CLIENTÈLE DE VILLE
100 bouches (hommes ou femmes, indistinctement), de 25 à 30 ans.
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« D'où, ajoute encore Andrieu, nous croyons pouvoir » émettre cette opinion que la dent de sagesse, bien qu’elle » ne vienne pas dans l’espace même qu’occupait la dent de » six ans, avant son extraction, n’en n’est pas moins, au » point de vue pratique, la dent de remplacement de la » première molaire permanente, presque fatalement vouée » à la carie. »
Andrieu conseille par conséquent d'extraire la dent de six ans, non pas en règle générale sur tous les sujets, mais : 1° Toutes les fois qu’il y a carie de cette dent; 2 dans certains cas de redressement. Il y voit un triple avantage ; on n’est pas exposé aux accidents de la carie compliquée, inévitables d'après lui; la dent de sagesse reste saine, comme l'indique sa statistique ; enfin on évite certaines anomalies de disposition. Développons un peu ce dernier point : « lorsqu'un redressement exige une ou » plusieurs extractions, dit Andrieu, c’est la ou les dents » de six ans qu'il vaut mieux extraire. » Il suppose le cas si fréquent où les incisives médianes permanentes, bien sorties, empêchent par leur volume l’éruption, dans une direction normale, des incisives latérales ; il conseille
d'extraire, sans hésiter, les incisives de lait, qui pourraient gèner cette éruption, et même les canines de lait; de sorte que toutes les incisives se trouvent bien régulièrement dirigées ; mais la première petite molaire, en raison de l'extraction prématurée de la canine de Jaïit, va tendre à occuper, au moins en partie, sa place, et plus tard la canine permanente n'aurait où se loger. Pour obvier à cette tendance de la première prémolaire, Andrieu conseille de lui laisser au contraire de l’espace en arrière par une extraction prématurée de la deuxième molaire de lait. Alors la première prémolaire fera son éruption en empiétant en arrière sur l’emplacement de la deuxième, mais la canine saura où se placer. Reste à présent la deuxième prémolaire, à qui il va falloir faire de . la place, car l’espace qui lui est destiné a été envahi aux trois quarts par la première bicuspidée. Or, la dent de six ans est cariée (74 à 75 0/0), il semble rationnel de l’extraire. La place qu’elle va laisser sera bientôt envahie, moitié par la deuxième bicuspidée, moitié par la dent de douze ans et s’il reste pendant quelque temps un petit vide entre les deux, il sera comblé plus tard grâce à la. poussée exercée sur la dent de 12 ans par l’évolution de la dent de sagesse.
. Andrieu s’empresse d’ailleurs de constater que si la . dent de six ans n’est pas cariée, la solution classique, c’est l'extraction de la première petite molaire.
Beaucoup d’autres auteurs sont également, à divers titres, partisans de l'extraction de la molaire de six ans. Bien avant Andrieu, Bourdet, en 1757 (1), voyait dans cette opération un moyen d'éviter les accidents d’éruption
(1) Bourdet. Recherches et observations sur toutes les parties de l’art du dentiste, p. 67. 1757.
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de la dent de sagesse; Fox (1), en 1803, la conseillait lorsque la dent était cariée.
C’est encore l'extraction de la dent de six ans CARIÉE que conseillent Magitot (2), John Tomes (3), Harris et Austen (4). A la British Dental Association, M. Quinby a défendu cette opinion que l’extraction de la molaire de six ans est le seul moyen efficace de conserver les bicuspides, en évitant, par les espaces interdentaires que l’on crée, les complications de la carie intersticielle (5).
Dans la discussion qui à eu lieu devant la British Dental Association, la majorité dés orateurs s’est montrée favorable à l'extraction. M. Mundell, en particulier, a remarqué que, dans 80 °/, des cas, il y aurait eu avantage à enlever la molaire de six ans.
M. Pietkiewicz (6), toutes les fois que chez des enfants il s’agit de remédier à des anomalies de disposition des incisives et des canines, conseille l'extraction des quatre dents de six ans, quand même l’anomalie n’aurait pour siège qu’une seule des deux mâchoires; de la sorte, les vides se comblent à peu près complètement, sans amener de vices d’articulation.
M. Pietkiewicz voit dans ces extractions des avantages analogues à ceux envisagés par Andrieu; pas de complication de carie, pas d’accidents d’éruption de la dent de sagesse, disparition des gingivites, si fréquentes chez
(1) J. Fox. Histoire naturelle et maladie des dents, p. 68. 1803. (2) Magitot. Art. Dent, in dict. Encycl. des sc. méd., p. 351.
(3) J. Tomes. Loco citato, p. 151.
(4) Harris et Austen. Traité de l’art du dentiste, p. 491.
(5) British dental assoc, Manchester, 12 août 1892. Discussion fort bien résumée par le D' Roy, in Revue intern. d'odontologie, novembre 1892.
(6) Pietkiewicz. Sur la thérapeutique des anomalies de l'appareil dentaire, C. rendus S. stomatologie, 1891, p. 74.
les individus dont les dents sont en anomalie de disposilion, enfin au point de vue esthétique, intégrité de toute Ia partie antérieure des arcades dentaires. Entre autres observations M. Pietkiewiez cite celle d’une jeune fille d’une vingtaine d'années dont les incisives des deux mâchoires et les canines chevauchaient les unes sur les autres. Les quatre dents de six ans étaient cariées et furent extraites. Dix-huil mois plus tard, les incisives s'étaient placées à peu près régulièrement ainsi que les canines. |
Signalons encore l'observation d’une jeune fille de 14 ans, chez laquelle la canine supérieure gauche se trouve en rétroversion, venant s’articuler en arrière de la canine et de la prémolaire inférieure gauche, tandis que l’incisive latérale supérieure du même côté se trouve sur un plan très antérieur. Les molaires de six ans sont cariées, les gencives sont décollées et gonflées, surtout à la mâchoire inférieure. De plus, la ligne médiane de l’arcade dentaire supérieure est déjà un peu déplacée à gauche, car le rejet de la canine en dedans de l’arcade dentaire, ayant réduit la couche de ce côté, a permis aux dents antérieures un mouvement de latéralité à gauche.
Par l'extraction des quatre premières grosses molaires : régularisation absolue des arcades et disparition de la gingivite.
« Je préfère, ajoute le D' Pietkiewicz, cette quadruple opération à l'emploi d’un procédé qui n'aurait d’autre résultat que de remplacer une anomalie par une autre en rendant l’arcade dentaire asymétrique, en exagérant de la facon la plus instable le déplacement de la ligne médiane. »
Si la dent de six ans a des extracteurs convaincus,
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elle a aussi beaucoup de défenseurs. M. Davenport (1) a insisté sur l'importance physiologique du contact latéral des dents, et l’on ne peut, sans nuire à la mastication, en restreindre la surface. Aussi est-il avec Shepard (de Boston) et Dubois (2), un adversaire de l'extraction de la première grosse molaire, laquelle ne devrait être faite qu’en dernier ressort, comme pour toutes les autres dents. Tous ces auteurs ont insisté sur deux points pour défendre la dent de six ans, son extraction entraînant : 1° une articulation vicieuse; 2° une mastication imparfaite.
En eflet « les denis qui ne sont pas appuyées sont » vouées certainement à remuer jusqu’à ce qu’elles trouvent » un point d'appui assuré, soit par le contact, soit par » une articulation qui favorise cet appui. » (Davenport). De plus, dans une dent dont un des points d’appui vient à disparaître par suite d’une extraction, « les racines se » déplacent moins que la couronne, en sorte que le rap- » port des faces triturantes se trouve changé et une » grande partie des surfaces antagonistes de mastication » se trouve perdue » (Davenport). « C’est souvent préfé- » rable, ajoute-t-il, dans une mâchoire trop serrée, d’ar- » racher des dents de sagesse, mais jamais on ne doit » extraire les bicuspidées, comme le conseille Ch. Tomes, » si l’art dentaire peut les sauver. » |
Enfin, dans l’extraction prématurée de la dent de six ans, il y a encore deux autres inconvénients qui méritent d'être pris en considération. Les efforts masticatoires vont
(1) Davenport. — De l'importance, de la forme et de la disposition naturelles des arcades dentaires de l’homme, avec considérations sur les altérations qui peuvent résulter du limage ou de l'extraction des dents. Trad. du D' Marchandé, — Revue odontologique. 1888, ne
(2) Transactions of the international medical congress., t. V, p, 619 et 621, Washington, 1887.
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porter à faux, ils ne se feront plus dans l'axe de la dent, puisque celle-ci s’est inclinée, d’où névralgies, calcification de la pulpe, périostite chronique (1).
En outre, on pourra craindre l’ubaissement de l’articulation et par suite la projection en avant des dents antérieures. Nous aurons à revenir sur Ce Cas particulier au chapitre suivant.
Ces adversaires de l’extraction reconnaissent sans doute la prédisposition de la première grosse molaire à la carie et son extension rapide. « Mais si cette dent est plus » susceptible que les autres, c’est à vous qu’il incombe » de la soigner avec plus d'attention et de sollicitude ; c’est » retourner aux mœurs spartiates que de sacrifier ce qui » est chétif et nous avons peine à comprendre qu’à notre » époque des praticiens acceptent à la légère cette extraction » avec les moyens de conservation dont nous disposons. » (HTMICATE CO auUvez)
Pour empêcher le chevauchement des dents antérieures, ils sacrifieront volontiers une prémolaire, généralement la première, peu résistante, ils emploieront les appareils orthopédiques.
Enfin, ces adversaires de l'extraction vont jusqu’à nier son influence prophylactique contre les accidents d’éruption de dents de sagesse. Que de fois la dent, ou n'apparait pas ou est très peu développée. Par conséquent, Andrieu exagère en attribuant à la troisième grosse molaire, au point de vue pratique, un rôle de remplacement ou de suppléance de la première grosse molaire.
À ces arguments, notons les réponses que le docteur Pietkiewiez a eu l’extrème amabilité de nous communiquer :
(t) Odontologie, Juin 1893. — Sauvez et Fr. Jean,
Frey—"5,
La surface de trituration n’est pas diminuée où du moins l’est très peu car il n’opère que des bouches à maxillaires tellement peu développés que la dént dé sagesse n’y aurait pas trouvé sa place, ou difficilement, et l'extraction de la dent de six ans hâte la sortie complète de la deuxième, voire de la troisième grosse molaire.
Il ést vrai que les dents qui ne sont plus appuyées s’inclinent sur leur axe, mais l'extraction se faisant toujours après l’engrènement des petites molaires entre elles, celles-ci ne s’inclineront jamais; tout au plus pourra-t-on quelquefois constater une légère déviation de la deuxième petite molaire supérieure qui s'articule à la fois avec la deuxième bicuspidée inférieure et un peu avec la première grosse molaire du bas. |
Celle-ci étant enlevée, la deuxième petite molaire supérieure n'ayant plus qu'une articulation incomplète pourra postérieurement dévier sa couronne légèrement en arrière.
Par contre, les dents de douze ans vont pousser sans s'appuyer sur leur tuteur naturel, la dent dé six ans correspondante. C’est cette deuxième grosse molaire qui se déviera; mais ce n’est pas là un inconvénient généralement aussi grave dans ses conséquences que veulent bien le dire les adversaires de l'extraction. |
Ceux-ci renient aux dents la faculté de reculer ou d'avancer d’elles-mêmes dans leur totalité, ce n’est pas l'avis du D* Pietkiewicz; quand les quatre molaires de six ans sont enlevées, les petites molaires, sans modifier en rien leur articulation (ou fort peu, pour la deuxième prémolaire supérieure), reculeront en arrière, vers la deuxième grosse molaire.
M. Pietkiewiez croit tellement (et à juste titre, ce nous semble) à la translation possible d’une dent dans sa tota-