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dent, dès lors, que les producteurs n'ayant pas à les vendre ont, de ce fait, un élément de résistance tout particulier contre les maux de cette crise » (1). Ajoutons que, comme ouvrier, ses services sont très recherchés, parceque toujours il est intelligent et laborieux. °
En établissant l'assurance obligatoire, le législateur empêchera cette classe de se développer, car l'épargne, au lieu de se capitaliser en terres, ira s'engouffrer dans des fonds d'État qui, en temps de crise, ne seront peutêtre pas d'une solidité à toute épreuve.
« L'obligation, comme le disait M. Cheysson dans la « séance du à juin 1901 de la Société nationale d’agri- « cullure, rendrait l'ascension sociale plus difficile, elle « changerait la frontière mobile et indécise, qui sépare « aujourd'hui les ouvriers et les petits propriétaires, en «un véritable fossé. C’est donc une force régressive, car «elle ramènerait à ce compartimentage social dont on « devait croire les cloisons étanches à jamais brisées. Ce « n'est pas seulement à l'agriculteur que la retraite obli- « gatoire enlèverait une partie de ses capitaux, c'est « encore à l’agriculture ».
Pour un bon ouvrier rural, il y a peu de morte-saison, surtout à Vendes où la division de la propriété et la nature du sol ont empêché les machines agricoles de se répandre (2). En janvier, février et mars, le journalier coupe le bois des haies épaisses, il est employé aux plantations, à faire et à curer les fossés, à mettre la chaux dans les Ctombes » (3) et à les recouper, à répandre les engrais,
(1) A. Souchon: La propriété paysanne, étude d'économie rurale (p. 58); Paris, L. Larose, 1899.
(2) Il y a à Vendes une faucheuse, trois râteleuses, et c’est tout. Une machine à vapeur pour battre les grains va successivement dans les fermes après la moisson.
(3) Les tombes sont composées de toutes les mauvaises herbes et dé- Urilus qui, une fois transformés en fumier, sont coupés de chaux.
à faire certains labours, etc. Les années de récolle de pommes, il a pressuré pendant les deux premiers mois de l'année. En avril et mai, les labours et les semences pressent, puis on fauche les seigles et on prépare les liens. En juin, commence la récolte des sainfoins, et, à partir de ce moment, le journalier refuse les clients: car, après le sainfoin, viennent les récoltes successives du foin, de l'avoine d'hiver, du blé, de l’avoine d'été, de l'orge, du sarrasin, de la graine de foin, etc., etc. Signalons, même fin juin et en juillet, un manque de main-d'œuvre très appréciable. De cette pénurie d'ouvriers du pays est née une industrie qui profite aux ouvriers belges. Ceux-ci, après avoir sarclé les betteraves en Beauce, descendent en Normandie, on leur alloue le sarclage des betteraves à tant la perche. Ces ouvriers sont des travailleurs très sérieux. qui n'ont aucune habitude d'intempérance et sont très appréciés. Après avoir sarclé les betteraves normandes, ils retournent en Beauce faire la récolte des céréales et regagnent la Belgique à l'automne.
Les labours, les ensemencements en avoine, en blé, etc., mènent le laboureur jusqu'en décembre, où le pressurage des pommes et travaux divers l'occupent facilement. Nous ne parlons pas du battage des grains; autrefois, il était une ressource précieuse pour les jours de mauvais temps, de pluie intense, jours fréquents en Normandie, où l’on ne peut travailler dehors; c'était une garantie contre le chomage ; maintenant, la « mécanique » passe ; en une journée, deux ou trois au plus, elle bat tout le grain récolté; c’est, il est vrai, une occasion de ripailles et de beuveries, mais le travail de la grange a complètement disparu.
Pour les femmes quis’emploient au travail des champs, la période de chômage est plus sensible, c'est dans ces journées d'hiver que la dentelle, qui avait remplacé le filage d'autrefois, rendait de grands services à la ména-
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gère. C'est une industrie essentiellément moralisatrice que celle dé la dentelle, puisqu'elle permettait à la femme dé gagner un salaire en restant chez elle et en vaquant aux soins du ménage. Cette industrie & été prospère à Vendes. Cest au recensement de 4841 (1) que les dentellières apparaissent, elles remplacent les fileuses: à cette date, 2 sont inscrites comme exerçant cette profession. En 1851, il v en a 31: au recensement de 1856, nous en trouvons 86, c'est l'apogée dé la prospérité de l'industrie dentellière à Vendes. En 1861, il n'y a plus que 27 femmes travaillant à la dentelle, Je recensement de 1872 en indique 18; en 1881, elles ne sont plus que 8: l'industrie décline de facon constante, les bélles coiffes normandes ñe Sont plus en üsage, la mode semble même rougir de celte jolie dentelle du Bessin à laquelle on donne le nom de Chantilly, comme si on voulait renier ses origines. Les gains deviennent insignifiants : 0 fr. 35 à 0 fr. 40 par jour et encore quand on trouve des acheteurs !
Nous ne parlerons pas plus longuement de la dentelle, tout l8 monde connaît la campagne entreprise par M. Engerand, député du Calvados, pour faire renaître cette industrie. Les pouvoirs publics et les particuliers ont fait de louablés efforts en ce sens: une école technique départementale à été ouverte à Verson (0 kil. de Vendes), les commandes reviennent: espérons que les trois Vieillés dentellières qui restaient à Vendes en 1906 reverront autour d'elles un essai de jeunes ouvrières,
1) Une seule Côntellière figute äu recensement de l'An IV.
$ 6. — institutions charitables et philanthropiques.
La commune de Vendes peut revendiquer une très ancienne et très précieuse fondation faite en faveur des écoliers pauvres de la paroisse. Un enfant dé Vendes, Gerväis Chrétien, dont nous avons cité le nom, était rapidement parvenu à la célébrité, aux honneurs ét aussi à la fortune, élu, le 2 novembre 1357, doyen de la Faculté de médecine de Paris, il montra une grande sollicitude pour l'enseignement qu'il chercha à favoriser (1).
Parmi les nombreux collèges de Paris, quelques-uns avaient été fondés par des dignitaires de l'Église de Bayeux: tel le collège d'Harcourt, fondé en 1280 par Raoul d'Harcourt, chanoine dé Paris, chancelier en l'Église de Bayeux, éte.; tel le collège fondé par Guillaume Bonnet én 1309; tel le collège de Jean Justice ouvert en 1354, Robert Clément, en 1849 (9), avait créé un collège de Bayeux situé rue Hautefeuille, «au Potd'Étain» ; cet établissement ne prospéra pas, son fondateur l'offrit à M° Gervais. IL accepta ce don lé 22 septembre 1370, ce fut le noyau du collège qu'il ouvrit peu après et qui porta son nom.
Le 20 février 1371 (n. 8.), par-devant maîtres Barthélemy Aignel et Jean Duvigniér, notaires jurés du Roi au Châtelet de Paris, « maître Gervais Chrestian, maistre ès arts « et en médecine en l'Université de Paris, premier phy- « sicien de très excellent et très créstien prince Char- « les (3)... roy de France, nostre dit seigneur... afferme « et dict en bonne vérité que jà pieça il eust propos, devo- « cion et entencion de fonder et créer escoliers à Paris,
(1) Louis Ghauvel: Essai historique sur la medecine en France ; Paris, 1762, in-8e, p. 162.
(2) Notice sur Gervais Chrétien, par le docteur Le Paulmier, p. 8; Évreux, imprimerie de l'Eure, 1877.
(3; Charles V.
« estudians en la faculté de théologie, du diocèse de « Baïeux en Normandie.…ilfonde à Paris, en la rue Erem- « bourcde Brie, autrement dite larue aux Ilumineurs, em- « près la grant rue St-Jacques, un collège d’escoliers qui « soient du dict diocèse, estudians en la science et faculté « de théologie. » 4). Les étudiants devaient être du diocèse de Bayeux et, à leur défaut, d'un autre diocèse le plus proche possible. « Je veux et j'ordonne, ajoutaient « les statuts de fondation, que six des estudiants en arts « seront de la ville de Vennes ou Vendes, deux de la ville « ou cité de Bayeux, etc. ». La commune de Vendes entra en jouissance immédiate de cette fondation confirmée à maintes reprises. « En conséquence de ce privilège, il fut € jugé par un arrêt de règlement du Grand Conseil, donné « à Paris le dernier jour de mars 1640, que quand il y a « des bourses vacantes au collège de M° Gervais, on ne € pourra Y pourvoir que trois mois après que la vacance « en aura été publiée aux enfants de Vendes, afin que « ceux-ci, qui seront capables de les requérir, ayent lieu « de se présenter pendant cet intervalle ».
On conserve encore aujourd'hui des lettres adressées aux anciens curés de Vendes pour les prier de « faire pareilles publicaiions aux prônes de leur messe paroissiale et d'en renvoyer leur certificat » (2). C'est ainsi que le 17 juin 1759, le jeune Lahaye voulut user de son droit et entrer au collège, il rencontra l'opposition du régent, alors grand aumônier, le cardinal de Tavannes, puis celle du premier aumônier, Mgr de Bouillé,.évêque d'Autun. Lahaye s'adressa à la Justice, en bon Normand qu'il était, et obtint son admission au collège par ministère d'huissier. De fait, toutes les bourses avaient été supprimées en
(1) Archives nationales, M. 163. 8.
(2) Michel Béziers: Mémoires pOur Servir à l’état historique et géographique du diocèse de Bayeux, publiés par G. Le Hardy ; Picard, 1895, t. IL, p. 254.
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1700; le cardinal de Rohan, en 1745, en sa qualité de grand aumônier et de proviseur du collège, modifia les statuts, et le collège de M° Gervais ne fut plus qu'un des éléments qui constituèrent le lycée Louis-le-Grand (1). Quoi qu'il en soit, pendant près de quatre cents ans, les habitants de Vendes jouirent d’un privilège auquel ils tenaient fort, si nous en jugeons par l'opiniâtreté avec laquelle le jeune Lahaye défendait ses droits.
Ajoutons qu’à la fin du XVIII: siècle, M. Moysant, alors professeur au collège du Mont, plus tard conservateur de la bibliothèque de Caen, prit en main la cause des étudiants du diocèse de Bayeux, injustement dépossédés. Les démarches intelligentes et répétées, les titres qu'il produisait, les appuis précieux dont il s'était entouré, tout semblait lui assurer le succès (2) ! Les événements qui précédèrent la Révolution rendirent impuissants ces efforts.
La charité envers les pauvres fut pratiquée de longue date dans les campagnes normandes, elle se traduisait par des distributions en nature. Le 2 avril 14679, nous trouvons une liste de pauvres pour le pain de charité, il était distribué 19 boisseaux 1/2 (3). Pendant la période révolutionnaire, la misère fut grande, le registre de la municipalité le constate en ces termes, p. 275: « Le 10 floréal « an HI, lu et publié au son de la cloche dudit jour, écrit « aux administrateurs que les cultivateurs de notre com- « mune ont été requis de livrer des grains pour distri-
(1) Gervais Chrétien élait devenu titulaire des deux prébendes de la Mare et d'Arry. Comme chanoine d’Arry, il possédait la moitié de la. dime de Vendes. Chanoine de Paris, chancelier de Bayeux, etc. Gervais Chrétien mourut à Bayeux le 10 mai 1382, il laissa à l’église de Saint-Martin de Vendes 20 livres pour réfection de la balustrade du chœur. Archives nationales, M. 164, 8.
(2) Archives du Calvados, série D, non inventoriée.
(3) Archives de la fabrique,
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«< buer aux misérables de notre commune, qui sont en « très grand nombre et dans la dernière misère ; il ne «#es£ trouvé que le citoyen Joseph Guillot, fermier- < cultivateur, qui en a livré un quintal, ce qui ne suffit pas, à beaucoup près, pour apaiser la populace de notre € commune, puisqu'il est vrai qu'ils n'en ont pas eu cha- Ceun une livre; à ce qu'il vous plaise, citoyens-admi- « nistrateurs, voulloir bien nous enseigner quel chemin «nous devons prendre, vu que nous ne pouvons plus y « tenir»,
Le 14 floréal, on dresse une liste des pauvres, elle comprend 30 maisonnées renfermant 108 personnes; heureusement, un cultivateur de la commune, Jean Lucet, livre un demi-quintal d'orge, et Baptiste Lemonnier un quintal dé grain, partie sarrasin, partie orge et blé: le tout est distribué à 129 personnes dans la plus affreuse misbre.
Le 30 floréal, autre distribution, de même le o prairial. Le 3 fructidor même année (20 août 1795), on distribue 11 boisseaux (4) d'orge à 164 personnes représentant 47 maisonnées. On le voit, la misère augmente avec une rapidité effrayante.
De nombreux legs en faveur des pauvres avaient été faits avant la période révolutionnaire : après la tourmente, les libéralités reprirent, c'est ainsi que le 20 octobre 1893, le Conseil municipal accepta un legs fait par M. Jacques- François Morin, ancien curé de Vendes., décédé à Caen le 12 août 1824. Le testateur avait légué 600 francs pour les pauvres, les frais de son inhumation devant être prélevés sur cette somme, Ces frais s'élevèrent à 87 fr, 40, les pauvres touchèrent done 512 fr, 60.
Le bureau de bienfaisance fut constitué le 29 décembre 1828. Son fonctionnement est, actuellement, celui des
(1) Voir registre de la municipalité. L'orgé était payée 3 francs le pot, il fut distribué 170 pots représentant 510 franes.
bureaux de bienfaisance de toutes les autres communes de France; il est alimenté :
{° par une somme votée chaque année par le Conseil municipal;
2% par une rente de 150 francs léguée aux pauvres par Me Binet, en 1867; cetle rente doit être remise au curé, qui en dispose sans avoir à en rendre compte (1) ;
3 par une somme de 1,000 franes léguée par M. Lucet,
(1) Dans le Calvados, un certain nombre de communes ou de bureaux de bienfaisance ont reçu des legs avec la clause que: « l’argent de ces legs serait remis au desservant, qui le distribuerait aux pauvres sans avoir à en donner justification ». Aprés le vote de la loi de Séparation, la question s’est posée de savoir si les desservants, qui n'étaient plus reconnus légalement, avaient qualité pour continuer à bénéficier des legs et à en exécuter los clauses.
M. le Président du Conseil, ministre de l’Intérieur, et M. le Ministre de l'Instruction publique et des Cultes ont provoqué, sur celte question, un avis de principe du Conseil d'État.
La haute assemblée, dans sa séance du 30 mai dernier, a considéré « que l'autorisation d'accepter le bénéfice des libéralités faites aux « établissements de bienfaisance, à charge de distribution par les « curés et desservants, a été donnée aux curés et desservants SuC- « cessifs, c'est-à-dire aux représentants d'un établissement publie « du culte supprimé par la loi du 9 décembre 1905, et que, dés lors, « Les curés et desservants actuels ne peuvent plus aujourd hui se « prévaloir des termes des actes d'autorisation pour exiger l’ordon- « nancement à leur nam des sommes à distribuer aux pauvres par « leur entremise ».
Il résulte de cet avis que les droits de l'autorité judiciaire étant d'ailleurs réservés, l'administration doit prendre pour règle que les établissements publicä ne sont plus liés par une telle clause de distribution,
(Recueil des actes administratifs de la Préfecture du Calvados, 1907, n° 25, p. 226).
Il faut remarquer que cet avis du Conseil d'État ne défend pas expressément au bureau de bienfaisance de remettre l'argent des legs au ministre du culte; — done, peut-être, pourrait-il remettre la somme
s’il le voulait ? Cette question est actuellement soumise au Conseil d'État,
le 28 décembre 1897, pour être dépensée pour les pauvres à raison d'un maximum de 100 francs par an.
Le bureau de bienfaisance fait faire des distributions de pain aux pauvres, solde les frais funéraires des inhumalions d'indigents, paye les frais d'assistance médicale gratuite, frais qui se sont élevés, en 1905, à la somme de 113 fr. 67, sur lesquels la commune a payé 31 fr. 65, soit 25 °/,, en vertu de la loi du 48 juillet 1893, enfin verse sa quote-part pour l'assistance aux vieillards et incurables. (Loi du 14 juillet 1905).
$ 7. — Usages locaux.
Ce paragraphe ne nous arrêtera pas longtemps, car, quelque intéressants qu'ils soient, nous n'en trouvons pas de particuliers à la commune de Vendes, et ce que nous dirions pourrait être dit des communes voisines (1). Le registre de la municipalité pour l’époque révolutionnaire nous donne quelques détails sur les cérémonies patriotiques, qui n'ont elles-mêmes rien de très spécial à la commune de Vendes, sauf certains incidents. C’est, d'abord, la plantation de l'arbre de la liberté, faite dans les formes et avec la solennité ordinaires, « la lecture des « décrets, circulaires et arrêtés et le discours familier et « préparatoire à des instructions contre la religion des « prestres, en date du 26 mai dernier, a été réitéré au mi- « lieu des applaudissements et des cris de vive la République! (2)». Toute cette solennité n'empêcha pas un partisan de l’ancien régime de couper le fameux arbre à 4
(1) Parmi les coutumes bas-normandes auxquelles nous faisons allusion, citons : les lanternes et le refrain de Noël; la chanson de la «part à Dieu », de l’Épiphanie; les Coulines et les danses qui les accompagnent, les feux de la Saint-Jean, etc., ete.
(2) Suivent 7 signatures (Registre de la municipalité, p. 82).
pieds du sol, le 3 nivôse an V. L'enquête ne fit pas découvrir le coupable, aucun témoin ne s'étant trouvé pour révéler son nom. On en fut quitte pour renouveler la plantation de l'arbre de la liberté, le 10 pluviôse an VI, « avec chants civiques accompagnés de cris de vive (la République, vive la Convention et les bons ci- « toyens ! »
Quelque temps après eut lieu La j'éte de la souveraineté du peuple, dont nous transcrivons le récit textuellement d'après le registre municipal, en respectant même l’orthographe de cette pièce : (1) « Aujourdhui 30 ventose, 6° « année de la République francaise une et indivisible, en « vertu dela loi dattée du 13 pluviose dernier qui ordonne € Ja célébration annuelle d’une feste de la souveraineté « du peuple, nous agent et adjoint de la commune de « Vendes, accompagné des officiers, grenadiers et chas- « seurs avec les autres habitants de notre commune, € nous nous Sommes (transportés au lieu ordinaire de nos « séances, après avoir choisy 12 vieillards de notre com- « mune au terme de la loi; les 12 vieillards ayant « Choisy quatre jeunes gens revestu des écritaux ou « banière. Sur le premier est écrit ces mots: La souve- « raineté réside essentiellement dans l'universalité des « citoyens. Sur la seconde: L'universalité des citoyens © français est le souverain. Sur la troisième : Nul ne peut «sans une délégation légale exercer aucune autorilé, n'y « remplir aucune fonction publique. Sur la quatrième : « Les citoyens se rappelleront sans cesse que c'est de la « sagesse des choix dans les assemblées primaires et élec- « Loral que dépend principalement la durée, la conserva- « tion et la prospérité de la République ; après cela nous « nous sommes mis en marche et étant rendus au pied « de l'arbre de la liberté et commencé la feste par des
(1) Registre de la municipalité, p. 891 et 392. à (9)
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« champs (sic) patriotique et puis l'agent électoral aÿant « donné communication des pièces concernant les élec- « tions et des instructions publiques et des discours « patriotiques. Le tout terminé par des champs et des « danses des citoyens réunis les uns avec les autres. Et « le tout qui s’est répété avec les cris de : Vive le Direc- « toire exéeutif ! Vive la Convention et vive la Républi- € que ! Ce dit jour et an que dessous », suivent 33 signatures.
Le 45 pluviôse an IX eut lieu une assemblée du Conseil municipal pour recevoir le serment de fidélité à la constitution de l'an VIII et délibérer sur les besoins particuliers et locaux. Le procès-verbal de cette séance est assez curieux, car il montre combien, même dans les petites communes, s'était répandue cette emphase de sentiments et du style, caractéristique de cette époque : « Mais arrè- « tons-nous un momentaucommencement de nos travaux « etjettons nos regards sur la tâche qui nous est confiée, « comme l'attelète qui recueille ses forces en mesurant de « l'œil la carrière qui (sic) va parcourir (4) » et tout comme de vulgaires diplomates, les conseillers municipaux de Vendes « s’ajournent au 19 pluviose à 2 heures de l'après-midi pour une prochaine séance ». Actuellement, paraît-il, les réunions du Conseil municipal de Véndes se passent plus simplement.
$ 8. — Loueries. — Fêtes patronales.
La fête patronale de Vendes est la Saint-Martin d'hiver, le 11 novembre. Autrefois, il y avait ce jour-là une assemblée, c'est-à-dire quelques jeux en plein air et un débit de boisson sous une tente, Gelte tradition abandon-
(1) Registre de la municipalité.
née pendant de longues années fut reprise vers 1885, mais l'essai ne fut pas couronné de succès et cela ne dura que quelques années. Maintenant l'aspect religieux de cette fête est le seul qui subsiste.
Les fêtes patronales et les assemblées ne manquent pas dans les communes voisines (1) et les habitants de Vendes peuvent satisfaire leurs goûts pour ce genre de distractions, mais la plus importante est la Saint-Clair à Noyers-Bocage. Gette fête, fixée au dimanche qui suit le 1 jeudi de juillet, est non seulement l'assemblée ordinaire où l’on trouve les jeux divers, les baraques foraines, les tentessous lesquelles on boit le gros cidre, le café arrosé d'eau-de-vie de cidre et où l’on mange le gigot rôti en plein air; mais c’est aussi une louerie, la louerie la plus importante, celle où tous les fermiers vont engager pour l'année, grands valets, domestiques de ménage, pelits valets, servantes, vachères, etc. Le matin tous sont là, rangés dans un champ, les hommes ayant à la main le fouet orné d’un bouquet. Les gros fermiers, les cultivateurs passent, causent avec ceux qui offrent leurs SerVIces, échangent avec les filles des plaisanteries égrillardes, puis on se tape dans la main, on prend une moque (2) ensemble et le marché est conclu, le patron verse le denier à Dieu et 45 jours après, le domestique loué doit entrer à son service ; il faut dire «doit » entrer, car, depuis quelques années surtout, nombreux sont ceux qui se louent à plusieurs patrons, touchent les arrhes de plusieurs côtés et disparaissent ensuite pour se placer au loin. Après chaque louerie, la gendarmerie se trouve ainsi chargée de nombreuses recherches.
Quoi qu'il en soit, n'est-ce pas un usage assez curieux
(1) La Saint-Mathieu à Fontenay, la Saint-Pierre à Tilly-sur-Seulles, Ja Saint-Clair à Cheux, elc.
(2 Bolée de cidre.
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de voir toute une contrée changer ainsi de domestiques de à date fixe ! On se convient mutuellement, n'importe, la Saint-Clair arrive, il faut nécessairement se quitter etles rares patrons qui gardent leurs anciens domestiques doi vent se conformer à l'usage et les ions à la date Hi “RSS ane (A PA PURES ee RE Pr ee à me FAST
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