‹ Monographie de la voie sacrée éleusinienne [microform] de ses monuments et de ses souvenirsChapitre 27 sur 48 · AE0NT · texte numérisé non relu

AE0NT

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Aécoy Asoyroç EXsucjh/ioç (1).

Sur une* stèle ronde en marbre brun de l'HymettCo Au-dessous de l'inscription est sculptée une couronne, formée de bandelettes.

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OHMAKEYl

Sur une stèle ronde en marbre bleuâtre de THymette. Inédite.

Le dème de Thémacus était originairement de la tribu Érechthéïde (2), plus tard il fut rangé dans TAntigonide (3), et enfin dans la Ptolémaïde (4). De tous les auteurs qui ont traité de la topographie de l'Attique^ M. Hanriot (5) est le seul qui se soit occupé d'en rechercher la position et il l'a fait, croyons-nous, avec un plein succès. Les renseignements à ce sujet rési-

(i) ÉcpïiiJ,. dpx. n° 403. •— Rhangabé, Ànt. hellén. n» 1442.

(2) Harpocrat. 07i[j,axo'i;. — Steph. Byz. s. v. — Phot. Lexic. s. v.

(3) Ross, Demen, n° 1.

(4) Phrynich. ap. Steph. Byz. v° 0Yi[xaxo£.

(6) Recherches sur les dèmes, p. 69.

dent dans ce que nous savons du procès des Hermocopides. La parodie des mystères par Alcibiade et ses amis ne s'était point passée tout entière dans la maison de Polytion au Céramique, elle s'y était seulement terminée. Il y avait eu parodie complète de la cérémonie, y compris la procession, dans le cours de laquelle les Hermès avaient été mutilés. La déposition la plus grave, celle de l'esclave Lydus, disait que le début de ce sacrilège avait eu lieu dans la maison de son maître Phéréclès à Thémacus(l). Agariste, fille de Damon déposa ensuite que, d'après certains indices, elle pensait que les faux mystères avaient commencé dans la maison de Gharmide auprès de TOlympieium (2). Enfin Dioclide vint déclarer qu'en se rendant au Laurium dans la nuit il avait rencontré la procession des profanateurs au Sud de l'Acropole, près du théâtre de Bacchus (3). Ces trois dépositions ne parurent pas contradictoires aux juges ; il faut donc en conclure : r que Thémacus était un dème presque suburbain, puisque l'on admettait comme possible que les compagnons d'Alcibiade eussent eu le temps, pendant les heures où la ville dormait, de venir de là briser les Hermès dans la ville et d'aller ensuite achever leur orgie dans une maison du Céramique ; 2** que ce dème était situé dans la direction de la route du Laurium , puisque les Hermocopides en allant de ce dème à l'Agora devaient avoir passé près du théâtre de Bacchus ; 3° qu'il était très-voisin de l'Olympieium, puisque ce

(1) Andocid. De myster. p. 9, éd. Reiske,

(2) Ibid. p. 8.

(;i) Ibid. p. 19.

qui s'était passé dans une maison de Thémacus avait pu être attribué à une maison des alentours de ce temple. La triple condition que nous venons d'indiquer n'est remplie que par les ruines helléniques assez importantes qui se voient à 1 kilomètre environ du Temple de Jupiter Olympien, au pied de la colline que longe le chemin d'Athènes au Laurium et au cap Sunium. Aussi n'hésitons-nous pas à placer en cet endroit, avec M. Hanriot, le dème de Thémacus.

0A..PAE2TIAiOY TP...PY2I0Y

^a[id]pcx. EaTiatou Tp[ao]pocrtou (1).

Sur une stèle carrée de marbre pentélique, brisée en deux morceaux.

Nous avons déjà, dans notre Recueil des inscriptions d'Éleusis-(2), parlé du dème de Tricorythus et de sa situation certaine à Karw SoOXt.

MAKAPIA

EPIKPATOY

XOAAEIAOY

OYrATHP

MccacKpiûc EmKparou XoXXsi^ou ^uydzrip (3).

Sur une stèle ronde en marbre bleuâtre de l'Hymette.

(1) Rhangabé, Ant. hellén. n" 1637.

(3) Écp-rifi. àpx. n» 1740. - Rhangabé, Ant. hellén. n» 2420.

AE0NTI2NIKAA0Y HPEIPJQTIS

AeOVTÎç NoCa^OU HTTStpWTtÇ (1).

Sur un piédestal en marbre blanc du Pentélique.

Parmi tous les tombeaux qui bordaient cette portion de la Voie, Pausanias(2) n'en cite qu'un, celui de Nicoclès de Tarente, le plus célèbre citharède qui fut

jamais, ôç knl p^éyiazov do^vi^ îtiGapco^wv «Travrcùî/ ^X0ev. Ce

n'est certainement pas sans intention que l'auteur de la Description de la Grèce a choisi ce personnage pour citer son seul nom, quand il aurait pu en énumérer beaucoup d'autres. Il a usé là d'un procédé qui lui est familier et dont on doit bien se rendre compte pour arriver à comprendre beaucoup de ses réticences et de ses demi-aveux sur les matières religieuses. Superstitieux à l'excès, il a gardé, pour une raison qui nous est inconnue, sur le caractère ésotérique du héros Lacius et son identité fondamentale avdc Apollon, le silence prudent et respectueux qu'il gardera plus loin sur l'intérieur des enceintes sacrées d'Eleusis et qu'il observe dans des cas semblables en bien des parties de son livre. Il s'est borné à prononcer purement et simplement le nom du héros éponyme du dème des Laciades. Mais s'il s'est tu par crainte religieuse, il a voulu cependant, sans rien dire de formel, indiquer d'une façon détournée le véritable caractère de ce per-

(1) Ètp'op- à?/. n° 1562. — Rhangabé, Ânt. hellén. n" 1836.

sonnage héroïque du cycle d'Apollon. C'est pour cela qu'immédiatement après avoir prononcé le nom de Lacius, et sans aucun intermédiaire, il parle d'un habile citharède qui s'était fait enterrer en ce lieu, sous la protection d'un héros aussi étroitement apparenté avec le dieu de la lyre. Il y en avait assez pour que le lecteur initié comprît ce que Fauteur dissimulait sous ce voile transparent. Et que l'on n'aille pas croire que nous nous livrons à des conjectures purement gratuites. Un peu plus loin, à propos d'un autre sanctuaire des bords de la Voie Sacrée, le même Pausanias (1) fait directement appel à l'intelligence et aux souvenirs des initiés d'Eleusis pour deviner le sens caché sous des réticences et des rapprochements analogues : oauc, àk

vîèn xzKîZYiv EXeuatvt eïètv**.. oTèev a Aéyw.

Venait ensuite un autel de Zéphyre(Zscpupou pcoftoç) (2), qui n'a pas laissé la moindre trace. Les rapports du personnage de Zéphyre avec les Grandes Déesses d'Éleusis et avec les idées religieuses qu'elles représentent ne sont pas difficiles à établir. Zéphyre est l'époux de Ghloris et de leur union naît un fils qui s'appelle « le fruit, » Carpos (3). Cette nymphe Chloris, « la verdoyante, » ne diffère pas de la Déméter Ghloé dont le surnom a le même sens et qui était adorée à l'Acropole en compagnie de Gé Gourotrophos (4). Le culte de Déméter Ghloé est un de ceux oîi s'opère le plus manifestement la confusion entre la mère et la fille (5).

(2) Pausan.I, 37, 1.

(3) Ovid. Fast. V, 197. — Serv. ad Virg. Eclog. V, 48.

(4) Pausan. I, 22, 3. — Eustath. ad Homer. Iliad. I, p. 772.

(6) Sur cette confusion, fondamentale dans la religion d'ÉIeusia, voy. Gerhard^ Àntike Bildwerleey p. 66» notes 95 et 96.

Celte Détnéter jeune et verdoyante, cette déesse de la germination des plantes, ne diffère en rien de Coré, symbole divin de la végétation, de la vie de la nature, qui fleurit et qui meurt pour renaître au jour, déesse jeune, agissante, toujours éveillée, courant à la surface de la terre, enviée par les habitants de l'enfer, mais bientôt redemandée par ceux du ciel, et à côté d'elle Gé Courotrophosjoue le rôle delà divinité mère, assise, voilée, à laquelle sous ses différentes formes appartiennent les noms de Rhéa, d'Ops et de Déméter. Aussi les Romains assimilaient-ils à Proserpine leur Flore, identique à laChloris des Grecs (1). Pline (2), en décrivant un groupe de Praxitèle que l'on voyait à Rome dans les jardins de Servilius et dont le sujet devait être presque semblable à celui du célèbre bas-relief d'Eleusis (3), explique les personnages représentés dans ce groupe par Flora, Triptolemus^ Ceres, ce qu'il faut évidemment entendre comme étant Coré, Triptolème et Déméter. Ce n'est pas ici le lieu d'insister sur les différentes faces du personnage de Chloris et les diverses assimilations dont elle est susceptible, étude qui ferait ressortir, du reste, de plus en plus son identité avec la Coré éleusinienne. Nous nous bornerons à rappeler la belle dissertation que Visconti a insérée dans le tome sixième du Musée Pio-Clémentin (4), à propos du miroir Borgia, représentant Pélias, Nélée et leur

(1) Dionys. Halicarn. Ant. Rom. III, 2. — Cf. Preller, Demeter und Fersephone,-p. 91.

(2) Hist. mt. XXXVI, 5, 6.

(3) Voy. sur ce rapprochement ce qu'a dit M. Overbeck , Bericht. der Sœchs-Gesellsch. 1860, p. iGd-i9i. — Archœologische Zeitmg, 1860, p. 99* et 113*.

(4) Pi. A. II, n» 3.

mèreTyro, et où l'inscription étrusque 3a3J8, Fléré, accompagne un autel qui, suivant la tradition mythologique, ne peut être que celui de Junon (1); l'illustre archéologue y a établi de la manière la plus sûre et la plus ingénieuse tous les rapprochements entre la Fléré{t) des Étrusques, la Flora (3), la Feronîa (4), la Fluonia (5), et la Juno des Latins (considérée comme Hébé (Q) ou déesse de la jeunesse), d'une part, et la

(1) Apollodor. I, 9, 8.

(2) Voy. Millin, Galerie mythologique, t. U, p. 248. — De Witte, Ann. de VInst. arch. t. VU, p. 399. — Inghirami, Monum. etruschi, t. H, p. G39.— Braun, Ann. de VInst.. arch. t. XXUI, p. 163.— Guigniaut, Religions de l'antiquité, t. IV, p. 273. — Ch. Lenormant et De W^itte, El. des mon. céramogr. 1. 1, p. 78.

Sur les doutes qui ont été élevés par Lanzi, Vermiglioli et quelques autres savants au sujet de cette explication du mot Flérd, inscrit sur un grand nombre de monuments étrusques de nature votive, voy. Ariodante Fabrelti, Glossarium italicum, p. 492 et suiv.

(3) Varr. De ling. lat. V, 10. — Val. Maxim. II, 10, 8.- Ovid. Fast. IV, V. 947 et suiv.; V, v. 183 et suiv,— Pers. Satir, V, v. 176.

Chez les Osques et les Samnites, cette déesse porte le nom AeFluusa : Avellino, Mus. Borion. t. VII, p. 17 etsuiv.— Grotefend, Rudim. ling. ose. p. 27. — Henzen, Ann. de VInst. arch. t. XX, p. 412.— Mommsen, Die unteritaîischen Dialekten,^. 309. — Fiorelli, Monum. epigraph. Pomp. I, 9.— Husclike, Die osk. und sab. sprachdenkmseler, p. 23. — Corssen, De Volscor. lingua, p. 29.— Ar. Fabretti. Glossar. ital. p. 499.

(4) Dionys, Halicarn. Il, 49. — Strab, V, p. 226,— Varr. De ling. lat V, 10. — Tit.-Liv. I, 30; XXII, 1 ; XXVII, 4; XXXIII, 2G.— Virg. ^neid. III, V. 564.— Siî. Ital. XIII, v. 84. — 8erv. ad Virg. ^neid. VIII, v. 564.

Sur son identité avec la Perséphoné grecque, outre les passages cités dans la note 1 de la page précédente, voy. Serv. ad Virg. JEneid. VU, 789. — Cf. Creuzer, Symholik, 1. VI, ch. II; t. U, p. 611 de la traduction de M. Guigniaut. — Ottfr. Millier, Die Etrusker, t. II, p. 65.

(5) Fest. v Fluonia.-- Tertullian. Ad nat. II, 11.— Arnob. Adv.geyit. III, 30.— Angustin.^e civ. Dei, VII, 2, 3. — Martian. Capell. II, 149, p. 199.— Voy. Ambrosch, ReligionsMcher der Rômer, p. 12 et suiv. — Corssen, De Volscorum lingua, p. 4.

Héra était aussi appelée Éeitôv/j parles Grecs : Euphor. ap. Etjmol. Magn. s. V. — Cf. Creuzer, Meletem. 1. 1, p. 30 et suir.

(6) Voy. les notes de Scaliger sur Festus, v° Jmenlulis. — Gerhard, Griechische Mythologie, ǧ 326 et 228,

Héra Antliîa (1) ou Partliénia {^), h Phlœa (3), la Cliloris et la Proserpine des Grecs. Mon père est aussi revenu avec quelques développements sur ce sujet (4) et je renverrai le lecteur à ce qu'il en a dit, en même temps qu'au travail de Visconti.

Pour en revenir à Zéphyre, dans son union avec Chloris il. personnifie la chaleur douce et tiède de l'air qui agit sur la végétation et lui fait produire les fruits, personnifiés à leur tour dans son fils Carpos. Chloris s'identifiant avec Coré, nous discernons en lui lin époux céleste, lumineux et fécondant, placé en opposition avec l'époux sombre et infernal que, par l'ordre des dieux, la fille de Déméter va rejoindre chaque année pendant six mois. Ainsi la légende de ses amours, sous les traits de personnages d'un ordre secondaire, complète le cycle des mythes éleusiniens et comble la lacune que sous leur forme ordinaire ils présentent entre la renaissance et la mort périodique de la végétation, en peignant par une fable ingénieuse la manière dont les plantes, sorties du sol au printemps, donnent naissance aux fruits, qui, confiés de nouveau à la terre au moment où Coré retourne vers Hadès, contiennent le germe et l'espérance du nouveau réveil de la nature. C'est donc naturellement que Zéphyre se trouvait avoir un autel sur la Yoie qui conduisait au sanctuaire des Grandes Déesses.

(1) Pausan. II, 22, 1.

(2) Schol. ad Apollon. Rhod. Argonaut. I,v. 187; II, v. 8G7.— Callimach. Jiymn. in Del. v. 50.

napôévaç : Pausan. VIII, 22, 2.— Steph. Byz. VÉptAioVr).

(3) Hesych. v° 4»Xota.

(4) Ann. de l'Inst. arch, t. III, p. 356 et suiv.

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