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DES ROUSSETTES

MUSEAU PLUS OU MOINS ALLONGÉ; QUEUE NULLE; MEMBRANE INTERFÉMORALE PLUS OU MOINS RUDIMENTAIRE ; RÉGIME ENTIÈREMENT FRUGIFORE.

ROUSSETTE ÉDULE (i). - PTEROPUS EUüLIS.

La plus grande espèce connue : formes grêles ; corps très-oblong ; museau long ■, membranes du vol très-larges et très-étendues. Pelage en dessus ras •, à poils du dos adhérons à la peau , dans une partie de leur longueur 5 toujours très-courts et recouvrant la peau à clairevoie. Le poil paraît adhérer à la peau dans toute sa longueur , sur les dépouilles des individus adultes et vieux. Les jeunes ont le pelage plus long et n’adhérant aucunement à la peau : cette circonstance dépend de l’âge des individus, ce que j’ai vérifié sur plus de trente dépouilles. Les parties inférieures plus fournies, à poils un peu frisés. Oreilles longues et pointues. Membrane interfémorale réunissant les pieds à la région du coccyx , large à l’articulation du genou et formant un angle très-ouvert ; celle de l’aile large et très-étendue 5 toutes d’un noir parfait tlans l’adulte et brunes dans le jeune âge. Les incisives à la mâchoire supérieure , égales , bien rangées , plus irrégulières dans l’inférieure j point de petite dent anomale à la mâchoire supérieure, et quatre molaires espacées ^ à l’inférieure une dent anomale et cinq molaires espacées. Voyez, explication des planches, le crâne d’un sujet très -vieux, de 4 pieds 6 pouces d’envergure, et le crâne d’un jeune de 21 pouces d’envergure.

Couleurs du pelage variables, passant du marron noirâtre au noir parfait sur les parties inférieures , et du cendré-noirâtre au noir

(i) Connu dans les îles de la Sonde sous le nom de Kalong. Les voyageurs français ont écTÏxKalou, mais leur ortlirgraphe n’est point exacte; le nom malais, selon M. RaBles , est Kaluang: l’un et l’autre signifient une Chauve-souris. Le nom de Pakalonga, district dans l’île de Java , veut dire demeure des chauves-souris. Celte Roussette porte à Timor le nom de Alalon-bourou ( oiseau de nuit) , dénomination reçue pour désigner un Cheiroptère quelconque. M. Rallies réunit dans le même article , sous le nont malais Kaliiang , \sl Rousselle p'dule, un Njxtère et un Mégaderme.

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plein, sui'le dos. La nuque et les épaules constamment et dans tous les âges d’un roux marron plus ou moins xif. Les jeunes de l’année en état de voler ont à peu près les mêmes couleurs que l’adulte , mais leur pelage est plus long et plus touffu.

Le dos , à partir des épaules , est d’un marron noirâtre ou d’un noirâtre plus ou moins cendré j l’une ou l’autre de ces deux teintes' règne sur la face externe des pieds postérieurs qui sont couverts de poils clair-semés, tant sur le membre que sur une partie de la membrane. Museau, partie antérieure delà tête et gorge d’un marron foncé très-vif ou plus ou moins noirâtre 5 nuque , épaules et devant du cou d’un roux vif ou bien d’une teinte marron 5 le roux de la nuque est séparé de la teinte noire du dos par une bande transversale plus ou moins rougeâtre. La poitrine est d’un roux brun ou de couleur marron-noirâtre^ les autres parties inférieures d’nn brun noirâtre, mais le plus souvent , chez l’adulte, d’un noir parfait ; les oreilles sont longues et pointues. La membrane interfémorale est large environ d’un demi-pouce , elle entoure la région du coccyx et n’est point couverte ni cachée par les poils de cette partie •, sa forme est un V renversé.

Dimensions du vieux mâle. De la pointe du museau à l’extrémité intermédiaire de la membrane j i 5 pouces 5 distance du bord antérieur des yeux à la pointe du nez , 1 pouce 6 lignes ; ântibrachium ,

>7 pouces 7 lignes J envergure, 4 pieds 10 pouces.

Longueur totale des individus de taille moyenne ,11 pouces ; envergure, 3 pieds; longueur de l’humérus, 3 pouces; de l’antibrachium , 5 pouces 8 lignes ; du bord antérieA' df . l’ceil à la pointe du nez , i 3 ligues.

Un jeune de l’année, dont le crâne est figuré. Longueur totale,

7 pouces 6 lignes ; envergure , 2 1 pouces ; distance du bord antérieur de l’œil à la pointe du nez , 7 lignes.

On trouve des différences plus ou moins marquées, dans les teintes du pelage et dans la taille des individus. Le grand nombre de dépouilles de squelettes et de crânes dont j’ai pu disposer m’ont servi à constater l’identité des deux espèces nominales établies par

MM. Geoffroy et Desmarest , sous les noms de Pteropjis ecîulis et Edwardsii. L’individu décrit par Edwards avait le museau noir , celui du Musée de Paris a le miyseau couleur marron ; ceux de notre Musée ont cette partie, les joues et la gorge d’un marron noirâtre. Les teintes au ventre varient aussi du brun clair au roux marron ou au marron noirâtre j le dos est couvert de poils d’un marron noirâtre , sans mélange chez quelques sujets , mais on remarque dans d’autres un mélange de poils noirâtres et de poils cendrés : les derniers sont en plus petit nombre que les noirs. Le roux vif à la nuque et au cou paraît constant dans tous les âges, et la bande transversale et rougeâtre sur les omoplates, est toujours plus ou moins marquée. Edwards, s’il faut l’en croire, dit que l’individu qu’il décrit vient de Madagascar ; ceux du Musée des Pays-Bas ont été envoyés de Banda, et MM. Reinwai’dt, Kubl et van Hasselt, nous ont adressé des sujets de Java, de Sumatra, et de Banca. Les individus de ces îles diffèrent un peu entre eux par les teintes du pelage , et de ceux du Musée de Paris, qui sont de Timor. Les plus petits individus dont nous avons pris la mesure ont une envergure de ai et de 36 pouces ; celui d’Edwards avait 45 pouces anglais de vol ; et les sujets de la plus forte taille , qui se trouvent dans notre Musée, ont une envergure de 4 pieds lo pouces. Edwards a probablement été dans l’erreur sur la patrie de sa Roussette de Madagascar; de son temps on était peu soigneux dans ces sortes d’indications, auxquelles on ne mettait point l’importance qu’elles méritent. Au moyen des caractères indiqués il sera facile de distinguer cette Rtgas^tte des autres espèces; elle est la plus grande de toutes.

Synonymie. Vespertilio vampyrus, deLinn. et de Gmel. , n’a rien d’authentique. Cette indication peut être rapportée à VEdulis aussi bien qu’au Rubricollis et au E ulgaris. — Pteropus Ebulis et EnwARSii. Geoiï.,Mnn. du Mus. , vol. i5, pag. 92. — Deux espèces nominales qu’on doit réunir , ce dont j’ai acquis la certitude par l’examen des sujets qui ont servi au Mémoire de M. Geoffroy,

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et par leur comparaison avec les individus adressés au Musée des Pays-Bas. M. Horsfield décrit cette espèce sous le nom de Pteropus Javanicus, Zool. Research, Iw. 4- C’est changer contre une dénomination très-mal choisie, un nom plus ancien, parfaitement Lien imaginé. Il n’existe aucun doute sur l’identité de cette espèce et de celle qui â servi à Séha pour modèle de son Gants volans ter- NATANus orientaeis, TJws. , i>ol. I, pag. 91 , tah. 5']. Le Ternate BAT, figuré par Pennant, vol. 7 . , pag. ^ol^,pl. io3, est encore VEdulis , et c’est à tort qu’on rapporte ces indications , où le vrai et le faux se trouvent entassés , comme appartenant à la Rougette ou à la Roussette de Buffon. Le Lesser ternate bat de Pennant, pag. 3o8, tab. ?to[{,Jîg. i , n’a rien d’authentique. On ne peut en prendre notice vu la courte indication et l’ignorance où l’on est sur le pays natal. M. Geoffroy place cette espèce, dépourvue de queue, comme synonyme de son Pteropus stramineus , qu’il range parmi celles à queue.

Patrie constatée. L’Archipel de l’Inde. On trouve cette espèce à Java , à Sumatra , à Banda , à Ternate , à Timor , et à Saparouan. M.Reinwardtnous adit qu’elle est très-nombreuse dans l’île de Java. Pendant le jour on trouve ces animaux suspendus par les crochets du pouce aux branches des arbres , dans le voisinage des plantations dont ils dévastent les vergers. Leurs essaims nombreux se mettent en mouvement vers le déclin du jour; c’est alors que les naturels en font la chasse au moyen d’un sac attaché à une longue perche ; ils les mangent et trouvent leur chair bonne, mais l’odeur infecte qu’ils répandent dégoûte les Européens ; cette odeur très-forte de musc est produite par leur urine , qu’ils répandent lorsqu’on les inquiète ; blessés ou irrités ils font entendre un cri aigu semblable à celui de l’oie. La nourriture de cette Roussette consiste en toutes sortes de fruits. M. Horsfield dit aussi que l’Édule abonde dans les parties basses de l’île de Java ; elle ne visite point les distrrets plus élevés. Plusieui's centaines d’individus choisissent un grand arbre, le plus habituellement une espèce de figuier, voisin du Ficus

ROUSSETTE A FACE miBE. — PTEROPUS PHJIOPS.

Taille de la Roussette intermédiaire du Bengale ; corps trèsgros , trapu ; museau long j yeux plus éloignés des narines que des oreilles ; celles-ci courtes et pointues^ membrane interfémorale large au tibia , mais restreinte , sur toute l’étendue du coccyx , à un rudiment très-étroit , occulte et caché par les longs poils ; envergure étendue , mais les membranes étroites. Point de petite dent anomale entre la première molaire supérieure et la canine 5 incisives petites , les supérieures bien rangées , les inférieures entassées en deux rangs et compi-i niées par les canines (i).

Pelage long , grossier, très-fourni , un peu frisé partout ; coccyx , humérus, antibrachium et les membranes qui en prennent naissance garnies d’un poil frisé.

Un masque d’un noir profond couvre le museau , la gorge , les joues , et entoure l’orbite des yeux; tout le reste de la tête, les côtés du cou , la nuque et les épaules d’un jaune paille ; poitrine d’un roux doré très- vif; toutes les autres parties inférieures à poils de deux couleurs , bruns à la base et d’un jaune paille clair à la pointe ; pelage de l’humérus et de tout le dos d’un noir marron^ mêlé de quelques poils jaunâtres; membranes noires.

Dimensions d’un vieux mâle. Longueur totale , 10 pouces; envergure, 3 pieds 5 pouces; antibrachium, 5 pouces 8 lignes; distance du bord antérieur des yeux à la pointe du nez, i3 lignes; hauteur de l’oreille , 8 lignes.

Cette espèce nouvelle repose sur l’examen de deux individus.

Patrie certaine. Madagascar. Musée des Pays-Bas.

(1) J’attache peu d’itnportauce à ces légères différences dans les dents incisives des Chéiroptères ; le naturaliste doit les signaler, mais on est prévenu de ne pas s’en servir comme premier moyen de reconnaissance. L'accroissement progressif des canines , même dans un âge très-avancé, est la cause principale des anomalies qu’oCFrent les dents incisives; elles sont quelquefois de nature à faire naître des doutes sur l’identité certaine et avérée de l’espèce.

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