VIANDE
71. — Dans sa séance du 46 mars 1871, l’Académie des sciences de Paris s’est occupée de la question de savoir si la viande d'animaux morts de la peste bovine pouvait être mangée sans danger. M. Dumas répondit affirmativement. Les faits constatés en 1814 et des expériences entreprises sur eux-mêmes par des vétérinaires, démontrent que la viande de l'animal atteint de typhus n'est pas malsaine. M. Bouley ajouta que la viande des animaux malades de la peste est sans danger pour le consommateur. Pendant le siége de Strasbourg, en 4814, la garnison n'a mangé que des animaux atteints de la peste bovine, sans qu'il en soit résulté aucun inconvénient pour la santé publique.
Les médecins de Genève ont également déclaré, d'après des faits irrécusables, que, dans une épi- zootie de glossanthrax (charbon à la langue), le lait des vaches malades n’était pas nuisible. La question est donc, sous ce rapport, parfaitement tranchée.
12, — Il en serait de même pour les animaux
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morts de la rage. Suivant M. Cézard, vétérinaire à Varennes (Meuse), la viande d’un animal enragé est complétement inoffensive, de nombreux faits l'ont prouvé; il cite entre autres les deux suivants :
« Deux vétérinaires très instruits, qui avaient déjà observé de nombreux cas de rage, sont appelés en consultation par un confrère au sujet de : deux bœufs malades. Après un examen attentif, ils crurent être en présence d’une affection vertigineuse et firent sacrifier, pour la boucherie, les deux animaux qui, je me hâte de le dire, furent mangés sans aucun inconvénient. Dix nouveaux cas qui survinrent successivement dans la même étable ne laissèrent aucun doute sur l'erreur du diagnostic.
« À la suite de ces faits, notre regretté confrère, M. Thouvenin, de Pont-à-Mousson, n’a pas hésité, pour rassurer les populations qui en avaient mangé, de manger lui-même un beefftek pris sur un autre bœuf mort de la rage. »
73. — Dans la séance du 3 août 1878, du Congrès international d'hygiène de Paris, dont je faisais partie, M. Decroix, vétérinaire distingué, a développé cette thèse que la chair des animaux morts de la morve, du farcin et même de la rage, peut, en cas de besoin, être livrée sans danger à la consommation. Il à eu le courage d’en faire l'expérience en mangeant de la viande crue d’animaux atteints de ces diverses maladies, à plus forté raison cette viande peut être mangée cuite.