‹ Monographie de la cathédrale de NeversChapitre 45 sur 69 · Léodébaldus · texte numérisé non relu

Léodébaldus

1 1 . Héchérius. On ne connaît que les noms de ces deux évêques.

12. Saint Didier, ou saint Diez , nommé dans les anciennes chartes Deodatus et Theudates , était d'une famille illustre de la France occidentale. Il possédait à un degré éminent les dons de la nature et ceux de la grâce. Ce fut vers l'an 655 que ses vertus le firent élever sur le siège de Nevers ; mais il n'y resta que trois ans; l'attrait qu'il avait pour la retraite et le désir d'une plus grande perfection le portèrent à renoncer

1 Lefcœuf dit que Fiez était situé dans la paroisse de Saint-Pierre du Mont.

SUR LES ÉVÊQIIES DE NEVEKS.

aux honneurs de l'épiscopat, pour se retirer dans la solitude. Il engagea donc le clergé et les fidèles de son diocèse à lui chercher un successeur , puis il quitta Nevers , pour s'enfoncer dans les montagnes des Vosges. A.vant de se décharger du fardeau de l'épiscopat, il avait assisté, en 657, au concile de Sens avec ses comprovinciaux et trente autres évêques, sous la présidence d'Emmo, archevêque de cette province. Tous les prélats les plus illustres de France par leur savoir et leur sainteté, se trouvaient à ce concile. Outre notre saint évêque, on comptait, parmi les pères, saint Ouen, évêque de Rouen ; saint Faron , évêque de Meaux ; saint Eloi , évêque de Noyon, et saint Amand , évêque de Maestrichk.

On ignore les motifs qui engagèrent saint Diez à quitter sa solitude des Vosges pour pénétrer plus avant dans le pays ; maison sait qu'après avoir établi plusieurs monastères, il alla se fixer dans le val de Galilée, que le roi Childéric lui avait abandonné. Il y fonda le monastère de Jointures , ainsi nommé. à cause de la jonction de deux rivières, le Rothbach et la Meurthe. Il y mourut en 679, dans un âge fort avancé , entre les bras de saint Hidulphe, évêque de Trêves, qui lui succéda dans le gouvernement de son monastère.

13. Gilbertus. Cet évêque, que Parmentier n'admet pas , est cité par Michel Cotignon , qui l'a trouvé sur d'anciennes chartes.

NOTICE HISTORIQUE

Ce fut vers cette époque que saint Vigile, ëvêque d'Auxerre , donna à l'église de Notre-Dame, qu'il avait fait construire dans sa ville épiscopale, la terre de Pouilly-sur-Loire , qui faisait partie de son patrimoine.

1 4. Saint Ithier (Itheriw) était originaire de Nogentsur-Vernisson , entre La Bussière et Montargis. A une foi vive, à une sainteté exemplaire il unissait des connaissances variées et étendues. Non content de se livrer à l'étude de la morale , il avait voulu travailler avec ardeur à la physique, qui comprenait la médecine, afin de pouvoir être doublement utile au prochain en lui procurant la santé de l'âme et celle du corps. De tous les côtés on accourait à lui , et les malades s'en retournaient soulagés de leurs infirmités , parce que Dieu bénissait les remèdes administrés par son serviteur. Pour lui , loin de s'attribuer la gloire des guérisons qu'il opérait , il engageait les malades qu'il avait guéris à réserver pour Dieu toute leur reconnaissance. Cependant , craignant que la vaine gloire ne s'emparât 'de son cœur , il se retira dans un lieu désert et inculte. Bientôt sa retraite fut découverte , et on vint à lui de toutes parts comme auparavant.

Le bruit de sa sainteté et des prodiges qu'il opérait parvint jusqu'à Nevers , dont l'église était veuve par la mort de son évêque. Le clergé et le peuple demandèrent Ithier pour le remplacer. Celui-ci, craignant de résister

SUR LES ÉVÊQUES DR NEVERS

à la volonté divine , y consentit. Il fut donc ordonné prêtre, et reçut l'onction pontificale vers 690.

En entrant dans la ville de Nevers, il rencontra aux portes un homme perclus depuis long-temps, et il le guérit sur-le-champ de ses infirmités. Il Ht briller sur le siège épiscopal les vertus qu'on avait remarquées en lui dans la retraite. Il mourut dans le Berri , plein de mérites, vers l'an 695 ou 696. Son corps fut transporté à Nogent.

Dès le onzième siècle , son culte était déjà fort répandu ; plusieurs églises du Berri furent mises sous son invocation, telles que la collégiale des Aix-d'Angillon et celle de Sully-sur-Loire. Les Huguenots dispersèrent ses restes précieux ; on a été cependant assez heureux pour conserver quelques reliques de notre saint évêque, entre autres un doigt , déposé dans l'église de Nogent ; l'authenticité en a été constatée en 1840.

Ce fut du temps de saint Ithier que saint Tétrice, évêque d'Àuxerre , tint un synode dans sa ville épiscopale (691). Outre les paroisses dont nous avons parlé plus haut et dont il est fait mention dans les statuts de saint Àunaire, nous retrouvons, dans les actes de saint Tétrice, Oisy, Nannay, Tracy, etc.

1 5. Erarcius.

16. Opportunus. On ne connaît que le nom de ces deux évêques.

17. Saint Nectaire (Nectarius). D'après l'ancien martyrologe de Ne vers , il mourut dans le Berri. In territorio Bituriccnsi sancli Nectarii Nivernensis episcopi. Il fut peu de temps à la tête du diocèse de Nevers ; il abdiqua sans doute , comme saint Didier, pour se retirer dans la solitude. Sa mort eut lieu vers l'année 726.

18. Chebroaldus. On sait seulement qu'il souscrivit au testament de saint Widrade , abbé de Flavigny, en 745.

19. Raginfrède {Raginfredus) , qu'on trouve sur le siège de Nevers dès 752, fut le protecteur.de l'abbaye de Saint-Martin. C'est la première fois qu'il est fait mention de cette abbaye dans l'histoire. Cet évêque mourut vers l'an 770.

20. Galdon (Gcddo) succéda à Raginfrède. On ignore les détails de sa vie , quoiqu'il ait tenu le siège de Nevers près de vingt-cinq ans.

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