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DR LA SAONE.
Ainsi l'on fait aujourd’hui, en 17 heures et 45 minutes, et même en IGlieures, par train express, la route de Lyon 5 Paris, que l’on mettait, il y a moins d’un siècle, 9 jours <t parcourir en clé et 11 jours en hivei. Sept heures au plus suffisent maintenant pour faire le trajet de Lyon à C.hilon, pour lequel l’on employait autrefois jusqu’à deux jours et demi. Quel progrès et quelle chose immense pour les relations, pour les aifaircs, pour les rapports de tous genres, qu’une conquête pareille sur le temps, cette étoffe dont la vie est faite, comme dit Franklin; conquête d’autant plus précieuse qu’en vérité te temps qui s’écoule sur les routes, semble en quelque sorte une véritable halte dans la vie de l’homme!
On l’a dit bien des fois avec raison, l’application des forces produites par la vapeur marque, dans les progrès de l’esprit humain, comme l’un des plus grands pas faits dans la civilisation, soit qu’elle serve à épuiser les eaux, à communiquer le mouvement à une machine quelconque, à élèver des fardeaux, ou à faire tourner des roues, au moyen desquelles les bateaux et les navires peuvent fendre les flots.
Qui pourrait prévoir tout ce qui doit encore sortir du travail et des combinaisons de l’homme, se vouant à l’étude des lois de la nature !
Nous ne faisons en quelque sorte qu’entrer dans la voie du progrès. La puissance de la vapeur développée et maîtrisée ne date que d’hier dans son application à l’industrie , aux chemina de fer et à la navigation. Qui oserait dire ce que l’avenir réserve à nos descendants de forces motrices nouvelles î Et pour ne parler que de la navigation, advienne que l’on ^uve le moyen de faire glisser les navires et les barques sur l’eau , au lieu de les enfoncer de manière à créer une forte résistance , et alors avec quelle rapidité ne pourra-t-on pas courir sur ce chemin liquide et uni , surtout si , par de nouveaux procédés plus rapides encore et plus économiques, l’homme parvient à mettre en mouvement et à régler toutes les forces que l’on peut tirer des combinaisons de l’air, de l’élec-
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DE LA SAONE. 129
tricilé, de l'aimant, des métaux ? et, qui sait, peut-être même des poisons composés ou diicomposés ?
Quand on songe à la puissance de la poudre fulminante soulevant et pulvérisant les masses les plus énormes, h l'action si violente de certains poisons qui portent à l'instant même, par leur seul contact, l'anéantissement et la mort sur tout ce qui est doué de vie, aux effets si merveilleux de l'électricité, l'on ne tarde pas à comprendre combien, dans le domaine des forces à utiliser, un vaste champ reste encore ouvert à la seience, au génie et au hasard des découvertes.
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