XXXI
(4) Pluiarch. Pericl. 30. — Harpocrat. v° ÂvGsjjio'xptTOî.
(6) Plutarch. TericL 30. — Polyb. XVI, 25, 7. — Lucian. Scyih. 2 Navig. 17. ~ Tit. Liv. XXXI, 2i.
(C) Thucyd. VI, 57.
(7) Hesych. v° AYitxidtfft TciiTvaiç.
(8) Plutarch. Syll. 14,
Enfin nous trouvons dans Hésychius (1) l'épithète pô-^ pulaire de A7jpa(5s;T:uXc«t, ou « Porte des prostituées, » s' appliquant à la môme entrée de la ville. Elle provenait de cette circonstance, relatée par un grand nombre d'auteurs (2), que la portion du Céramique Intérieur avoisinant immédiatement le Dipyle était la station la plus ordinaire des prostituées d'Athènes. M. Pittakys (3) a cru retrouver des vestiges de ce fait dans quelques dédicaces à Vénus, qu'il donne comme exhumées auprès du Dipyle ; mais le savant éphore des antiquités d'Athènes a évidemment confondu ses notes en cet endroit. Comme l'a déjà fait remarquer avant nous M, Rhangabé (4), les inscriptions publiées par M. Pittakys ne peuvent provenir du lieu auquel il les attribue, puisque ce sont celles mêmes que nous retrouverons plus loin sur le rocher du temple de Vénus, dans le défilé de Daphni.
L'église d'ÀytaTptàç, située sur le flanc gauche de la route moderne d'Élèusis, sur une petite hauteur, peu après l'endroit oii elle se sépare de la route du Pirée, a été généralement considérée depuis Gell (5) comme occupant l'emplacement du Dipyle. Que la porte fût située dans la direction de cette église, c'est ce qui est rendu certain : l** par la direction d'un fragment du pavé de voie antique, qui se voyait à quelques pas plus loin au temps de l'auteur de ['Itt-
{i) Hesycli. v° Aifi^iiâci lïtiT^aiç.
(2) Aristoph. Ran. v, 1125; Equit. v. 7G9 et Schol, ad h. l. — Lucian. Dial. meretric. 4. — Suid. y" Kepa[Aetxo( — Hesych. y^^ Kepaiietxèç et AY)iJ.iàcn
(3) Vancienne Athènes, p. 608.
(4) Antiquités helléniques, t. Il, p. 737.
(5) Itinerary of Grecce, p. 3e>
nérmre de la Grèce, mais que les travaux de la route moderne ont fait disparaître ; 2° par la découverte faite eu 1860, derrière l'église à'iyia Tpiàc, et au pied des murailles antiques, d'un énorme amoncellement d'ossements humains s'étendant depuis cette église jusqu'à la route royale du Pirée. Ces ossements, qui remontaient certainement à l'antiquité et se trouvaient mêlés aux débris provenant des anciennes manufactures de poterie du Céramique, étaient ceux d'individus enfouis pêle-mêle et à la hâte à la suite de quelque massacre survenu tout auprès. On ne saurait hésiter à y voir, avec les archéologues athéniens, ceux des citoyens égorgés en si grand nombre dans le Céramique, et particulièrement aux environs du Dipyle, par les soldats deSylla, lorsqu'ils entrèrent dans la cité de Minerve par une brèche ouverte entre cette porte et la Porte Piraïque (1). En effet, les corps de ces victimes durent être portés en dehors de la ville pour ne pas la souiller, mais enterrés sans honneur dans de vastes fosses communes, et cela tout à côté du Dipyle, car ils étaient en trop grand nombre pour être transportés l-^
à quelque distance.
C'est donc à tort que le colonel Leake (2), seul, du reste, de son avis, a voulu enlever de ces environs l'indication de la Porte Thriasienne, et la placer à trois cents pas plus loin dans la direction du site actuel de l'École Polytechnique, là où le plan de Fauvel et celui qui a été publié dans le tome IIÏ des Antiquités d'Athènes, de Stuart, marquent les
(1) Plutarch. Syll U.
(2) Topography ofAthens, 2" édition, pi. II,
fondations, aujourd'hui disparues, d'une autre porie* Celle-ci devait être en réalité, comme l'a déjà supposé M. Rhangabé (1), celle qu'on appelait Bpmai vivkai (2)^ et dont les écrivains antiques ne déterminent pas l'emplacement. Le nom de « porte des tombeaux » [ti^U, sépulcres (3)) indique en effet une entrée de la ville qui conduisait , comme le Dipyle , dans le Géra-mique Extérieur, où était accumulée la plus grande masse des tombeaux athéniens.
Mais les dernières et splendides découvertes qui viennent d^ être faites sous la butte que surmonte l'église d'Àyja Tptàç, tout en confirmant ces résultats, ont prouvé que la muraille antique ne passait pas au point précis où s'élève cette église (4). Descendant de la colline rocheuse sur laquelle la chapelle dite de XaXxoîJpi indique encore le site du monument du héros Chalcodon (5), elle passait un peu plus au Nord-Est qu'on ne l'avait cru jusqu'à présent , et Fou est en droit de conjecturer avec une grande vraisemblance que le Dipyle, -qui n'a en réalité laissé aucun vestige, occupait environ l'endroit où actuellement la prolongation extérieure de la rue d'Hermès se divise dans les deux routes d'Eleusis et du Pirée.
A peine au sortir de la porte commençait des deux côtés de la route une série de magnifiques tombeaux. Ce que la Voie Appienne et la Voie Latine étaient pour les habitants de Rome, les deux routes qui, partant
(1) Ao'yoî JcaràT^v éop-c^v tou naveiîtaTT^iietou, p. 8.
(2) Harpocrat. et Etymol. Magn. v° Elp(«.
(3) Homer. lliad. W, v, 126. — Demosth. ContT^ Eubulid. p. 1319.
(4) Voy. Rhangabé, dans rEtJvo[Ato du 31 mai / 11 juin 1863. • (5) Pausan. 1, 2, 4, — Plutarch. Thés. 27 ; Syll 14,
également du Dipyle et tra-versant le Céramique Ëxté*rieur, conduisaient l'une à Eleusis et l'autre à l'Académiej l'étaient pour les habitants d'Athènes* La sépulture sur ces deux voies était considérée comme particulièrement honorable^ et les monuments funé-raires les plus riches et les plus importants s'échelonnaient sur leur parcours. Polémon, dans son ouvrage, devait décrire tous ceux des tombeaux situés sur la Voie Sacrée qui se recommandaient par leur splendeur ou par le nom des personnages dont ils couvraient la cendre; mais Pausanias n'en cite malheureusement qu'un très-petit nombre.
Immédiatement après le Dipyle, il mentionne ceux d'Anthémocrite et de Molottus (1).
Anthémocrite était un héraut dont la mort avait déterminé l'explosion définitive de la guerre du Péloponnèsei encore possible à éviter. Les Athéniens l'avaient envoyé à Mégare porter aux habitants de cette ville la défense de cultiver les champs sacrés d'Eleusis, appelés kpd opyaç, dont ils avaient usurpé une partie. Déjà très-irrités contre Athènes, à cause des obstacles qu'elle opposait à leur commerce et du joug qu'elle faisait peser sur eux, les Mégariens, au lieu d'écouter Anthémocrite , le mirent à mort, en dépit du droit des gens et de la sanction rehgieuse qui couvrait la personne des hérauts. Outrés de cette impiété, les Athéniens déclarèrent la guerre aux gens de Mégare, que secoururent les Péloponnésiens , et portèrent un décret d'après lequel les généraux de la république en entrant en fonctions devaient prêter
le serment de ra^'ager au moins deux foiiî par année le territoire de Mégare (1). Plutarque (2) etHarpocration (3) signalent, comme Pausanias , le monument sépulcral d'Anthémocrite touchant à la porte Thriasienne, et une phrase de Lysias, citée par Harpocra^ tion , nous apprend qu'il était surmonté de la statue de ce héraut. Nous ne serions pas éloignés de croire que c'est le tombeau d'Anthémocrite, qui devait, par suite de la nature même du personnage dont il renfermait les cendres, avoir un caractère sacré, dont l'emplacement est occupé par l'église d'AyiaTpià;, bâtie, comme il est facile de le voir, sur le massif d'un grand monument funéraire de forme carrée, que Gell a pris pour une des tours dont le Dipyle était flanqué.
Quant à Molottus, c'était le général qui avait été d'abord choisi par le peuple pour commander l'armée envoyée, en 354 avant Jésus-Christ, dans l'Eubée, au secours de Plutarque, tyran d'Érétrie^, contre son rival Callias , tyran de Chalcis , allié de Philippe, roi de Macédoine (4) ;. Molottus étant mort avant le départ de l'expédition, ce fut Phocion qui le remplaça, et qui, après avoir vaincu Callias à Tamynse, se retourna contre Plutarque, coupable envers ses alliés athéniens d'une trahison, qu'il paya de la perte de son pouvoir (5).
Le monument de Molottus n'a pas laissé de traces , mais les excavations opérées, soit dans les dernières
(1) Plutarcli. PericlZO. — Pausan. loc. cit.
. (2) Loc. cit.
(3) V° ÀvOe-jLo'xpiTo;.
(4) Pausan. I, 3G, 3.
(5) Demoslh. De pac. p.58; P/iih'pp.i/i, p. 126; Conlr. Mid. p. 650, 657 et 5T9. - iEschin. Ve fais. leg. p. 50 î Contr. Ctesiph. p. GG. — Plutarch. l'hoc. 12 et 13.
années, soit au commencement de ce siècle, à Fépoque où les touristes anglais, voyant l'Italie fermée par la guerre avec Napoléon, avaient dirigé leurs courses vers la Grèce, et exécutaient à l'envi des fouilles dans les tombeaux de la plaine d'Athènes pour en rapporter des souvenirs, ont fait voir combien les sépultures étaient pressées à ce début de la Voie Sacrée.
L'église de la Sainte-Trinité renferme deux stèles rondes en marbre bleu de l'Hymette décorées d'inscriptions ;
NEAPX02 XAIPHNOS 0PIA2IO2
Néapj^oç Xajpwvoç ©ptaatoç (1)»
C'est Fépitaphe d'un homme originaire du dème de Thria, qui s'était fait enterrer sur le bord de la route conduisant au lieu de sa naissance.
MIKINÀ2
AIKAIOMENOY
E2TIAI00EN
Mixiva; Aao^io/jiéyou EcJTtatoSêv (2).
Le nom propre Maivaç est nouveau. Le dème d'Hestiœa faisait partie de la tribu Égéide (3) ; il devait être situé dans le voisinage du Pirée, car Vesla, dont le
(1) Rhangabé, ^nt. hellén. n° 1476.
(2) Rhangabé, Ant. hellén, n° 1457.
(3) Corp. inscr. graec. n° 115. 'fj
nom a fourni l'origine de celui d'Éazioaoi, n'était honorée d'un culte spécial que dans cette partie de l'Attique (1), et de plus Suidas (2) et Harpocration (3) rapportent que ledèmeen question n'était qu'à une petite distance de celui d'Ancylé, certainement voisin du Pirée (4).
Une dalle du pavement de la même église, en marbre bleu de FHymette, porte deux inscriptions, encore inédites, qui prouvent qu'à deux reprises elle a servi à recouvrir des tombeaux du voisinage.
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EiÎTroXtç Epfiito;.
Dans notre VIP chapitre nous nous occuperons de îa situation du dème d'Hermus, qui était placé sur les bords de la Voie Sacrée.
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La question de l'emplacement ^ du célèbre dème d'Acharnae au village actuel de Me^jBi nous a déjà
(1) Pausan.I, 18, 3.
(2) V» TpixéîpaXoç.
(3) Vo TpixécpaTvoç.
(•i) Alciphr. Epist. III, 43.
f5€cupé dans le volume que nous avons consacré aux inscriptions d'Eleusis (1).
Au-dessous de ces deux épitaphes, la dalle sur laquelle nous les avons relevées porte une inscription byzantine de nature religieuse en huit vers, effacée par les pas des visiteurs de l'église et devenue aujourd'hui presque illisible.
Neuf autres inscriptions funéraires ont été, depuis l'établissement delà capitale à Athènes, trouvées dans les environs immédiats de ce point, et se remarquent encore presque toutes dans les maisons et les jardins du voisinage.
Aàmio:e aamooiaoy
KY0HPPI02
Aa/^io; Aa|Lf.ocptXou. Kuô-/ppto; (2). '
Sur une petite stèle ronde en marbre bleu de l'Hymette , servant aujourd'hui de borne dans la rue de Minerve.
Le dème de KuOy;poç ou KuO/îppoç appartenait à la tribu Pandionide (3). M. Ross (4), d'après un passage assez concluant dePausanias (5), l'a placé dans la Mésogée, auprès de Gargettus. Le personnage désigné dans cette épitaphe , d'après la composition de son nom et de celui de son père, devait appartenir à la même famille
(1) P, 237. — Cf. Hanriot, Recherches sur les dèmes, p. 56.
(2) Ross, Demen, n» 114. — È'or\^t?V, àpiaiohoyw^ , n° 617. —• Rhangabé, Ânt. helîen.n" 1529.
(3) Corp. inscr. grâce. \\°* 128, 213 et 276.
(4) Die Demen von Altika, p. 80.