La manière de les conduire en four
rière, après les avoir saisis, est douloureuse et répugnante. L'homme préposé à ces fins lance un
h à de
lasso autour du cou du chien qu’il veut saisir, et, cela fait, il tire à lui la corde qui serre d'autant plus que l’animal résiste davantage pour se laisser emmener. De là des cris, des hurlements de ces pauvres bêtes, ameutant les chiens libres qui protestent en aboyant sur tous les tons, sans compter la foule qui se repaît de ce triste spectacle. Il y a même, parfois, entre l’homme et le chien, un combat qui n’est pas toujours sans danger pour l’homme, témoin le preneur de chien dit Roudio, que je vis passer tout sanglant des suites d'une lutte entre lui et un gros chien, et qui, conduit à l’'Hôtel-Dieu le 42 août 1873, y succomba le 44 du même mois à la rage déclarée.
Son fils, mordu dans les mêmes fonctions, entra le 43 avril 1875 à l'Hôtel-Dieu, avec tous les symptômes de la rage, et y mourut le lendemain soir. Ces deux malheureux furent soignés par l’habile chirurgien en chef de cet hôpital, le docteur Carret ; ils ne s'étaient pas fait cautériser au moment où 1ls furent mordus. .
Le chien, une fois saisi, doit être mis dans une caisse fixée sur un charriot et conduit ainsi en fourrière. Ce moyen, si convenable, est déjà presque partout mis en pratique, ainsi que nous le verrons bientôt.
Si l'animal saisi est un chien de chasse, on le garde 24 heures, c'est trop peu ; passé ce terme, on le met à mort, s’il n’est pas réclamé.