‹ Monographie de la cathédrale de BourgesChapitre 6 sur 94 · P. GRAND MÉDAILLON INFÉRIEUR · texte numérisé non relu

P. GRAND MÉDAILLON INFÉRIEUR

2. Dès le premier coup d’œil, on peut distinguer, par l’effet même des bandes de fer qui forment le squelette du vitrail, un grand partage de tout l’ensemble en cinq groupes de tableaux. Les trois groupes entre tête et pied, se présentent tout d’abord comme ayant un caractère particulier de gravité : outre que ce sont les masses les plus saillantes par la grandeur des formes, chacun d’eux a pour centre une figure de Jésus-Christ. C’est donc là comme le corps de la composition, les trois actes du drame. La zone inférieure forme une sorte de proloque : elle est là ce qu’est la page de présentation dans les manuscrits à miniatures; et l’on soupçonne aisément d'avance que l' épilogue se trouve dans le tableau du sommet.

Pour suivre une marche assez ordinaire aux vitraux, et évidemment adoptée dans celui-ci, nous commencerons par la partie inférieure. Les trois petits médaillons qui se présentent d’abord sur une même ligne horizontale sont sans contredit une signature, indiquant que cette verrière a été donnée par la corporation des bouchers; à Chartres, celle dont nous avons parlé annonce, par deux de ses trois signatures, les maréchaux et les forgerons; mais nous laisserons communément cette partie en décrivant et en expliquant chaque planche. La réunion de toutes ces professions traitées ensemble occupera une place à part; et nous épargnera de la sorte à chaque chapitre, l’admission de sujets trop étrangers.

Dans le grand médaillon d’en bas, le tableau central nous montre Jésus -Christ marchant au Calvaire. Dépouillé, comme on le représente sur la croix môme (i), il est placé entre les femmes de Jérusalem et Simon le Cyrénéen, qui paraît se mettre en devoir de prendre sur lui l’instrument du supplice. L’attitude des femmes qui suivent Notre-Seigneur annonce la compassion et le désir de soulager ses souffrances. Une d’entre elles porte les mains sur la croix comme pour en alléger le fardeau. L’inscription Nolite flere super me, empruntée au texte de l’Évangile, et tout le reste de la scène annonce qu’on y a voulu réunir deux circonstances de la marche au Calvaire. Ce sont celles qu’expriment les versets 26, 27 et 28 du chapitre xxm de saint Luc (2).

«Comme on le menait à la mort, on se saisit d’un homme de Cyrène nommé Simon, qui revenait « de sa maison des champs, et on lui fit porter la croix après Jésus.

«Or, une grande foule le suivait; et parmi cette troupe, des femmes qui pleuraient son sort et « témoignaient hautement leur douleur.

«Mais Jésus se tournant vers elles, dit : Filles de Jérusalem, ne pleurez point sur moi mais sur « vous-mêmes plutôt et sur vos enfants.»

Cette fois, comme d’ordinaire dans les autres tableaux, nous ne ferons mention ni des couleurs ni des costumes, ni du faire artistique, ni des menus détails où il y a lieu de soupçonner une inten-

(1) Sur ce fait d'iconologie qui peut nous paraître singulier actuellement, voyez Gretser, de sancta Cruce , lib. I, cap. 16.

(•).) e Et quuni ducerent eum , apprelienderunt Simonem quemdani Cyrenensem , venientem de villa : et imposuerunt illi cru-

ccm portare post Jesum. Sequebatur autem ilium multa turb t populi , et mulierum qua, pUingehaM et lamentabantur eum Couversus autem ad il],, Jésus dixit : jili. Jérusalem , uolite ilere super me, sed super vos ,psas Acte, et super vrstros.

PLANCHE PREMIÈRE

tion de symbolisme. Ces matières seront communément réservées toutes ensemble pour une revue spéciale, que nous placerons à la suite du volume.

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