REMÈDES DIVERS
102. — L'emploi du genre meloe (cantharides) a été depuis longtemps préconisé contre la rage. M. L. Faimaire, membre de la Société d’entomologie, lui à communiqué, le 29 août 1856, une brochure de M. Saint-Hombourg, traitant du même sujet.
Le docteur Gallipe rapporte à la cantharidine les propriétés des cantharides que Dioscoride,
Avicennes et autres administraient aux malheureux mordus par des chiens enragés. Ce traitement serait encore aujourd’hui fort en vogue en Chine et même en Hongrie.
En 1819, un médecin italien, le docteur Palazzini, conseilla l’inoculation du venin de la vipére, produisant, dit-il, la torpeur, le sommeil, la léthargie, etc.
Ce traitement a été rappelé au Congrès d'hygiène international de Paris, dans sa séance du 5 août 1878, par un savant médecin de Milan, le docteur Sapolini, qui parla encore de l'emploi, dans le même cas, du venin desséché du serpent à sonnette, sans y ajouter foi cependant.
« M. Naudin, de l’Institut, dans une lettre adressée à M. de Pietra-Santa, appelle l'attention de la Société d'hygiène sur les propriétés de la cétoine dorée (cetonia aureata), mentionnée comme antirabique sérieux par le docteur Chenu dans son travail sur les coléoptères.
« En même temps, le Journal des Connaïissances médicales, du docteur Cornil, signale au même titre deux insectes vésicants, meloë tuccia et mylabris tenebrosa, que l’on administre, pulvérisés, aux doses de quelques centigrammes. » (Journal d'hygiène, de Paris, du docteur de Pietra-Santa, n° du 24 octobre 1878.)
On a aussi employé l'acide prussique, l'eau injectée dans les veines, les écailles d'huîtres, le musc, le cinabre arüficiel (sulfure rouge de mercure) et autres préparations mercurielles, le bromure de potassium, le chlore, l'acide chlorhydrique, la limaille de cuivre, la pierre d'aimant, le sulfate de quinine, l'émétique, l'oxide de zinc, et une foule d'autres moyens qui, tous, ont produit les mêmes effets négatifs.
Rappelons encore 1ci la méthode de M. Lebeau, vétérinaire, au sujet de laquelle on a fait assez de bruit cette année, et qui consiste, d’après l’auteur, à administrer aux malades de l’ammoniaque et des essences volatiles tirées de plantes des familles labiées et ombellifères. Les faits recueillis jusqu'ici demandent à être répétés et confirmés pour établir une conviction.
Cependant, d'aprés le docteur Landur (Journal d'hygiène, n° du 24% octobre 1878), « toutes ces médications ont un caractère commun : ce sont des médications stimulantes, énergiques, procurant une fièvre artificielle et accélérant le mouvement de dénutrition. L'échec des médications sédatives par Le chloral ou le bromure de potassium, est un motif pour chercher dans cette direction. »