DÉPENSES | RECETTES
Location, impôt. . . 14317. 0) 1125 hect, à 11M4r1 279 fr: » 1 NON RE 60 » | 2.200 kil. paille. 70 40 Semence, 3 h. 50 à DIVERS eee C4 »
ACL UE CE ARSENAL E 381% 50 RUE A Toraz. . . 349 fr. 40
Hauchase rm ue 10 » ds
Pattiges RE pan Loe 40 266 fr. 90
Chevaux. . 30 jou, Hommes. .10 — ‘soit 160 »
Petit valet. 10 — \
BOTALE 2 426 fr. 90 Perte: tir. 505
L] (1) Pour la récolte d'avoine, nous ne comptons pas
d'engrais,
l’avoine étant ensemencée généralement sur un compost de blé, la terre
est par cela même suffisamment engraissée,
Il ne faut pas s'étonner si nous trouvons une perte de 71 fr. 50 par hectare d'orge. En effet, l'orge n’est cultivée, du moins en Basse-Normandie, que pour permettre de semer en même temps le sainfoin qui pousse une fois la récolte enlevée, et ainsi pendant 3 ans on aura sur l’hectare précédemment cultivé en orge une récolte qui produira un bénéfice net annuel d'environ 250 fr. à l'hecare ; c'est encore, en tenant compte de la perte de la première année, un bénéfice annuel de 224 fr. 1 d'où il n'y à à retrancher que le prix de la graine de sainfoin, prix essentiellement variable. Les bénéfices assez modiques faits sur quelques-uns des composts de blé et d'avoine seraient peu encourageants, si nous ne constations que nous avons compté la main-d'œuvre à un prix élevé, sans intervention du cultivateur lui-même ni de ses enfants. La main-d'œuvre familiale, la maind'œuvre des enfants, voilà ce qui apporte à une ferme la prospérité, l'aisance; elle compense et paye au centuple la dépense faite par les parents pour élever les enfants. Pourquoi nos cultivateurs normands l'ont-ils oublié ?
Comme nous l'avons déjà fait remarquer pour le bétail les calculs qui précèdent sont basés sur des années moyennes; mille causes peuvent diminuer singulièrement les rendements ou les augmenter. Cependant, dans le climat tempéré où est situé Vendes, climat que la proximité du littoral empêche d'être ni trop froid, ni trop sec, il y a rarement de grêle, d'orages ou d'autres perturbations atmosphériques destructives de récoltes et les années moyennes sont les plus nombreuses.
Au point de vue de la vente des grains, la halle de Villers-Bocage est assez fréquentée, les marchés de Gaen et de Bayeux offrent encore des débouchés suffisants. De plus, certains gros minotiers envoient des
acheteurs à domicile et enlèvent directement les grains.
De nombreuses foires, tant dans la Manche que dans le Calvados, permettent également aux cultivateurs de vendre leurs produits ou de faire des achats dans d'assez bonnes conditions.
Malgré ces facilités de vente, il arrive souvent que l'agriculteur n'a pas à sa disposition, au moment voulu, les sommes nécessaires au paiement du salaire de ses ouvriers ou du loyer de la terre s'il est fermier. En effet, même dans les meilleures années, la terre ne rend que très lentement et parfois avec des retards considérables les capitaux prêtés. Aussi le cultivateur se trouve dans l'obligation, ou bien de faire patienter outre mesure ses créanciers (c'est ordinairement à ce dernier parti qu'il se range), ou bien de perdre la majeure partie de ses bénéfices par une vente trop précipitée. Il pourrait, nous le savons, hypothéquer ses terres s'il est propriétaire, mais c'est là une mesure qui l’effraye et certes nous le comprenons, notre régime hypothécaire est si peu perfectionné ! [I pourrait également avoir recours à une banque qui consentirait à lui avancer, à un taux plus ou moins élevé, les fonds indispensables. Les banques ne lui disent encore rien qui vaille et surtout il considère qu'emprunter c'est se ruiner, se déshonorer bien plus, peut-être, que de ne pas payer ses dettes. Sur ce point, il y a toute une mentalité à changer; cette tâche nous semble bien difficile pour le moment,sinon impossible. Nous estimons que le warrant agricole offre une heureuse solution, puisqu'il permet (du moins lorsque la loi du 18 juillet 1898 sera modifiée, ce qui doit être fait incessamment) à tout agriculteur « d'emprunter sur les produits agricoles ou industriels, « provenant de son exploitation, soit en conservant la « garde de ceux-ci dans les bâtiments ou sur les terres « de Son exploitation, Soit en les déposant entre les « mains des syndicats et sociétés coopératives agri-
« coles ou de tous tiers convenus entre les parties (1) ». L'exemple de quelques propriétaires éclairés et écoutés déciderait, sans doute, le paysan à s'engager dans
cette voie.
$ 5. — La vente du beurre.
Le beurre est un des produits agricoles comptant le plus dans les bénéfices réalisés. La nature du sol et l'excellence des pâturages, la proximité de Bayeux et d'Isigny permettent de classer le beurre local comme beurre de première catégorie et il est vendu pour tel, soit qu'on l’expédie directement à Paris ou bien qu'il soit acheté sur les marchés de Villers et de Tilly. Le marché de Tilly, chef-lieu du canton, a lieu chaque samedi, il est assez important.
Les grandes maisons de beurre, Pelletier de Carentan, Bretelle de Valognes, Fortin de Vire, ont sur ces marchés des représentants qui réunissent les beurres et les expédient à leurs commettants. Ceux-ci les malaxent, les lavent soigneusement, les rangent par catégories et les vendent à Paris ouà Londres, ouencore les exportent dans l'Amérique du Sud.
.. Le prix des beurres avait notablement diminué à
Vendes comme dans toute la région. Il se relève depuis 1906 (2), malgré la concurrence des beurres étrangers, bénéficiant, sans doute, soit du mouvement de hausse à peu près général depuis deux ans sur les produits agricoles, soit d’un accroissement de demandes, où même de ces deux causes combinées. Cependant nos cultivateurs auraient grand lort de trop se rassurer. ces hausses
(1) La nouvelle législation des warrants agricoles, par H.-E, Chatenet, article paru dans le Monde Économique. (Décembre 1906). (21 Voir le tableau ci-après, |
peuvent très bien n'être que passagères, d'autant plus que tous les joursles beurres danois et finlandais, notamment, sont importés davantage sur le marché anglais. Grâce aux paquebots rapides et surtout aux appareils frigorifiques sans cesse perfectionnés et moins coûteux, les beurres scandinaves ne sont plus arrêtés par les espaces à franchir (1). Ils sont certainement inférieurs aux beurres normands, mais fabriqués chaque jour par des beurreries coopératives, par conséquent avec de la crème plus fraiche, mieux malaxés et mieux lavés, ils se conservent plus longtemps et les marchands de Londres les préfèrent, malgré leur moins bonne qualité.
Prix des beurres dans ces 10 dernières années. (Moyennes).
18062 RE 2 fr. 89 le kilo.
OT 2 fre 80; = FE NAGER EN RRE ee PA RP JOOOSE 2 fr. 96 — Exposilion Universelle).
AOÛ. Q fr. 94 — 1902. ...... à fr:79 1903... 9fr. 65, — 1004 721 2fr..40 — 1908 D'fr- DD 1006 2 LE Diro10 19072). 03fr 00 <<
Le remède serait, évidemment, dans la création de beurreries coopératives et nous pourrions ainsi obtenir les mêmes résultats que le Danemark et la Finlande. c'est-à-dire fabriquer le beurre chaque jour, le mieux travailler et le mieux laver, mais l'esprit d'association, qui fait généralement défaut en Basse-Normandie, manque
(1) M. Hillier, à son cours (1906-1907).
(2) En 1907 les prix se sont élevés jusqu’à 3 fr. 80 le kilo.
totalement à Vendes. Nous n'en trouvons qu'une trace et encore est-elle toute récente. Une fromagerie a été fondée récemment dans une commune (1) du canton, elle achète le lait et bien qu'il soit payé un prix modique (de Ofr. 12 à O0 fr. 45 le litre), certains cultivateurs ont considéré comme avantageux de le vendre ainsi. [ls se sont entendus entre eux, l’un porte un jour son lait et celui de ses voisins, le lendemain un autre remplit le même office et ainsi de suite. s
Le défaut d'esprit d'association, à part cette unique exception, apparaît d'une facon évidente dans le fait suivant. En février 1903, se fonde dans lé canton de Tilly, une assurance mutuelle contre la mortalité du bétail. Au début, elle compta deux syndiqués dans la commune de Vendes; actuellement elle n'en compte plus qu'un seul. Or, si dans un pays de grande culture, il est plus avantageux pour l'agriculteur d’être son propre assureur, dans un pays où la propriété est plus divisée et où beaucoup de petits propriétaires n'ont qu'une ou deux vaches, ce genre d'assurance devrait rencontrer de nombreux adhérents.
$ 6. — L'enseignement agricole.
L'enseignement agricole n'est guère pratiqué dans aucune commune (de Basse-Normandie, pas plus à Vendes qu'ailleurs. L'instituteur fait bien, il est vrai, les cours réglementaires, et la Société d'agriculture et de commerce de Caen récompense, lors de ses concours, l'enseignement agricole, mais ce n’est pas suffisant pour introduire les méthodes nouvelles de culture et développer l'esprit d'association. Les enfants qui obtiennent ainsi des prix ou des médailles prouvent qu'ils savent faire un
(1) Au Pont-Roch, hameau d'Audrieu (10 kil. de Vendes).
bon devoir français, qu'ils ont justement mérité ou mériteront un jour ou l’autre de recevoir leur certificat d'études, ce qui, entre parenthèses, ne leur donnera pas du tout le goût de la vie des champs, mais ils seront bien incapables d'appliquer avec succès leurs connaissances très vagues de l’art agricole, d'autant plus que l’instituteur chargé de les instruire n'a jamais fait que lire des manuels.
Les concours agricoles, par l'émulation excellente qu'ils font naître, les conférences s'adressant non plus à des enfants inexpérimentés, mais à des cultivateurs intelligents et pratiques, ayant déjà une connaissance parfaite des exploitations qu'ils dirigent, pourront faire progresser l’agriculture:
Le meilleur enseignement agricole que puisse recevoir un enfant est celui que lui donne son père, lorsque ce dernier sait, tout en conservant les procédés, les traditions qui ont fait leurs preuves, les améliorer et les mettre en accord avec les inventions modernes etlesbesoinsactuels.
En Basse-Normandie, ils sont rares les cultivateurs qui ne finissent pas par se familiariser avec les méthodes nouvelles.
L'action de la Société d'agriculture et de commerce de Caen ainsi que du Syndicat agricole du Calvados se fait sentir de plus en plus. On emploie des engrais chimiques conjointement avec la chaux (1) que les habitants de Vendes ont sous la main; aussi, à la fin de l'hiver, on peut voir dans les Champs de nombreuses « tombes » ou monticules de terres, terres provenant des routes, du curage des fossés, etc., lesquelles, mélangées de chaux, sont épandues au printemps sur les herbages, Ce mélange détruit les mousses et lichens et active la végétation.
(1) Voir pages 60 et61ce que nous avons dit sur la chaux de Vendes,