CHAPITRE PREMIER
Le rond-point de la voûte Sainte-C<5cile, placé à l'Orient, comme la plupart des absides des cathédrales gothiques, est formé par des sections d'arc reliées ensemble à une clé commune. L'espace compris dans chacune d'elles est orné d'arabesques, dont les gracieux contours font place, dans le milieu de l'intrados, à des obélisques, chargés pour la plupart des armes d'Amboise , à trois pals d'or et en champ de gueules 1. A l'extrémité des pendentifs sont représentés en pied : d'un côté, les apôtres saint Jean, saint Pierre, saint Paul, saints Jacques le Majeur et le Mineur, saint Simon et saint Matthieu ; et de l'autre, la sainte Vierge, puis les autres apôtres, savoir ; saint André, saint Philippe, saint Thomas , saint Barthélémy, saint Thadée ou Jude, et saint Mathias.
Dans l'intrados , formé par les derniers arcs du rond-
1 L*évêqiie Louis d^Amboi&o second , qui a laii peindre toute la partie de t^ voûie que nous décrivons jusqu^à la septième ogive.
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point et la première ogive i, paraît ensuite l'un des plus remarquables tableaux que présente la voûte de ce temple. Le Fils de Dieu y est figuré dans sa gloire : il tient dans une de ses mains le livre de vie. sur lequel on lit ces paroles : Ego sum lux mundi, via et veritas. Sa droite est majestueusement levée — Un cercle lumineux de chérubins et de séraphins environne le Sauveur du monde. A ses côtés sont peints les quatre évangélistes, représentés par les quatre animaux qui, dans Ezéchiel ^ et dans l'Apocalypse 3 , entourent le trône de Dieu : Tange ayant la figure humaine, le lion, le taureau et Taigle. Le lion et 1^ taureau tiennent, sous l'un de leurs pieds, un livre ouvert; sur celui du lion on lit : Secundum Marcum in , et sur celui du taureau : Secundum Lucam in* Ces dernières lettres in forment la première syllabe du mot initium , commencement : syllabe par laquelle on a voulu représenter ce mot. Les pères de l'Eglise ont estimé, en effet, que les quatre animaux mystérieux désignaient les quatre évangélistes, par rapport au commencement de leur évangile. La figure humaine est attribuée au commencement de saint Matthieu, oii la race de Jésus-Christ en tant qu'homme est exposée. Le commencement de saint Marc est approprié au lion, à cause de la voix qui se fait entendre dans le désert. On a donné le veau, au commencement de saint Luc, à cause
1 Noiu ne suÎTons pat Tordre que nous arons indiqué dans le chapitre relatif au symbolisme des peintures de la voûte ; nous suivons l^ordre mat^iel. Ainsi, ce que nous indiquons ici comme la première ogive est la douzième et dernière dans le chapitre précité ; de telle sorte que la première est la douzième, la deuxième la onzième, la troisième la dixième, ainsi de suite.
2 Et in medio ejus similitude quatuor animalium : faciès hominis, et fades leonis à dexlris, faciès autem bovis à nnistris, et faciès aquiiae desuper (fizéchiei, I, Set 10).
3 Et in medio et in circuitu sedis quatuor animalia. Et animal primum simile leonl, secuudum simile vitulo. terlium habens faciem quasi hominis, et quatuor Mmile aquiiae volanti (Apoc., IV, 6 et 7).
du sacerdoce de Zacharie par lequel cet évangéliste commence, et on a cru que ce sacerdoce était désigné par la victime qu'il offre. Pour saint Jean, il n'y a personne qui ne reconnaisse la figure d'aigle, à cause que, d'abord, il porte son vol, et qu'il arrête ses yeux sur Jésus-Christ dans le sein de son Père i.
Au-dessous sont placés les quatre docteurs de l'église latine 2 : saint Grégoire le Grand avec sa tiare , et saint Ambroise orné du pallium d'un côté; saint Jérôme et saint Augustin, de l'autre. Le premier est revêtu de la pourpre romaine et d'un camail d'hermine 3, le second porte l'habit noir de son ordre *.
1 Bossuet, sur VÀpoc., éJit. de Liège, lome II, page 435. — Cette eiplication n^esl du reste qne la trsductioo presque littérale de la peosee de saint Jérôme : « Prima homiiiis fades Mallbxum siguificat qui , quasi de liomiue , exorsus est M scribere : liber generationis Jesu Christi filii David. Secunda Marcum, in qua
> vos leonis lu eremo rugientis auditur. Terlia, viluli , quae evaDgelistam Lucam
> à Zanbaria sacerdole sumpsisse iaitium pr»6gurat. Quarta Joannem evangclis-
> tam, qui assumptis pennis aquilae, et altiora festinans, de verbo Del disputât, s (Hieron., m Mattkœum.)
2 II y a, parihi les Pères , quatre docteurs de PEglise grecque et quatre de PEglise latine. Les premiers sont: saint Àlbanase , saint Basile le Grand, saiot Grégoire de Kazianze et saint Jean Cbrysostdme. Ceux de TEglise latine sont : saint Ambroise , saiot Jérôme, saint Augustin et saiot Grégoire» pape {BictUmn. de Trévoux, tome II, au mot docteur).
3 Le costume de cardinal donné à saint Jérôme est contraire à la vérité historique, puisque cette dignité n'était pas encore établie de son temps. Cette dignité , eût-elle existé , n'aurait pas été acceptée par ce saint docteur. On sait que, lorsque Paulin d'Ânlioche Fordonoa prêtre, il n'y consentit qu'à condition qu'il ne serait attaché à aucune Eglise et qu'il ne quitterait point la profession monastique (Voyez Moreri, Dict. kist ). Mais voici la raison qui a guidé le peintre. On lit dans Feller : f On représente quelquefois saint Jérôme en lubit de cardinal, parce qu'il semblait ,' à quelques égards , eu remplir les fonctions près du pape Damase, qui l'estimait et employait utilement ses services. » {Diet, hitt. de Feller.)
4 Ces personnages sont reproduits , avec les mêmes costumes et l'indication
Aux deux extrémités figurent Adam et Eve.
A partir de ce point, la voûte est formée par des travées remplies par des croisées d'ogives. Nous allons d'écrire les divers tableaux qui se trouvent dans chacune d'elles :
1. — Entre la première et la deuxième ogive figurent, d^ns de charmantes arabesques, Abraham, Isaac, Siméon et Bzéchiel. Au-dessous sont représentées, sous la figure de reines couronnées, les quatre vertus cardinales : la prudence, la force, la justice et la tempérance. Ces deux dernières vertus ont leurs attributs ordinaires : quant aux deux autres, la force tient dans ses mains le sceptre et Técusson royal fleurdelisé ; la prudence porte d'une main un livre fermé, et de l'autre un fanal dont la lumière, à demi voilée , laisse apercevoir le monogramme JHS. Une figure de vénérable vieillard, éclairée par un demi-jour, parait derrière la tête de la prudence, par où le peintre a voulu montrer que la prudence devait avoir les yeux de tous côtés, et s'environner, en outre, des lumières de l'expérience et de la raison.
Les voussures, formées par les arcs croisés, sont ornées de denx obélisques. A la base de chacun d'eux on voit deux personnages. Ceux qui sont placés à droite i sont désignés par les noms de Jonas et de Ndbuc. Par ce nom, on a voulu
de leurs noms, sur la voûte de Pentrëe de la petite porte de Téglige r cette observation doit faire disparaître toas les doutes sur leur ideotité. On les voit encore, mais sans indication de nom, parmi les nombreux médaillons de saints qui occupent les voussures des arcs croisés, entre la huitième et la neavième ogive.
1 Nous appellerons droite , dans la suite de cette doitcription , le oftté de 1* évangile el de la sacristie; la ganclie sera le cdté opposé ou celui de Pépîtie. Nous devons observer encore que , pour une plus grande intelligence des si^ets , nous donnerons la véritable oribographe des mots , qui n^est pas toujours suivie , comme aussi nous suppléerons ceux qui manquent dans les diverses citations et dans les désignations des noms propres.
sans doate indiquer le prophète Nahum, qui prophétisa, après Jonas et comme lui. la ruine de Ninive détruite peu de temps après par Nabuchodonosor, roi de Babylone, lequel mit fin à l'empire des Assyriens.
2. — Entre la deuxième et la troisième ogive, on voit, du côté de l'abside, le couronnement de la sainte Vierge par le Sauveur. — Des groupes d'esprits célestes environnent ce tableau.
La parabole des vierges de l'Evangile sert de pendant à ce dernier sujet. Ijes vierges sages, portant leurs lampes allumées, sont représentées avec l'époux dans la saUe du festin. Quinqtie prudentes vero acceperunt oleum. Les vierges folles heurtent vainement & la porte ou se pressent sur les degrés qui y conduisent pour entrer dans la salie des nooes. A c6té. on lit cet anathème de l'époux : Amen dico vobiSf nescio vos , vigilate itaque, quia nescitis diem.
Dans les voussures formées par les petits arcs est retracé, à droite, le sacrifice d'Abraham. L'àne porte le bois pour le bûcher, avec ces mots : Igitur Abraham . de nocte con^ surgens, stravit asinum suum. D'un autre côté, un berger tient dans ses bras un agneau pour le sacrifice, avec cette inscription : Levavit Abraham oculos, viditque post tergum suum arietem inter vêpres. Tandis que, au-dessus , l'ange arrêtant le bras d'Abraham, au moment où il va frapper la tète de son fils, on lit : Deus providebit sibi victimam holocausH, fUimi.
A gauche est représentée l'histoire de Susanne. Ce personnage est place sur un piédestal, au bas duquel sont tracées les paroles que Dieu met dans sa bouche : Deus aieme, qui dbsconditàrum es cognitor, qui nosti omnia antequam fiant (Daniel, XIII, 4"^). Au-dessous paraissent les deux vieillards accusateurs de l'innocence, et à leurs côtés sont écrits les mots que le même prophète adresse à ces vils détracteurs.
Il reproche au premier son mensonge : Dixit autem Daniel : MerUittis es tu in caput tuum (v. 55) ; et, après avoir porté la sentence de mort contre lui, il prononce contre le second le même anathème : Angélus Domini, gladium hahens, ut secet te médium (v. 59).
Aux extrémités des pendentifs que nous décrivons, on voit saint Joachim, père de la sainte Vierge, sainte Anne sa mère, et saint Joseph son époux , tous trois auteurs de Jésus-Christ suivant la nature , et saint Jean-Baptiste chargé d'annoncer au monde la venue du Messie depuis si longtemps promis.
3. — Entre la troisième et la quatrième ogive parût, du côté de l'abside, un grand vase sur lequel on voit une figm*e humaine. Le côté opposé présente l'agneau portant une croix avec l'étendard de la résurrection; au-dessous sont représentés : d'un côté, les prophètes Daniel et Habacuc ; do l'autre Osée et Aggée (Agens pour Aggée) : ce dernier porte une inscription dans ses mains, avec ces mots : Si Deus. — Dans les angles sont peintes les vertus théologales avec leurs attributs ordinaires : à droite, la charité et l'humilité ; à gauche, la foi et Tespérance.
Dans les lunettes latérales, formées par les arcs croisés, paraissent deux grands obélisques, sur lesquels le. peintre a figuré les armes d'Amboise surmontées d'un chapeau de cardinal. Dans l'obélisque placé à droite ces armes sont, en outre, ornées d'une couronne ducale ; au-dessous, on lit le mot ave, et, dans la partie la plus élevée, on aperçoit une couronne d'or avec une roue de fortune. Dans l'obélisque placé à gauche est tracé le mot Ludo , premières syllabes du mot Ludovicus, prénom de l'évoque d'Amboise ; on voit, au-dessus, le monogramme JH8, et, plus haut, la faee de notre Seigneur peinte sur un linge tenu par une femme, tableau que, dans l'usage, on nomme une Véronique.
Aux deux extrémités paraissent les quatre sibylles, qu'on
considère comme prophétesses chrétiennes , à cause de leur foi dans le Messie à venir, savoir : à droite, la Phrygienne et la Libyque ; à gauche, la Persique et Anne la prophétesse ^
4. — Entre la quatrième et la cinquième ogive sont figurées, dans le milieu, les armes répétées de l'église et du chapitre, qui consistent en une large croix d'or avec de riches pendants 2. On voit, au-dessous, les prophètes David et Isaïe, Michée et Zacharie. Aux extrémités sont peints saint Tiburce, frère de sainte Cécile, et saint Valérien, son époux; sainte Cécile avec la couronne de vierge et la palme du martyre ; sainte Agathe avec le signe du supplice qu'elle a subi.
De grands obélisques remplissent les voussures des arcs * doubleaux; au pied de chacun d'eux sont peints, dans l'un, l'apôtre saint Pierre ; saint Paul figure dans le second. A côté de ces deux apôtres, deux anges portent un écriteau
1 Oo appelait sibylle, chez les paï«os , une remoie iuspirëa ai ciel el qui était douée du don de prédire l'aveuir. On croil qu'elles sont appelées de ce nom , parce que la preroiêrc rcrome qui prononça des oracles à Delphes s'appelait Sibylla; d'aulres disent que leur nom vient de Siot, qui signiGe Jupiter, ol de boulé, qui veut dire conteil. Il ne faut pas être étonné que leurs noms figurent dans les temples chrétiens, puisque les Pères de TEglise ont ajouié foi a leurs oracles. Saint Clément témoigne que saiut Paul exhortait les chrétiens à la lecture des livres des sibylles. (Voir Lactance , llv. I, des IntUtution*. -> Saiut Jérôme. — Saint Auguitin , Z)« la Cité de Dieu, liv. 28, cbap. XXIII. — Encyclopédie. •— Dict. de Trévoux et de Moreri. ) — • Néaumoins , Anne n'a jamais compté au nombre des pro).»béte8ses , et ou ne sait {ms pourquoi Tartisle Ta comprise dans le nombre de ces personnages.
2 Les cvêques d'ÂIbi, depuis saint Clair jusqu'à Bernard de Gaslanet (1275), poriaieut pour armes une simple croix d'or pommelée ; les chanoines avaient aussi 1<>!S mêmes armes , parce que , suivant la croyance commune , le premier évèque cTAlbi avait dédié son église à la sainte Croix. Les pendants qu'on y remarque étaient des diamants ou des pierres précieuses.
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sur lequel est répété le chiffre 1510 ; au-dessus de ces personnages, on voit encore les armes de l'église soutenues par des anges.
5. — Entre la cinquième et sixième ogive , du côté de l'abside, est représenté le mystère de l'incarnation. Le Père éternel y paraît dans une figure triangulaire , symbole de la Divinité, entouré de chérubins et de séraphins. A ses côtés est figurée la sainte Vierge , les mains croisées sur la poitrine : le Saint-Esprit est au-dessus de sa tête. Deux anges, placés auprès de la Mère de Dieu, portent chacun un flambeau aux rayons d'or ; deux autres , au-dessous d'elle , tiennent un écriteau sur lequel sont tracés ces mots : Ecce ancilla Domini : fiât mihi teeundûm Veubum tuum; de l'autre côté l'archange Gabriel vêtu de blanc, une branche de lis à la main, lui adresse les paroles si connues : Ave Maria, gratta plena, Dominus tecum ; henedicta
Dans la face opposée à ce tableau est représenté le couronnement de sainte Cécile et de saint Valérien son époux. Des anges leur présentent des couronnes : on lit, du côté de sainte Cécile : Angélus dédit coronam Ceciliœ ; et du côté de saint Valérien : Et alteram dédit angélus ad Valeriano (pour Valerianum),
Aux extrémités paraissent, d'un côté, sainte Catherine vierge d'Alexandrie, avec la roue sur laquelle l'empereur Maximilien la fit attacher; et sainte Marguerite, fille de Bêle IV, roi de Hongrie, qui porte une croix suspendue à son cou, à cause du culte que, dès l'âge le plus tendre, cette sainte fille avait voué à la croix et qu'elle observa toute sa vie avec la même ferveur. De l'autre côté, sainte Madeleine et sainte ApoUonie : la première porte dans ses mains le vase de parfums qu'elle répandit sur les pieds du Sauveur, et sur sa tête la longue chevelure qui servit à. les essuyer ; la seconde tient d'une main la palme du martyre, et de l'autre les
tenailles avec lesquelles on lui arracha la mAchoire que Ton aperçoit au bout de cet instrument.
Les voussures, formées par les petits arcs, présentent les sujets suivants : dans celle de droite , on voit , dans un cercle d'or , qui porte le mot musica, la musique personnifiée sous la figure d'une femme , jouant d'un instrument qui offre l'aspect d'un orgue ; et aussi , sous le nom d'Eubal ou plutôt de Juhal, inventeur de l'harmonie, qu'on représente ici sous la figure de Tvbalcaïn son frère , forgeant sur une enclume , attendu que ce dernier est, suivant l'Ecriture , l'inventeur des métaux et de la manière de les mettre en œuvre *. David y est peint avec sa harpe, et saiot Genest (Genesius), martyr, jouant du violon : on voit deux fois répété le mot mtÂSica, et au-dessous, des deux côtés : Gloria soli Deo , in canticis et organo. Autour sont placés des harpes et des violons. Au-dessous de l'inscription que nous venons de transcrire , et du côté de David , on lit la date loi 1 die 2 mais (pour maii).
Dans la voussure de gauche est représenté la théologie, sous la figure d'une reine couronnée : elle est placée dans un charmant médaillon , autour duquel sont écrits ces mots : Théolo" gia esU Au-dessus de sa tête apparaît la cité de Dieu. Les livres de l'Ancien et du Nouveau Testament , soutenus p^r des anges, semblent servir de degrés pour arriver jusque dans son sein ; d'autres anges, un encensoir à la main, lui rendent hommage.
Deux autres tableaux sont placés au-dessous de celui-ci : on
1 Lamech , un des desccndauts de CaÏD , eut pour fils Jubal, qui , d'après la Genèse , fut Tinventeur de la musique : Ipse fuit pater canentiutn cithard et organo (Gen., IV, 21) ; et ensuite Tuhalcaïn, qui fut babile dans Part de travailler les métaux : Tubalcaïn qui fuit malleator et faber in cuncta opéra cerit et ferri (Gen., IV, 22). — C'est donc par erreur que le peintre a mis Eubal au lieu de Jubal.
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voit, d'un côté, saint Paul dans un cercle couleur d'or; au-devant de lui, un ange porte le chiffre JHS, avec les mots que ce saint apôtre adressait aux Philippiens : In nomine Jesu omne genuflectatur (Ep. ad Phil., VIII , 11). Plus bas est figurée la conversion de ce même saint , lorsqu'il fut terrassé sur le chemin de Damas. On lit dans le haut : Saule, quid me per^' sequeris? et au-dessous : Durum est contra stimulum calcitrare (Âct. Apost. IX, 4 et 5).
Du côté opposé à ces tableaux est représenté saint Augustin , un livre appuyé sur ses genoux ; un séraphin blanc , à la chev^hiffe et aux ailes d'or, porte dans ses mains et au-dessus de sa tête un globe d'or surmonté d'une face triangulaire, symbole du mystère de la sainte Trinité, objet continuel de la méditation de ce saint docteur. Au-dessous, saint Augustin est encore figuré d'une autre manière : un ange, ayant la figure d'un enfant, s'efforce de mettre dans un vase l'eau de la mer qui est devant lui. Le saint lui demande : puer , quid hic agis ? Mon enfant , que fais-tu ? L'enfant répond : Et puer respondens : Totam ripariam in foveam ponere proposui : J'ai le projet de mettre là toute l'eau de cette plage.
6. — Entre la sixième et la septième ogive , vis-à-vis de l'abside , sont figurés le vieux Tobie et le patriarche Mathusalem, tandis que, dans la face opposée, paraissent le prophète Elisée et le patriarche Nephtali. — Dans les angles sont peints , d'un côté , saint Louis , roi de France , et saint Salvi . évoque d'Albi; saint Louis, évêque de Toulouse, et saint Martial, évoque de Limoges , sont placés de l'autre.
Les voussures des arcs croisés sont remplies par de grands obélisques sur lesquels sont répétées les .armes d'Amboise : on y voit, à gauche , la date de 1511. C'est à cette époque et à ce point que fut terminée la partie des peintures de la voûte, exécutées par les ordres de Louis d'Amboise. Ce grand ouvrage fut continué, à partir de la septième ogive, par les
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soins de Charles de Robertet. son successeur. L'observateur remarquera une différence dans la touche et dans la manière du peintre, à partir de ce point qui sépare les deux reprises.
7. — Entre la septième et la huitième ogive, paraissent deux soleils à rayons d'or : Tun porte le monogramme de JH8, et l'autre le mot' pax qui forme la devise du Sauveur. Au-dessous sont placés . d'un côté , le patriarche Jacob et le prophète Jonas ; et de l'autre , Joseph et Moïse portant les tables de la loi.
A la pointe des petits arcs sont représentés , à droite, sainte Barbe et sainte Véronique : la première porte la tour oîi son père , Dioscorus , puissant seigneur de Nicomédie , la fit enfermer comme chrétienne ; l'autre tient dans ses mains la &ce de notre Seigneur. L'on voit, à gauche, sainte Ursule et sainte Agnès : sainte Ursule , vierge , de race royale , est revêtue d'un manteau qui forme l'attribut de la royauté ; Torifiamme qu'elle tient dans ses mains rappelle qu'elle fut à la tête de ces onze mille vierges , ses compagnes , qui , sous l'empire de Gratien et de Valentinien , reçurent la couronne du martyre , en l'année 383. La seconde , sainte Agnès , vierge romaine , d'un sang illustre, martyre de la foi et de sa chasteté , et parfait modèle des vierges chrétiennes, est figurée telle qu'elle apparut à ses parents qui priaient au pied de son tombeau , au milieu d'un chœur de vierges célestes , portant dans ses bras un agneau d'une éclatante blancheur, symbole de la douceur et de l'innocence.
Dans les voussures des arcs doubleaux sont peints deux grands obélisques avec la date de 1511, et les armes de Cllarles de Robertet , qui consistent en une cotice d'or avec une aile de corbeau et trois étoiles d'or en champ d'azur.
8. — L'espace compris entre la huitième et la neuvième pçive , en face de l'abside, présente le miracle de la transfi^u-.
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ration. Le Sauveur y apparaît à côté de Moïse et d'Elie. Audessous d'Elie , on lit : Attumpsit Jésus Petrum et Jacohum et Joannem. Du côté de Moïse on voit saint Pierre et saint Jean avec cette inscription : Et duxit iUos in montem et transfi' guratus est. Saint Jacques est placé au-dessous du prophète Elle.
A la face opposée à ce tableau est figurée l'apparition de notre Seigneur dans le Cénacle au moment où il reproche son incrédulité à saint Thomas, en présence des autres apôtres. D'un côté , on lit ces mots : Dixit Jésus : Affer manum tuam, et mitte in latus meum ; et de Tautre : Respondit Thomas et dixit ei : Dominus meus et Deus meus !
Aux extrémités sont représentés : saint Roch et saint Martin à cheval. Ce dernier, qui fut plus tard évéque de Tours, alors soldat , partage son manteau avec son épée pour en donner la moitié à un pauvre qu'il en couvre. A gauche, saint Sébastien attaché à la colonne, et saint Christophe. Ce dernier personnage est représenté avec toutes les circonstances que présente l'histoire de sa vie : il est d'une stature élevée , qui , d'après la légende , attirait sur lui les regards ; le bâton qu'il porte dans sa main reverdissait et fleurissait, comme un arbre plein de vie, lorsqu'il l'enfonçait dans la terre , et ce miracle , suivant les anciennes traditions , convertit à la foi un grand nombre de païens. 11 souffrit le martyre sous l'empereur Dèce, et on employa d'abord contre lui toutes sortes de tourments qui n'amenèrent sa mort que lorsque le saint la demanda à Dieu comme une grâce. Le portrait qui nous occupe représente ce saint ayant le petit Jésus sur ses épaules , et au milieu des eaux qui semblent disposées à l'engloutir dans leur sein. Au-dessous de lui , le môme Jésus , sous la forme d'un agneau , porte un étendard avec une banderoUe sur laquelle on lit ces mots : Deus providebit honia (pour omnia), Dieu pourvoira à tout. On peint saint Christophe , de cette sorte, dit un ancien auteur,
parce que eé saint traversa de grandes eatuf de tourments et de travaux avec la force qu'il reçut de Dieu ^
Dans les voussures des arcs croisés, on voit dans Tune trente-six bustes de saints, avec cette invocation : Omnes sanctiy orate pro nobis. Le côté opposé renferme le même nombre de bustes de saintes, avec ces mots : Omnes sanctœ, orate pro fwhis»
9. — Entre la neuvième et la dixième ogive sont peint ; Salatiel et Abiud , Zéconias et Zorobabel ; et dans les angles , . sainte Anastasie et sainte Marie-Egyptienne, qui ont pour pendant sainte Liberata et sainte Marthe. On sait que sainte Marthe était sœur de Madeleine et de Lazare, qui furent chassés par les Juifs, et trouvèrent un refuge dans la ville de Marseille où ils abordèrent ; elle se retira au désert pour s'adonner à la méditation et à la prière , tandis que Lazare , son frère , devint évêque de Marseille qu'il convertit à la foi. C'est dans cette solitude, que, suivant la tradition, elle donna la mort à un horrible dragon qui désolait le pays , en faisant le signe de la croix et en jetant de l'eau sur le monstre. C'est pour cela que le peintre l'a représentée un aspersoir et un bénitier à la main.
De grands obélisques, dont l'un porte la date de 1512, remplissent les voussures des arcs croisés.
10. — Entre la dixième et la onzième ogive sont figurés Eliacim et Achim , Azor et Sadoch ; aux angles paraissent : à droite, saint Urbain pape et le prophète Job ; à gauche , le pape saint Sylvestre et saint Antoine ermite. — Les voussures des petits arcs sont occupées par des obélisques chargés des armes de Roberlet portant en chiffres romains la date de
1512, Mcccccxn.
1 Le Parterre de$ nouvelles Fleuré de» Sainte , par ud pbre de la compagnie <)e Jésus, i|i- folio, tome II, pa^e 40.
11. -^ Entre la onzième et la douzième ogive, sont peints les patriarches Ëldazar et Ëiiud. ^- Sainte Claire et sainte Catherine de Sienne sont figurées à la pointe des petits arcs. — La première , vierge d'Assise, abbesse et mère des religieuses de Saint-FrançoiSy est revêtue du costume de son ordre et tient à la main le lis de la virginité. — La seconde, religieuse de Saint- Dominique, est ornée du même attribut et porte , en outre, dans l'autre main , un cœur enflammé , en mémoire du miracle opéré sur cette sainte vierge dont le côté gauche, d'après la légende de sa vie, s'ouvrit pour laisser sortir son cœur qui s'envola vers Jésus-Christ son époux.
12. — L'extrémité des deux autres arcs croisés va se perdre et s'appuyer sur la douzième et dernière ogive, audessous de laquelle l'orgue a été placé et qui n'en laisse apercevoir qu'une partie.
Derrière la montre de l'orgue, on lit sur le mur cette inscription : Finis laus Domino 1612.