CHAPITRE VII
ÉTIAGE UE LA SAONE. — BASSES EAl'X.
I.C mol étiagc, nouvclleinuiil créé , a, [Ktiir objet, suivant sou étymologie, il'exprimer le niveau des plus basses eaux d’uuc rivière. l.’écbellc d'étiage présente, au zéro, ce niveau observé, à un jour donné, sur toute la ligne d'une rivière, repérée pour établir son élévation au-dessus du niveau de la mer.
I.'on choisit naturellement, pour faire celle opération, les eaux les plus basses, parce (]ue c'est alors qu’elles présentent le i>lus d'unirormité dans leur pente, à raison de la plus grande uniformité' aussi des allluenls qui alimentent le cours d'eau dont on veut faire le nivellement.
f,a science laisse beaucoup à désirer sous le rapport des observations que l'on [veut vouloir clierclier à établir d'après un nivellement, à raison de tout ce qu'il y a généralement de si peu précis en fait d'hydraulique. Le niveau des eaux varie souvent ilans sa concordance d'une échelle avec une autre échelle, (|uoique, toute deux aient été repérées et établies en même temps. Ceci se conçoit aisément: d'abord la pluie ne tombe jamais uniformément sur tout le bassin d'une rivière, si bien que, {tour la Saône, par exemple , l'on voit quelquefois ses eaux baisser à Cluilon, tandis qu’elles s’élèvent à Trévoux ou à Lyon ; parce que la pluie UC s’est fait sentir (lu’au-dcssous de Chàlon seulement. Ensuite, l'éliage est susceptible de varier facilement sur un point, soit par suite de quelques attérissements survenus depuis que l’échelle y a été établie, soit par suite de travaux opérés sur la rivière, tels que des ponts, des endiguements ou des dragages. C’est ce qui est arrivé notamment pour la .Saône, où l’on a exécuté, comme nous l’avons déjà dit, des dragages considérables qui, en écrétlint les hauts fonds de manière à pouvoir toujours fournir 1 mètre 20 de tirant d'eau à la navigation, ont eu pour résultat d’unifornnscr la pente, tantôt en la diminuant en certains points, tantôt en l'augmentant en certains autres.
Nous avons fait connaître le résumé du nivellement de la Saône qui a clé commencé en 183à, l'ar M. Moreau, ingénieur, clcon-
DE LA SAONE.
tinut^ par scs soins, sous la direction de M. Laval. L'ensemble de ce nivellement, que nous ne croyons pas devoir reproduire, avait pour objet de faire connaître, à partir de l’embouchure du canal du Itliône au Ithin jusqu’au confluent à Lyon , l" la distance (les principaux |ioinls entr’eux ; 2" les cotes des poteaux kilouuîtriqucs ; 3" les cotes de l’étiagc par chaque kilomètre ; 4" la hauteur correspondante de l’éliage aux piquets kilométriques i .5" cnlln la pente de l’étiage d'un kilomètre au suivant.
Désormais ce travail ne peut plus être considéré que comme constatant des choses exactes au moment o(i il a été fait, mais qui ont cessé de l’('tre, à raison des variations survenues dans les pentes pour les petiles distances , par suite des travaux opérés , (luoique la pente générale de la Saône, c’est-à-dire la pente de cette rivière, considérée pour de grandes distances, ait peu changé, si même elle a varié.
Le 3 juillet 1842, il a été procédé à un nouveau nivellement, de la basse Saône, récolé et rectifié le 18 du même mois, ensuite du(|ucl plusieurs échelles ont été modifiées. Depuis lors les échelles de la Saône n’ont subi aucun changement, si ce n’est celle de Trévoux, dont le zéro d'étiage a été surexhaussé, le 23 septembre 1848, d’environ 9 centimètres.
M. Rolland de Ravel a fait faire, le 13 août 1850, un nivellement de la Saône, pour la combinaison des études du chemin de fer de Châlon à Lyon dont il était cliargé. Il a pris pour point de départ une altitude de 163 mètres au pont Tilsit, à Lyon. Voici le résultat de cette opération, qu’il a bien voulu nous communiquer.