‹ Monographie de la rageChapitre 69 sur 120 · ° TRAITEMENT DE CELSE, IL Y À 4,800 ANS · texte numérisé non relu

° TRAITEMENT DE CELSE, IL Y À 4,800 ANS

88. — J'ai déjà dit que Celse, qui écrivait il y à dix-huit cents ans, avait institué un traitement contre la rage, et si complet, qu’on ne fait pas mieux aujourd'hui.

« Celse recommande, en effet, pour empêcher d'agir le venin déposé dans une morsure, de re-

courir, suivant l’organisation des parties blessées, soit à l’extirpation, soit à la cautérisalion avec le feu ou les caustiques, soit à la succion directe avec

la bouche, opération qu’il dit pouvoir être faite

toujours avec impunité , lorsque la personne qui la pratique n’a dans la bouche aucune excoriation. » (H. Bouley, dictionnaire déjà cité.)

Quand la maladie est déclarée, Celse ne croit pas l’art impuissant, et il préconise, comme moyen unique, de jeter les malades dans un réservoir d'eau froide, et s'ils ne savent pas nager, de les laisser couler à fond, en ayant soin de les ramener à temps à la surface pour les plonger de nouveau, afin, dit-il, « qu'ils puissent boire malgré eux, et qu'ainsi on les délivre tout à la fois et des tourments de la soif et de la terreur de l’eau ». Après cette immersion violente, et pour en contre-balancer les effets sur les natures trop faibles, Celse recommande de plonger les patients dans un bain d'huile chaude.

29 PERCHLORURE DE FER.

. 88 bis. —= La médecine rationnelle n’est pas restée en arrière quant aux recherches d’un traitement propre à prévenir la rage, ou à la guérir une fois déclarée.

Mon regretté confrère Burin du Buisson, alors pharmacien à Lyon, s’occupait en 1860 de la préparation en grand du perchlorure de fer liquide,

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et il crut avoir trouvé dans ce sel ferrique un préservatif assuré du virus de la rage et des venins. En 1861, des expériences furent faites à l’école vétérinaire, sous la direction du docteur Rodet, ancien chirurgien en chef de l’Antiquaille, avec la solution de perchlorure de fer, tantôt en faisant mordre à la patte un chien bien portant par un chien enragé, tantôt en inoculant, à l’aide de la lancette, la bave de ce dernier sur le nez ou le museau du premier. Dans le premier cas, on panse les morsures avec la liqueur préservative, dans le second, on applique, après un certain temps, des linges fortement imbibés du même liquide sur les piqüres d’inoculation.

Mais le pharmacien de Lyon conseille, en outre, de cautériser au moins les principales morsures avec le fer rougi à blanc; or, l'emploi de ce seul moyen n'est-il pas suffisant, dans la plupart des cas du moins (101), pour annihiler le virus rabique dans les plaies récentes ? Bien que la rage ne se soit développée chez aucun des animaux traités à l’école vétérinaire, M. Burin du Buisson limite un peu sa confiance dans l'emploi exclusif du perchlorure de fer en disant :

& Si la prophylaxie de diverses maladies contagieuses est aujourd'hui un fait définitivement acquis à la science, on ne saurait Jamais user de trop de circonspection quand 1l s’agit d’une maladie qui, comme la rage, n’a jamais d'autre issue

qu'une mort horrible. Et malgré la foi entière, absolue, qu'ont apportés dans notre esprit les résultats constatés à l’école vétérinaire de Lyon, nous croyons que, pour un certain temps encore, la prudence commande d’allier le puissant moyen préservatif du docteur Rodet à celui que l'expérience et la science ont reconnu le seul efficace jusqu’à ce jour : la cautérisation par le fer rouge. »

Le silence gardé depuis sur les résultats des expérimentations faites avec le perchlorure de fer par les éminents docteurs Rodet, Bonnaric et Deprez, prouve que les espérances de M. Burin ne se sont point réalisées ; en cas contraire, ces résultats eussent reçu une large publicité et une application non moins grande, et le gouvernement s’en fût emparé pour le bien de tous.

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