REMÈDE DES ARABES
101. — Dans une séance récente de la Société d'entomologie de France, il a été fait mention, par M. L. Riche, d’un moyen de traitement employé contre la rage par les Arabes.
« Notre collègue, M. de Sauley, dit-il, m'a remis quelques débris de coléoptères qu’il a reçus de Gabés en Tunisie ; son correspondant, M. de Chevarries, lui écrit à ce sujet : |
« Je vous adresse le reméde des Arabes contre la rage. Il consiste en deux espèces de scarabées dont je vous envoie des échantillons ; ils m'ont été donnés au sud de l’Ouderne par un homme de la tribu des Amerna. Il en possède une douzaine qu'il ‘conserve précieusement. En me les remettant, il m'en a détaillé les vertus et bien expliqué la manière de les employer. À mon retour à Gabés, J'ai parlé de ce remède à un Arabe très intelligent ; dl
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qu'ils étaient consignés dans leurs ouvrages de médecine dans lesquels on peut lire que le dernona (l'insecte) guérit de la rage lorsqu'il est administré dans les vingt jours de la morsure, qu'il doit être donné au malade la valeur d’un gram de blé dans un morceau de viande.
« Cet insecte a des propriétés vésicantes d'une grande puissance, d’après ce que me disent tous les Arabes, et il serait dangereux pour la vie du patient de trop augmenter la dose. Les Arabes sont unanimes pour affirmer l'efficacité de ce remède, qui n'agirait cependant que pendant les dix-huit ou vingt Jours aprés la morsure. Ce qui paraît indubitable aussi, c’est qu’il occasionne des coliques épouvantables. De tout cela, il résulte que ce doit être un remède d’une violence extrême, et qu'il ne faudrait l’'administrer qu'avec la plus grande prudence. » (Journal le Salut public, de Lyon, 2 septembre 1878.)