‹ Monographie de la cathédrale de NeversChapitre 52 sur 69 · SES SUCCESSEURS JUSQU'A PIERRE BERTRAND · texte numérisé non relu

SES SUCCESSEURS JUSQU'A PIERRE BERTRAND

ous voici arrivés à une de ces époques de transition , féconde en événements. Peut-être n'a-t-on pas encore étudié d'une manière assez sérieuse la fin du douzième siècle et les premières années du treizième. Les archéologues ont bien remarqué dans les monuments , et surtout dans les monuments religieux , un genre particulier inusité

NOTICE; HISTORIQUE

jusque alors- Cette révolution , car on peut se servir de cette expression , ne devait pas se borner à substituer l'ogive au plein cintre et à remplacer les ornements romano- byzantins par d'autres ornements tirés en partie du règne végétal ; partout on éprouvait un besoin irrésistible de modifier tout ce qui existait , et nous pouvons dire que notre Nivernais a joué un grand rôle dans ce mouvement. C'est, en effet, dans cette province que les communes se sont constituées , ou du moins qu'elles ont réclamé certains droits avec énergie, tandis qu'ailleurs on ne pensait aucunement à s'affranchir ; tout le monde connaît les luttes dont Vézelay a été le théâtre. Mais en même temps que les peuples cherchaient à secouer le joug clés seigneurs particuliers, nos rois travaillaient à étendre leur pouvoir , en établissant des bailliages royaux , pour tenir les seigneurs en échec. Sa i n t-Pier re-1 e-Moû lier fut le siège d'un des quatre bailliages fondés par Philippe-Auguste. Cependant plusieurs de ces seigneurs étaient encore assez puissants pour commander le silence aux rois. C'était en présence de Philippe-Auguste qu'Hervé, baron de Donzy, imposait de dures conditions à son prisonnier , le comte Pierre de Courtenay, membre de la famille royale.

Vers le même temps , Guillaume de Saint -Lazare montait sur le siège de Nevers ; nous voyons alors nos institutions ecclésiastiques soumises aussi à d'importantes modifications que nous devons signaler. Jusque-là les évêques de Nevers avaient été nommés par le clergé

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et le peuple réunis; tout-à-coup cet antique usage disparaît; le chapitre seul, sans le concours du peuple et du reste du clergé, nomme son évêque. Guillaume de Saint-Lazare fut le premier évêque de Nevers ainsi élu. Ce mode d'élection semblait d'ailleurs être justifie parla conduite que les cardinaux avaient tenue à Rome en 1181, après la mort d'Alexandre III : ils avaient nommé eux-mêmes son successeur , Lucius III. C'était une innovation. Les chanoines introduisirent aussi dans leur corps une nouvelle organisation; depuis l'établissement primitif du chapitre, ils avaient toujours vécu en commun , et comme nous l'avons fait remarquer , leurs habitations réunies formaient un véritable monastère; mais à partir de l'incendie de la cathédrale et des lieux réguliers , dont nous parlerons bientôt , ils renoncèrent à la vie commune. Enfin Guillaume, par le rachat du droit de régale, mit fin à un usage qui n'était pas sans abus1. Nous avons cru, avant d'aller plus loin , devoir rappeler le grand mouvement imprimé à la société tout entière à l'époque qui nous occupe.

. \ La régale était un droit en vertu duquel les rois de France jouissaient des revenus de tous les archevêchés et évèchés vacants , à compter de l'instant de la mort naturelle ou civile des anciens titulaires , jusqu'à ce que les nouveaux pourvus aient prêté serment de fidélité au roi et fait enregistrer ce serment.

La régale leur conférait encore le droit de disposer de tous les bénéfices vacants (sans charge d'âmes), auxquels les défunts prélats avaient droit de nommer. Quant aux cures et bénéfices à charge d'âmes, la collation, pendant la vacance du siège , appartenait aux chapitres des églises cathédrales. Voir DrcN'rsAivT, Pinson, Aunovx, d'Héricoùrt,

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55. Guillaume de Saint-Lazare {Wille.lmus de Sancto Lazaro). A la mort de Gauthier, le chapitre s'était réuni et avait élu pour évêque Guillaume de Seignelay , doyen de l'église d'Auxerre ; mais celui-ci ayant refusé, on dut procéder à de nouvelles élections, par suite desquelles Guillaume de Saint -Lazare fut nommé à l'unanimité (4 201).

Aussi recommandable par sa piété que par son savoir et ses talents, il jouissait depuis long-temps de la faveur de Philippe-Auguste ; c'était lui qui , en 4198, avait soutenu , en présence du pape Innocent III , les intérêts du roi de France contre Jourdain du Hommet, évêque de Lisieux , ambassadeur de Richard F\ roi d'Angleterre.

En 1 202, il fut nommé par le pape Innocent III avec saint Guillaume , archevêque de Bourges , et l'abbé de Ciuny, pour recevoir l'abjuration de quelques bourgeois de La Charité, qui s'étaient laissé entraîner dans la secte des Albigeois. L'année suivante, il assista au concile de Meaux.

En 1 207 , Innocent III lui confia une nouvelle mission ; il le chargea de se rendre dans la ville du Puy, pour contraindre les habitants à se soumettre à leur évêque, tout en engageant le prélat à faire des concessions à de justes réclamations. Au mois de juillet de la même année , il assista , avec l'archevêque de Sens et les évêques de Paris , d'Orléans et d'Auxerre , à la cérémonie qui eut lieu à Saint-Benoît-sur-Loire ; le corps

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du saint fut retiré do son humble tombeau , pour être placé sur le maître-autel du monastère.

Ce fut en 1208 que notre évoque obtint de Philippe- Auguste l'exemption du droit de régale et d'autres faveurs. Parmentier prétend que ce fut à prix d'argent, et que les fonds, qui furent remis au roi dans cette circonstance , servirent aux frais- de la guerre contre Baudoin , comte de Flandre , et contre l'empereur Othon.

On se disposait alors à une croisade contre les Albigeois ; clans sa lettre aux évêques de France , le pape Innocent III dit que l'archevêque de Sens , l'évêque de Nevers et ses comprovinciaux se sont engagés à donner aux croisés la dixième partie de leur revenu d'une année; il ordonne à tous les prélats d'engager les clercs et les laïques des terres du duc de Bourgogne, du comte de Nevers et des autres seigneurs qui se croiseront à imiter cet exemple.

Guillaume de Saint-Lazare se croisa avec Hervé de Donzy, comte de Nevers1; saint Guillaume, archevêque de Bourges , oncle de la comtesse Mahaut , épouse d'Hervé , devait aussi faire partie de l'expédition ; il se disposait à se mettre en route , non avec l'intention de

1 Hervé était un foudre de guerre , dit la Chronique de Tours , hostium tempestas assidua. Il était si connu par sa bravoure et son habileté, que les évêques et les seigneurs de France le choisirent pour chef de cette expédition, et ce ne fut qu'à son refus que Simon de Montfort eut le titre de généralissime de l'armée catholique. Vely , Hist. de France , tome ni.

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combattre les hérétiques , mais plutôt de les ramener par la voie de la persuasion , quand Dieu l'appela à lui, en 1209 1. A son retour, en 1211, notre évèque eut la douleur de voir sa cathédrale consumée par les flammes , ainsi que les lieux réguliers. Malgré les grandes dépenses que lui avait occasionnées la guerre contre les Albigeois, il entreprit de réparer ce désastre, comme nous l'avons dit dans la première partie.

Nous le trouvons en 1214 à la bataille de Bouvines, parmi les seigneurs qui avaient suivi le comte de Nevers. Le cadre que nous nous sommes tracé nous met dans la nécessité de ne faire mention que des traits principaux de la vie de ce prélat ; mais nous ne pouvons oublier de parler de sa charité ; son chapitre et son église cathédrale en ont éprouvé les généreux effets. C'était surtout quand il s'agissait des pauvres que cette charité semblait ne plus connaître de bornes, tous les anciens livres de l'église de Nevers nous disent qu'il nourrissait tous les jours deux mille pauvres2. Ils ajoutent que sentant sa fin approcher, il ordonna que les distributions, qu'il avait coutume de faire, continueraient jusqu'à la saint Jean-Baptiste. Il mourut en odeur de sainteté, le 19 mai 1221.

1 Saint Guillaume était né à Arthel , au dioeè'se de Nevers.

2 La Mer des histoires , tome n , année i22<1 , est conforme au Nécrologe de. l'église de Nevers : « Guillaume, évesque de Neuers, docteur en loy et décret, » qui au temps de la grande cherté et famine repaissait tous les jours deux » mille pauvres, trépassa de ce monde en la vigile de l'ascension de nostre » Seigneur. »

PIERRE BERTRAND BERTRAND DE FUMEL . PIERRE AICELIN OE MONTAIGU . JEAN DE NEUFCHATEL.

PIERRE OEDINTEVILLE. ROBERT DE DANGEUL. JEAN D'ETA M PE S . FERDINAND D'AUEIDA .

EMLLE LESaCHÉ. D F L & iCHLP

SDR LES ÉVÉQUES DE NEVERS,

Ce fut pendant son épiscopat que le comte Hervé fonda l'abbaye de l'Épeau et la chartreuse dcBcllary, près de Donzy, ainsi que le monastère de Coche, en la paroisse de Vielmanay. Vers la même époque, furent fondées les collégiales de Tannay et de Saint-Laurent de Cosne ; et les chanoines réguliers de Montjoux, dans les Alpes , vinrent desservir l'hôpital de Varzy. En 1 204 l'église et le monastère de La Charité avaient été incendiés.

Le fait le plus curieux de cette époque est l'érection d'un évêché dans un faubourg de Clamecy. En 1167 , Guillaume IV, comte de Nevers, fut atteint de la peste à Ptolémaïde; se voyant sur le point de mourir, il demanda avec instance à être inhumé à Bethléem , et légua à cette église l'hôpital de Pantenor, à Clamecy, avec les biens qui en dépendaient , afin que l'évêque de Bethléem pût s'y retirer, s'il venait à être chassé de son siège par les infidèles. Ce que le comte avait prévu arriva plus tard, et Régnier, qui avait été consacré vers 1 204 , fut chassé par les infidèles et vint se réfugier dans le Nivernais. Depuis ce moment jusqu'en 1790, les évêques de Bethléem eurent leur siège dans le faubourg de Clamecy, qui a conservé ce nom.

56. Gervais de Chateauneuf (Gervasms) succéda en 1221 à Guillaume de Saint-Lazare. 11 était fils de Gervais, seigneur de Chateauneuf en Thimerais, baron de Senonches , et de Marguerite de Donzv , sœur du

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comte Hervé. Avant sa promotion à l'épiscopat, , il était chanoine de Chartres. D'après la Gallia Christiana, ce fut le pape Honorius III qui fit la cérémonie de sa consécration. Il resta peu de temps sur le siège de Nevers ; il mourut le 28 février 1222 ou 1223.

57. Regnault (Regnaudus) fut sacré en 1223 par Gauthier III , archevêque de Sens ; au mois de juillet de la même année , il assista au concile de Paris tenu contre les Albigeois , et ensuite aux funérailles de Philippe-Auguste. Au mois de novembre 1 225, il accorda l'affranchissement de la servitude personnelle aux habitants de Prémery, moyennant vingt sols par feu, payables dans l'octave de la Toussaint, par ceux qui, du dire du prévôt, pouvaient payer cette somme, et douze deniers au moins pour les plus pauvres. 11 mourut le 28 juillet 1230.

A la mort de Regnault , le chapitre fut divisé sur le choix de son successeur; les uns donnèrent leurs voix au doyen, les autres au grand-chantre. Les deux élections ayant été déclarées nulles , le pape Grégoire IX nomma lui-même, pour les fêtes de Pâques 1232, Raoul de Beauvais , qui se trouvait alors auprès de lui.

58. Raoul de Beauvais (Rodolphus) prit possession de son évêché la même année ; à son arrivée dans le diocèse , muni du bref du pape , il voulut faire la visite des monastères de Saint-Étienne et de Saint-Sauveur ,

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mais les prieurs s'y opposèrent, cl par suite de cette opposition lurent excommuniés. L'abbé de Cluny porta ses plaintes à Rome , des arbitres furent nommés pour juger l'affaire, et Raoul fut obligé de se désister de ses prétentions.

Ce fut de son temps que la chartreuse du Val-Saint- Georgcs fut fondée par Hugues, seigneur de Lormes, et Héloïse, sa femme, et le réconfort, par la comtesse Mahaut. La même année 1235, fut construite l'église de Saint- Éloi , qui fut érigée en paroisse a\ec le consentement des religieux de Saint-Élienne de Nevers , dont ce territoire dépendait. Celte érection fut confirmée en 1248 par Robert Cornu. Depuis la fondation par l'évêque Fromond , en 1130, d'un certain nombre de paroisses dans le diocèse de Nevers , un grand nombre d'autres furent érigées , telles que Blismes , Poussignol , Dommartin, Lormes, Sainl-Léger-du-Fougeret, Metz-le-Comte, Sainte-Vallière de Nevers , Tronsanges , Saint-Parize-le- Châtel , Saint-Aubin, Luzy, Monceaux, La Rochemillay, Saint-Hilaire , Saint-Pierre-le-Moûtier , Saint-Franchy , Pougues, etc., etc., enfin le diocèse se trouva , sous le rapport du service paroissial , constitué à peu près tel qu'il était en 1789.

Raoul mourut au mois de décembre 1239.

59. Robert Cornu (Rotbertus Cornulm) était fils de Simon Cornu , seigneur de Villeneuve , et d'une sœur d'Henri Clément, maréchal de France. Simon Cornu eut

huit garçons , dont six embrassèrent l'état ecclésiastique : 1° Gauthier , qui devint archevêque de Sens ; 2° Gilles , qui succéda à son frère sur le siège de Sens; 3° Gauthier, chevalier; 4° Simon, chanoine de Laon ; 5° Albéric, chanoine de Sens, puis évêque de Chartres ; 6° Jean , chanoine de Sens ; 7° Pierre', écuyer ; 8° Robert , chanoine de] Chartres et ensuite évêque de Nevers. Il portait d'argent à la bande de gueules. C'est le premier de nos évêques dont on connaisse les armes. Peu de temps après son intronisation , une épine détachée de la sainte couronne , reçue à Sens la même année , fut apportée à Nevers et déposée au trésor de la cathédrale.

Robert écrivit en 1 244 ou 1 245 au pape Innocent IV, pour l'engager à vérifier les miracles attribués à saint Edme, archevêque de Cantorbéry, et à procéder ensuite à sa canonisation.

En 1246, Eudes , évêque de Tusculum , légat du Saint-Siège pour la province de Sens , donna un règlement au chapitre de Nevers ; il y est marqué entre autres choses que la fête des Fous sera abolie sous peine d'excommunication.

En 1251 furent établis à Nevers les Frères mineurs ou Cordeliers. Robert mourut le 1 4 janvier de l'année suivante 1252.

Le siège resta deux ans vacant après la mort de Robert Cornu ; Henri Cornu, son neveu, fut élu évêque de Nevers , mais il ne fut pas consacré , ayant été

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appelé, en 1254, à succéder à Gilles Cornu , archevêque de Sens , son oncle.

60. Guillaume H de Grand-Puy ( Willelmm de Grandi Podio), trésorier de l'église de Sens, fut appelé, en 1 254, à remplacer Henri Cornu. Au mois de juillet 1256 , il assista au concile de Paris. On peut juger , d'après le testament de la comtesse Mahaut, morte en 1257, du nombre des établissements religieux et charitables, qui couvraient le Nivernais à celte époque , par ceux en faveur desquels elle a fait quelques legs. Outre les cathédrales de Nevers et d'Auxerre , qu'elle n'a pas oubliées, on y voit figurer les chartreuses d'Apponay et de Bcllary ; les abbayes de Saint -Martin de Nevers , de Bellevaux , de Vézelay , de l'Épeau , de Corbigny , de Bouras , de Roches ; les prieurés de La Charité, de La Fermeté, de Faye , de Saint-Nicolas, proche Entrains, de Fontenay, près de Corvol-1' Orgueilleux ; la collégiale de Saint-Martin de Clamecy ; les religieuses de Decize ; les maladreries de Montenoison , de Donzy , de Decize ; enfin , les Maisons-Dieu et les pauvres hôpitaux du comté de Nevers sont désignés en général, et doivent avoir leur part, dans une somme laissée à cet effet aux exécuteurs testamentaires , parmi lesquels est désigné l'évêque de Nevers. Guillaume mourut en 1 260.

61 . Robert de Marzy (llolberlus de Marizik) succéda à Guillaume vers la (in de l'année 1260; les faits les

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plus remarquables de son épiscopat sont l'établissement des Frères prêcheurs , par Agnès de Bourbon , dans la ville de Ne vers , en 1 271 , et la fondation des Cordeliers, au faubourg de La Chaussée, par la comtesse Yolant. En 1265, il y avait eu discussion entre Robert, le chapitre et le trésorier, au sujet de grosses réparations à faire à la cathédrale ; il s'agissait de savoir comment chacun devait y contribuer. Robert mourut en 1274 ou 1275.

Entre Robert et le suivant , les auteurs de la Gallia Christiana placent un autre évêque , qu'ils nomment Gilles de Château -Renard (de Castro Renardi). Parmentier combat et rejette cette opinion.

62. Gilles F' (Egidius et Gilo), que les auteurs de la Gallia Christiana nomment Gilles du Châtelet (de Castello), monta en 1 278 sur le siège de Nevers , qui était demeuré vacant depuis la mort de Robert, sans qu'on en connaisse le motif. En 1283, Gilles partagea le diocèse en deux archidiaconés : celui de Nevers, qui comprenait les archiprêtrés de Saint-Pierre-le-Moûtier , de Prémery , de Lurcy et des vaux de Nevers, et celui de Decize, composé des archiprêtrés de Decize, de Thianges, de Châtillon-en- Bazois et de Moulins-Engilbcrt1. En 1 249, Guy de Mello avait établi une semblable organisation dans son diocèse

4 Les auteurs de la Gallia Christiana attribuent celle organisation à Gilles de Mauclati. Cependant, comme ils ajoutent : Seu potins de novo ordinavit , on pourrait dire avec Parmentier que cette institution appartient à Gilles du Châtelet, et que son successeur Ta confirmée.

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d'Auxerre , qu'il avait aussi divisé en deux arehidiaconés : celui d'Auxerre et celui de Puisaye. Cependant, ces dispositions déplurent aux chanoines et surtout à leur doyen , Simon , qui prétendait que par là on restraignait sa juridiction ; ils protestèrent , mais sans obtenir gain de cause. Gilles mourut la môme année.

63. Gilles II de Mauclati (Egidius et Gilo de Mauclatio). D'après la Gallia Christiana, il y avait deux concurrents à l'évêché de Nevers à la mort de Gilles Ier ; cependant ils déposèrent leurs prétentions entre les mains du pape Honorius IV, qui nomma Gilles , et le recommanda au roi. Le nouvel évêque fut sacré en 1283 ; il mourut en 1294.

Le siège demeura vacant pendant deux ans , par suite des contestations survenues entre Guy de La Charité et Jean de Garlande , qui prétendaient l'un et l'autre à l'évêché de Nevers. Le pape Boniface VIII mit fin à la lutte en nommant Jean de Savigny.

64. Jean II de Savigny monta sur le siège de Nevers en 1296. Il avait une telle réputation de droiture et en même temps d'habileté dans les affaires , qu'il fut chargé souvent des négociations les plus difficiles et les plus importantes. Dès la première année de son épiscopat, il fut député à Rome par le clergé de France pour faire part au pape Boniface VIII des besoins de

l'Église, et l'année suivante le pape le commit pour visiter et réformer l'abbaye de Fontevrault.

Le %\ mars 1305 il eut l'honneur de recevoir à Nevers le pape Clément V1 ; deux ans plus tard , vers la fin de l'année 1308, il accompagnait le même pape à son entrée solennelle à Toulouse , où , après que le souverain pontife eut donné la communion à tous les seigneurs et aux capitouis , l'évoque de Nevers prit sa place pour communier tous ceux qui se présentaient. Au mois d'octobre 1310, il assista au concile provincial de Paris, et l'année suivante il fut un des pères du concile général de Vienne, tenu par Clément V. En 1313 il consacra l'église collégiale de Tanna y. Il mourut au mois de janvier 1315, et il fut enterré à la cathédrale , comme nous l'avons dit dans la première partie.

65. Guillaume lit Beaufils , originaire de La Charitésur-Loire, succéda à Jean de Savigny. Il ne gouverna le diocèse que quatre ans ; il mourut le 1er janvier 1319.

1 Dans son Esquisse archéologique des principales Eglises du diocèse de Nevers, page 122, M. l'abbé Bourassé rapporte une inscription gravée sur la muraille extérieure de l'église de Tannay, dont on n'a pu , jusqu'à présent , donner l'explication. C'est une inscription commémorative du fait que nous rapportons : Le 12 des calendes d'avril de l'an du Seigneur 1305, notre seigneur le pape Clément V entra à Nevers. Parmentier dit que ce fut en 1306 que Clément V vint à Nevers.

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