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Monographie de la Saône

Il a paru un grand nombre de descriptions de la Saône et de ses bords. Il y a peu de temps encore, M. KauiTmann a fait une publication qui, avec celles de MM. de Pelanne et Achard- James, président de la Cour d’Appel de Lyon, se place aux premiers rangs parmi les productions qui ont eu la Saône pour objet. Mais la Saône, si ce n’est pour quelques points isolés, n’à jamais été envisagée sous tous ses rapports géographiques et commerciaux. C’est ce travail que j’ai entrepris et que j’ai cherché à compléter

Je plus possible, grâce surtout aux dociinients officiels qui m’ont été fournis avec la plus grande obligeance.

Le moment était opportun pour se livrer à cette étude. Depuis 1887, le Gouvernement a fait exécuter, dans le lit et sur les rives de la Saône, des travaux considérables d’amélioration, dont la dépense dépasse vingt millions. Ces travaux ont eu pour effet de développer la navigation sur cette rivière, au point que le tonnage annuel des marchandises qu’elle transporte, qui était, avant i 83 o, d’environ 3 oo,ooo tonnes seulement, s’élève aujourd'hui à plus de 700,000, et que le nombre de ses voyageurs qui, à la même époque, était à peine de 60 par jour , s’élève maintenant à plus de 1,200.

Les faits et les causes d'un pareil progrès méritaient d’être étudiés et constatés.

Je ne me suis nullement préoccupé, dans mon travail , de la question du chemin de fer de Châlon à Lyon, question qui ne rentrait point

dans mon sujet. Ce n’est pas moi, au surplus, après le concours officiel qu’il m’a été donné d’apporter à l’établissement des chemins de fer en France, que l’on rencontrera jamais comme adversaire de ces précieux instruments de locomotion. Je suis bien loin de partager l’opinion de ceux qui croient qu’un railway latéral à la Saône deviendra une source de ruine pour cette rivière. Il y a un courant et une loi de solidarité entre toutes les voies de communications,qui font que, sous l’influence des rapportsqui se multiplient, elles se développent et s’entr’aiden/ toujours mutuellement les unes par les autres.

Dans la partie physique de la Saône , je me suis attaché avec soin à déterminer l’étendue de la rivière, la contenance de son bassin, les pentes et la profondeur de ses eaux, la vitesse de son cours, et son étiage ou niveau au-dessus de la mer dans les basses eaux. Puis, j’ai parlé de ses crues, de son débit, particulièrement à Trévoux et à I.yon, et j’ai essayé de donner le

nom de tous les affluents de la Saône avec quelques courtes notions sur les principaux d’entr'eux, chose plus minutieuse et plus difficile qu’on ne pourrait le croire.

Je me suis occupé en second lieu de l'ancienne et de la nouvelle navigation de la Saône. Relativement à l’ancienne navigation, j’ai dit quelques mots sur les contestations nombreuses dont elle était l’objet, soit sous les Celtes, alors que la Saône séparait les Eduens des Séquaniens, soit au moyen âge, alors que cette rivière formait la limite entre le royaume de France et l’empire d’Allemagne. Le souvenir de ces dernières luttes est encore resté populaire dans nos contrées. En ce qui concerne la nouvelle navigation, j’ai présenté un historique rapide de l’établissement des bateaux à vapeur sur la Saône, avec le tableau du développement successif de ces bateaux, de leur nombre, de leur force, de leur vitesse, de la quantité de marchandises et du nombre de voyageurs qu’ils transportent.

Enfin, j’ai cherché à faire quelques rapprochements sous ses mêmes rapports, et à établir quelques points de com]>araison entre ce qui existe aujourd’hui et ce qui existait au siècle dernier.

Pour faire connaître les divers travaux qui ont été exécutés sur la Saône, je me suis principalement servi des publications faites par l’Administration des ponts et chaussées, sur la Situation des travaux publics, ainsi c{ue de la Notice des travaux publics exécutés de i 83 o à 1847, très-rare et très-précieux document. J’ai donné ensuite le relevé des sommes qui ont été dépensées pour l’amélioration du lit et des berges de la Saône, ainsi que le relevé de ce que cette rivière produit annuellement au trésor. Ces documents, qui n’avaient jamais été publiés, voulaient être recueillis.

Cet essai se termine par quelques mots sur la Saône, envisagée sous le rapport de l’histoire naturelle, c’est-à-dire de la géologie, du règne

animal et du règne végétal, toutes choses que Je n’ai fait qu’effleurer, comme une caresse donnée en passant à ce qu’il y a de plus attrayant dans les souvenirs de l’enfance et de la jeunesse.

Tel est mon travail, à la suite duquel j'ai cru devoir faire imprimer un extrait de Papire Masson sur l’.lrar^ tiré de son livre Descriplio /luminum Gallia, tombé dans les raretés bibliographiques. Le passé, rapproché du présent, excite toujours de l'intérêt.

Il n’existe point de carte spéciale et complète de la Saône depuis sa source jusqu’à son embouchure, comprenant son bassin principal etses bassins accessoires. J’ai suppléé à cette omission. La carte que je donne, gravée par les soins de M. L. Perrin, complétée par M. Drian, sous la précieuse direction de MM. Lortet et Fournet, est remarquable par son exécution, comme tout ce qui sort des presses de notre habile typographe lyonnais. Cette carte montre que la Saône

iorme un arbre, ou plutôt la continuation du Rhône, grand arbre ayant ses racines à la nier, dont les affluents immédiats sont autant de branches principales qui ont, elles-mêmes, leurs rameaux et sous-rameaux dans les affluents secondaires et tertiaires, qui se déversent les uns dans les autres.

La Monographie de la Satine, extraite de la Rerue du Lyonnais, est précédée d’une Disertation sur les Insubres des bords de la Saône, ainsi que d’une LeKre à M. l’abbé Roux, sur une question qui se rattache essentiellement à l’histoire de notre contrée sous l’époque gallo-romaine, celle de savoir si les Ségusiaves qui avaient reçu d’Auguste le titre de liberi étaient ou non assujettis à des impôts envers les Romains. Qu’il s’agisse, au surplus, de la Saône, des Insubres ou des Ségusiaves, c’est toujours de l’histoire de notre contrée dont je me suis occupé, et à laquelle j’ai consacré mes loisirs de magistrat. 11 y U un charme dans l’étude de son pays qui

fait qu’on s’y attache d’autant plus qu’on le connaît mieux jusque dans ses racines et dans ses branches.

DE LA SAONE,

nOHUoisis

sous LE HAPPORT GÉOGRAPHIQUE, STATISTIQUE ET COMMERCIAL.

J'u parlé, dang le dernier numéro de la Revue du Lyonnais, deg Ingubreg deg borda de la Saône, je vaia cggayer de parler aujourd’hui de la Saône elle-même.

J’ai cherché A démontrer que Ica Ingubreg cisalpins vinrent se réfugier et se fixer sur les bords de la Saône, lorsqu’ils furent chassés de l’Italie par les Tyrrhéniens, à l’époque de la troisième génération avant la guerre de Troie, c’est-à-dire plus de mille ans avant Jésus-Christ. Ces Ingubreg furinaieut la partie des Ombri qui, quelques siècles auparavant, étaient partis des Gaules, et s’étaient établis au nord du Pô, et qui avaient pris, de leur position dans un pays bas, le nom ù’Is’Ombri, comme les appelle Polybe, c’est-à-dire Omôri inférieurs, nom que les Latins traduisirent par le mot ; Insubres.

Il ne faut pas s’étonner si, après avoir été expulsés des belles

DE LA SAOME.

rives (lu 1*0, el apr(*s avoir traversé les Alpes, les Insubres cisalpins , cherchant une nouvelle patrie , crurent devoir s’arrêter dans la belle vallée de la Saune. l,nrs(iue la terre d(’chira scs lianes pour ouvrir un libre cours aux eaux , la nature , dans l’harmonie de ses bouleversements, ne forma pas de vallée plus séduisante (|ue celle-là. I.a Saùne, (|ui coule sous une latitude tempérée, commence oCi Unit le climat du Nord, et finit cllemt'meoù commence le climat du Midi.

X Suïcraine de plus de trente rivit^rcs qui lui portent leurs flots, la SaOnc devient ù son tour tributaire du RhOne, et perd son indépendance à la presqu’île de Perrache, au-dessous même de l.yon. Majestueuse, élégante, coquette, parfois presque rapide , mais plus généralement nonchalente et silencieuse , la Saône, s’étend dans les prairies et les champs les plus riches et les plus fertiles, baigne des grèves fleuries et réflèle dans scs eaux limpides une végétation vigoureuse et abondante ; sur tous ces bords privilégiés, ralouettc commence la journée el le rossignol la finit. Cette heureuse rivière pleine de grâce dans ses ondulations, bizarre dans ses tournants rapides et inattendus, déroule à tout instant des tableaux où la nature étale sa variété et sa munificena', et souvent elle diversifie avec bonlieur les mêmes sites, en les déplaçant tout-à-eoup. (Mahandon de Mon- TïËL. Pèlerinage sur la SaOne de Chtilon a Lyon).

» Rien n’est aussi beau dans l’univers, a dit l’auteur des Soirées provençales, que le paysage qui s’étend depuis l.yon jusqu’à Trévoux. » • Il n'y a rien d’exagéré, dit à son tour M. J. Dard, dans cette assertion, toute absolue qu’elle paraisse. C’est à partir de ce point «lue la campagne devient si maguifi- (|ue, qu’on ne trouve plus d’expressions pour la décrire, plus de couleurs sur sa palette pour la peindre. Ce ne sont point les bords sévères du RhOne ; ce ne sont point les lignes molles de la Seine ; c’est un véritable éden. »

Combien je m’étonne que celte Saône si gracieuse, et qui semble si inspiratrice, n’ait pas encore fait vibrer la poésie, elle cependant iiui a vu naître le plus grand poète de nos jours, le poète (|ui a si délicieusement chanté le lac du Bourget.

DE LA SAONE.

Mais il n’en est pas des arts comme de la poésie ; les arts n’ont pas fait défaut à la Saône. Rien de plus beau et de plus suave que la .Saône, représentée par le célèbre Coiistou, sons la forme d'une nymphe embellie par les praces, et qui, molleiucnt reposée sur la verdure, semble si bien reproduire l’image de la douce rivière, mith Araris, au cours lent et paisible !

Le tableau d’une vue de le Saône, prise à Trévoux, par l)uclaux , est signalé avec raison comme l’une des meilleures productions qui furent exposées à Paris, en 1823.

Sans parler ensuite d’une foule de gravures sur divers points de vue de la Saône, œuvres éphémères de la tourl>c des artistes, sans parler même de toutes celles que Ut Israël Sylvestre, en 1632, et qui méritent qu’on s’y arrête, qui n’ admirerait la vue du Chùleau de Pierre Seize, tel qu’il existait autrefois, par J. -J. de Itoissieu ; la grande vue du quai St-Anloine, par Cleric,cellesque l’on doità Bidauld,<i Bellay ; la belle vuederile-Barbc, par (!robon(l775); par Boissieu (1808) ; par Klandrin (1828); et par Guindran (1830) ; ou bien encore la rare gravure de l'ie VU, cMunt à l'empressement des Lionnais de luy faire connaître les bords de la Saône, lors de son passage à Lion, le 27 avril 1803, par J. -J. Itoissieu. Enfin qui ne se sentirai! douloureusement étreint, en voyant cette autre gravure si saisissante de l’exécution de Mouton- Duvernet (1), sur les bords de la .Saône, aux Etroits. Près de là, est le lieu auquel Jean-Jacques Rousseau a attaché une sorte de célébrité, en y reims.int une nuit entière, sur la tablette d’une espèce de niche ou de fausse-porte, enfoncée dans un mur de terrasse, sous un ciel de lit formi' par les arbres.

Enfin, l'art numismatique lui-même peut, à juste titre, revendiquer, au sujet de la Saône, un de ses véritables chefs-d’œuvre. C'est la médaille gravée par B. Duvivier, présentant d'un côté

(0 Olle gravure a été fueculéc d’apréti un de.vAin au craton de Nrair, fait le «amedi 27 juillet 1816, jour nu'oie où AMoulou>!)uveinet fut fitvillé. Je n'vii ruijuaîs d'autre eaemptaire que celui que l’on voit danv la riche colleC' (ion de M. Costc, ron»eillcr honoraire à la Cour d'Appel Je Lyon, collection qui, en embrassant aljsolumcnl tout ce qui est relatif à rhisloire de celte ville, sous loua les rappoils, constitue les plii.t prccicus«.< archives d'un pays.

36 DE LA SAONE,

le buste de Louis XVI, et de l'autre un très-beau groupe composé des trois fleuves, la Loire, la Seine et le Rhin, au milieu desquels la SaOne, sous la figure d'une belle femme, portant la couronne ducale, élève le caducée du Commerce, et soutient la corne d’abondance pour en annoncer les elTets.

On lit dans la légende : uthiusque maris junctio triplex. et il l'exergue : fossis ab arari ad ligerim, seqdanam, et ruenuh simdl apertis. MDCC.LXXXIIl.

Dans l'antiquité, comme dans tes temps modernes, l’on a parlé bien des fois de la Saène, depuis César, Marc-Antoine, Strabon, Pline, Tacite, Ammicn Marcellin, et, depuis Virgile, Sénèque et Claudien , jusques A Scaliger, Racine Qls, M.-A. Petit, de Fontancs, etc.

Parmi les ouvrages anciens qui ont parlé de la Saône, il faut surtout mentionner le Litre des fleuves, faussement attribué par quelques-uns A Plutarque. Suivant cet opuscule, la première dénomination de la Saône aurait été Brigulus, et cette rivière aurait quitté son nom primitif pour consacrer A jamais un trait héroïque de l’amitié fraternelle. « Arar, dit l’auteur, étant allé chasser dans une forêt, sur les rives de la Saône, y tlt la rencontre cruelle de son frère Celtibcr dévoré par les bêtes sauvages i ne pouvant supporter un si douloureux S|)cctacle, il se frappa A mort sur les bords du fleuve, et tomba précipité dans scs eaux qui, de ce moment, portèrent le nom d’Arar. »

L’auteur du Livre des fleuves prétend qu’il existe dans la Saône im grand poisson appelé par les gens du peuple Scolopide, lequel, au renouvellement de la lune, devenant de couleur blanche, et, A son déclin entièrement noir, meurt percé par scs propres arrêtes. L’on trouve, ajoute-t-il, dans sa tète, une petite pierre de la grosseur d’un grain de sel qui , appliquée pendant le déclin de la lune, sur le côté gauche, guérit de la lièvre quarte.

Ce que rapporte le Livre des fleuves d’Arar doit être relégué au rang des fables, de môme que le prétendu poisson dont il parle, qu’on ne trouve mentionné ni dans l’ichtiologic particulière de la Saône qui a été donnée par M. Monnicr, ni dans aucune autre ichtiologic quclcomiue.

UË LA SAONE.

Uvpuis le coiumcucenicnt du dix-neuvième siècle, divers opuseules ont été spécialement consacrés à 1a Saône : 1° Mémoire* rur tes noms et les sources de la Saône ; par A. Xav. Girault (Magasin Encijclopédique. 18t2 t. V, p. 129 etsuiv.J; — 2" Itinéraire ou passe-temps de Lyon à Mâcon. Lyon, Mouillet, 1812; — 3° De la Saône et de sa navigation , par Baudot ( Dijon, 1813 ); — 4° Voyage de Lyon à Châlon par la Saône , par J.-C. Berthier (Lyon, Kindelcm, 1814); — 6“ Itinéraire de Lyon d ChAlon (Paris, 1835) ; — 0“ La Saône et ses bords, par M. Alex. Mure DE PÉLANNE (Paris, 1836); — 7° Pélérinage sur la Saône, par M. Marandon de Montyel (Gliftlon, 1838); — 8° Et enfln Guide historique et pittoresque de Lyon à Chùlon, par M.' Achard James, président de la Cour d’appel de Lyon (Lyon, 1844).

Il y a ensuite, outre diverses lettres de Mazade d’Aveze, parmi les travaux moins exclusivement spéciaux ii la Saône, mais non moins intéressants à consulter en ce qui la concerne ; 1" Dissertation sur l'ancienne navigation des rivières du Doubs, de la Saône et du Rhône, par M. CosTE, bibliothécaire de Besançon i Magasin encyclopédique, 1805, t. iii, p. 110 et suiv. ; — 2“ Ararica et Buodanica, archéologie des deux fleuves de Lyon, par M. 11. Greppo (Revue du Lyonnais . t. xvi, p. 225 et suiv.); — 3" enfln Itinéraire de Dijon à Lyon, par M. J. Bard. (Lyon, 1850).

Quant à nous, notre seul but est de présenter ici quelques notions sur la géographie physique de la Saône , dont le lit ne parait pas avoir changé depuis la dernière révolution du globe jusqu’au temps voisin du nôtre , où les travaux de Perrache ont reculé le point de jonction des deux fleuves. Aussi , Coulon , riiistorien des Rivières de France, dit que plusieurs rivières ont changé de place, mais que la Saône a seulement changé de nom (1) (Paris, Clousier, 1644, in-8). En effet, c’est lou-

(l) Des divers noms de la S.aône.

Suivant le Livre des Jlemet et de$ nomt des montagnes, mal à propos aitriliuc à Plutarque, la Saône aurait primitivement porté le nom de Brigulns. (î'est une invention 4lc l'auteur à laquelle l’on ne doit pas s'arrêter. Il n'y a pas

DF. I.A SAONE.

jours la même Saône telle qu’elle est déerite par César, le premier qui en parle, parmi les auteurs que nous possédons, « cette rivière, d’une si incroyable lenteur, ainsi qu’il s’exprime, que l’on

lieu de s'arrêter davantage à l'erreur de rilioéraire d’AnlonÎD qui, après avoir placé la source de la Saône dans la Germanie, donne (rois noms à celte rivière : Hic Jluviui tribuM nominibut nuncupalur.,.. In provinda Germotticn fltix'iui Rbkrcs dicitur.,,. Alibi Bicoaaïus, alibi Aharis appellatur.

Les seuls et véritables noms que la Saône ait portés, sont ceux d'AaaR, de Saccora ou de Sargora, Saoora, et enfin de Saôr£.

D'après le P. Pearon , arar vient du mot celtique oraf, d'où les Latins ont fait le mol arore labourer, et orarno» cbarrue, que les Gaulois nommaient aror. Les Gaulois, dildl, auraient voulu exprimer par U, que la Saône va len. tement comme une charrue.

An, en langue celtique, disent Gollut et Goropius (fol. 75 ), signifie rardi/, d’où nos mots tard, larder, arr^/et% relard, barrer, barriire, tous de même origine : au, ar est le superlatif, lrè$ iardif..„ Ar, signifie encore terre, dans la langue des Celles, d'où sa arx, labourer la terre. Comme celte rivière, dit M. GtaADLT, roule au milieu d'un bassin liès-ferlile, elle aura pu en recevoir le nom Aasa. Teriiam parlent agri segunni gui euat optimn» totiut Galliœ (César, de Bell. Gall, Hb, x).

D'autres prétendent que, sous les Celles, la Saône portait le nom deSst;> CORA, qui dérive des mots celtiques *ohg an, et signifie east tranguille.

« On sait, dit Bacor>Tacor {Origines celtiques du Bugeg, t. i, p. 181), que la Saône, en latin Sauconnn, s'appelait prcccdemment An Ar, nom bonori* fique qui signifie la riviire rivière, ou la rivière par excellence. •

Quoiqu'il en soit de toutes ces étymologies qui n’apprennviit et oc prouvent rien, cl souvent se détruisent les unes par les autres, ce qu'il y a de positif, c'est que tous les auteurs, antérieurs au cinquième siècle, i|ui ont parlé de la Saône, l'ont tous et toujours désignée sous le nom d'ÀnAB. Ammico Marcellin, qui vivait au milieu du quatrième siècle, est le premier qui lui donne le nom deSAOCORA. Ararim, dit*i1 (qurm Sauconam appellani), inter Germaniam prt> mom Jlueniem, tuum nomen àseicit, gui locus exordium est {Hist. rom. lib j.

•I Depuis le temps de Scplimiis Sevenis, dit PARAnin (f/Mf. de Lyon, p. 4)» la Saône fut nommcc Saugona a sanguine marfijrum, du sang des martyrs. Ainsi est nommée par .Ammianiis Marrellinus... et ne sr faut esbahir do ce nom , car il fut dès lors fivit tel carnage et bciucberiu des pourcs citoyens lyonoois, pour la querelle de la foy (brcstlcunc, que I .1 rivière de la Saône, toute teinte de sang, en regorgea juAques vers MAcon ; et en perdit ce fleuve

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