AIR
Dtg.
Dtg.
Deg.
Itlnvier.
Février.
Mars.
Avril.
Mai.
Juin.
Juillet.
Août.
Septembre.
Octobre.
Novembre,
Décembre.
Moyenne.
« On voit, dit M. Ch. Martins, que l’oscillation annuelle de la température est moins ample pour le RhOnc que pour la Saône, ce qui lient à trois causes : l’action régulatrice produite par la masse énorme des eaux du lac de Genève, la rapidité de la pente du Rhône et son débit beaucoup plus considérable. Aussi, le Rhône gèlc-t-il dilRcilement. L’histoire nous signale le gel du Rhône à Lyon ou au-dessous, dans les années 822, 8GO, 893, 1133, 1216, 1231, 1.302, 130.3, 1,323, 1334, 1364, 1460, 1.36.5, 1568, 1571, 1603, 1709, 1766, 1768, 177,3, 1789, 1820, 1830 {Patria, t. l, p. 148). » Le Rhône a également gelé en 1850, par un froid de 14 degrés au-dessous de zéro, froid dont le maximum a été de 16 degrés.
Il est reçu à Lyon que la Saône gèle à cinq degrés centigrades au-ilessous de zéro, et le Rhône, ii treize ou quatorze degrés , sous l’influence d'un froid prolongé pendant quelques jours. I.e vulgaire attribue les causes de cette diffiTcncc en-
t>K l.\ SAII^iE.
Ire les deux fleuves à la lenteur de l’un et à la rapidité de l’aulre. Ce qui semblerait jusliller cette opinion , c’est qu’il est rare de voir glacer le milieu d’une grande rivière, c’est-à-dire ce que l'on nomme le fi! rie l'eau ; c’est qu'ensuite l’on voit toujours les eaux stagnantes se congeler bien plus tôt sous rinfluence du froid que les eaux des rivières qui coulent avec rapidité. Toutefois, suivant des hommes de la science, la rapidité du cours d’une rivière est, en quebiue sorte, nulle sur sa congélation ; cette rapidité n’ayant d’autre effet, d’après eux, que de briser ou d'annihiler, par l’agitation de l’eau , les pellicules de glace qui tendent à se former lors(]ue la température de l’air et de l’iNau répondent au xéro du thermomètre, tiu à un degré inférieur. D’après la science, si les eaux du Rhbnc ne passent de l’état fluide à l’état solide (pi’à un degré de froid très-marqué , c’est parce (pie le lit do ce fleuve dégage une certaine tpianlité de caloriipie qui retarde sa congélation, calorique fourni par un grand nombre de petites sources qui sourdent dans le Rhône. Et alors il faut une grande intensité de froid, et surtout un froid continu, ]iour (pie la température de l’eau subisse la température de l’air.
Le nombre de jours pendant lesquels la navigation de la S,iône est interrompue, par l'cfl'et des gelées, est moyennement évalué à dix ou onze par nu.
L’année 1608 fut remarquable par le froid extrême cpii se tit sentir. » 1-e dégel, ilit Mézerai dans son Histoire de France, ne causa pas de moimlres dégâts qu’avait fait le grand froid ; ce qui arriva .à Lyon, en cette année t608, est une merveille qui mérite d'ètre rapportée. 11 s’était accumulé comme une montagne de ghpions sur la Saône , devant l'église de l’Observance : toute la ville tremblait de peur qu’en se <létacbant leur choc ne vint à emporter le pont ; et on faisait des prières publiques pour détourner ce malheur. Un simple artisan entreprit de les rompre
DK LA SAOMK.
en petits morceaux et de les faire tous écouler sans aucun désordre, ino>ennant une certaine somme d'argent dont il convint avec les magistrats de la ville. Pour cet cfTct, il alluma tout vis-àvis sur le bord de la rivière, deux ou trois petits feux avec une demi-douzaine de fagots et quelque i>eu de charbon , et se mit à murmurer certaines paroles. Aussitôt ce prodigieux rocher de glaces éclata comme un coup de canon cl se rompit en une infinité de pièces dont la plus grande n’était pas de plus de trois ou ipiatre pieds. Mais ce pauvre Besson, au lieu de loucher sa récompense, fut en danger de recevoir punition ; car des théologiens disaient que cela ne s'était pu faire sans l'opération du diable ; tellement que sa recepte fut brûlée publi(|uement devant l’ilôtelde-Ville. •
Dix ou douze ans après , Besson, revenu à l.yon, intenta une action pour obtenir du Consulat le paiement des fiOO livres (|ui lui avaient été promises. Mais une transaction, passée devant M'" Guérin, notaire à l.yon, le 9 décembre 1021, mit lin au débat. Besson reçut une somme de cent francs, et se désista de son action. Les pièces de cette curieuse procédure, dont la /feeue rfw Lyonnais (tom. l, p. 25), a donné une analyse, existent aux Archives de la ville de l.yon.