SUR LES CHIENS
47. — Il ne faut pas attendre la certitude de la rage, c’est-à-dire que les accès de fureur, accompagnés d'envie de mordre, se soient développés chez les animaux, pour prendre contre eux les précautions que réclame la sûreté générale. Il im-
MN UAN
porte d’être averti par des signes précurseurs, pour la première fois si bien décrits dans leurs ouvrages par MM. Youatt, vétérinaire anglais , et Sanson, professeur à l’école de Grignon.
Disons d’abord qne les symptômes de la rage, habituellement assez uniformes, peuvent prendre des aspects très divers sous l'influence d'éléments nombreux (aliénation mentale, hystérie, etc.); mais il est certains signes, tels que le spasme respiratoire, le mode spécial de sputation (crachement), etc., qui n'appartiennent qu’à la rage , et doivent permettre le plus souvent de la diagnostiquer sous ses complications. C’est donc le caractère respiratoire qui distingue l'hydrophobie rabique, soit la rage, de toutes les autres hydrophobies. Le chien enragé exprime souvent la sensation douloureuse que lui fait éprouver le spasme de son gosier en faisant avec ses pattes de devant, de chaque côté des joues, les gestes propres au chien dans la gorge duquel un os est arrêté.
Enfin, le fait dominant dans cette maladie, c’est que l’animal peut déjà en être atteint et la communiquer par sa bave, tout en conservant avec ses maîtres ses habitudes caressantes et soumises, à moins qu’il ne s'agisse d’un de ces animaux d'un caractère hargneux et féroce. Mais ces caresses mêmes ont un caractère tout particulier qui leur est communiqué par l'aspect « sombre et suspect » de tout animal qui se trouve sous l'influence de la rage.
Pr NOTA