‹ Monographie de la cathédrale de NeversChapitre 63 sur 69 · AUTEURS QUI ONT ÉCRIT SUR LES ÉVÊQUES DE NEVERS · texte numérisé non relu

AUTEURS QUI ONT ÉCRIT SUR LES ÉVÊQUES DE NEVERS

Plusieurs auteurs ont écrit sur les évêques de Nevers; mais les différentes notices qu'ils nous ont laissées sont , en général , fort incomplètes; les règles d'une saine critique n'ont pas toujours dirigé ces travaux.

Michel Cotignon, chanoine et grand archidiacre de Nevers, publia , en 1616, son Catalogue historial des Evêques de Nevers. Il écrivit, sans tenir aucun compte de la chronologie ; et M. de Saintemarie fait remarquer, avec raison, qu'il était un peu trop crédule. Il fait remonter a saint Austremoine l'établissement du siège de Nevers.

Guy Coquille est tombé dans les mêmes erreurs que Michel Cotignon,, tout en rétablissant la chronologie sur certains points.

Les Sainte -Marthe n'admettent point saint Austremoine et ceux qu'on lui donnait pour successeurs jusqu'à Tauricianus., en 517 ; ils ne font pas même mention de saint Eulade. On peut encore leur reprocher de s'être trop souvent appuyés sur Michel Cotignon et Guy Coquille.

Pierre de Frasnay entreprit aussi d'écrire l'histoire de nos Évêques;

1 Registres de la fabrique de Saint-Cyr pour la gestion des années 1791 et 1793.

APPENDICES

il publia des fragments de son travail dans les numéros du Mercure de France des mois de septembre et décembre 1738, janvier, février, avril et juin 1739 ; mais dom Duval et l'abbé Lebœuf ayant relevé des erreurs de dates, Pierre de Frasnay, découragé, cessa d'écrire sur ce sujet.

Un manuscrit, remontant au onzième siècle, complété successivement depuis cette époque, nous a laissé une nomenclature des Évêques de Nevers ; ce manuscrit appartenait à M. l'abbé Alloury, et M. de Saintemarie en fait mention dans ses Recherches historiques sur Nevers. Tout incomplet qu'il est, il a pu aider aux travaux entrepris sur cette partie de notre histoire ecclésiastique.

Les savants auteurs de la dernière édition de la Gallia Christ iana ont écrit sur le diocèse de Nevers , d'après les notes qui leur avaient été fournies par Parmentier. Ils considèrent avec lui saint Eulade comme le premier Évêque de Nevers. Ils se sont bien gardés des erreurs que nous avons signalées dans les historiens, qui avaient écrit avant eux , sur nos Évêques ; d'un autre côté , tout en proclamant le mérite de Parmentier, ils ont compris que si on devait accepter les faits reconnus par lui, parce qu'il n'écrivait qu'après avoir constaté l'authenticité des pièces qu'il avait sous les yeux, ce n'était pas un motif pour rejeter quelques personnages , admis au nombre de nos Évêques par d'autres historiens du pays; surtout quand ces historiens assurent avoir eu sous leurs yeux des chartes qui confirment ce qu'ils avancent ; ils ont donc fait figurer plusieurs Évêques que notre trop sévère chroniqueur avait méconnus.

Ce fut en 1770 que Parmentier, président de la chambre des comptes du duché, termina son Manuscrit historique des Evêques. Chroniqueur plutôt qu'historien , il accumulait tous les titres, qui pouvaient constater l'existence des faits qu'il avançait. Sous ce rapport, ses travaux sur Nevers sont excessivement précieux ; nous l'avons

suivi, dans noire notice sur nos Évêques , mais nous avons écarté scrupuleusement tout ce qui pouvait contribuer à entraver la marche d'une histoire ; comme aussi , à l'exemple des auteurs de la Gallia Christiana , nous n'avons pas balancé a admettre quelques Évêques reconnus par nos autres historiens , quand nous avons cru leurs raisons motivées.

Pàge 253.

HISTOIRE DE LA GUÉRISON DE SAINT EL' LA DE , ÉCRITE PAR FAUSTE , DISCIPLE DE SAINT SÉVÉRIJN. (Acta SS. Béned. , t. I, p. 56S. )

Ctim igitur rex Francorum Clodoveus apicem regni sui , per an nos viginti quirique, Parisius urbe nobiliter gubernaret, subito dolore febrium correptus, graviter desudare cœpit, etc. , etc.

Cum jàm (Severinus) spatio itineris, magnâ ex parte lustra lo , Nivernum civitatem pervenisset, orandi gratià, Ecclesiam Dei divertens intravit. Et ibi cum orasset, custodes Ecclesiso, veluti ignarus, statim interrogat : « Ubi est, » inquiens pontifex vester, fratres? » Custodes verô respondentes dixerunt : » Pontifex , vel Episcopus noster Euladius , jam ab anno priore , peste per- » cussus gravissimà , est mutus et snrdus, grabatoqun penè ad mortem jacet » fessus ; et secundus jam incœptus est annus , ex quo nec altario sacrificavit , » nec populum ex more benedixit : nec prorsus, quod gravius est, de strato » suo surgere voluit, sed sœpissimè à ministris magis œstimalur mortuus quàm » vivus. « Quibus ipse vir Domini 'pio compassus affectu , dicebat : « Num » intrare ad eum , visitandi causâ, potero , ut saltem illi verba salulis referam » pauca? » At illi continué : « Veni, inquiunt , Domine pater, et ad eum, » statim , ut velis , ingredere. >> Itaque reverendissimus Dei servus Severinus ,

APPENDICES

eubiculum pontifîcis ingressus, pervenit festinus, in quo jacebat Episcopus Euladius, anno integro, linguse et aurium privalus officio. Cumque in eum esset intuitus , cœpitejus condolore aegritudini , ac se protinùs in orationem dans , Deum studiosè deprecabatur pro ejus restaurandà incolumitate et cum diutissimè in terrain prostatus orasset, surrexit concitus, convertensque se ad Euladium, dixit ei : « Loquere quaeso, Dei Pontifex, mecum. » Gui Euladius prsesul, eatenùs mutus et surdus, illico respondcns : « Benedic, » inquit , me, vir Dei sanctissime , qui ad salutem meam missus à Domino » J. C. venisti, ut curares me ab infirmitate meà : Sit etiam nomen Domini » in cunctis sœculis benedictum, qui per te mei misereri dignitatus est. » Devotus denique famulus Dei Severinus , porrigens illi manum, allevavit eum, et dixit : « Surge, serve Dei, in nomine Domini nostri J. G. et te vestimentis » luis indue, gratias agens et gratulans flageliis ejus, qui te ad hoc castigavit » ut salvaret , ad hoc flagellavit ut coronaret. Hodiè si quidem altario Dei » mecum vota ex more persolvens, plebem tibi subjectam benedices. » Adhuc eo loquente , confestim Euladius Episcopus, erigens se à lecto, gratias Deo reddebat, qui per famulum suum Severinum, tantam super eum manifestaverat virtutem, ut ab imminenti mortis periculo ejus precibus eriperetur. Eàdem itaque die sanitati redditus , missas quoque continué celebrans populum benedixit.

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VERS ADRESSÉS A SAINT ARIGLE PAR FORTUNA'f-,

Prœsul honoris apex, generis fideique cacumen ,

Cultor agri pollens, pastor opime gregis, Cum mea terra manu meruit genitoris arari ,

Heddatur nati vomere culta sui ; Nam pater affeetu dulci memorabilis orbis ,

Mo vohiscum uno fovet amoro duos.

< '.unie parons , pastu nu tri x , bonus orc magisler ,

Uilexit, coluit, roxit, lionesla dédit llle pio studio suleata novalia sévit,

Ouod pater effudit , hoc mihi semen aie.

PonrcNATi's , lib. nr, carm. 24.

Parmentier fait observer que c'est à tort que le I». Labbe applique ces vers à saint Agricole, évêque de Châions; la chronologie s'y oppose. Ils n'ont pu être adressés qu'à saint Arigle (Agricola) , évêque de Nevers.

Page 30l

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