CHAPELLES PLACÉES AU POURTOUR DU CHŒUR
(On commence, à droite , do côté de l'Evangile , près la porte latérale d'an des bas-côtéa da chœnr.)
1. — Cette chapelle était autrefois dédiée à saint Georges , et aujourd'hui à saint Amarand i.
C'est la première chapelle après le jubé.
On voit, à la voûte de cette chapelle, un charmant médaillon de saint Georges. 11 est représenté à cheval , ayant un dragon à ses pieds, pour marquer qu'il a vaincu, par sa foi . le démon, désigné dans l'Apocalypse sous le nom de dragon.
t Nous indiquerons rancienue dédicace des chapelles diaprés le procès- verbal de la visite faite par M^r Legous de la Bercbëre , du 8 mars 1(198 , et la dédicace actuelle.
274 MONOGRAPHIE DE LA CATHÉDRALE d\lBI.
Le tableau de la fenêtre porte : Soli Deo honor et gioria et le moipax,
2. — Autrefois saint Christophe , aujourd'hui sainte Carissime.
On voit, à la voûte de cette chapelle, un médaillon de saint Christophe portant Tenfant Jésus sur ses épaules; et deux autres médaillons, l'un de sainte Cécile, l'autre de saint Valérien son époux.
Sur le pied droit occidental de la chapelle on lit : UniUu fortior divisio fragilû.
3. — Vient ensuite la petite entrée de l'église. Aux angles sont représentés les quatre docteurs de l'Eglise latine : Saint Grégoire le Grand, saint Ambroise, saint Jérôme et Saint Augustin, avec les mômes attributs qui leur ont été donnés à la voûte de l'église.
Saint Jacques et sainte Sigolène sont placés au-dessus de la porte : malheureusement , ces portraits ont été retouchés par une main inhabile. On voit, à la voûte, la croix à pendants qui formait les armes du chapitre et la date 1513.
A la naissance de l'ogive on lit : Pavite ad sanctuarium meum ego dominus.
4. — L'entrée de la sacristie a été peinte dans la dernière période, puisqu'on y voit, en plusieurs endroits, les armes de Jacques de Robertet, avec la date de 1512. La voûte est parsemée de R, qui forme la lettre initiale du nom de cet évéque, avec des ailes de corbeau et ces mots répétés : Pennata virliw. — Il est à remarquer que ce prélat avait dans son écusson une aile de corbeau.
On y lit aussi la date 1513 et ces mots : orta cadunt.
L'Eternel est peint dans un charmant médaillon au milieu de la voûte : il tient dans ses mains le globe du monde.
Dans la partie supérieure, et au-dessus de la porte de la sacristie, est représentée l'échelle de Jacob.
Jacob, parti de Bersabée, poursuivait son chemin vers Haran. Arrivé en lieu où il voulait se reposer, il prit des pierres, les mit sous sa tête et s'endormit. Il vit en songe une échelle portée sur la terre dont le haut touchait au ciel. Les anges de Dieu montaient et descendaient. Le Seigneur, appuyé sur l'échelle , lui disait : Je suis le Dieu d'Abraham et le Dieu d'Isaac. Je te donnerai la terre sur laquelle tu dors, à toi et à ta postérité... Quand Jacob fut éveillé de son sommeil, il dit : Véritablement le Seigneur est en ce lieu et je ne le savais pas : Dominus est in loco isto, et ego neseieham (Gen., XXVllI, 16). C'est ici la maison de Dieu et la porte du ciel. Quam terribilis est lociu iste ! Non est hic aliudy nisi Domtis Dei et porta cœli (Gen., XXVIII, 17).
Jacob , se levant le matin , prit la pierre qu'il avait placée sous sa tête, l'éleva comme un monument , et fit un vœu , en disant : a Cette pierre sera appelée la maison de Dieu. »
Au-dessous, comme tout autour de la chapelle, figurent divers personnages, apôtres ou évangélistes, avec les inscriptions suivantes placées au-dessous de chacun d'eux :
1. Joannes, III. — Omnis qui odit fratrem suum, homicida est.
Exodi, XII. — Comesturi agnum pascale renés lestros prœ^ cingite. — Propheta,
1 Pet., V. — Sohrii estote et vigilate. — Propheta.
Joannes, VI. — Caro mea verè est cibus, et sanguis meus verè est potus.
l Pet., can. II. — Vos genus ekctum, regale sacerdotium.
Paul, ad Rom., VIII. — Qui in came sunt, placere Deo non possunt.
271) MONOORAPHIE Uii LA CATHEDRALE d'aLBI.
Malachie, II. ^Labia sacerdotisctutodiens scientiam, — Pro^ pheta.
Lëvit., XX. — Sacerdot qui habuerit maculam, non offert panet Deo suo.
Exodi, XXIX. — Oblatio est Domino odor suavissimus. — Propheta.
5. Cette chapelle, aujourd'hui sous rinvocation des saints anges <, était dédiée autrefois au saint sépulcre. Dans renfoncement qui existe au-dessus de l'autel, il y avait un rétable en pierre représentant le sépulcre de Notre-Seigneur, et, au-dessus, la sainte Vierge tenant le corps du Sauveur sur ses genoux. Cette chapelle présente divers tableaux qui paraissent être de la même époque que les peintures du jugement dernier représenté sur le côté occidental de l'église, et que celles de la chapelle de saint Jean que nous décrirons bientôt.
Au-dessus de l'autel est figuré le Sauveur priant sur la montagne des Oliviers et recevant les consolations d'un messager céleste.
Du côté opposé et dans la partie supérieure, est représentée la trahison de Judas au moment où le trsûtre donne le perfide baiser à son Maître, et où les soldats du grand-prêtre vont s'emparer de sa personne sacrée.
Dans la partie inférieure, du même côté, Marie Madeleine , qui était allée avec les saintes femmes au tombeau de Jésus- Christ, rencontre et reconnaît le Sauveur auquel elle adresse le nom de Rabboni : mon Maître. Jésus-Christ lui répond : Noli me tangere, nondûm enim ascendi ad Patrem meum.
Deux autres tableaux figurent dans le fond de la chapelle.
Le premier représente le portement de la croix. Un soldat
1 11 serait désirable qu^elle retrouvât son ancien vocable.
porte l'étendard sur lequel ou voit les lettres 5. P. Q. R. initiales des mots : Senatus populusque romanut ^
Le second tableau est celui de flagellation. — Au-dessus se trouve le monogramme du Christ avec l'inscription suivante : HcBC régis exceUi rêver ère insignia^dicens : ChrisU Jesu nottrœ. — Causa salutis, ave, — Hoc celesU genu, — Fkctatur r^omine Jesu. — Hoc terrestre gmu, — Fkctatur rwmiv,e Jésu, — Et infernale genu, — Fkctatur nomine Jesu.
On voit, à la voûte, Jésus^Christ ressuscité dans sa gloire. Des anges, placés à côte de lui, portent, comme des trophées, les divers instruments qui ont servi à la passion du Sauveur.
Autour de la chapelle , et au-dessous de la voûte, on lit la légende : vos omnes, qui transitis per viam, attendite, et videte si est dolor sictU dolor métis.
Ces curieuses peintures ont malheureusement été Tobjet de fâcheuses mutilations.
6. ~ Cette chapelle était dédiée à la sainte Croix et aujourd'hui à saint Joseph 2. Nous avons fait ressortir tout ce que les peintures de cette chapelle ont de remarquable 3. Les fresques qui la décorent arrêtent les regards du voyageur, appellent le crayon des artistes, et excitent par la bizarrerie des costumes , comme par l'originalité de leur conception, Tattention de tous ceux qui ont le sentiment de la nature et des arts.
Ces divers tableaux retracent la grande victoire de Constantin contre Maxence , et la découverte de la vraie croix par sainte Hélène . mère de l'empereur.
1 Encyclopédie^ tome IV : Caractères usités dans les anciennes inscriptions^ et Dict. de Moreri , au mot : Lettre.
2 II y aaraittoate eonvenance à lui rendre son ancienne destination.
3 Monographie. — Peintures des chapelles.
278 MONOGRAPHIE DE LA CATHÉDRALE d'aLBI.
Les panneaux supérieurs reproduisent le premier sujet : l'histoire de Constantin. L'empire romain était sur le penchant de sa ruine. Ce colosse, qui avait vaincu le monde, tombait affaibli sous le poids de sa corruption et de ses excès. Maxence, tyran cruel, persécuteur des chrétiens, régnait dans Rome. Il déclare la guerre à Constantin, fils de Constance- Chlore , ami et protecteur des disciples du Christ. Celui-ci avait des forces bien inférieures à celles de Maxence -, mais au nombre suppléaient une bravoure éprouvée et la capacité du chef qui n'avait jamais ramené ses soldats du combat qu'avec la victoire. Il crut devoir opposer de son côté un secours plus puissant ; et , Tenfer étant déclaré pour Maxence , il chercha dans le ciel un appui supérieur à toutes les forces des hommes. Il se dit à lui-même qu'entre les empereurs précédents, ceux qui avaient mis leur confiance dans la multitude des dieux, et qui , avec le tribut de tant de victimes , leur avaient encore sacrifié tant de chrétiens, avaient tous été frappés d'une mort funeste et étaient disparus de dessus la terre , sans laisser de postérité ni aucune trace de leur passage; que son père seul, favorable aux chrétiens, avait couronné, par une fin heureuse, une vie tranquille et pleine de gloire.
Un jour que , pénétré de ces sentiments , il marchait à la tête de son armée , comme il levait souvent les yeux vers le ciel, il aperçut , au-dessus du soleil, du côté de l'Orient, une croix éclantante , autour de laquelle étaient tracés , en caractères lumineux , ces trois mots latins : In hoc vinces : Vous vaincrez par ce signe. L'empereur n'était pas encore sorti de son étonnemeat , lorsque , la nuit suivante , il vit en songe le Fils de Dieu qut tenait en main ce signe dont il venait de voir la figure dans le ciel , et qui lui ordonna d'en faire un semblable , et de s'en servir comme d'une enseigne dans les batailles.
Le prince , à son réveil, assemble les chefs de ses légions f
leur raconte ce qu'il vient de voir et d'entendre, leur ordonne de placer le signe sacré sur ses étendards. En effet , le monogramme du Christ est joint à la croix. Le général en chef, confiant dans le succès, marche vers Rome. Maxence va à la rencontre de l'ennemi. Il est repoussé par les soldats de Constantin. Il veut repasser le Tibre; mais le pont qu'il avait fait construire lui-même sur ce fleuve se rompt, et il est enseveli dans les flots avec une grande partie de son armée. Le Dieu des chrétiens triomphe , et Constantin entre victorieux dans Rome 1.
Des tableaux différents , placés dans la partie supérieure , sont destinés à la représentation de ces faits
On voit , à gauche , l'armée de Maxence : Rex Barharorum castra mutât in ripa fluminis Danubiiy volens Constantinum cum exercitu expugnare.
A droite se trouve celle de Constantin : Constantini acies atque stratagema inimicum hostiliter invadit, vincitque hostem atque in eum vertit.
Un autre tableau représente Constantin endormi : Constantinus in somnis intellexit victoriam contra regem Barharorum,
Un quatrième tableau a pour objet de reproduire la vision miraculeuse de la croix : In hoc signo vinces. — Exit Constan^ tinus à cubiculo , et angeli duo ostendunt , sibi crucem»
Enfin, dans un dernier tableau, placé au-dessous de celui-ci, les armées s'avancent les unes contre les autres , et la victoire est décidée en faveur de Constantin.
Les panneaux inférieurs représentent Thistoire de la découverte de la vraie Croix par sainte Hélène, mère de l'empereur.
Constantin, après la victoire, avait fait le vœu d'élever un
t Fleury, Ilist. eccl., tome II. — Lebeau , Hi$t> du Btu-Empire^ lome I. — Greviçr, Hitt, des Entp., tome VI.
temple à Jésus-Christ sur le Calvaire. Hélène , mère de l'empereur, pour seconder ce pieux dessein, se transporta, malgré son grand âge, à Jérusalem, et entreprit de découvrir le lieu du crucifiement et la croix sur laquelle Jésus^Christ était mort pour le salut des hommes. Cette recherche n'était pas aisée. L'empereur Adrien , près de deux cents ans auparavant , avait voulu cacher et profaner les lieux consacrés par les mystères de Jésus-Christ ; il avait exhaussé l'endroit du sépulcre, qui n'était pas loin de celui du crucifiement , et . ayant ainsi formé une plate-forme , qu'il couvrit de pierres , il avait bâti un temple à Vénus et placé une statue à Jupiter au-dessus du sépulcre . il fallut donc commencer par renverser tout cet édifice d'impiété . détruire le massif de pierres qui lui avait servi de fondement, et creuser bien avant jusqu'à ce qu'on eût trouve l'ancien sol. Enfin , sur l'indication d'un Hébreu , on découvrit la grotte sacrée dans laquelle avait reposé le corps du Seigneur , et', en continuant la fouille , on aperçut trois croix. Le monde sait par quels miracles Dieu distingua la croix de son Fils de celle des deux voleurs (*ucifiés avec lui ; la guérisen d'une femme mourante, la résurrection d*un mort opéré par l'attouchement de l'une des trois croix, et refusée aux deux autres , manifestèrent quelle était celle sur laquelle s'était accompli le salut du genre humain. — La pieuse impératrice fut transportée de joie, lorsqu'elle se vit en possession d'un trésor qu'elle préférait à toutes les richesses de l'empire. Elle fit couper la croix sacrée en deux parties, dont elle laissa la plus grande à Macaire , évéque de Jérusalem . après l'avoir renfermée dans une châsse d'argent , et elle envoya l'autre à son fils comme un présent d'un prix inestimable. L'empereur voulut faire , de ce gage si cher à sa piété, la sauvegarde de la ville impériale et de son palais. Il commença peu après à bâtir Constantinople, et lorsque les édifices furent en état, le bois sacré ayant été scié par son ordre en deux portions , il déposa
la plus considérable dans son trésor, où elle fut conservée religieuàemeht par ses successeurs , et il renferma l'autre dans )a statue qui occupait le milieu de la grande place delà nou-> velle ville. Il fit un usage semblable des clous teints du sang de Jésus-Christ, trouves avec la croix , et qu'Hélène lui avait transmis. Il attacha les uns à son casque, les autres à la bride de son cheval de guerre, afin qu'ils lui servissent de défense et de protection dans les hasards des combats.
Constantin se mit aussi en devoir d'accomplir ce qu'il avait projeté , et il donna ses ordres pour la con struction d'une basilique digne de la sainteté des lieux et de sa magnificence i.
Quatre tableaux différents reproduisent les faits dont nous venons de parler.
Dans le premier , l'impératrice Hélène, montée sur une haquenée, entre à Jérusalem : Helena Constantini mater . Hiero^ solimam petiit . crucis inveniendœ causa.
Dans le second , Hélène , placée sur un trône et environnée des. dames de sa cour , interroge les vieillards de Jérusalem , afin de connaître le lieu oU est déposée la croix du Sauveur : Prœcepit seniorihus populi sibi demonstrare locum ubi état crux sancta.
Dans un troisième tableau, les croix sont apportées à Jérusalem et déposées sur des malades et sur des morts , afin de découvrir quelle était la vraie croix : Deferuntur Jérusalem cruces , et depositœ super mortuos , crux Domini agnosceri.
Enfin , dans un quatrième tableau , Kiriacus , ou Quiriace , indique les clous qui ont appartenu au Seigneur 2 : Quiria^ eus dominicos clavos Helenœ cum magnd veneratione ohtulit.
1 Busëbe, HUt. eeel. — Crevier, Hùt. de» Emp.^ tome VI. — Fieury, Biêt, eeel.y tomes I et II.
2 Cyriaque ou Quiriace était un Ilebreu, oominé Jude, qui , après s'être converti, prii le nom de Gjriaqueau bapléme. On dit qu'il indiqua à sainte Héiëue le
282 MONOORAPHIE DE LA CATHÉDRALE d'aLBI.
Ces deux derniers panneaux sont cachés par le tableau de saint Joseph i.
C'est au cardinal Joffroi que Ton doit ces remarquables peintures. Cet évéque avait marqué dans cette chapelle la place de son tombeau, ainsi que celui de ses deux frères, tous deux dignitaires de l'église. Ces faits donnent l'explication du singulier tableau placé en face dans le bas de la chapelle : les personnages qui y sont représentés sont le cardinal Joffredi et ses deux frères. Par une bizarrerie qu'explique la simplicité des mœurs de cette époque, l'image de plusieurs saints a été placée à côté de chacun d'eux.
Le cardinal Joffredi est représenté à genoux et les matas jointes. On voit derrière lui l'évangéliste saint Marc ; à gauche et au-dessus de sa tête, on lit cette inscription : TLeverendissimus dominus — Joanne$ Joffredus^ — CardinalU AtrabensiSf primum idem AVbtentis episcopus abbas — sancti Dionisii in Fraticid.
A côté du cardinal, on voit Hélie, son frère, près duquel est sainte Catherine. Une inscription fait connaître ses titres et ses qualités : Dominus Heliundus — Joffredus legum — Doctor prœpositus — Albiensis cantor et canonicus Ruthenensis.
Enfin, Ton aperçoit à l'extrémité de ce singulier tableau .
lieu où Ton avait caché la croix de notre Seigoeur et les clous, d^aprcs un mémoire qui avait éié conservé dans sa Tamille depuis 326 ans. Il devint ensuite évêque, et souifrlt le martyre à Jérusalem , le premier jour de mai. — Ou ne comprend pas pourqu<y Partiste le désigne comme ayant indiqué à Hélène les clous du Sauveur, tandis que riiistoire atteste que c'est la grotte , où la croix elle-même était cachée, quMI a indiqué à la mère de Tempercur ( Voir DUt. de Moreri ; et Baillet, Vie de$ Saints, septembre).
i II est regrettable quMI en soit ainsi, et on ne saurait trop se bftter de les mettre à jour, ep cbançeant le vocable de la cbapelle.
accompagné de saint Jean et de saint Clair, Henri Joffroi, second frère dn cardinal, avec l'inscription suivante : ITenricus JoffreduSy utriusque juris licenciatus, canonicus et archi" diaconus Àlbiensis,
7. — Cette chapelle était dédiée à saint Michel et à saint Martial, et aujourd'hui à saint Michel.
Les peintures de la voûte de cette chapelle sont d'une fraîcheur et d'un éclat au-dessus de toute expression. Elle porte pour légende : Michaele archangele, paradisi praposite, vent in adjutorium popuio Dei, et veli nos defendere à potestate inimici et tecum deducere.
Quatre anges sont figurés aux quatre faces.
On lit au-dessous de l'un d'eux : Hœc sunt nomina quatuor ajigelorum qui candidi sunt in die judicii — cali.
Sous un autre on lit : Anti sero.
L'inscription pour les deux autres est effacée.
8. — Les deux saints Jean (saint Jean-Baptiste et saint Jean l'évangéliste). A droite, est représenté, dans le haut, le martyre de saint Jean l'évangéliste devant la porte Latine ; son jugement est peint dans le bas.
A gauche, figurent les traits principaux de la vie de saint Jean-Baptiste.
Dans un premier panneau, le peintre a représenté le grand prêtre Zacharie , époux d'Elisabeth et père de Jean- Baptiste , devant l'autel du sacrifice, au moment où l'ange lui annonce sa prochaine paternité : Apparuit ei angélus (Luc, II).
Dans un second panneau, le peintre a représenté le baptême de Notre-Seigneur par Jean-Baptiste. On lit au-dessus ces mots : Hic est Filius meus diiectus.
Deux autres tableaux servent de pendant à ces derniers,
Dans le premier, saint Jean reproche à Hérode son commerce avec Hérodiade, qui était la femme de son frère : N(m Hcet tibi habere uxorem fratris tui (Marc, VI, 18).
Dans le second, la fiiie d'Hcrodiade demande à Hérode, de la part de sa mère, la tète de saint Jean : Da mihi in diseo caput Joannis (Marc, VI, 25). — Le tyran accède à ses vœux, et le saint Précurseur est décapité. On présente à cette femme cruelle la tête de Jean-Baptiste dont les reproches avaient blessé son orgueil et condamné sa passion coupable.
Le retable et l'autel qui décorent cette chapelle étaient autrefois à l'archevêché. Sur le devant, sont figurées les armes de Seroni, premier archevêque d'Albi, qui l'avait fait faire.
Les peintures que nous venons de décrire remontent à la môme époque que celles de la chapelle du Sépulcre et du tableau du jugement dernier représenté sur le côté occidental de réglise ; curieuses par leur naïveté et leur antiquité, elles sont, pour ainsi dire, l'image vivante de l'état de l'art à cette époque.
9. — Cette chapelle, aujourd'hui comme autrefois, est dédiée à sainte Marie-Majeure.
Avant sa restauration, qui eut lieu en même temps que l'érection de la chaire, en 1777, elle était aussi afifectée à une confrérie de sainte Cécile, et c'est pour cette raison qu'elle porte encore dans l'usage le vocable de cette sainte patronne de l'église.
Les tableaux 'qui la décorent représentent diverses époques de la vie de sainte Cécile.
Il y avait autrefois trois grandes statues représentant : celle du milieu la sainte Vierge ; et les deux autres , sainte Cécile et sainte Madeleine.
APPENDICE. 28b
a Sur le retour du côté de l'évangile, il existait un enfoni> cernent où Mo*^ d'Amboise, évoque d'Albi, est représenté à y» genoux avec la figure d'une sainte religieuse qui le présente » à la sainte Vierge.
w Dans le mur, du côté de l'épître de ladite chapelle, il y » a un grand sépulcre sur lequel sont représentés les corps » d'un homme et d'une femme. On dit que c'est le frère et la % sœur qui s'étaient retirés de l'ermitage de Combefa et que, » y étant morts en odeur de sainteté , ledit seigneur d'Am- » boise, qui avait fait faire ce sépulcre pour lui, y fit mettre » ces deux solitaires.
» Ledit seigneur d'Amboise est enseveli dans le milieu » de ladite chapelle oU il 7 a un tombeau uni sur le pavé. • (Procès-verbal de Ms' de la Berchère, du 5 mars ;
10. — Cette chapelle, aujourd'hui comme autrefois, est dédiée à saint Pierre et à saint Paul.
Lia voûte est couverte d'emblèmes et d'inscriptions ayant rapport à la puissance de l'Eglise et à son autorité.
Dans le milieu, paraît saint Pierre portant dans ses mains l'édifice de l'Eglise et les clés qui ouvrent le ciel.
Des anges, placés à ses côtés, présentent divers attributs. L'un porte une croix avec cette inscription : Per quam fracta sunt tartara. — Un autre, des clés : Solvit vincla reis. — Un autre : Tu es lapis angularis.
A droite, se trouve un autel sur lequel un berger a placé l'agneau du sacrifice : Holocaustum prisce legis.
Un ange à côté tient un flambeau : Sacrificans ignem accendo.
Les clés en sautoir, surmontées de la tiare, sont portées par deux anges : Triumpkale signum Ecclesiœf arma Pétri ligens et solvens omnia.
A gauche : Legis prmaricatio. — Le veau d*or placé sur un
286 MONOGRAPHIE DE LA CATHÉDRALE D*ALBt.
aatel : Quia cum cognovistent Deum mutaverunt gloriam ejus quadrupède aureo corlato aureum fusile. — Quis est Deus Israël. — Qui nos redemit de terra Mgyiptû Recédant vetera.-- Un ange : Nova sint omnia. — Puis vient l'autel du sacrifice : improperatimproperium. ^ Hic victima norœ legis perquam reseratur prisca lex, — Immolatur quotidie et semper interpellatur via vitœ et gratiœ.
Enfin, on lit la légende suivante au-dessous de ces divers tableaux : Quodcumque ligaveritis super terrant erit ligatum in eœlis dicit Dominus.
Sur la face latérale de la chapelle est représentée la pèche miraculeuse de saint Pierre.
Le Sauveur appelle saint Pierre à lui : Venite postme: faciam vos piscatores hominum.
Saint Pierre , docile à la voix du Seigneur, s'empresse de courir vers lui : Ecce nos relinquimus omnia , et secuti sumu^ te.
Du côté opposé figure la conversion de saint Paul sur le chemin de Damas. Le Sauveur lui apparaît et lui dit : Saule, Saule, quid me persequeris ?
Le saint lui répond : Quis es, Domine?
Dans un autre panneau, saint Paul ne peut retenir le cheval sur lequel il est monté : Terrore concussum Sauli equum fugiens vix coartari potest.
Enfin, au--dessus de l'autel est représenté le jugement de saint Pierre et de saint Paul par Néron : Sextus Nero, romani imperii intuens, Ecclesiœ colonos in XPI. rohore magnum prœcipitari suaque maleficia atque deliramenta pœnitv^ aholeri facientem a satellitâ eos jugulari pronuntiat.
11. — Autrefois saint Jacques le Majeur et le Mineur, aujourd'hui saint Diogénien.
L'ensemble et le détail des peintures de cette chapelle
sont d'un artiste habile. Ijes portraits de saint Jacques le Majeur et le Mineur, de saint Philippe et de saint Simon, sont pleins de vérité et d'expression. Les arabesques dont la voûte est ornée sont d'une légèreté admirable et d'un goût exquis. On y lit la légende : Lux et deeus Hispaniœ Jacohi sanctissime sublevator , oppressorum suffragium viatorum quies.
12. — Cette chapelle était dédiée autrefois à la sainte Vierge ; sous le nom de Notre-Dame-de-Pitié ; quelques-uns disent à saint Biaise , aujourd'hui à saint Barthélémy.
Il y avait une fondation établie par Mgr Hyacinthe de Seroni, premier archevêque d'Albi, dont le cœur est conservé dans le mur vis-à-vis de l'autel.
On voit dans le haut deux médaillons , dont l'un porte pour inscription : Maria Salome ; l'autre : Maria Magda» lena.
^le porte la légende suivante : Ave, Maria, gratia plena , Dominus tecum, henedicla tu in mulierihus.
En face, sont représentés saint Martial, évoque de Limoges, et sainte Catherine.
A droite, les saintes femmes portent les parfums qui doivent servir à embaumer le corps du Sauveur.
L'ange placée sur le tombeau leur dit : Surrexit, non est hie.
Sur le tombeau sont écrites ces paroles : Humant generis Redemptoris sepukrum.
Malheureusement ces peintures ont été retouchées et dégradées par des mains inhabiles.
13. — Cette chapelle était autrefois sous l'invocation de saint Laurent et de sainte Foi.
Z88 HONOGIIAPBIE DE LA CATHEDRALE D ALBt.
La voûte est charmante d'exécution et de goût.
A la naissance de la voûte est une grande inscription en lettres d'or : in fide et unitate ipsiiu sanctum fecit iUum (Ecclés.. XLV, V. 4).
Mais cette inscription est moderne , elle en recouvre une autre ainsi conçue : Levita Laurentius honum opus operatus e$i qui per signum crucis cecos iUuminavit (cantique de laudes, fête de saint Laurent).
On voit en face , sainte Cécile et saint Valérien ; à droite , saint Biaise et à gauche saint Laurent.
14. — Autrefois consacre à Notre-Dame la Noire et à saint Etienne, d'autres disent aussi à sainte Véronique.
Les peintures de la voûte sont bizarres mais remarquables et curieuses. Elles portent la date de 1510; on y voit les armes d'Amboise avec divers signes symboliques dont il est difficile de pénétrer le sens.
La légende est effacée en partie : Stephanus piènus gratta... populo justus i.
Saint Etienne est figuré à droite, et Nôtre- Dame la Noire à gauche.
15. Cette chapelle , autrefois dédiée à l'adoration des Rois, aujourd'hui à saint François d'Assise.
A la voûte figure l'Agneau de Dieu , avec cette inscription plusieurs fois répétée : Agnus redemptor^ qui pro nohis mortuus est.
Aux angles sont représentés les quatre animaux symboli-
i Bile doit être rétablie comme suit : Stephanus plemtt gratià et fortitudine faciebcU prodigia et signa magna in populo justus gertninabit (Actes, VI, T. 8).
qucs qui figurent les quatres évangélistes : l'aigle , le lion , le taureau et l'ange.
A rintcrieur de la chapelle, un médaillon porte l'image de sainte Véronique tenant sa sainte face ; un ange tient un cartel sur lequel on lit : Salus ante faciès ; une niche formant le rétable de Tautel porte un ecce homo , en bois sculpté du quinzième siècle, qui est un véritable chef-d'œuvre.
On voit, sur les encadrements la plupart des signes du zodiaque , avec les noms qui servent à les désigner : Subsolaniis, VuUurnus, Jupiter, Mars, Venus, Mercuriw, Àutumnus, Zéphirus, Satumus, Phaetonius.
L.'inscription suivante est peinte au-dessous de la croisée : Joà Franciscus Doneja, pictor italus, de Carpa fecit, avec la date de 1512.
16. — Autrefois dédiée aux saints du diocèse, qui sont : saint Salvi, saint Armand, sainte Martiane , sainte Sigolène et sainte Carissime.
L'archange saint Michel est peint en médaillon à la voûte de cette chapelle avec cette légende : Concussum est mare et contremuit terra ubl archangelus Michael descendehat de cœlo.
On y voit la même inscription du peintre Joà Franciscus , etc., et la suite des signes du zodiaque : Aries, Taurus, Gemini, Cancrus, Léo, Virgo, Libra, Scorpio, avec les figures correspondantes à ces divers signes, et au-dessous Sagitarius, Capricomus, Àquarius, Pisces.
17. — La dernière chapelle, placée autour du chœur, était autrefois dédiée à sainte Radegonde.
On voit, à la voûte, le médaillon représentant cette sainte, avec la date de 1514 et la légende : Félix Radegonda, regina, Frar^corum, pro amore or a pro nobis.
290 MONOGRAPHIE DE LA CATHÉDRALE d'aLBI.