Roschach, op. cit., pp
3. Nous utilisons cette tradition, mais sous toutes réserves, on le comprend.
APPENDICES
appellent la font Castellane^ peut-être parce qu’elle dépendait, comme tous les environs du château de Gaignac, dont on aperçoit le donjon, peut-être aussi parce qu’autrefois , aux douzième et treizième siècles, elleavait appartenu à la famille de Gastelar, qui avait des biens dans le voisinage et qui lui aurait donné son nom.
Ainsi que cela arrive maintes fois, cette tradition orale, fondée très probablement sur la réalité des faits et la vérité historique, s’est parée, dans la suite, d’une légende un peu triste, mais d’où se dégage un charme pénétrant de poésie. Quand, pendant les nuits d’hiver, le r,yxrin (vent d’autan) au souffle impétueux secoue saules et peupliers qui bordent la font Gâstellane et chante à travers leurs branches sa lugubre chanson, on croit entendre un gémissement sourd et lointain monter des profondeurs jusqu’à la surface de l’eau. G’est la vieille cloche ensevelie; de sa voix étouffée, elle sonne encore un glas funèbre, berçant le dernier sommeil des morts et conviant les vivants à une suprême prière.
Pendant longtemps, les ruines de cette église subsistèrent, objet d’un respect religieux, quand le tenancier des terres voisines s’en empara et se hâta de les utiliser. Voici ce que nous apprend, à ce sujet, la visite de frère Louis -Hippolyte, de Varagne-Gardouch- Bélesta, commandeur de la Tronquière, et de frère Etienne Reynes (29 août 1753) : « Plus il est dit, dans la visite « du 25 juillet, que l’église de Gaignac jouit environ « d’un arpent de bois où étaient les masures d’une église « appelée Grabescorge, lesquelles masures ont été dé- « truites, cette année, par le sieur Marquié, qui s’est « approprié le dict fonds; ordonnons de le faire revenir
LA. GOMMANDERIE DE GAIGNAG.
« à l’église et de lui faire payer les matériaux dont il « s’est servi pour bâtir la métairie. >■
Quelques vieilles pierres disséminées dans les murs d’une ferme, quelques ossements soulevés par le soc de la charrue, au penchant de la colline : voilà tout ce qui reste actuellement de cet antique dîmaire dont nous avons voulu, en le précisant, conserver le souvenir.
APPENDICES
APPENDICE IL