‹ Monographie de la SaôneChapitre 20 sur 47 · I-yon(r*ontde Serin · texte numérisé non relu

I-yon(r*ontde Serin

lia, 06

nov.

Lyon id. la Feuiticc

nov.

Lyon ( Pont de la ' Mulalièrel.

tis, 91

nov.

Nous voy ons, par le tableau qui précède, i|u'au pont de Serin les eaux se sont élevées à ta hauteur de tO " 65 au-dessus de l’échelle, tandis que les hauteurs observées en amont, n’ont été que de 8 “ 50 à Trévoux, de 7 " 40 à Châlon. Ceci s'explique par rétranglcment subit de la vallée et le grand resserrement des berges vers Serin.

la hauteur des berges de la Saône, généralement (icn élevées jusqu’à Verdun , varie de 2>" 80 à 4 '» 80 Jusqu’à Tournus ; à Tournus, cette hauteur domine et varie de 3™ 80 à 4 mètres jusqu’à Fontaines. Lite augmente ensuite jusi|u'à Lyon.

DE LA SAONE. 71

I,es crues ordinaires de la Saône sont de < 4 5 mètres au-dessus de l’étiage , et proviennent surtout des crues subites du Doubs.

Nous ne ferons ici qu'une simple observation au sujet des inondations trop fréquentes de nos fleuves. Généralement, on s’accorde à dire qu’une de leurs principales causes consiste dans le délioiscmcnt des forêts, parcequ’alors les eaux pluviales n’étant plus retenues par les obstacles multiplias que leur opposait la végiitation , s’écoulent des montagnes sous forme de torrents instantanés, par suite surtout d’une trop rapide imbihition du sol jusqu’aux couebes imperméables.

Il a été formé, à Lyon , en IS'id , une Commission hydrométrique dont les observations sont des plus précieuses à recueillir, et qui auront encore bien plus d’importance lors<)ue, comme cela doit nécessairement avoir lieu un jour , elles pourront se développer et s’étendre sur une échelle européenne.

Voici comment cette Commission , qui a pour président M. Lortet, docteur-médecin, et pour secrétaire M. Fournet, professeur à la Faculté des sciences , a elle-même , dans son premier rapport de IS-H, déterminé ses opérations en ce qui concerne le bassin de la Saône.

" 1<* Organiser, dans le bassin de la .Saône, un système d’observations hydrométriques ;

• 2" Recueillir les faits observés, comparer les quantités de pluie au débit de la rivière , et parvenir ainsi k calculer d’avance le maximum des crues ;

■ 3" Coordonner les faits recueillis , et, par la publicité, les faire entrer dans le domaine de la science météréologique. »

En prenant, pour base moyenne , l’année normale de IBéé, nous voyons, d’après les observations de la Commission, que la moyenne des pluies tombées pcmlant l’année dans le bassin de la .SnOnc supérieure, est de 0” RS.*! ; — dans le bassin de la Saône inférieure, de « «> 917 -, et dans le bassin du Doubs, de O ">971.

DE I.A SAONE.

Dans celle même année 1H44, les plus jjrandes crues des eaiiA de la Saftne se sont manifestées en février et mars , octobre et novembre ^ et les eaux les plus basses en mai et juin et au commencement de juillet. L'on a remarqué que juin , juillet , août , septembre, octobre et novembre sont les mois où le Sud-Ouest a dominé, en 1844, dans tout le bassin de la Saône , et où les jours pluvieux ont été les plus nombreux.

Il résulte des observations de la Commission lijdrométrique de Lyon , que c'est à peu prés constamment Bourg qui mesure la plus grande quantité de pluie qui tombe dans le bassin de la Saône , quoique l'on ne compte pas un plus grand nombre de jours pluvieux dans cette ville que dans les autres parties du bassin.

Suivant les observations de l'administration des ponts et chaussées , consignées dans la Situation des travaux publics, publiées chaque année par le Ministère des travaux publics , « les eaux de la Saône sont ordinairement abondantes vers la fin de l’automne, pendant l’hiver et au commencement du printemps; pendant le reste de l’année, la fin du mois de juin , exceptée, époque qui répond à la fonte des neiges du Jura, et où il arrive ordinairement une crue, elles s’appauvrissent, laissent le lit à découvert sur de grandes surfaces, et, à la rencontre dc.s hauts-fonds, elles coillent avec rapidité en nappes de peu d’épaisseur. '•

L’on évalue généralement, en moyenne, à 15 ou 16 jours par an, l’interruption de la navigation sur la .Saône, par suite de la crue des eaux (I).

( l) Je doî.v, à l'oiiligeaDcp de l'Adminiilralion du aervire spécial de la Saône pour les pools el chaussées, tes reuseigoements tpii suivent, et r|ui sont basés sur le résultat de dix années d’ohservatioos :

La moyenne annurlle de l’inlerniption de la iiauf;alton sur la Saéme est, savoir :

I*ar li's rrm-s dVan, lO iouii.

Pair le» glat-rs, i i i<l.

l'sir les bruuillard.s ou les grands Venu, ) id.

l’otal. 3o jouis.

UE LA SAONE.

Dans son rapport île 18-45 (page 8), la Commission hyilromé- Irique a conslalé ipi'il y a en général six jonrs d’intervalle entre la ebute de pluie dans la partie moyenne du Bassin de la SaOne et le maximum de la crue observée à Lyon -, qu’il y en a sept et même huit , lorsque les pluies ont été bornées à la partie supérieur du Bassin.

Ainsi , le 9 décembre 1845, la Commission, informée de lu quantité d’eau tombée le 7 à Montbciliard, annonça à la mairie de Lyon, que le maximum de la crue serait marqué du 12 au 13 , et qu’elle atteindrait peut-être 5 m. 50 à l’écbelle de la Feuillée. En effet, le 13, de bonne heure, elle s’éleva, à cette échelle , de 5 m. 28 c. Une prévision ainsi accomplie montre tout ce qu'on peut attendre de la science qu'on ne saurait jamais trop honorer et encourager en lui fournissant tous les moyens d'optxer, iiui lui permettent de remonter des faits à leurs causes et des causes à leurs lois.

Il faut, au surplus , suivre , dans ses travaux mêmes , toutes les observations de la Commission hydrometrique de Lyon. Bien de plus digne d'intérêt que toutes scs constatations sur la quantité des eaux tombées par les pluies ; sur leur distribution dans la terre pour la végétation ; sur la température ; sur les vents; sur les neiges fondant d'abord dans les expositions les plus chaudes, et successivement , à partir des régions inférieures jusqu'aux régions les plus élevées; fusion qui, si elle s’opérait rapidement, exposerait bientôt aux plus cITroyables inondations, mais i|ui se combine toujours de manière à ce (|u'elie ne puisse jamais produire que l'équivalent d'une pluie de 8 à 10 millimètres d’eau.

L’admirable chose ()ue la formation des montagnes et des vallées , toujours si merveilleusement disposées pour recevoir toutes les eaux , quelque soient les causes multiples qui les font tomber , et pour les distribuer par des affluents principaux ou secondaires qui les portent aux fleuves, lesquels, à leur tour, les portent bientôt dans le grand réservoir des mers !

L'admirable chose aussi de voir comment ces eaux , ililatées ou condensées dans leurs réceptacles , ne s’échappent qu'ajirés

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