SN ARS 4° REMÈDE D'UN SOLDAT RUSSE
84. — « Il y avait, raconte un médecin russe, au village de Sorokolitono, dans le cercle de Bellerwski (Russie), un ancien soldat qu’on disait avoir souvent guéri des hommes et des animaux mordus par des chiens enragés, au moyen d'un remède qu'il aurait appris d’un paysan d’Archangel quand il était encore au service. Après avoir pris quelques renseignements à ce sujet, j'appris qu'il réduisait en poudre une racine semblable à un oignon, et qu'après en avoir saupoudré une tranche de pain couverte de beurre, il la faisait prendre ainsi à ses malades.
« Quoiqu on m'’assura qu'il les avait toujours guéris par ce reméde, j'y ajoutais peu de foi jusqu'au moment où un accident m'en fournit la preuve. Un des chiens de mon frère qui habitait une campagne avec moi, devint enragé et mordit un chasseur. On fit l'opération ordinaire pour empêcher la propagation du venin‘; la plaie se guérit et l’on n'eut plus d'inquiétude sur les suites de cet accident. Mais, au bout de quelque temps, tous les symptômes de l’hydrophobie se manifestérent, et l’on fut obligé d’attacher le chasseur avec beaucoup de précaution. Je conseillai de conduire le malade près du soldat. Celui-ci lui donna deux doses de son remède, l’une le soir, l’autre le
1 La cautérisation, sans doute.
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matin, et dit qu’on pouvait le détacher et le conduire chez lui sans danger.
« Le chasseur éprouva de la faiblesse, mais il n'eût pas d'accès de délire ni d'hydrophobie. Au bout de quelques jours, il se trouva parfaitement guéri, et il vécut encore plusieurs années sans éprouver la moindre rechute. »