,12), libr. III (Bibl. PP. XIV, 112). — Honor. Augustodun., in Cantic. (Ibid. XX, n5S, sq.). — Irimbert., in Cantic. VII, 3 (D. Pez, Thesaur., t. II, P. I, 4 ta). — Etc.
(5) Honor. Augustodun., in Cantic., passim (Bibl. PP. XX, 1164, 1 168, 1172, 1201, etc.). — Etc. Cs. Hebr. XII, 23.
(6) On pourrait étendre plus loin la portée de cette observation. L etoile des artistes chrétiens régnait partout avant l’époque que je signale; et si les héraldistes avaient été fidèles au vieux blason, l'étoile à cinq pointes serait une preuve d'armoiries modernes. Mais on a modifié les anciennes formes pour l'amour de ce symbole nouveau; le changement des étoiles a entraîné celui des molettes d'éperon, et les armoiries se plièrent à cette fantaisie de la mode avec une mystérieuse souplesse dont je n'ai pas à chercher les raisons en ce moment.
(7) Apoc. I, 16, 20; II, 1; HI, 1. Cs. n° 129 ( p. 220, 221).
étaient dans la droite du Fils de l’homme lorsqu’il se fit voir à saint Jean avec le mystérieux appareil qui ouvre les scènes de V Apocalypse. L’explication de ce signe est donnée au prophète dès le commencement, et il nous l'a transmise. Ce sont les miç/es des sept Églises de l’Asie Mineure qui étaient tout spécialement confiés à la sollicitude du disciple bien-aimé, et, sous cette indication déterminée, cest 1 universalité des pasteurs de l’Église, (r). Les sept nuages suspendus au-dessus des sept étoiles, comme pour indiquer une protection spéciale de Dieu (2) sur les dépositaires du ministère apostolique, me paraissent correspondre à l’expression adoptée fréquemment dans les représentations de Notre-Seigneur, lorsqu’on peint sept colombes qui l’entourent ou se reposent au-dessus de lui (3). C’est le septuple Esprit de Dieu, ou, autrement, la plénitude des dons de l’Esprit divin. Isaïe avait dicté cette figure mystique (4), lorsque, annonçant cette fleur sacrée, ce rejeton(5) bienfaisant qui devait couronner la tige de Jessé, il montrait l’Esprit de sainteté(G) se reposant sur lui.
(0 Ambros. Authp., in Apocal. (1, 16), libr. I (Bibl. PP. XIII, 4a6). ». . . . Quia vero septem non numéro sunt, sed significatioue universitatis, nimirum omnes Ecclesiæ prædicatores ilia
species comprebendit sicut septem candelabra non solum
septem Asiæ ecclesias, sed unam atque universalem Ecclesiam désignant. Etc.» Id. ibid. (I, 20), libr. II (Ib.,p. 43o). « Con-
stat namque et verum est, quod Veritas exposuit, septem stellas septem esse angelos ecclesiarum; id est universalis Ecclesiæ septiformem prædicantium ordinem..» — Id. ibid. ( Ibid., 4 1 1 ).
Rupert., in h. I., libr. I, «Septem stellæ,ut infra scriptum est, angeli sunt septem ecclesiarum, id est omnes præsules omnium ecclesiarum.» Cs. Victorin. Petavion., Schol. inApoc. (Galland. IV, 53). — Berengaud., I. cit., vis. I (Ambrosii opp., t. II, Append., 499, 5o2 , 5o4). — Etc., etc.
Rien n’est plus fréquent parmi les SS. Pères que d'attribuer au septénaire le sens d’universalité. Il ne faut pas s'étonner de voir Ambroise Ansbert (ou Autlipert) appliquer aux prédicateurs ce que Rupert, entre autres, semble restreindre aux évéques; l'enseignement étant une fonction propre de l'épiscopat, le ministère de la parole est dans l'Eglise un épanchement du droit pastoral. Aussi, le bréviaire nous fait-il réciter pour tous les saints évêques ces paroles : Omnis terra doctrina ejus repleta est. La symbolique chrétienne exprimait la même pensée eu plaçant un livre dans la main des évêques et dans celle des docteurs, indifféremment; et, si je ne me trompe, c’est ainsi qu’on doit expliquer les sept personnages qui portent chacun un livre, à la droite du Fils de l’homme, dans le premier groupe du vitrail de Bourges. Selon moi, ce seraient les pasteurs et les docteurs de l’Eglise, sauf meilleur avis, conformément au texte de Y Apocalypse. La couronne que porte l’un d’eux ne doit faire nulle difficulté; écoutons Alcuin
(ap. Mai, Nov. collect Vatic., t. IX, p. 264) expliquant le titre
de Prince des rois de la terre (Apoc. I, 5) que saint Jean donne au Fils de l'homme. •• Reges vero, aut omnes sanetos dicit, qui se bene regere noverunt; aut certe prædicatores, qui bonis se sociant, sed super malos erigunt : sicut Petrus super Ananiam (Act. V); et Paulus sceptrum vibrât dicendo(I Cor. IV, 21) : Quid vultisP In virga venia/n ad vos. » D’ailleurs saint Jean parle au même endroit du sacerdoce royal que Jésus-Clirist a donné aux siens. ( Apoc. 1 , 6. Cs. I Petr. II , 9 ).
Il me semble retrouver une seconde fois sept personnages avec leurs livres au pied du groupe supérieur. Là, cédant la droite à saint Pierre qui introduit les pécheurs dans le ciel en vertu du pouvoir des clefs, ils paraissent admirer le bonheur de ces hommes qu'une vie coupable ( ils n'ont point de nimbe ) n’exclut pas cependant du royaume de l’Agneau, grâce au sacrement de la réconciliation.
On peut remarquer que dans ce vitrail le nimbe est partout, excepté dans les deux tableaux (le Baptême et la Pénitence) où paraissent des hommes qui viennent chercher la rémission de leurs péchés. Car il est permis de penser que dans le médaillon consacré à [épouse de l Agneau, les couronnes suppléent le nimbe.
(2) La forme de convention que l’on a donnée à ces nuages ne doit pas arrêter le spectateur. Il la rencontrera dans un grand nombre des vitraux que reproduit ce volume; et, faute d interpréter ainsi ces tubercules singuliers, il faudrait renoncer à l'intelligence d’un artifice schématique qui se reproduit maintes fois dans les monuments antérieurs au xv° siècle. La protection particu-
lière dn Ciel, la manifestation de la présence divine, s’expriment communément à cette époque par une sorte de ruban ondulé, ou par une main qui semble percer la voûte des cieux, ou par une espèce de nœud mamelonné qui s'abaisse sur le personnage vers lequel est censée se diriger l'action de Dieu. Cs. PL I ,passim., PI. III, VIII— X, XI B, XIV, XVI A, etc. — Études VII, E; VIII, 6, 7; XIII, B, D, etc.
(3) Cs. Études VI, fig. D; XII, fig. H.
(4) J'affecte de substituer ce mot de mystique à celui de mystérieux qui pourrait être mal interprété. Le mystère des figures employées sans cesse par l'art et par le langage chrétien, durant les âges de foi, n’avait rien qui ne fût extrêmement populaire. La forme était mystérieuse, si l’on veut; mais comme l'intelligence de ces symboles n’était voilée pour personne, comment qualifier de mystère ce que perçait tous les jours et partout le plus vulgaire regard? C'est un caractère remarquable de la religion de Jésus-Christ, que d’avoir rendu le mystère familier aux femmes et aux enfants. Ce fait inouï jusqu’alors appelait une expression nouvelle. Les idiomes classiques de l’antiquité païenne ne nous en ont fourni que la matière première, si je puis ainsi parler; car, outre la nuance de signification que nous y avons mise, que dire de cet épanouissement que nous montrent le verbe mysticare du xn" siècle, le mysticisme et la mysticité des vocabulaires modernes? Le christianisme n’a plus voulu de mystère que là où l’esprit humain ne saurait atteindre; et alors même, à défaut de l'intelligence (que nous ne pouvions obtenir) il nous a du moins livré l’exposé des vérités supérieures qui nous importaient le plus. Hors de là, ce que l’antiquité eût appelé mystère n'est plus dans l'Eglise qu’une forme majestueuse pour revêtir noblement les choses saintes sans les voiler; ce n’est plus qu’une sorte d'étiquette respectueuse qui traite avec distinction les objets d’un ordre supérieur, ou un langage qui s’efforce d'atteindre, par un ordre à part d’expressions consacrées, ce qui échapperait aux signes ordinaires.
Or, ce langage hiératique étant précisément fait pour être divulgué, le tire de mystérieux lui va mal; celui de mystique est le seul qui lui convienne.
Je ne dis pas que beaucoup de ses formules ne soient tombées à l'état de mystère pour nous; mais pourquoi avons-nous été si malavisés que de désapprendre la langue de nos pères? Prétendre aujourd'hui qu’ils aient pu broncher sur ce qui nous embarrasse en cela, c'est imaginer qu'ils aient pu ne pas savoir lire ce qu'ils faisaient écrire partout à grands frais. Cs. n° 79 (p. 141 ).
(5) Isa Servator, Surculus, Isai, XI, 1. Cs. Matth. H, 23. — Exod. XXXIV, 7 : «Qui custodis (nsa) misericordiam in millia, qui aufers iniquitatem et scelera atque peccata, nullusque apud te per se innocens est. » — Stolberg, Gesch. d. Relig. J. C., t. V, 6 1 . — Salmeron, in Matth., 1. cit. — Lactant., Divin, institut., libr. IV, cap. i3(ed. cil., 1. 1, 3o5). — Etc.
(6) Isai., I. cit., 1 — 3. « Et egredietur virga de radice Jesse , et flos de radice ejus ascendet. Et requiescet super cum spiritus Domini.
«Spiritus sapientiæ et intellectus, spiritus consilii et forlitudinis, spiritus scientiæ et pietatis; et replebit eum spiritus timoris Domini.»
On voit dans ce texte l’esquisse antique de la peinture si noblement variée par les peintres du moyen âge, dans leurs arbres de Jessé, dont nous avons donné à dessein un spécimen
VITRAUX DE BOURGES
Mais pourquoi ce septuple Esprit de Dieu serait-il représenté par ces nuages qui s’abaissent sur les sept étoiles? J’ai dit que cette expression avait une foule d 'analogues dans l’art du moyen âge. Rupert(i) et saint Victorin de Pettau autoriseraient au besoin mon interprétation; et dans l’intervalle des neuf siècles qui séparent ces deux auteurs, il serait aisé d’en rallier bien d’autres. Nous n’avons donc plus à parler de ce point, si ce n’est pour montrer en peu de mots comment cette figure d’Isaie est exposée par les écrivains ecclésiastiques. On voit bien que ces détails reviendront à dire comment la représentation quelconque du septuple Esprit de Dieu était entendue au moyen âge.
Pour être courts, disons que c’était une expression mystique du nom de Christ, c’est-à-dire de cette onction sacrée au-dessus de tout langage humain, qui devait dans le Fils de 1 homme (2) abroger et remplacer fonction figurative de l’ancien sacerdoce (3). Le sacre des rois de Juda et les consécrations sans nombre du rite lévitique n’ont leur raison que dans le Christ, fils de David et Fils du Dieu vivant; mais comme ces onctions annonçaient ce seul véritable Oint du Seigneur, elles trouvent leur terme à sa venue, et c’est de lui désormais que toute grâce, toute vraie dignité, descend sur nous. Car en lui habite la plénitude de l’Esprit qui avait animé les prophètes, sanctifié les pontifes et
dirigé les chefs du peuple de Dieu; et c’est de sa la vérité (4).
parmi les vitraux que reproduit la planche d 'Elude XII (fig. H).
(1) Rupert., in Apoc. (II, i ), libr. II. « Hic jam septem spiritus Dei loqui incipiunt. . . . nam qui dicit, ipse quidem est Filius hominis. . . . qui habet septem spiritus Dei (III, i). ... Sed perpende quia per singula septem locutionum suarum capitula ciamat sic (Apoc. II, 7, 11, 17, 29; III, 6, 1 3, 22) : Qui habet aures audiat quid Spiritus dicat ecclesiis. Septem ergo loquuntur spiritus
Dei, loquente hic uno Filio hominis, sive Filio Dei ; quia
videlicet iste Filius hominis propositus est ad imitandum Ecclesiæ Dei, habens in se septem spiritus Dei.
« Loquitur hic ecclesiis primo loco spiritus timoris, secundo spiritus pietatis, tertio spiritus scieutiæ, etc., etc.
Id., ib. (1,4), libr. I «Nonnullis visum est dicta hæc de per-
sona Filii debere intelligi et nullam hic personæ Patris men-
tionem fieri, sed tantummodo Filii et Spiritus sancti Spiritus
sancti in eo quod ait (Apoc. I, 4) '- et a septem spiritibus qui in conspectu tkroni ejus sunl. Etc., etc.
«A septem spiritibus , id est a septiformi Spiritu. Ita vero dicens,prioris scripturæ vultum respicit,ubi sic scriptum est (Isai-, l. cil.). Et requiescet super eum Spiritus Domini : spiritus sapientiœ et intellectus, etc., etc. Et hic nimirum opportune ad illius scripturæ faciem respexit : præsertim quia is de quo propheta loquehatur, flos qui ascendit de radice Jesse, agnus Dei, idemque leo fortis, eorumdem septem spirituum super se requiescentium fortitudinem simul et claritatem significabat. Etc., etc.»
Victorin. Petavion., Schol. in Apoc. (Galland,IV, 52), I, 4- "Et a septem spiritibus. . . septiformem Spiritum in Esaia leginius : spiritum videlicet sapientiæ et intellectus, etc., etc. » Plusieurs endroits de ces textes prêteraient à penser que Rupert avait lu le commentaire d'Alcuin. Cs. Nov. collée. . . Vatic., t. IX , p. 263, etc.
Cs. Ambros. Authpert. (Bibl. PP. XIII, 4!4)- — Berengaud.,w’j. I (loc. cit., p. 5oo) — Augustin., in Joann. (XXI), tractai. CXXH,
8 (t. III, P. II, p. 8i3). — Etc.
(2) Ps. XLIV, 8. — Hebr.I, 9.— Dan. IX, 24. — Act. IV, 27; X, 38. — Luc. IV, 18. — Etc.
(3) Dan. IX, 24, 27. — Hebr. V, Vn— X. — Etc.
Dan. IX, 26 : É?o>.o0p£u8^<TSTat Xpfepta. Conformément à cette version, les SS. Pères ont lu souvent dans le texte d’Isaïe (requiescet super eum Spiritus Domini, à.'ta.-oùrjïzw. h aùxôv), non-seulement l'habitation de l'Esprit saint en Jésus-Christ, mais la cessation de ses dons pour le peuple juif.
Justin. M., Dial. c. Tryph., 86 — 88 (Galland, I, 544)- ÀveitawaTo ouv, TouTKrriv enaui iaxo, y.. t. X. Hieronym., in Daniel. IX, 24 ( t. III ,
1 1 1 1 — 1 1 17) «... . usque ad Christum ducem, non alios arbitramur quam principes qui. . . judaico populo præfueruut : hoc est àpT/.îpîïç et pontifices quos christos, ab eo quod uncti sunt, Scrip-
tura cognominat. Etc Defecit hostia et sacrijicium ; quidquid
enim in templo postea (post passionem Domini ) factum est, non
fuit sacrificium Dei sed cultus diaboli. Etc Adimplentur
sexaginta duæ hebdomades. . . in diem nativitatis Christi. Et manifestata est juslitia æterna, et unctus est Sanctus sanctorum, id
plénitude que s’est épanchée sur nous la grâce et
est Christus; et signa ta est visio et prophetia Quid est au-
tem quod dicit signari visum et prophetiam? Quoniam impleta est prophetia per adventum ejus. . . . quoniam ipse est signaculum omnium prophetarum, adimplens omnia quæ rétro de eo proplietæ nunciabant. Post adventum enim et passionem ejus jam non
est visio ueque prophetia Et signabitur visio et prophetia
ut nequaquam propheta inveniatur in Israël, et ungatur Sanctus sanctorum de quo in Psalterio legimus (Ps. XLIV, 8 ) : Propterea unxit te Deus oleo lœtitiœ prœ consortibus luis. »
Id., in Isai. XI, 1 ; LXI, 1 (Ibid., 99, 100; 455). «Cs. Ignat., ad Ephes., 17 (Galland, I, 269). — Lactant. , Divin, institut., libr. IV, cap. 7 (t. I, 287, sq.). — Ambros., de Sp. s., libr. I, cap. 9 (t. II, 621, sq.). — Ililar. Pictav., inMatth. XII, 43 (t. I, 732 — 734)- — Anastas. Abb., Contr. Jud., 3 (Mai, Nov. coll. Vatic., VII, 224, sq.). — Bed., in Luc. IV, 18 (t. V, 248, sq.). — Petr. Venerab., Contr. Jud. (Bibl. PP. XXII, g83, sq.) — Arnold. Bonæ-Vall., de Unct. (Cyprian. Opp. Append., cxxiii, sqq.). — Rupert., in Isai., libr. I, cap. i4- — Honor. Augustodun., in Ps. XLIV, 8 (D. Pez, V, 922, sq.). — Etc.
(4) Joann. I, i4, 16. Cs. Act. IV, 27; X, 38. — Hebr. I, 8, 9.
Ainsi, les sept colombes, les sept étoiles, les sept lampes, etc., peuvent être prises comme expressions équivalentes pour représenter l'onction divine, l’esprit de prophétie, de révélation, d'inspiration, etc. Cs. Bæhr, Symbol, d. mos. Cuit., 1. 1 , p. 443- — Apoc. III, 1; V, 6; XIX, 10; XXII, 16, 17; I, 10, 12.— Zach. III, 9; IV, 2, 10. — Etc. — Ansaldi, de Ba.pt. in. Sp.sanct., passim.
Malgré cette interprétation, qui est, je crois, l’unique véritable, et qui convient à la plupart des peintures où se voient les sept esprits, on trouvera les sept colombes peintes à Fribourg en Brisgau ( Étude XII, fig. C) autour du nimbe de la sainte Vierge. Était-ce à cause de l'enfant Jésus quelle porte sur ses genoux, ou bien n'est-ce qu’une traduction exagérée des textes : Gratia plena, et Spiritus sanctus superveniet in te, etc. (Luc. I, 28, 35)? S’il s’agissait réellement de l'enfant Jésus, pourquoi transporter son attribut à Marie? Mais si ce n’était au moins cette excuse, il faudra convenir que ce symbole perd beaucoup de son ancienne gravité, par l’emploi qu'on en fait dans cette verrière, laquelle, d’ailleurs, est d’une époque où la suffisance des artistes commençait à leur persuader qu’ils pouvaient se passer des avis de la théologie. Certes, il y a loin d’une pareille peinture à celle de Suger ( Elude VI, fig. D), et aux expressions de saint Grégoire le Grand, que voici. Gregor. M., in libr. Reg. (I, m), libr. VI (t. XIII, 377, sqq.). « . .
Quid vero Samuel, nisi. . . .novorum prædicatorum ordi-
uem , signât? Quid vero David, nisi Redemptorem, signât? Ad eum ergo ungendum Samuel mitLitur. Ungere quippe eum est ejus
incomparabilem sauctificationem ignorantibus prædicare
Hune namque ungebat, qui dicebat (Col. II, 9) quia ei se infudit omnis plenitudo divinitatis corporaliter. Sed quid tantum novos prædicatores ad ejus unctionem recipimus? Quum etiam veteres tam venerabiliter unxisse videamus. Quid enim inelius ac suavius redolet qüam illud quod in eo propheta Isaias effudit., dicens (Isai. XI, 2) : Requiescet super eum Spiritus Domini : spiritus
*^aut môme de signature, je crois reconnaître les donateurs; car l’aspect général de toute la composition rappelle sensiblement le cérémonial des Chevaliers pathmiens ou d'Occident. 11 se pourrait faire que dans le vitrail du Jugement dernier (PI. 111), les fonctions sacerdotales représentées au-dessous de la résurrection, aient indiqué le clergé comme donateur, tout en rappelant les sacrements que dispense le ministère ecclésiastique. Mais pour la verrière de l 'Apocalypse l’absence de toute inc ication semble donner lieu de conjecturer que les tableaux en disent assez au spectateur entendu (t). J’imiterai cette discrétion affectée, me réservant de traiter plus tard les questions historiques auxquelles cet aperçu pourrait conduire (2).
Je n’en dirai point davantage sur ces tableaux majestueux et pleins de sens. C’est beaucoup de rapidité, il est viai, pour un sujet si fécond; car j’avoue que ce vitrail exerçait sur moi une sorte de fascination, lorsque, dans la cathédrale de Bourges, je m’asseyais devant ce grand spectacle. Plus dune fois il mest arrivé d’y oublier la fuite des instants, fixé que j’étais par la magie d’un enseignement si grave et si ample. Le lecteur ne sera peut-être que plus à même de partager mes impressions, par suite de la brièveté à laquelle j’ai tâché de me réduire dans l’exposition des pensées que les peintres verriers ont voulu nous transmettre.
sapientiœ et intellectus, etc., etc. Hinc item. . . . David ei loquens, ait (Ps. XLIV,3) : Speciosus forma prœfiliis hominum, diffusa est gratin in labiis luis. Et post pauca : Unxit te Deus tuus oleo lœtiliœ prœ consortïbus luis. Hune autem Daniel unxit, et omnis unctionis sacramentum Judæis præbuit, dicens (Dan. IX, 26) : Quuni venerit Sanctus sanctorurn, cessabit unctio vestra. Etc.»
(1) Les expressions et les formes apocalyptiques de toute espèce sont semées à profusion dans la pragmatique des Chevaliers d'Occident, ou, pour mieux dire, leur formulaire de réception ne se compose que de cela. C'est le septénaire reproduit sans cesse, soit dans le langage, soit dans les actions; c’est le livre mystérieux, l’épée à deux tranchants, les étoiles, la cuve pleine d’eau; ce sont les vingt-quatre vieillards , les paroles et les figures empruntées à la narration de saint Jean ( Apoc . VII, i/\ ; V, 4, 12; VI — IX;
X, 16; etc.), et quantité d’autres détails calqués originairement sur X Apocalypse.
(2) Ce même projet m'a fait déjà passer rapidement sur l’indication des Chevaliers Rose-Croix , pour ne point entamer comme
au hasard ce qui demande à être examiné mûrement. Je devais signaler ces traces, et je ne pouvais que les signaler. Je ne prétends point cependant être assez heureux pour que nul ne blâme mes réticenses. Se voir taxé de diffusion par les uns et d’excessive brièveté par d'autres, c'est le sort presque inévitable de quiconque entreprend le premier un travail auquel se rattachent divers genres d'intérêt. Chaque savant voudrait y trouver traité à fond ce qui fait l’objet spécial de ses études; et, dans cette préoccupation, il s’impatiente de tout avantage donné à d'autres matières. Le lecteur moins instruit désirerait, au contraire, que tout fût mené de front sans profondeur. Quant à l'auteur, lequel, du reste, est sujet à se tromper aussi bien que les critiques, il est tout simple qu'il préfère l'avis des savants, mais pour en réclamer le bénéfice en faveur des études qui ont fixé son affection. Tout ce qu'on peut alors exiger de lui, c'est qu’il ne prétende pas avoir épuisé le sujet, et qu'il reconnaisse la direction un peu exclusive que prennent nécessairement ses recherches. Cs. n° 73 (p. i32).