‹ Monographie de la cathédrale de NeversChapitre 56 sur 69 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

CONCORDAT. — LE DIOCESE DE NEVERS SUPPRIME ET REUNI A CELUI I) AUTUN. L'ABBÉ GROULT, ADMINISTRATEUR APOSTOLIQUE. — ÉVÈQUES d'aUTUN JUSQU'AU RÉTABLISSEMENT DU SIÈGE DE NEVERS. — ÉVÈQUES DE NEVERS DEPUIS LE RÉTABLISSEMENT DU SIÈGE. CONCLUSION.

tS^^S^F^^l?^^^^ N vertu du concordat passé à

Paris , le 15 juillet 1801 , entre le cardinal Gonsalvi et le premier WL consul , l'évêché de Nevers fut supprimé ; le département de la ||M^t Nièvre , composé de l'ancien diocèse de Nevers , sauf la lisière ^«jqui borde les rives gauches de l'Allier et de la Loire , depuis Mornay jusqu'à La Charité, et d'une grande partie des anciens diocèses d'Auxerre et d'Autun , fut réuni au nouveau diocèse d'Autan.

NOTICE HISTORIQUE

Gabriel-François Moreau , ancien évêque de Mâcon , fut nommé à l'évêché d'Àuturt , et prit possession de son siège le 30 mai 1802; mais il mourut le 8 septembre de la même année. Le vénérable prélat, âgé de quatre-vingts ans , s'était adjoint l'abbé Groult , comme vicaire général , titre qu'il lui avait déjà conféré autrefois, lorsqu'il était évêque de Mâcon; comprenant que son grand âge ne lui permettrait pas de se consacrer à l'administration de ce vaste diocèse , il demanda, pour son vicaire général, le titre d'administrateur apostolique. Le cardinal Caprara , de concert avec le gouvernement français , consentit à celte demande , et , à cet effet, conféra à l'abbé Groult tous les pouvoirs qui lui étaient nécessaires. Ce fut sur ces entrefaites que l'évêque d'Autun vint à mourir.

Claude -Philibert Groult , docteur de l'ancienne Sorbonne et vicaire général de Mâcon , avait été obligé, comme la plupart des prêtres fidèles à leur devoir , de fuir sa patrie ; il fut errant sur la terre d'exil , jusqu'à la nouvelle du 1 8 brumaire 1 799. 11 pensa qu'il pouvait ïe mettre alors en route pour la France. A la mort de Gabriel-François Moreau , rien n'était encore organisé dans ce vaste diocèse ; ce fut l'abbé Groult qui , en sa qualité à1 administrateur apostolique, érigea , au mois de novembre 1802, le chapitre de l'église cathédrale, nomma deux vicaires généraux , et pourvut de pasteurs la plupart des paroisses ; en sorte que l'administration

SUR LES ÉVÊQUES DE NET ERS

diocésaine se trouvait déjà régulièrement établie , quand François de Fontanges fut appelé à occuper le siège d'Autun.

L'abbé Groult vint à Nevers au mois d'avril 1803, et fut chargé de l'administration de cette partie du diocèse d'Autun ; ses moyens d'action étaient excessivement restreints, il parvint cependant à fonder un certain nombre d'établissements. En 1807, il travailla à procurer aux Sœurs de la Chanté l'ancienne maison de la Visitation. L'année suivante, il établit à Nevers un petit séminaire ; il contribua , plus tard , à réunir les Ursulines , les Carmélites et les Visitandines ; personne n'ignore qu'il fut un des fondateurs des Frères des écoles chrétiennes. Après le rétablissement du siège de Nevers, en 1823 , il devint le premier vicaire général de nosseigneurs Millaux, d'Auzers , Naudo et Dufètre. Sa piété tendre, sa charité sans bornes, son zèle infatigable, ses connaissances variées, lui avaient mérité l'affection et la vénération de tout le clergé. Il mourut à l'âge de quatre-vingt-sept ans, le 1 9 août 1847.

François de Fontanges , qui prit possession de l'évêché d'Autun, le 30 mars 1803, avait été successivement, avant 1791 , évêque de Nancy, archevêque de Bourges, puis de Toulouse. Le 28 novembre 1804, il vint à Cosne, où il reçut le souverain pontife Pie VII. Il mourut, dans une épidémie, à Autun, le 6 janvier 1 806, victime de son dévouement.

NOTICE HISTORIQUE

Fabien-Sébastien Imberties lui succéda : il fut sacré dans la chapelle des Tuileries le 8 décembre 1806. Pendant les mois de septembre et d'octobre 1808, il visita les principales paroisses du Nivernais , et y administra le sacrement de Confirmation. Il mourut à Autun le 25 janvier 1819.

Roch-Étienne de Vichy avait été vicaire -général d'Evreux , aumônier de la reine Marie-Antoinette et de madame la duchesse d'Angoulême. En 1 81 7, il avait été élu évêque de Soissons; nommé à l'évêché d'Autun, le 30 juillet 1819, il fut sacré le 28 octobre suivant. Au mois de septembre 1820, il vint à Nevers , où il administra le sacrement de Confirmation.

Le 1 1 juin 1817, un concordat avait été passé entre le pape Pie VII et Louis XVIII. En vertu de ce concordat, le 27 juillet suivant, le souverain pontife donna une bulle, qui établissait quarante-deux nouveaux sièges en France. Le siège de Nevers se trouvait compris dans ce nombre, mais il ne fut occupé qu'en 1823. L'évêque d'Autun continua jusqu'à cette époque de gouverner le diocèse de Nevers.

RÉTABLISSEMENT DU SIEGE. — Ce fut en 1823 que le diocèse de Nevers fut reconstitué , mais il ne conserva pas son ancienne circonscription ; le nouveau diocèse eut les mêmes limites que le département de la Nièvre.

SUR LES ÉVÊQUES DE NEVERS

101. Jean-Baptiste-François-Nicolas Millaux, fut le premier évêque, après le rétablissement du siège; il était né à Rennes, le 25 novembre 1756. Ayant refusé de prêter serment à la constitution civile du clergé, il fut obligé de s'exiler, en 1792. Il rentra en France vers la fin de l'année 1800. En 1809, il devintsupérieur du grand séminaire de Rennes, puis chanoine et vicaire général. Appelé à occuper le siège de Nevers , il fut sacré à Paris, le 6 juillet 1823, et le 31 du même mois, il fit son entrée solennelle dans sa ville épiscopale, où on l'accueillit avec une joie et un enthousiasme difficiles à décrire. Le soir, les monuments publics furent illuminés; au sommet de la tour de la cathédrale , on voyait scintiller une croix gigantesque, tandis que la croix de mission et tous les ornements qui entraient dans la composition de ce monument , se dessinaient en traits de feu. Vers les dix heures du soir, le nouvel évêque voulut jouir de ce ravissant spectacle, et, après avoir fait sa prière au pied de la croix , il adressa , du haut du calvaire, la parole à la foule, qui couvrait la place. Le 15 août, il érigea le nouveau chapitre de l'église cathédrale.

En arrivant dans ce diocèse , il avait à s'occuper de l'organisation du grand séminaire, en même temps qu'il devait pourvoir au développement du petit séminaire , afin de combler plus tard les vides faits dans le sanctuaire; dans ce but, il se détermina à fonder, à Nevers , une succursale du petit séminaire. Absorbé par

NOTICE HISTORIQUE

le soin de ces établissements , il n'avait pu effectuer un désir qu'il éprouvait depuis long-temps, qui était de ménager à son clergé une retraite annuelle. Enfin , le grand séminaire se trouva disposé de manière à pouvoir recevoir les prêtres du diocèse; le 9 octobre 1827, commença la première retraite ecclésiastique, et le 21 août de l'année suivante, on put renouveler ces salutaires exercices. Il mourut à Nevers, le 1 9 février 1 829, à la suite d'une cruelle maladie, qu'il supporta avec une admirable patience.

Sous l'épiscopat de Jean-Baptiste-François-Nicolas Millaux commença le mouvement , qui devait, sous ses successeurs, prendre de plus grands développements; nous voulons parler des restaurations et des constructions d'églises. Le 25 septembre 1827, ce prélat avait consacré la nouvelle église de Châteauneuf ; l'année suivante, on reconstruisit celles de Couloutre et de Menestreau. Ce fut aussi de son temps , en 1827, que les Sœurs de la Sainte - Famille vinrent s'établir à Nevers. En 1828, les Ursulines prenaient possession de leur nouveau monastère, dans la même ville.

102. Charles de Douhet d'àuzers, naquit au château d'Auzers , en Auvergne , le 1 1 mai 1 771 . Il était sur le point de recevoir le sous-diaconat , quand la révolution éclata. Il rentra en 1 806 au séminaire de Saint-Sulpice, où il reçut les saints ordres. Élevé au sacerdoce, l'abbé d'Auzers revint dans sa famille, en 1 808, et exerça dans

SUR I,ES ÉVÊQUÈS DE NEVEBS.

sa paroisse los fonctions du saint ministère , sans cependant avoir le titre de curé. En 1 81 G, il fut nommé curé de Mauriac. Ce fut alors qu'on vit briller, dans tout leur jour, les vertus qu'on avait déjà remarquées en lui, au séminaire et dans la maison paternelle. Sa charité était sans bornes; il en donna des preuves éclatantes dans les tristes années de 1816 et de 1817.

En 1822, il fut nommé chanoine, vicaire général et officiai d'Amiens , fonctions dans lesquelles il se fit remarquer par de rares talents en administration. Appelé à succéder au vénérable Jean-Baptiste-François- Nicolas Millaux , il fut sacré , dans la chapelle du séminaire de Saint-Sulpice, le 6 septembre 1829.

Jusque là, son prédécesseur n'avait pu rentrer en possession du palais épiscopal , construit aux frais des anciens évêques ; on lui avait abandonné à regret un coin de ce palais. Monseigneur d'Auzers vint à boutd'en obtenir la restitution pleine et entière.

Il s'était fait un devoir de ne perdre aucun instant; aussi, comme il regrettait le temps que venaient lui enlever certaines visites, qui n'avaient pas pour but les intérêts de son église! Il savait se soumettre aux circonstances , mais sans faiblesse ; souvent , à la suite des événements de 1830, il a fait preuve d'énergie et de fermeté.

Cette charité pour les pauvres, qu'on admirait en lui , lorsqu'il n'était encore que simple prêtre , ne connut plus de bornes , quand il fut élevé à l'épiscopat.

NOTICE HISTORIQUE

Un jour, qu'il déposait d'abondantes aumônes entre les mains de M. l'abbé Jmbert , curé de la cathédrale , celui-ci crut devoir lui faire quelques observations , sur son excessive charité : « Mon cher curé , lui répondit le » prélat , un évêque ne doit rien garder, tant qu'il y a » des besoins à satisfaire; c'est à vous de me les faire » connaître , et vous serez responsable devant Dieu , si » je les ignore. »

Atteint d'une fluxion de poitrine, il comprit que sa fin était proche; il réclama aussitôt les derniers sacrements , qu'il reçut avec une tendre piété , et le 9 février 1834, il s'endormit du sommeil des justes.

Le premier administrateur du département 1 , en apprenant la mort du prélat , fit , en peu de mots , son éloge : Le diocèse de Nevers ne sait pas ce qu'il perd.

Nous avons fait remarquer , sous l'épiscopat de monseigneur Millaux, le mouvement qui déjà portait les populations à reconstruire ou à restaurer leurs églises, jusques alors trop négligées. Pendant que monseigneur d'Àuzers occupait le siège de Nevers , les communes de Luthenay, de Sermoise, de Saint-Parizele-Châtel , s'imposèrent de généreux sacrifices , dans le but de réparer leurs églises , tandis qu'on en construisait de nouvelles à Dornecy et à Brèves.

On voyait en même temps se fonder, sur différents points du diocèse, des établissements religieux; les

4 M. Badouix , préfet rte la Nièvre.

SUR LES ÉVÊQUES DE NEVERS

Sœurs de la Charité de Nevers prenaient possession des maisons d'Agrié , de Lormes , d'Asnan , de Varennesles-Nevers ; on leur confiait aussi la direction de l'hospice départemental de La Charité ; et , pour la première fois , des salles d'asile étaient ouvertes aux enfants de Nevers.

103. Paul Naudo , né aux Angles, département des Pyrénées - Orientales , le %% octobre 1794, était supérieur du grand séminaire de Perpignan et vicaire-général de ce diocèse , quand il fut nommé à l'évêché de Nevers, le %% juin 1834. Sacré à Paris, le 9 novembre de la même année , il fit son entrée solennelle au mois de décembre suivant. Par une ordonnance, en date du 1 0 mars 1838, il établit dans le diocèse de Nevers les conférences ecclésiastiques. On continua , sous son épiscopat , à édifier de nouvelles églises, telles que celles deDornecy, Brèves, La Machine, Fourchambault , Saint-Aubin, Villiers-sur- Yonne , et on exécuta d'importantes restaurations à la tour de la cathédrale , aux églises de Saint-Révérien , de Corvold'Embernard et de Donzy. Au mois d'août 1842, ce prélat fut transféré au siège d'Avignon. Le jour de Pâques 1848, il officiait pontificalement dans son église métropolitaine, quand il fut frappé d'une attaque d'apoplexie foudroyante , en terminant sa messe.

104. Monseigneur Dominique-Augustin Dufêtre , né à Lyon le 17 avril 1796, était vicaire-général de Tours,

NOTICE HISTORIQUE

quand il fut nommé au siège de Nevers. Dès l'âge le plus tendre , sa vocation pour l'état ecclésiastique se manifesta d'une manière si évidente , que le cardinal Fesch ne balança pas à l'admettre à la tonsure au mois de mai 1807, quoiqu'il n'eût encore que onze ans. Cinq ans plus tard, il terminait ses humanités, et au mois de juillet 1812 , il sortait avec honneur des épreuves du baccalauréat. A. l'âge de dix-neuf ans , il fut chargé de la direction du petit séminaire de Saint-Just, à Lyon. En 1817, par les vœux du sousdiaconat , il s'engageait irrévocablement au service de l'église , et l'année suivante , après son admission au diaconat, pensant que Dieu ne lui avait pas donné en vain le goût et les talents pour la prédication , il se retira du petit séminaire de Saint-Just, pour entrer dans la. maison des Chartreux de Lyon, qui était un séminaire de missionnaires; nous devrions dire un séminaire d'évêques , car de cette maison sont sortis un grand nombre de nos plus illustres prélats1. Il appartenait à cette société, quand il reçut, en mars 1 81 9, l'onction sacerdotale.

Tels furent les commencements de la vie tout apostolique à laquelle se consacra monseigneur Dufêtre.

<l Outre Monseigneur Dufètre , son Éminence le cardinal Donnet, archevêque de Bordeaux, Monseigneur Mioland, archevêque de Toulouse, Monseigneur de La Croix d'Azolette , archevêque d'Auch , Monseigneur Cœur, évêque de Troyes, Monseigneur Loras , évèque des Florides , ont appartenu à la maison des Chartreux.

SUR LES ÉVÊQUES DE NEVERS

Cependant la maison des Chartreux fut dissoute ; alors le jeune missionnaire exerça , comme vicaire , les fonctions du saint ministère dans l'église de Saint- Polycarpe , à Lyon ; puis , dix-huit mois après , il obtint de ses supérieurs l'autorisation de suivre l'attrait qu'il éprouvait pour le ministère apostolique. Il n'est point de diocèse en France qui n'ait entendu sa voix. Non content de prêcher des missions dans les paroisses et des retraites dans les communautés, il s'était adonné d'une manière toute spéciale aux retraites pastorales. Ce fut après plusieurs missions prêchées à Tours et dans les villes voisines , que monseigneur Du Chilleau , archevêque de Tours \ le nomma son premier vicaire général , au mois de novembre 1824. Monseigneur de Montblanc , coadjuteur de monseigneur Du Chilleau, puis son successeur, lui conserva son titre de vicaire général, et lui témoigna la même confiance jusqu'à sa mort , qui arriva en 1841.

En 1842, monseigneur Dufêtre fut appelé à occuper le siège de Nevers. Quelques années auparavant , en 1 837, il avait prêché à Nevers une retraite ecclésiastique, qui avait laissé des impressions ineffaçables dans l'esprit du clergé de ce diocèse; aussi, quand on apprit la nouvelle de sa nomination, la joie fut générale, et, de toutes parts , on adressa à Dieu de sincères actions de grâce.

1 Monseigneur Du Chilleau avait été avant la révolution évêque de Châlonssnr-Saône, et aumônier de la reine Marie-Antoinette.

NOTICE HISTORIQUE

Il n'était qu'évêque nommé, quand il assista à la translation d'un bras de saint Augustin, de Pavie à Hippone, le 30 octobre 1842. Cette précieuse relique fut déposée sur l'autel , élevé à l'aide des souscriptions de l'épiscopat français. Dans cette circonstance, l'évêque nommé de Nevers fit l'éloge du saint docteur, dans le lieu même, qui avait retenti de ses éloquentes paroles, plus de quatorze siècles auparavant, et, à cette occasion , il ajouta le nom d'Augustin à celui de Dominique, qu'il avait reçu autrefois sur les fonts sacrés du baptême.

La cérémonie du sacre était indiquée pour le \% mars 1843 , dans l'église primatiale de Saint-Jean de Lyon; un certain nombre de prêtres du diocèse s'empressèrent de se rendre à cette imposante solennité, et de déposer aux pieds de leur nouvel évêque , tant en leur nom personnel qu'au nom de leurs confrères , les témoignages de leur respect filial et de leur dévouement. Monseigneur de Bonald , cardinal-archevêque de Lyon, pontife consécrateur, était assisté de monseigneur Donnet , archevêque de Bordeaux , et de monseigneur de Bruillard, évêque de Grenoble.

Le %\ du même mois , monseigneur Dufêtre fit son entrée solennelle dans sa ville épiscopale.

A son arrivée dans son diocèse , il songea à resserrer les liens de la discipline ecclésiastique ; à cet effet , il convoqua , la même année , un synode ; c'était le premier tenu en France depuis notre grande révolution. Après la messe solennelle , célébrée par le prélat , dans la

SUH LES ÉVÊQUES DIS NEVERS

cathédrale , pour l'ouverture du synode , le chapitre de Saint-Cyr, les curés d'arrondissement, les curés de canton , et les plus anciens curés-desservants de chaque canton, ainsi que les aumôniers des communautés, se réunirent à l'évêché , dans la salle synodale, pendant trois jours consécutifs. Plusieurs fois depuis , il renouvela ces saintes assemblées , si propres à entretenir dans le clergé la ferveur, la charité et l'unité d'action \

La même année, le 4 juillet 1843, monseigneur Dufètre fit la consécration solennelle de l'église de Donzy.

Il favorisa et dirigea le mouvement, qui déjà s'était manifesté dans le diocèse , pour les études archéologiques, et il fut assez heureux pour voir ses efforts couronnés de succès.

Les églises de La Maison-Dieu, deLaCelle-sur-Nièvre, d'Àrbourse , des Places , rappelèrent nos beaux édifices religieux du moyen-âge , et méritèrent les honneurs d'une consécration solennelle ; l'église de Chalaux , quoique de moindre importance, et la chapelle de Varennes-les-Nevers , se firent aussi remarquer par leurs gracieuses proportions. Enfin , on restaura avec intelligence un grand nombre d'anciennes églises, parmi

I Dans l'assemblée synodale de 1848, fut créé le tribunal de l'officialité diocésaine.

lesquelles on peut citer celles de Decize , de Menou , de Colmery, d'Isenay, de Marzy, etc.1.

Monseigneur Dufêtre, voulant établir dans son diocèse une organisation plus en rapport avec l'esprit et l'antique usage de l'église, le divisa en deux archidiaconés , six archiprêtrés , et vingt-six doyennés.

Il fut un des Pères du Concile provincial de Sens, qui s'ouvrit le 3 septembre 1850.

Par une lettre pastorale , en date du 1 1 avril 1852 , saint jour de Pâques, Monseigneur annonça à son clergé qu'il se disposait à partir pour Rome , afin de déposer aux pieds de l'illustre Pie IX l'hommage de son dévouement, de lui faire part de l'état de son diocèse, et de connaître ses volontés, pour s'y conformer. Le 21 du même mois, il quittait sa ville épiscopale 2 , et le 2 du mois de mai il entrait dans la ville éternelle. Le 24 mai, le prélat , après avoir reçu plusieurs fois , de la part du Saint-Père , les témoignages d'affection les plus vifs , et d'abondantes bénédictions pour lui et son diocèse , se remit en route pour la France, et arriva à Nevers le 19 juin, animé d'un nouveau zèle pour le salut des âmes qui lui sont confiées.

1 Dans ce moment, plusieurs églises sont encore en voie de construction , telles que celles d'Arquian, de Saint-Léger-du-Fougeret , de Marigny-sur- Yonne.

2 L'auteur était l'heureux compagnon de Monseigneur Dufètre, dans ce beau et si intéressant voyage.

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