‹ Monographie de la cathédrale de NeversChapitre 51 sur 69 · Patianus · texte numérisé non relu

Patianus

42. Koclène (Boclenus) , qui succéda à Patianus vers l'an 982 , assista l'année suivante à la dédicace de l'église de Sens. En 998 il fut interdit de ses fonctions par Grégoire V , pour avoir consacré Etienne , évêque du Puy , sans le consentement du clergé de ce diocèse. Il mourut vers 1011.

43. Hugues II (Hugo) de Champallement , dit le Grand, appartenait à la famille des comtes de Nevers. Dès le commencement de son épiscopat , il fit rendre à son chapitre plusieurs terres, qui avaient été injustement aliénées. On lui attribue la fondation de l'église de Vandenesse, en 1032. Vers le même temps, il donna à saint Odilon, abbé de Cluny, le prieuré de Saint- Sauveur de Nevers , fondé par saint Jérôme , et que le relâchement de la discipline avait réduit à ne plus compter un seul religieux.

Accusé au concile de Reims, en 1 049, d'avoir obtenu son évêché à prix d'argent , il avoua que sa famille avait dépensé de grandes sommes à cet effet; mais il protesta que c'était à son insu , et de lui-même il déposa sa crosse aux pieds du pape Léon IX. Le souve-

rain pontife lui remit une avtîre crosse , et l'autorisa à continuer ses fonctions.

Il accompagna le pape à Rome , et assista , l'année suivante, au concile tenu dans cette ville contre les erreurs de Bérenger , puis à celui de Vcrceil. En 1053 il rétablit le prieuré de Saint- Victor de Nevers. Dix ans plus tard , il releva le. prieuré de Saint-iitienne. En 1065, il assista au concile de Rome, tenu par Alexandre II ; il mourut en chemin , en revenant de ce concile, après cinquante-quatre ans d'épiscopat. On lui attribue l'érection de la cure de Garchizy, vers 1061 .

44. Mauguin (■Malguinus) , archidiacre de Nevers, succéda , en 1066, à Hugues-le-Grand. De son temps, le prieuré de Saint-Étienne fut retiré aux chanoines de Saint-Sylvestre , et donné à l'abbaye de Cluny ; ce qui eut lieu en 1068. Mauguin mourut le 1 61 juin 1074.

45. Hugues III (Hugo), neveu de Hugues-le-Grand, était doyen de Nevers et 'prévôt de l'église d'Auxerre, lorsqu'il fut élu évoque de Nevers. Il fut intronisé le 1er novembre 1074, en présence de Guillaume de Champallement , évèque d'Auxerre , son oncle. Dans cette cérémonie, il fit lire publiquement son testament, par lequel il déclarait que la moitié des biens meubles qui lui resteraient, au jour de son décès, appartiendrait à sa cathédrale , et un quart aux moines de Saint- Étienne; l'autre quart devait être appliqué aux besoins

SUK LES ÉVÊQUES JJE NEV EUS.

des voyageurs et des femmes veuves , malades à l'hôpital . L'année suivante, il érigea en paroisse l'église de Saint-Arigle. En 1081 , il assista au concile d'issoudun, et en 1082 au deuxième concile de Mcaux. En 1091 il prit l'habit religieux à Saint-Etienne de Nevers , et mourut dans celte maison, au mois de novembre de la môme année. Avant 1 646 on voyait encore son tombeau dans la chapelle de Notre-Dame de l'infirmerie. Le siège resta trois ans vacant.

46. Guy (Wuido et Guido). La soixante-unième lettre d'Yves, évêque de Chartres, nous apprend que lorsqu'il fut question de consacrer le successeur d'Hugues III , Richer , archevêque de Sens , était suspens , et que le légat Hugues de Die avait convoqué à Autun les évêques delà province de Sens, pour concourir à cette cérémonie. L'évêque de Chartres réclama contre le procédé du légat, prétendant qu'on ne pouvait réunir , dans une province étrangère, les évêques de la province de Sens; il ajouta qu'il ne se rendrait pas à Autun, qu'on devait, selon l'usage de l'église de Sens, traiter cette affaire au synode indiqué pour le 26 octobre. Nous ne savons pas quel a été le résultat de ces pourparlers. Il paraît , d'après les anciens titres, que Guy fut consacré en 1094; l'année suivante il assista au concile de Clermont. Ce fut sous son épiscopat , en 1 097, que le même Yves de Chartres consacra l'église de Saint-Élienne de Nevers. Guy mourut en 1 098.

NOTICE HISTORIQUE

47. Hervé (Hervœus). Il paraît, par la soixanteseizième lettre d'Yves de Chartres , qu'on n'était pas d'accord sur le choix du successeur de Guy. Il écrivait à l'archevêque de Sens : « Puisqu'on est divisé sur » l'élection de l'évêque de Nevers , il faut vous rappeler » l'usage consacré par nos pères : C'est à vous de choisir, » selon votre sagesse, celui qui vous paraîtra l'emporter » par le nombre des suffrages et par ses vertus. Mais , » comme il ne faut pas imposer les mains avec précipi- » tation , si votre jugement n'est pas encore formé , il » me semble qu'on peut remettre l'affaire au prochain » synode; on sera alors plus à portée de connaître, avec » certitude, les motifs déterminants des électeurs et les » mérites des candidats. »

Cette affaire fut sans doute traitée au concile provincial d'Étampes ; Hervé y fut jugé digne de la préférence , et sa consécration fut renvoyée au concile de Sens , indiqué par l'archevêque d'Aimbert , pour le dimanche avant Noël. C'est ce qui semble résulter de la soixantedix-neuvième lettre du même Yves de Chartres. C'était en 1099.

En 1 1 04 Hervé assista au concile de Troyes, et quatre ans plus tard au sacre de Louis-le-Gros. Il fut choisi en 1109 pour régler une contestation, qui s'était élevée entre Nertode, évêque d'Autun , et Ponce, abbé de Cluny, au sujet de certaines églises du diocèse d'Autun, sur lesquelles Cluny prétendait avoir des droits. L'acte est daté de Nevers, du mois de février. 11 mourut le

SUR LES ÉVÊQUES DE NEVERS

8 août 1140. Il avait érigé les paroisses de Saint-Martin de Thaix et de Saint-Pierre d'AlIny.

Hugues IV, son successeur , le dépeint d'un seul trait : Vit per omnia magnificm. Hervé avait , en toute circonstance, cherché à améliorer le sort des chanoines , aussi son nom n'était prononcé qu'avec amour et reconnaissance. Dans le nécrologe de l'église de Nevers , on lisait les vers suivants, que les chanoines chantaient encore long-temps après sa mort , dans la salle du chapitre, à l'issue de prime :

DIGRESSUM NOSTRI RECOLENTES JU1\E PATRONI HliRVIÎI, DOMINUM PRECIBUS PULSEMUS IN LNUM ILLIUS UT COELI CONSORTES ESSE QUEAMUS.

« Il est bien juste de vénérer la mémoire d'Hervé » notre protecteur, mais n'oublions pas d'adresser de » concert au Seigneur de ferventes prières , afin qu'il » nous réunisse à lui dans les cieux. »

48. Hugues IV (Hugo) dit lui-même, dans une charte, qu'on le retira du désert , pour l'élever sur le siège de Nevers. Au commencement de son épiscopat, il donna au prieuré de Saint-Étienne les églises de Saint-Pierre de Nevers , de Chevenon, de Limon et de Saint-Jean de Lichy. Il établit dans sa cathédrale deux chanoines , chargés de dire tous les jours la sainte messe, en faveur des bienfaiteurs de l'église clécédés. On lui attribue l'érection des paroisses de Neuilly , Giverdy , Corvol-

NOTICE HISTORIQUE

d'Embernard et Montigny- sur -Canne. Il mourut le 25 février 1121.

49. Fromond (Fromundus) était abbé de Saint-Martin de Nevers , quand il fut élevé sur le siège épiscopal de cette ville. On trouve de son temps, parmi les membres du clergé de la cathédrale, le fameux Gilbert-1' Universel, qui , avant d'être évêque de Londres , remplissait les fonctions d'écolàtre à la cathédrale de Nevers. On attribue à Fromond l'érection d'un grand nombre de paroisses : outre celle de Moraches , qu'il érigea en 1 1 28 , les paroisses de Luthenay , Chaulgnes , Saxy - Bourdon , Lâché, Chaumot, Moussy , Guipy , Saint-Germain-des- Bois, Authiou , Lys, Arthel, Brinon, La Montagne, Montenoison , Challement, Thianges , Imphy , Druy, Villeles-Anlezy , Devay , Avril, Lucenay-les-Aix , Auray, Mingot , Saint -Cy-Fertrève , les deux cures d'Aunay réunies depuis, Montapas , Sermages, Saint-Hilaire-en- Morvand, Achun, qui n'étaient que de simples chapelles, lui doivent leur érection. Il mourut à Nevers, en 1 1 43, et il fut inhumé dans l'église de Saint-Martin de Nevers, qu'il avait relevée de ses ruines.

50. Geoffroy (Gaufridus). Après la mort de Fromond, le siège resta trois ans vacant. Saint Bernard écrivant au pa pe Eugène III, en 1 1 46, au sujet de Mariasses Garnanda, évêque d'Orléans , qui se trouvait dans la nécessité de justifier sa conduite , lui expose l'impossibilité dans

SUK LES ^VECUES DE NE VERS.

laquelle est cet évêque de se défendre devant ses comprovinciaux ; « Nevers est sans évêque, il en est de même » à Troyes, et celui d'Auxerre voyage en Italie1. » En effet, Guillaume II, comte de Nevers, mettait des entraves à l'élection , craignant de rencontrer, dans le nouvel évêque, un prélat qui s'opposât, avec trop d'énergie, à ses injustes prétentions. C'étaient les manœuvres iniques de ce seigneur que saint Bernard rappelait au pape Eugène, quand, voulant le mettre en garde contre les élections qui avaient lieu à Auxerre , sous la pression du comte Guillaume , il lui répétait : « N'oubliez pas ce » qui s'est passé à Nevers 2. »

Ce fut dans le cours de l'année 1 1 46 que Geoffroy monta sur le siège épiscopal de Nevers. Au mois d'octobre de la même année, il assista à l'ouverture de la châsse de saint Lazare, à Autun. En 1147, il fut un des six prélats qui assistaient le pape Eugène III dans la consécration de l'église cathédrale de Châlons-sur- Marne.

Le comte Guillaume , dont nous avons parlé plus haut, était revenu à de meilleurs sentiments, et après avoir essayé de réparer les injustices dont il s'était rendu coupable en dépouillant les églises et les monastères , il avait pris l'habit de chartreux. Guillaume III , son fils et son successeur, au lieu de suivre les exemples

1 S Bern., epist. 246.

2 S. Bern., epist. 275 et 276.

NOTICE HISTORIQUE

que son père lui avait donnés à la tin de ses jours, l'imita dans ses injustices. « Le comte de Nevers , » écrivait saint Bernard au pape Eugène , ne marche » pas sur les traces de son père ; tantôt il s'oppose à » une bonne œuvre, tantôt il les entrave toutes. Il » convoite les propriétés et les biens de l'église, comme » un lion qui attend le moment favorable pour saisir » sa proie. Il est disposé à accepter pour évêque (il » s'agissait d'élection pour le siège d'Auxerre) un Sar- » rasin ou un Juif, pourvu qu'on ne nomme pas celui » qu'il redoute , parce qu'il voit en lui un homme qui » connaît ses injustices et ses fourberies , et qui est )) capable de les déjouer. C'est pourquoi il a employé , >) auprès d'un certain nombre de clercs , qui m'en ont » fait l'aveu , les menaces les plus terribles , pour leur » fermer la bouche , et empêcher le parti qui lui est » opposé de se glorifier du nombre imposant qui le >) compose. Pour tout dire en un mot , si on regarde » comme une affaire importante, pour ce diocèse, de ne » pas laisser dépouiller les monastères, piller les églises, » traîner la religion dans la boue , opprimer sous une )) cruelle servitude le siège épiscopal , dont on convoite » les avantages et les biens, qu'on ne laisse pas monter » sur ce siège le candidat du comte1. » Le diocèse de Nevers dut avoir beaucoup à souffrir sous un semblable seigneur ; cependant l'histoire n'en parle pas. Nous

l S. Bern., epist. 28).

SUR LES EVEQUES DE NEVERS

savons seulement que Geoffroy fut un des évêques chargés de notifier au comle la sentence d'excommunication lancée contre lui. En 1155, Geoffroy assista au concile de Soissons et en 1157 à celui de Reims. Il mourut le 1 4 février 1 1 60.

51. Bernard de Saint-Saulge. Ce prélat, doué d'un esprit pénétrant et de grandes connaissances, eut part à plusieurs affaires importantes. 11 était un des dix évêques réunis à Montpellier, quand le pape Alexandre III réitéra publiquement l'excommunication portée contre l'antipape Octavius , qui avait pris le nom de Victor. Il fut aussi un des cent vingt-quatre évêques du concile de Tours, en 1163. En 1166 il assista au concile de Beauvau. Quatre ans plus tard , il fut envoyé par Alexandre III comme légat , en Angleterre , pour réconcilier saint Thomas de Cantorbéry avec le roi Henri. En 1176, il fut un des arbitres choisis pour terminer de nouveaux différends, survenus entre le même Henri et Louis-le-Jeune. Il mourut le 1 0 janvier 3 177.

52. Thibal'd , doyen de la cathédrale , lui succéda. 11 assista au troisième concile général de Latran en 1179; fonda la chartreuse d'Apponay en 1185; fit recouvrir en 1 È 88 la cathédrale de dalles, lapide scciili, et mourut la même année.

53. Jean I , doyen de la cathédrale, fut le successeur de Thibaud. Nous trouvons peu de faits remarquables

pendant son épiscopat. En 1 196, il autorisa l'établissement de l'église collégiale de Prémery. Ce fut son dernier acte ; il fut enterré dans le chœur de l'église de Prémery.

54. Gauthier était archidiacre de Troyes , lorsqu'il fut appelé à l'évêché de Nevers; il travailla de concert avec Hugues Desnoyers , évêque d'Auxerre , à purger de la secte des Albigeois quelques parties du Nivernais où un certain Tétric, leur chef, s'était fait des partisans. Bernard , doyen de la cathédrale , et l'abbé de Saint- Martin de Nevers furent accusés de partager ces erreurs; mais on ne put convaincre le doyen de ce crime. Quant à l'abbé de Saint-Martin , les charges parurent assez fortes pour qu'on jugeât à propos de l'enfermer dans la la prison de son couvent. Gauthier fut suspendu de ses fonctions pour avoir refusé de se soumettre à l'interdit lancé contre la France au sujet de Philippe-Auguste. En 1201 il autorisa l'établissement de la collégiale de Tannay, et mourut la même année.

/ Sceau de Lraulhier , charle de 12 01 .

Siéjillvm Galteni dei gratis Uiveruensis episcopi. 2 Sceau de Ouillmune Je S! Lattctre, Arcludiaere, . dit

Sigillvm Gvillelmi Archidiacom Nivernis.

3 Sceau cLûl Chapïb-e , cliarh de l2ûl .

Sigillviu capitvh Sandi Cirici Nivernis.

Conlre-Scel — Saacla Jvlita mater sjvs.

4 Sceau de Vojfuwlih, cliarh de I2fl .

Sioillvra cvrie Nivernensis .

5 îd. Siiillvm cvrie Niverneasis . ~ 1^85 .

Contre - Scel .— SancVvs Ciriovs.

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