CHAPITRE IV
PIERRE BERTRAND . — AUTRES EVEQUES DU MEME NOM. — PIERRE DE MONTAIGU ET SES SUCCESSEURS JUSQU'A ROBERT DE DANGEUL. — ROBERT DE DANGEUL REÇOIT A NEVERS SAINT VINCENT FERRIER. — SUCCESSEURS DE ROBERT JUSQU'A JACQUES D'ALBRET.
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'î une grande confusion dans '^^Y^^^?^ l'histoire des évêques qui sui- ^^\J|??vent ; la plupart de nos histo-
^ riens ne s'appuient que sur
iM des probabilités. Nous avons ^) adopte le sentiment de Parmen- 3 tier, qui nous paraît le seul admissible, quoiqu'il ne lève pas toutes les difficultés.
NOTICE HISTORIQUE
66. Pierre Bertrand I, connu plus tard sous le nom de cardinal Bertrandy, était fils d'un médecin d'Annonay en Vivarais. Il professa successivement le droit à Avignon , à Marseille et à Paris ; chanoine et doyen du Puy, il était en même temps avocat au parlement. Ce fut lui qui plaida, en présence de Louis X, pour le comte de Nevers, qui prétendait au comté de Flandre. Son éloquence le fit nommer conseiller d'état. En 1 31 9, il fut nommé à l'évêché de Nevers , mais il n'y resta pas long-temps ; il fut transféré à l'évêché d'Autun , en 1323. En 1329, il plaida si bien pour le clergé, en présence de Philippe do Valois , contre Pierre de Cugnières , que le roi prononça en sa faveur. Deux ans après, il fut créé cardinal par Jean XXII. Il mourut à Avignon, le 24 juin 1349, et fut inhumé dans l'église du prieuré de Montault, qu'il avait fondé.
67. Pierre Bertrand II. Il est certain qu'un évêque de ce nom a tenu le siège de Nevers , depuis 1 325 , au plus tard, jusqu'en 1329; les anciens livres de la cathédrale en font foi , et Parmentier cite plusieurs pièces qui ne laissent aucun doute à cet égard. On ignore s'il était parent du précédent. On ne sait rien sur sa mort ou sur sa translation. De son temps , en 1328, fut fondée la chartreuse de Basse ville , non loin de Clamecy.
68. Bertrand III fit son entrée solennelle à Nevers , fe 9 avril 1329. Étant malade au château de Prémery,
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il pria le pape de commettre un prélat pour consacrer la cathédrale de Nevers. Ce fut Pierre du Marais, de Paludc, patriarche de Jérusalem, qui fit cette cérémonie, en 1331. Bertrand mourut à la fin de 1333.
69. Jean III Mandevilain était évèque de Nevers dès la fin de 1333, ou au commencement de 1334. Il n'en occupa le siège qu'environ un an. Il fut transféré à Arras , puis plus tard à Châlons-sur-Marne , et mourut au mois de février 1340.
70. Pierre Bertrand IV, neveu du cardinal Bertrandy, que nous avons vu plus haut évêque de Nevers , puis d'Autun , prit le nom et les armes du cardinal son oncle : son véritable nom était du Colombier. Il ne fit son entrée à Nevers que le %% février 1337. Deux ans après, il fut transféré à Arras, et créé, en 1344, cardinal-évêque d'Ostie. Il mourut à Rome , de la peste, en 1361.
Albert Acciajoli, en 1340 , fut élu seulement.
71. Bertrand V. Dès la même année 1340, nous trouvons un évêque de Nevers du nom de Bertrand. Les auteurs de la Gallia Cluistiana et Michel Cotignon lui donnent le nom de Bertrand de Fumelle. Il aurait siégé depuis 1340 jusqu'en 1360.
NOTICE HISTORIQUE
1%. Renauld H de Moulins, 4 36U.
73. Pierre IV Aicelin de Montaigu monta sur le siège de Ne vers en 1361. Un de ses premiers actes fut l'érection de la cure de Moulins-Engilbert. En 1368 , il se rendit à Rome, comme ambassadeur du roi Charles V, auprès du pape Urbain V. En 1370 , il fut transféré à Laon et créé cardinal. II mourut le 8 novembre 1388.
74. Jean IV de Neufchatel, parent du pape Clément VII, fut sacré évôque de Nevers, en 1 370 , par Guillaume de Melun , archevêque de Sens. Il prit possession au mois d'août 1372. Deux mois après , il fut transféré à Toul ; créé cardinal en 1 374 , il mourut à Avignon en 1 398.
75. Pierre V de Villiers , confesseur du roi Charles V, et provincial du collège de Navarre , succéda à Jean de Neufchâtel sur le siège de Nevers, où il ne resta que trois ans au plus , ayant été transféré à Troyes en 1 375. Il mourût en 1 377.
76. Pierre de Dainteville , dont le véritable nom était Jaucourt , était fils de Pierre de Jaucourt , qui avait pris le nom de sa terre de Dainteville , et de Jeanne d'Arzillières. Étant chanoine d'Orléans , il y avait fondé, en 1 357, une chapelle en l'honneur de saint Yves , dont il avait écrit la vie. En 1371, il était chancelier de Bourgogne; en 1375, il fut nommé évêque de Nevers,
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mais il ne lit son entrée solennelle que le %% juillet 1 376. Il mourut en 1380. Deux ans avant sa mort, en 1378, fut fondée la collégiale de Moulins-Engilbert.
77. Maurice, originaire de Coulanges-la-Vineuse , était religieux dominicain de la maison d'Auxerre ; il enseigna la théologie dans les monastères de son ordre, à Sens et à Paris , et devint confesseur des rois Charles V et Charles VI, et pénitencier du pape Clément VII.
Il était déjà évêque de Nevers , lorsque , le 1 6 septembre 1 380 , il administra les derniers sacrements au roi Charles V ; mais il ne fit son entrée solennelle que le dimanche 29 juin , fête de Saint-Pierre et Saint- Paul, 1382.
En 1388, Adam de Soissons, prieur des Jacobins de Nevers, avait avancé dans ses sermons plusieurs erreurs contre l'immaculée conception de la Sainte-Vierge ; Maurice le fit arrêter et conduire en prison à Paris. Il se rétracta publiquement, le 16 mai 1 389, et demanda pardon à l'évêque et à ceux qu'il avait scandalisés , en présence des députés de l'Université.
Maurice mourut le 16 janvier 1394 et fut enterré dans le sanctuaire de la cathédrale , du côté de l'évangile , sous la tombe de marbre noir qu'on y voit encore.
78. Philippe Froment , neveu du précédent , et comme lui religieux dominicain d'Auxerre , prit la place de son
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oncle, au mois de mars suivant; il était auparavant évêque de Béthléem. Il mourut le 20 janvier 1400, plein de jours et de mérites. Parmentier dit qu'il joignait continuellement le jeûne à la prière, pour attirer les grâces de Dieu sur le troupeau qui lui était confié. Il fut enterré au milieu du chœur de la cathédrale.
79. Robert de Dangeul, archidiacre de Nevers , était originaire du diocèse de Chartres. 11 fut élu par le chapitre, et consacré au mois de mai 1 401 , par Guillaume de Dormans , archevêque de Sens ; aussitôt Pierre Leclerc , archidiacre de Decize , prit possession en son nom.
En 1407, Philippe de Moulins, évêque de Noyon , originaire de Moulins-Engilbert , fit don à l'église de Nevers d'une couronne dorée, en laquelle était enchâssée une épine de la couronne de Notre-Seigneur , et une grande croix aussi dorée ; il ajouta quatre cent cinquante livres. Le chapitre reconnaissant fonda deux messes à son intention.
En 1409, Robert et le chapitre envoyèrent leurs députés au concile de Pise. En 1417 vint à Nevers « un excellent et noble prêcheur nommé Me Vincent » (Ferrier), maître en théologie, homme de sainte vie, » lequel vint à Nevers le samedi avant la fête de saint » Clément , et y demeura jusqu'au jour de la Saint- » André apôtre en suivant , et ledit temps durant chacun
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» jour fut chantée messe à notes, et après ce sermon. » Il était logé à l'Hôtel-Dieu avec douze compagnons. La ville lui avait fait dresser un échafaud sur la place Saint-Didier. C'était du haut de cet échafaud qu'il adressait la parole au peuple de Nevers.
Par une huile du 19 juillet 1418, le pape Martin V chargea Robert de Dangeul de rétablissement d'un couvent de Claristes à Decize. Le 9 octobre 1419, tout se trouvant prêt, le prélat mit sainte Colleté et ses religieuses en possession de cette maison.
La peste dévastait alors la ville de Nevers ; Robert ordonna des prières publiques pour obtenir la cessation du fléau. Nos chroniques ne font plus mention d'aucun fait important jusqu'à la mort de cet évêque , qui arriva en 1 430.
Pierre VII de Pougues fut élu évèque de Nevers, cette même année 1 430 ; il ne fut pas consacré.
80. Jean Germain était originaire de Cluny , d'après la Gallia Chrisliana ; mais Guy Coquille prétend qu'il naquit aux environs de Luzy , au village de Villai. Protégé par Bonne d'Artois , comtesse de Nevers , il fit ses études à Paris , au collège de Navarre, et y reçut le bonnet de docteur. Ses vertus et ses talents lui méritèrent la bienveillance du duc de Bourgogne, qui lui fit obtenir le doyenné de l'église de Dijon. Il était aussi chevalier
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de la Toison-d'Or, quand Martin V le nomma évêque de Nevers , le 15 décembre 1430.
En 1 433 il fut délégué par le duc de Bourgogne pour le remplacer au concile de Baie. Les princes et les électeurs de l'empire , s'appuyant sur la bulle d'or , voulaient avoir le premier rang après les têtes couronnées ; mais Jean Germain prétendit que le duc de Bourgogne , six fois duc , quinze fois comte , doyen des pairs de France, seigneur souverain des pays de Bourgogne qui avaient eu autrefois le titre de royaume, devait siéger avant tous les autres princes. Il parla avec tant d'éloquence qu'il gagna l'assemblée. Il fut décidé que le duc de Bourgogne , comme premier prince chrétien , prendrait rang immédiatement après les têtes couronnées , place qu'occupa l'évêque de Nevers , comme représentant le duc.
En 1 438 le pape Eugène IV le transféra de l'évêché de Nevers à celui de Châlons-sur-Saône, où il mourut le % février 1 460.
81 . Jean VI Vivien fut nommé évêque de Nevers par le pape Eugène IV, le 30 août 1436; il se trouva avec Jean Germain , en 1 438 , au concile de Florence ; il mourut au mois de juin 1445. L'année précédente, avait été fondé le chapitre de Notre-Dame de Ternan.
82. Jean VII d'Estampes , trésorier de l'église de Nevers , succéda à Jean Vivien; il fut consacré le
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20 novembre 1445 par Louis de Melun , archevêque de Sens. Cependant Tronson , confesseur de Charles de Bourgogne , comte de Nevers , avait été nommé au même siège par le pape Eugène IV, en vertu de certaines réserves, qu'on regardait en France comme contraires à la pragmatique -sanction , qui maintenait les élections dans les cathédrales , selon -le droit commun. Par suite de ce conflit, le diocèse de Nevers était tout en combustion : Tronson excommuniait ceux qui lui étaient opposés, Jean d'Estampes en faisait autant; l'animosité des deux partis devint telle que plusieurs églises en souffrirent, entre autres celles de Lurcy-le-Bourg et de Challemcnt, qui furent incendiées par les partisans de Tronson. Voulant mettre fin à cette déplorable lutte, le roi Charles VII donna tous les ordres nécessaires pour faire reconnaître Jean d'Estampes, comme seul légitimement élu ; celui-ci, maintenu dans ses droits, fit son entrée solennelle le 29 mai 1 446, malgré l'agitation qui régnait dans le pays. En 1460, il assista au concile provincial de Sens; il mourut le 24 décembre 1462, après avoir résigné son siège, l'année précédente, à Pierre deFontenay, son neveu. Il fut inhumé à la cathédrale, dans le même tombeau , avec son frère , évêque de Carcassonne, qui portait aussi le nom de Jean.
83. Pierre VIII de Fontenay était fils de Guy, baron de Fontenay, seigneur de la Tour-de-Vevre en Berry, et de Jeanne d'Estampes, sœur du dernier évêque. Avant do
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monter sur le siège de Nevers , il était prieur de Lurcyle-Bourg, abbé de Bellevaux , trésorier de l'église de Nevers et curé de Saint-Paul de Paris. Il fit son entrée solennelle le 4 avril 1462. En 1 467, il assista avec le comte de Nevers aux états-généraux, tenus à Tours. Quelques années après , il reçut une lettre de Louis XI , (lui lui demandait la robe du bienheureux Nicolas Appleine , chanoine de Prémery , mort en odeur de sainteté. Pierre de Fontenay la lui adressa par la sœur même du défunt. Le 17 mars 1482', le roi écrivit à l'évêque « qu'il renvoyé à ceux de Prémery un coffre » où est la robe du bon saint homme Nicolas , » et il le prie de veiller à ce qu'elle soit déposée « dans leur » trésor , afin qu'il en soit à toujours mémoire , et que » s'il y a aucuns qui y aient dévotion, ils la montrent, » et en fassent ainsi qu'il a été fait précédemment. » Pierre de Fontenay érigea l'année suivante une confrérie en l'honneur du bienheureux Nicolas. En 1485, il assista au concile provincial de Sens; en 1490, il fit imprimer à Paris un Missel à l'usage du diocèse de Nevers , et en 1 499, un Bréviaire nivemais. Il mourut la même année , le 3 juin , et fut enterré dans la chapelle de sa cathédrale qui porte son nom ; il l'avait fait construire, ainsi que la porte de Loire.
Ferrand ou plutôt Ferdinand d'àlméida , Portugais , déjà évêque de Ceuta , fut nommé évêque de Nevers par le pape Alexandre VI , à la recommandation de