CONCLUSION
ainte église de Nevers, si riche de souvenirs, en esquissant rapidement l'histoire de tes pontifes , nous avons pu admirer deux vertus
t principales qui , en eux , domi-
niaient toutes les autres : le zele pour la gloire de la maison de Dieu , et une tendre charité pour les membres souffrants de Jésus-Christ. Ce glorieux héritage , qu'ils se sont transmis d'âge en âge , est demeuré intact jusqu'à nos jours. Le successeur de tant de saints évêques ne met-il pas son bonheur et sa gloire à reproduire les œuvres
NOTICE HISTORIQUE
de zèle et de dévouement de ses illustres prédécesseurs. Il nous eût été doux de raconter en détail tous les sacrifices qu'il sait s'imposer, dans l'intérêt de tous ; mais nous devons laisser à d'autres cette tâche à remplir.
Nous avons exalté la charité d'Hériman, qui a fondé, à Saint-Lazare et à Saint-Antoine, deux hospices destinés à recevoir les malades atteints de la lèpre; d'autres diront plus tard que pour garantir de jeunes enfants d'une lèpre plus affreuse encore , un de ses successeurs a ouvert de pieux asiles, où le germe de la vertu, déposé dans leurs cœurs, se développait par le travail et la prière ; ils rappelleront que son cœur paternel , à l'exemple de celui du divin maître, confondait dans un même amour le repentir et l'innocence ; ils montreront aux siècles à venir les orphelines de Nevers et de Varennes , encadrant son nom dans une magnifique auréole, dont l'éclat sera rehaussé par les nouvelles Madeleines, revenues à Dieu , grâce à sa sollicitude.
Nous avons raconté ce qu'avait fait, pour l'instruction des classes pauvres , Pierre de Séguiran , ainsi que les sacrifices qu'il s'était imposés , pour former à la science et à la vertu les jeunes élèves, qui se dirigeaient vers les portes du sanctuaire ; d'autres diront plus tard qu'un de ses successeurs a contribué à foncier un grand nombre d'écoles , dans ce diocèse ; ils raconteront les développements du noviciat des Frères de Corbigny, et la prospérité croissante du petit séminaire de Pignelin.
SUR LES ÉVÊQUES Dlï NEVERS,
Nous avons dit que saint Ariglo établit à Ncvers le premier monastère de filles connu dans notre diocèse ; qu'à la prière de Rauracus, Théodulphe Babolène vint fonder, au pied de nos vieux remparts, l'abbaye de Notre-Dame ; d'autres , plus tard , expliqueront les immenses constructions qui couvrent le plateau de Saint-Gildard* , et les bâtiments de la Visitation élevés dans les Verrières.
Nous avons admiré Guillaume de Saint- Lazare et Charles Fontaine des Montées , nourrissant plusieurs milliers de pauvres ; d'autres diront plus tard qu'un de leurs successeurs, qui était loin de posséder les mêmes ressources , avait cependant trouvé , dans les saintes industries de la charité, les moyens de pourvoir aux besoins d'un grand nombre de familles2.
Nous avons vu qu'Hugues II fit lire , pendant la cérémonie de son installation , son testament, portant qu'après son décès ses biens meubles seraient consacrés à des œuvres charitables ; que le vénérable Tinseau établit l'hôpital général son légataire universel ; d'autres proclameront plus tard le désintéressement de l'un de leurs successeurs, qui s'est presque réduit à dire avec le
1 Le septième Bulletin de la Société Nivernaise des sciences , lettres et arts, renferme l'histoire du prieuré de Saint-Gildard , suivie d'une notice historique sur les Sœurs do la Charité de Nevers , dont le noviciat doit occuper les bâtiments, qui déjà couvrent le plateau.
2 Pendant cet hiver (18S3-1854) , plus de vingt mille soupes ont été distribuées à l'évêché aux pauvres des différentes paroisses de la ville.
grand saint Augustin , dont il porte le nom : « Je » n'ai point de testament à faire, je n'ai plus rien à » donner. »
Contentons-nous d'unir nos vœux à ceux que la reconnaissance inspire aux pauvres et aux orphelins, en adressant à Dieu la prière du Prophète :
Dominas comervet eum et vivificet eum, et beatum facial eum