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On constate la suppression presque entière des bois taillis, la diminution des labours et l'augmentation des herbages et des prairies artificielles dans une proportion correspondante, c'est-à-dire de plus d’un tiers (1). Gette tendance est d’ailleurs celle de toute cette région normande où l’eau abonde et où le sous-sol calcaire est propre au développement des pâturages. Quant aux diverses cullures (2), nous pouvons facilement suivre leur progression; en effet, par ordre du pouvoir central, plusieurs recensemen{s sérieux en avaient élé faits pendant la Révolution (3).
Le 3 messidor an II, les commissaires désignés font le relevé suivant des ensemencements :
Froment: 37 arpents 1/2 (4), dont 4 en bonne qualité (5). Seigle : 2 —
Orge : 15 — Sarrasin: 12 — (beaucoup restent à faire faute de semence.)
Pois : s OS Avyoine: AT Foin : 9, — Sainfoin: 3 — Chanvre: 11}; —
(1) Comparer les plans.
(2) Registre municipal.
(3), Productions de l'un IT: 1.368 boisseaux de blé: sur ces 1.368 boisseaux ont été fournis : aux magasins militaires, 194 boisseaux ; aux halles de Tilly, 103 boisseaux.
A la commune, pour sa subsistance, 80, soit 337 boisseaux et le surplus pour ensemencements des terres et pour alimenter 390 individus.
Orge. 336 D. En orge, fourni à la halle de Tilly 38 b. Seigle. 2 » — , — à la commune 9,6 »
Sarrasin. . 168 » , IDOTATAIN 134 D.
Avoine. 380 » Soit 134 hoisseaux à déduire de 886 et ROSE 202) l'on aura le nombre de hoisseaux néces- TorAr. 998 b. saires à l'ensemencement et à la consommation.
(4) Valeur de l'arpent: 100 perches carrées.
(5) 33 1/2 en mauvaise qualité, c'est-à-dire ayant manqué par la rigueur de l'hiver,
Le 11 nivôse an IV (1 janvier 1796), voici la statistique (1) que nous relevons aux mêmes sources :
224 acres, 123 perches 44 d’exploitées, soit 134 hectares 47 ares 20 centiares.
Froment : 1.060 perches, soit 42h. 5 a.39 c.
Seigle : Lacre4i — —- 8 » 6 » 40 »
Orge : 17 acres 1) 10,»-20% »
Avoine : 2.510 perches — 15» 6» »
Sarrasin : 14 acres 37 p. — 8 » 62 » 20 »
Légumes: -3 acrés 4p:- — 1» 8 » 84»
Sainfoin, luzerne
et fourrages divers: 17 acres 41 p. — 10 » 44 » 60 » Bois : 200 perches — 4 » 20 » »
Herbages: 14 acres 40 p. — 8 » 6 » 40 »
dardins potagers : 316 perches — 1» 8 » 96 »
À plus de 100 ans de distance nous relevonsles chiffres suivants, sur la statistique agricole pour le plan de ravitaillement :
Blé: (2) 33 hectares.
Avoine : 5 RER Orge : LH ES É Seigle : 3. — SaTTASin : 1 —
Herbages : 155 —
Donc, depuis 109 ans, les herbages ont passé de 8 hectares à 155 (3). Pour les terres labourables, la surface
(1) Ce document, extrait du registre municipal, porte cette mention qui ne laisse pas de doute sur la valeur de la contenance : le tout rédigé pour l'étendue en acre de 160 perches de 22 pieds chaque.
(2) Nous indiquerons dans la section suivante combien l'on récolte de blé, d'orge, etc., à l'hectare. 4
(3) Notons que dès (621 les prés d'Estregy existaient, mention en est faïte dans un contrat e cette date. Estregy est la partie la plus humide de Vendes.
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ensemencée en blé à diminué d'un tiers (33 h. au lieu de 42 h.); l'avoine de, 2 h. (43 h. au lieu de 15 h.); l'orge a augmenté : (15 h. au lieu de 10 h.); le seigle également, sans doute parce qu'il sert de fourrage vert; le sarrasin a diminué d’un hectare.
Les bois ont été défrichés, il ne reste que les petits taillis d'agrément du parc et les larges haies clôturant les herbages.
Le sol lui-même a été peu modifié : à signaler cependant des fossés d'écoulement assez bien distribués et deux pièces (1) drainées, l’une d'environ 6 hectares dans les anciennes landes de Vendes, l’autre de 8 à 4 hectares dans le lieu dit: « les Graves ».
$ 3. — Élevage et animaux domestiques.
À 8 kilomètres de Vendes se trouve le gros bourg de Villers-Bocage où a lieu chaque semaine, le mercredi, un marché de vaches dites « amouillantes » (2), c'est-àdire prêtes à vêler. Ce marché est le plus important de France pour ce genre de transactions, un grand nombre de marchands,non seulement français mais même étrangers, s'y donnent rendez-vous. Il est tout naturel que la production agricole de Vendes se tourne de ce côté.
Nous mettrons done en première ligne la production des vaches amouillantes et l'élevage des génisses deslinées à être saillies et à devenir amouillantes, puis les vaches grasses bonnes pour la boucherie; les bœufs ne sont représentés que par quelques individus. L'élevage des chevaux, industrie très florissante dans la plaine de Caen, n’est ici qu'un accessoire. L'élevage de pores et de
(1) Ce sont maintenant des herbages (les Landes).
(2) Dans les dernières semaines de gestation, le pis de la vache commence à sécréter du lait, il se « mouille », d’où le qualificatif d’amouillante.
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volailles complète cet ensemble. Jusqu'en 1905 un troupeau de moutons paissail les herbes qui poussent dans les éloes de blé ou d'autres céréales récoltées et celles qui croissent sur les bernes des routes. Le berger ne manque pas de pâture pour son troupeau, car propriélaires el fermiers sollicitent sa venue, à cause de l'engrais déposé par les moutons. Le parcage à la nuit est même recherché et payé (4.
S 4. Prix de revient et de vente des animaux de ferme et des céréales.
Ces prix sont essentiellement variables; les conditions climatériques, la loi de l'offre et de la demande sont la ause d'écarts incessants el souvent considérables; nous ne pouvons donc prendre que des chiffres moyens (2).
L'heclare d'herbage représente à Vendes un prix de location moyen variant entre 150 et160 fr.: or, un hectare d'herbage peut nourrir bon an mal an :
Si on élève des vaches amouillantes : 2 têtes de bétail.
— des vaches à lail : A tête 1/2.
— des vaches de graisse : 3 têtes (3).
(1) Les moutons passent la nuit dans un pare, le matin, le sol est entièrement recouvert d'engrais.
(2) Les prix actuels sont ceux des mercuriales des marchés, mais peut-être est-il intéressant de rappeler le prix du blé au XVIIIesiècle. Nous relevons aux Archives du. Calvados (fonds d’Aunay, H. 1216) les prix du boisseau de blé sur le marché de Bayeux aux années suivantes, Prix du boisseau, mesure de Bayeux :
1e SNIL6"S. TRE SES; 1482 "4.
177% J 41. 12s. 179 ZAR 1783 41. 2s.
dtritit ee 5 ESS TSI RES, 1785: >; 4 1. 105:
(3) Une vache met de quatre à six mois à engraisser, suivant l'époque, on compte donc dans ce calcul de trois têtes par hectare que l'herbage aura été rechargé deux fois.
hé ein Li ac,
= fine
Les vaches amouillantes, c'est-à-dire vaches ou génisses de deux ans achetées pour être revendues pleines au bout de 10 mois, rapportent en moyenne un bénéfice de 190 fr. par tête, soit pour 2 têtes : 240 fr. Si on retire le prix de location de l'hectare, 160 fr. plus 23 fr. d'impôts, on trouve un bénéfice net de 57 fr. à l'hectare, les plusvalues compensant les risques et l'intérêt du capital engagé.
Les vaches à lait (À) rapportent avee le veau 950 fr. par an, soit pour 1 tête 1/2: 375 fr. Si on retire 183 fr., prix de location de lhectare impôt compris, on trouve un bénéfice de 183 fr. d’où il faut retirer 50 fr. pour la maind'œuvre et 60 fr. pour fourrages secs (2), soit 73 fr. de bénéfices nets à l'hectare.
Les vaches de graisse rapportent en moyenne 100 fr. ; l'hectare pouvant nourrir trois têtes, c'est un bénéfice de 300 fr. d'où nous retirons toujours 183 fr. représentant la location et l'impôt, reste 117 fr., mais ce bénéfice est très aléaloire. Au cours äe ces dernières années, les bôtes maigres ont été d'un prix élevé (3) et les bêtes grasses se sont souvent mal vendues, à Lel point que parfois l'écart entre le prix de vente elle prix d'achat a été insignifiant, souvent le cullivalteur à couvert avec peine ses frais généraux. Nous ne pensons donc pas que lon puisse estimer le bénéfice nel pour cette calégorie à un chiffre supérieur à celui des deux premières.
(1) Actuellement une vache à lait vaut de 400 à 600 fr.
(2) 100 bottes de foin coûtent environ 24 fr, (très variable suivant ies annces); l'évaluation de 60 fr. pour fourrages sees n'est pas suffisante, mais est compensée par ce fait que pendant 3 mois, juin, juillet, août, l'herbage nourrit plus d'une têle et demie à l'hectare.
(3) Excepté pendant l'été particuliérement see de 1906. Les pàturages de Vendes ont pu, malgré ces grandes chaleurs, conserver toute leur fraicheur el leur vigueur. Cette année-là peut compter parmi les meilleures, d'autant plus que ce fut une année de pommes !
On ne saurait trop répéter, d’ailleurs, que ce sont là des chiffres moyens et que le cultivateur, dans de mauvaises années, par suite de sécheresse ou d'épizooties (1), ou à cause de pléthore faisant baisserles cours, peut voir son bénéfice singulièrement réduit. Il est vrai que d’autres circonstances peuvent lui permettre de réaliser un bénéfice plus considérable (2).
Pour les terres en labour, le prix moyen est peut-être plus facile à établir. Nous partirons de ce point de départ que le prix de location de ces terres varie entre 110 et 120 fr. l’hectare (3) plus 23 fr. d'impôt, soit 143 fr. Sur celle base nous pouvons établir les tableaux suivants visant les principales céréales, blé, avoine et orge. Pour le blé nous distinguerons trois principaux cas : blé fait sur du foin; blé sur piquage, verdure, etc.; blé sur betleraves ou sarrasin.
(1) Citons parmi les épizooties : la fièvre aphteuse ou cocotte, L'année dernière une bonne partie du bétail en a souffert. Elle n'a cessé qu'après les premières gelées.
(2) Nous n'avons parlé que des vaches, on n’élève que quatre ou cinq bœufs par an à Vendes. ,
(3) Certaines fermes dans lesquelles le nombre d'hectares d'herbages est égal ou supérieur au nombre d'hectares de terres labourables voient naturellement, de ce fait, le prix de location s'élever.
Blé fait sur du foin (1)
DÉPENSES RECETTES Location et impôt. 143fr. » 28 hect.à 17fr.(3): 476fr.(4). Chaux (7.000 kilos à PANIERS 160 16 fr. les 1.000 k.). 112 » Menue paille. 9 Semence (8h.aàlltr)(4). 51 » Criblure . ... 140 Fauchage, ete...... A5 95 TRE = J Soit... Gbofr.
Battage (700 gerbes DÉS à 22 fr. les 1.000).. 15 40 ICS RE ME" 8 »
Soit. . . . 344fr. 65 argent déboursé.
Chevaux .. 18 jours | Hommes... 9 — 193fr.75 travail Petit valet, 6 — Soit. . . 468 fr.30 dépenses
totales (2) Bénéfices nets par hectare : 1A8T fr.
(1) Nous comptons le blé à 17 francs l’hectolitre pour semence, cette évaluation est exacte, car des statistiques il résulte que le prix du blé est au minimum en octobre, novembre, décembre el janvier; le cultivateur pourra done vendre vers juin, août et septembre son blé plus cher qu’il n'achètera sa semence.
(2) Si l’on voulait être complet il faudrait tenir compte encore de l'intérêt de l'argent, de l'amortissement du matériel. Pour estimer les recettes, il faudrait aussi entrer dans des détails multiples. Nous ne le faisons ni pour les
- dépenses, ni pour les receltes, aussi il y a compensation.
(8) En 1755 (d'après le mémoire déjà cité de M. A. Lepagé) l’hectolitre de blé valait 8 fr. 77. :
(4) Nous comptons 700 gerbes à l’hectare et 25 gerbes pour donner 1 hectolitre. C’est un maximum; mais, comptant les dépenses au maximum, les recettes devaient être également évaluées au chiffre le plus élevé,
Blé sur piquage, verdure, etc.
DÉPENSES RECETTES Location et impôt. 143fr. » 28 hect. à 47fr:. 476 fr. Fumier (1) 25 m.c. 100 » Paule se ere Seniencer terne » Menue paille. . . 9 HAUCh ITEM MERE RS Criblufest 20210 Battage MMS tan Ro AT ER Tiens Ne 8 »
832fr. 605 Chevaux. 20 as Hommes,.. 9 — /soit134f. 7odetravail Petitvalet.9 — ( ToTAr." 2° 246%fr.40
Bénéfices nets : A8T fr. 60.
Blé sur betteraves ou sarrasin.