CHAPITRE I
Hiltorique el nivtgilion aocienoe de U Saéoe ; — l^éage sur celte rivière.
Il y a peu de contrées au monde audsi heureusement disposées, pour la navigation intérieure d’un pays , que la France , assise entre deux mers et sillonnée , dans toute son étendue , de nombreux cours d’eau , entre lesquels la Saône forme le grand lien qui les unit cnseuiiile.
La précieuse disposition de nos neuves a été parfaitement comprise et décrite par le plus grand géographe de l’antiquité.
" Toute la Gaule , dit Strabon , est arrosée par des neuves qui descendent des Alpes , des Pyrénées et des Cévennes , et qui vont se jeter, les uns dans l’Océan, les autres dans la Méditerranée. Les lieux qu’ils traversent sont, pour la plupart , des plaines et des collines qui donnent naissance à des rivières assez fortes pour porter bateau. Les lits de tous ces neuves sont , les uns à l’égard des autres, si heureusement disposés par 1a nature,' qu’on peut aisément transporter les marchandises de l’Océan à la Méditerranée et réciproquement.
« On peut remonter le Rhône bien haut avec de grosses cargaisons qu’on transporte en divers endroits du pays , par les moyens d’autres neuves naviguables qu’il reçoit , et qui peuvent également porter des bateaux pesamment chargés. Ces bateaux passent du Rhône sur la Saône et ensuite sur le Ifoiibs qui se décharge dans ce dernier neuve.