‹ Monographie de la cathédrale de NeversChapitre 46 sur 69 · SAULGE ET SES SUCCESSEURS JUSQU'A GUILLAUME DE SAINT - LAZARE · texte numérisé non relu

SAULGE ET SES SUCCESSEURS JUSQU'A GUILLAUME DE SAINT - LAZARE

n fondant un siège épiscopal à Nevers , il est probable que Clovis assura au nouvel évêque et à ses successeurs des ressources suffisantes pour l'entretien du clergé Blet les besoins de l'église; d'un jfj! autre côté, plusieurs des évêques Sifde Nevers, entre autres saint Arigle , favorisés des dons de la fortune, avaient laissé à leur cathédrale et aux autres églises , fondées sous leur

NOTICE HISTORIQUE

dépendance, des portions considérables des biens qu'ils possédaient; aussi nous avons vu que du temps de Rauracus la cathédrale avait des propriétés dans le Quercy .

Cependant le diocèse de Nevers était pauvre , en comparaison des diocèses voisins ; ceux-ci, établis avant les invasions des Bourguignons et des Francs , conservèrent ce qu'ils possédaient déjà , et furent de plus enrichis par les conquérants , qui voulaient se rendre le clergé favorable. Quant au diocèse de Nevers, fondé plus tard , il ne put être que médiocrement doté par un prince qui avait à satisfaire la cupidité de ses leudes.

Ce fut sous Charlemagne qu'eut lieu la véritable dotation de l'évêché de Nevers ; l'évêque put obtenir alors la restitution des biens que son église avait perclus dans les dernières guerres, et la concession de nouvelles propriétés : il devint seigneur des terres de Prémery, Parzy et Urzy.

Nous avons vu déjà un grand nombre de paroisses et de monastères établis dans le diocèse d'Auxerre, tandis que l'organisation ecclésiastique de celui de Nevers en est encore à l'état d'essai. C'est sous saint Jérôme seulement que nous trouvons l'origine de quelques paroisses , et le chapitre ne paraît pas encore régulièrement constitué. Cependant il est évident que l'évêque avait son clergé ; une partie l'aidait dans les fonctions du ministère pastoral dans sa ville épiscopale et la banlieue : c'étaient

SUR LES' ÉVÊQUES DE NEVERS

ceux qu'on appelait les prêtres cardinaux; l'autre partie était composée des prêtres forains , que l'évêque déléguait, pour aller le remplacer au milieu des populations plus éloignées.

21 . Saint Jérôme (Hierànimus) , dont nous avons déjà longuement parlé dans la première partie (chap. III), succéda à Galdon vers 795 ; outre la cathédrale qu'il fit reconstruire, il répara -et éleva beaucoup d'autres églises.

Il obtint de Charlemagne l'établissement du prieuré de Saint-Sauveur, dans sa-villc épiscopale ; il fit sortir de leurs ruines l'abbaye de Saint-Martin et le monastère de Notre-Dame , qui avaient été dévastés pendant les dernières guerres; il éleva l'église de Magny , sur le tombeau de saint Vincent, prêtre qui avait édifié ce lieu par ses prédications et par ses vertus ; il érigea aussi l'église de Saint-Éticnne de Sauvigny-les-Bois terre qui lui appartenait ainsi que Marzy. On sait encore, par une charte de Charles-le-Gros , de 888 , que les abbayes de Saint-Trohé , de Saint-Gildard et Saint- Loup , à Nevers , de Saint-Franchy , de Saint-Parize-le- Châtel , de Saint-Péreuse dans le Morvand , et l'oratoire de Saint-Didier sous les murs de Nevers , existaient déjà du temps de saint Jérôme. Le saint évêque assista, en 81 3, à un concile de Tours ; il mourut plein de vertus et de mérites, en 815. Son corps fut inhumé clans l'abbaye de Saint-Martin.

%% Jonas déploya le même zèle que son prédécesseur pour la restauration des églises; il assista, en 829, au concile tenu à Paris, et mourut le 1 'I mai de l'année suivante.

23. OEnéas n'aurait fait que paraître sur le siège épiscopal de Nevers.

24. Gerfrède (Gerfrcdus) assista au concile de Worms en 833 ; c'est tout ce qu'on connaît de lui.

25. Hugues Ier (Hugo) paraît vers 836. On ne sait rien de cet évêque , qui ne tint le siège que trois ou quatre ans au plus.

On trouve à cette époque une église érigée à Cosne , sous le vocable de saint Front.

26. ïïériman (Herimannm) lui succéda vers 840. On le trouve en 843 au concile de Germigny, dans l'Orléanais. C'est à Hé ri ma n que la cathédrale dut son plus grand lustre : il y institua quarante chanoines , qu'il dota convenablement ; il mit seize chanoines dans l'abbaye de Saint-Martin , et leur assura un revenu suffisant ; il fit encore construire deux hôpitaux , celui de Saint-Lazare et celui de Saint-Antoine. Dans l'année 853, Hériman tomba en démence, et fut suspendu de ses fonctions , au second concile de Soissons. Il guérit , et reprit son saint ministère , puis retomba dans son premier état, en 860, qui fut l'année de sa mort.

SUR LES ÉVÊQUES DK NEVERS

Doux ans avant la mort d'Hériman, en 858, Charlesle-Chauve, pressé par Louis-le-Germanique et trahi par ses troupes , se réfugia dans le Nivernais. Il se rendit à Magny, et fit vœu , sur le tombeau de saint Vincent, de doter magnifiquement cette église, s'il obtenait le rétablissement de ses affaires. Sa prière fut exaucée, et il s'empressa d'accomplir sa promesse la même année.

C'est sous Hériman que nous trouvons la première mention du chapitre de l'église de Nevers.

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