CHAPITRE VI
DIVISION ADMINISTRATIVE DE LA SAONE. — PENTES ET PROFONDEl'R DE LA RIVIÈRE.
I-e cours supérieur de la Saône se termine à Cendre-Court, et son cours moyen s’étend jusqu’au pont Nemours, à Lyon. Mais, en prenant pour terme la manière dont on utilise ce cours, l’Ad-
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ministration des Ponls-et-Chaussées divise la SaOne, entre Portaur-Saône cl Lyon, en Haute, Petite et Grande-Saône.
On désigne, sous le nom de Haute-Saône, toute la portion de rivière qui s'étend au-dessus de Gray, et plus spécialement la portion qui est entre Gray et Port-sur-Saùne. Cette partie, embrasse une étendue de 82,840 mètres, dont la pente totale est de 21 mètres 53 centimètres, et la pente moyenne de 26 centimètres par kilomètre. — De Porl-sur-Saûne 5 Gray, il eiiste neuf barrages d’usines avec des pertuis pour le flottage, et qui sont autant d'obstacles que les bateaux ne peuvent franchir.
La Petite-Saône est comprise entre Gray et l’embouchure du Doubs, à Verdun. Elle présente un développement de 115,.576 mètres. De Gray à Verdun, la pente totale est de 15 mètres 24 centimètres, et la pente moyenne de 13 centimètres par kilomètre ; mais les pentes partielles varient de 0 m. 93 centimètres par kilomètre. C’est à peu près vers le centre de la Petite- Saône, que viennent s’embrancher, à Saint-Jean-de-Losne et à Saint-Symphorien, les canaux de Bourgogne et du Rhône au Rhin. — De Gray à Verdun , on rencontre un grand nombre de hauts-fonds, particulièrement à rembouchure des affluents ; sur quelques-uns la hauteur d’eau descend Jusqu’à 40 centimètres.
La Grande-Saône s’étend de Verdun à Lyon ; sa longueur est de 166,380 mètres. La pente de la grande Saône est de 12 mètres 56 centimètres; mais cette pente n’est pas uniformément répartie : presque nulle dans l’étendue des biefs que présente la rivière, elle s’élève jusqu’à 56 centimètres par kilomètre sur les hauts fonds qui les séparent. — La profondeur est aussi trèsinégale : elle varie entre 43 centimètres et 6 mètres 20 centimètres, en temps d’étiage.
Suivant le langage des patrons de la Saône, la rivière a de 55 à 60 pouces de profondeur, dans les eaux rondes, et de 25 à 26 pouces dans les eaux basses , aux temps de sécheresse.
Avant les travaux d’endiguement et de draguage dans les eaux basses, la Saône n’avait que 1 8 pouces seulement de profondeur, ce qui ne permettait pas le jeu de la navigation.
Les travaux qui ont été exécutés sur la grande Saône ont
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surtout pour objet de recouvrir les hauts-fonds d’une tranclio d’eau sudlsante, afin de faciliter le plus possible la navigation. Ces travaux eonsistent en un chenal fixe à eau courante. Audessous des haut.s-fonds les plus prononcés, l'on a établi un barrage submersible à pertuis libre , disposé de manière à relever la surface des eaux à l’amont , sans déterminer toutefois, dans la passe navigable , un courant dont la vitesse soit nuisible à la navigation, à laquelle l’on est parvenu à fournir un tirant d’eau de 1 mètre SO au plus bas étiage, ce qui produit une hauteur d’eau de 1 mètre .W, à l’étiage ordinaire.
La Saône, comme en général les rivières de France, est composée d’une succession de fosses ou bassins, séparés les uns des autres par des hauts-fonds formant des espèces de barrages naturels transversaux, que l’on nomme maigres ou rapides.
« Dans les fosses ou bassins, la profondeur est toujours considérable et la vitesse presque nulle. Certaines profondeurs ont été trouvées de 8 il 11 mètres, comme dans la traversée de Lyon, et même de 14 mètres, comme vis-à-vis l’Ile-Barbe.
« Dans les rapides, au contraire , la vitesse est toujours fort grande (elle varie de t mètre 40 à 2 mètres 56 par seconde), et la profondeur très-faible y varie de 0 mètre 75 à 0 mètre 35 audessous de l’étioge ( Annuaire du département de Saône-et- Loire pour 185t, p. 325). »
L’on remarque que, dans les maigres ou rapides , la vitesse est d’autant plus accélérée que les eaux sont plus basses, ce qui fait dire alors aux patrons de la Saône , que les fosses se vident.
Tous les documents, dont nous venons de présenter le relevé dans ce chapitre, sont ofilciels et sont à peu près tous extraits de la Situation des travaux iiui a été publiée jusqu’en 1847, par l’Administration générale des ponts-et-chaussées. Nous y joindrons un tableau des pentes de la .Saône, à partir de l’embouchure du canal du Rhône au Rhin , jusqu’à Lyon. Ce tableau a été dressé en 1836, d’après les opérations de nivellement faites en 1835, et dont nous avons fait connaître le résultat général.
DE LA SAONE.
De Saint-Sjrmphorien i l’embourhure du Uoubs à
Verdun, luagueur développée
Pente totale entre ces deux poinii
D'on la pente relative o'" ooota33, et
‘ i» ooo"oO
par kilomètre . o*” iaî3
a® De Verdun au pont de CliAlon, longueur développée.
Pente totale eulie ces deux points
D’oii la pente relative o»" oooo37a, et
* sS,5oo«oo
par kilomètre o'** oB?»
3^ Du pont de Cliilon à relui de MAcon, longueur développée •
Pente totale entre ces deux points
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D’où la pente relative . o"* oooo44o5 et
par kilomètre o* «446
4® Du pont de Mâcon à la fin du port de Trévoux,
longueur développée. .
Pente totale eutre ces deux points
D’on la pente relative ■ o*" oooo6a", et
par kilomètre o® oôa^
5* Du pont de Trévoux au Rhono à Lyon, longueur!
développée.
Pente totale entre ces deux (>oinU
D’où la pente relative ■ ■ o® 000KJ075,
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et par kilomètre 0“ 1908
métrés.
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Il n'est pas inutile, en terminant ce cliapilre, de faire connaître le rapport ((ui existe entre les altitudes et les pentes respectives du Rhône et de la Saône, que M. I.orlct présente ainsi dans sa Orographie physir/ue du llhdiie : .. l,e développement, dit-il, de la Saône est à celui du RliOiie,jus<|u’au confluent, comme 4 : 5 ; l’altitude de leurs sources est comme 3 : 13. I.a pente générale du Rhône est de 3 mètres 8 par kilomètre ; celle de la .S,iône esfdc 1 mètre 08 par kilomètre. Ces dilTèreiices dans les pentes des lits, dans l’altitudedes deux sources, dont l’une esl cachée dans les neiges ; ces oppositions constantes dans la conllguration des deux vallées établissent une hannonie admirable dans le régime du Rliône : sans la Siiônc, il ne serait i|u’un torrent destructeur périodi(|uement gonflé [.ar la foule des neiges, cl nccidenlellement par quelques iiverses. .
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