‹ Monographie de la commanderie de Caignac (ordre de Malte)Chapitre 48 sur 51 · Idemy 1. I, n · texte numérisé non relu

Idemy 1. I, n

LA GOMMANDERIE DE GAIGNAC.

Dès ce moment, les chevaliers seigneurs de Gaignac purent jouir paisiblement des droits seigneuriaux qu’ils possédaient à Gaprescorjade et des revenus qu’ils y percevaient. Les archives, en effet, ne nous apprendront plus rien sur cette vieille église, et après nous avoir fait connaître quelques détails de son existence, elles nous tairont l’histoire de sa fin. Cette fin fut-elle tragique? Ou bien cette église tomba-t-elle peu à peu, pierre à pierre, sous les injures du temps?

La première hypothèse nous paraît vraisemblable. Le Lauragais fut traversé, à la fin du seizième siècle, par toute l’armée des princes protestants S et de 1560 à 1590, les bandes hérétiques commandées par le vicomte de Calment, le cadet de Lévis, les sires de Saint-Léon et de Montagut mirent le pays à feu et à sang. On sait avec quelle rage et quelle audace elles s’attaquaient aux églises et aux couvents^. La petite église Saint-Jean-de-Gaprescorjade, isolée, sans défense, trop éloignée de Gaignac pour pouvoir être secourue en temps utile par la petite garnison du château, fut, sans doute, détruite à ce moment-là.

Lue vieille tradition locale, qu’on se raconte de père en fils, confirmerait cette supposition^. D’après cette tradition, l’unique cloche de Gaprescorjade aurait été transportée par les hérétiques au fond de la vallée, et là, ils l’auraient précipitée dans une fontaine qui coule encore, au pied de l’antique cimetière, et que de vieux documents

Page 1