‹ Monographie de la dent de six ansChapitre 14 sur 22 · MU · texte numérisé non relu

MU

teinte brunâtre. En pressant légèrement dessus, le tissu se déchire et donne issue à une certaine quantité de pus sanieux; on recueille de ce pus avec une pipette, sur des lamelles, en vue de l'examen bactériologique.

Pour enlever complètement le cerveau, 6n coupe l’adhérence et l’on constate à l'endroit de celle-ci que la voûte. orbitaire est perforée. L'orifice a les dimensions d’une lentille.

On résèque avec précaution la voûte orbitaire, ainsi que la partie osseuse environnante, ce qui permet de constater l’inflammation de l'ethnoïde et de la petite aile du sphénoïde par du pus noirâtre ; rien dans le sinus sphénoïdal droit.

Tout le périoste de la cavité orbitaire est spontanément décollé et entre lui et l’os se trouve un vaste espace dans lequel est collectionné le pus. |

L'ouverture des sinus caverneux et des veines qui s’y rendent, permet de constater l'absence de toute thrombo-phlébite.

L'œil enlevé, on constate que le sinus maxillaire communique largement avec la cavité orbitaire.

En examinant le cerveau, on voit que les vaisseaux méningés sont bordés de traînées blanchâtres de pus, jusqu’au niveau de la protubérance annulaire. Les ventricules latéraux sont distendus par du liquide séro-purulent abondant. .

Une coupe faite à la partie inférieure du lobe frontal droit, au point correspondant à la perforation de l’orbite, démontre l’existence d’un abcès intra-cérébral du volume d’une grosse noix. Cette poche, tapissée par une fausse membrane, ne paraît pas communiquer avec les ventricules latéraux, elle occupe la partie centrale de la forme frontale droite. AUS

Examen bactériologique. — Au moment de l'opération, le pus contenu dans l’orbide et le sinus maxillaire, examiné par M. A. Terson, fut trouvé riche en staphylocoques dorés à l'état de pureté. L’inoculation des cultures de celui-ci dans la cornée d'un lapin adulte provoqua de la panophtalmie, preuve de sa grande virulence. Cuénot, procédant de même avec le pus de l’abcès du cerveau, y à trouvé, à côté de rares staphylocoques dorés, des streptocoques en grand nombre ; preuve que la méningo-encéphalite, qui a emporté le malade en quelques heures, provenait d'une infection secondaire que les soins antiseptiques mis en œuvre ont été impuissants à prévenir.

Quant au traitement des empyèmes du sinus, nous nous bornerons à constater que c’est par l’alvéole de la dent de six ans que très souvent on livre passage au pus.

Sur les quinze observations qu’a publiées Natier (1), sept fois il a pénétré par cette voie. Ripault la préfère presque exclusivement. Par contre, nous pourrions citer des rhinologistes de la plus grande valeur qui pénètrent toujours par la deuxième grosse molaire, tel Guguenheim, d’autres par la deuxième petite molaire, tel Cuvillier, car le malade peut de la sorte, dans ce dernier cas, plus facilement se faire des lavages lui-même.

Enfin, pour terminer, signalons un accident (intéressant pour nous) qui peut arriver quand on fait pénétrer le forêt par l’alvéole de la deuxième prémolaire. Natier, dans son observation XII, raconte qu'ayant choisi cette voie, parce que c'était la seule dent qui manquât, il avait dirigé son forêt obliquement pour atteindrele sinus avec plus de certitude ; il en était résulté une résection de la racine de la première grosse molaire; cette résection s’accompagna de phénomènes douloureux violents qui persistèrent jusqu’à l’avulsion de la partie de racine formant corps

étranger.

(4) Revue internationale de rhinologie, N° 4, 5, 6, 1894.

Page 1