ROUSSETTE A TÊTE CENDRÉE. — POLIOCEPHALUS
Taille moindre que celle du Pteropus Edulis ; corps très-gros, encore plus trapu, par rapportau vol, que dans la Roussette à face noire ; membranes interfémorales restreintes à un rudiment très-court*, tout le coccyx dégagé , couvert de longs poils j fourrure abondante sur tout le corps et sur les membres ; les incisives de la mâchoire inférieure un peu écartées entre elles. Oreilles de moyenne longueur, entièrement à découvert et pointues.
Le pelage sur tout le corps , ainsi que sur la face extérieure et intérieure des quatre extrémités , est long , bien fourni , plus ou moins frisé sur toutes les parties inférieures , lisse et couché en dessus , excepté à la nuque , au coccyx et à la face externe des pieds postérieurs 5 ceux-ci sont plus courts que dans aucune autre espèce.
Toutes les parties supérieures de la tête , les joues et la gorge sont d’un cendré foncé, mêlé de quelques poils noirs, clair- semés j la couleur cendrée. se nuance en gris sur le sommet de la tête, et cette teinte forme une bande longitudinale sur le chanfi’ein 5 à l’insertion des oreilles se voit une petite tache noire. Toute la nuque, les épaules et une partie du devant du cou sont d’un beau marron roussâtre ; cette couleur est séparée par une bande noire du cendré couvrant les autres parties du corps ; tout le dos et la poitrine offrent un mélange de poils cendrés et de poils noirs , mais la partie inférieure du dos et la face externe des pieds de derrière sont d’un cendré plus clair, tirant un peu au jaunâtre j le ventre, la région du coccyx et la face interne des pieds , sont aussi de cette teinte, mais elle est plus foncée ; l’antibrachium et la partie de la membrane qui y adhère sont garnis de poils bruns mêlés de quelques poils plus clairs *, la membrane interfémorale large , vers les os métatarsiens , de 10 lignes, diminue graduellement d’étendue et se perd vers la première jointure du genou dans les longs poils de cette partie, où elle est réduite à un rudiment j toute la région qui enveloppe le coccyx en est dépourvue, et cette partie est garnie de poils un peu
i8o MONOGRAPHIES
frises; les oreilles sont de moyenne longueur et nues. Toutes les dents sont absolument comme chez les autres Roussettes , mais les incisives de la mâchoii’e inférieure sont plus écartées, et les deux arêtes des molaires plus saillantes.
Longueur du bout du museau au coccyx, à peu près un pied ; envergure , 3 pieds 3 pouces ; longueur de rantibi’achium , 5 pouces 7 lignes ; l’humérus n’a pu être mesuré , cette partie manquant à l’individu ; distance du bord antérieur des yeux à la pointe du nez , i3 lignes. Un mâle de grande dimension, et d’après les dents parfaitement adulte.
Synonjniie et Patrie. Cette espèce est nouvelle; j’en fis l’acquisition à Londres, avec un grand nombre d’autres objets d’histoire naturelle arrivés récemment de la Nouvelle- Hollande. Un second individu que je viens de recevoir avait été rapporté de l’intérieur de la grande terre de l’Océanie. Les circonstances mentionnées peuvent servir d’indices pour déterminer l’habitation de cette Roussette.
Muséum des Pays-Bas. Un individu monté ; le second , en tout semblable au sujet décrit , était entièrement rongé par les dermestes. J’en ai vu un troisième j)lus petit , au Musée de Paris , et un quatrième à Londres. Le sujet du Musée de Paris porte le nom de Pteropus riibricolïis.
ROUSSETTE LAINEUSE. —P DJSYMJLLUS.
{Planche 10 .)
Taille moindre que la Roussette intermédiaire^ et un peu plus forte que la Keraudren ^ membranes du vol, en proportion du corps , moins étendues que dans les autres Roussettes ; membrane interfémorale rudimentah’e le long des jambes , et nulle à l’entour du coccyx ; seulement visible à la région du calcanéum , le reste étant caché par un pelage touffu. Oreilles petites, pointues, en grande partie cachées dans l’épaisse fourrure. Incisives supérieures
DE MAMMALOGIE. i8i
grandes, égales et bien rangées; inférieures petites et par paire; point de petite dent anomale derrière la canine supérieure ; une fausse molaire large et bilobée derrière la canine inférieure; en tout 4 molaires en haut et 6 en bas. Voyez la figure du crâne.
Pelage très-laineux , long partout ; membranes des flancs pollues en dessus et en dessous ; tous les membres couverts de poils longs ; seulement les os métatarsiens couverts d’une membrane nue; de longs poils à la région du coccyx.
Face, sommet de la tête, joues , gorge et région des ox’eilles d’un brun mêlé de quelques poils gris ; devant et côté du cou , nuque , toute la partie postérieure du cou et la région des omoplates d’un blanc sale un peu jaunâtre ; tout le reste des parties supérieures et inférieures du corps , la partie velue des membranes des flancs , et les quatre extrémités en dessus et en dessous , couverts d’une laine touffue, brun foncé, à pointe des poils couleur d’ocre; oreilles nues , la pointe seulement visible. Membranes d’uu brun foncé.
Longueur du bout du museau à l’extrémité du coccyx , un peu plus de 8 pouces ; les poils dépassent le coccyx d’environ un pouce ; envergure, 2 pied^ pouces; antibrachium, 4 pouces 4 lignes.
Synonymie. Cette espèce nouvelle a été indiquée sous le nom de Pteropus rubricollis par M. de Siebold, naturaliste-voyageur nerlandais envoyé au Japon. Voyez Spîcilegia faunæ Japonicæ. Je m’empresse d’en faire la remarque , afin que les naturalistes de bibliothèques, en s’emparant de cette brochure trop prématurée de M. de Siebold , ne nous fournissent jîoint une synonymie vicieuse et une indication de patrie inexacte du véritable Pteropus rubricollis , qui se trouve à l’île dé France.
Patrie. Le Japon , où elle dévaste les plantations d’arbres fruitiers dans les environs de Nangasaki et de Jedo. Son nom japonais , suivant M. de Siebold , est Sobaosiki.
Le sujet qui a servi à la présente description a été offert au Musée des Pays-Bas par M. Blomhoff, ancien résident nerlandais au Japon.
ROUSSETTE VULGAIRE.— P 7!E/Î OP t/5 VULGARIS.
Taille de V Ecureuil d’Europe ; envergure des plus grands individus, aussi étendue que celle des plus petits suje ts de la Roussette intermédiaire. Oreille petite, pointue, fort peu écliancrée à la partie supérieux'e et latérale. Les incisives supérieures sépax’ées presque également, les latérales à peine plus courtes. Membrane interfémorale courte , entièi’ement. cachée par les poils de la région du coccyx. Pelage épais et grossier. Le dessin d’un crucifix brun -noirâtre sur un fond roux, couvre les parties supérieures. Front et joues d’un roux jaunâtre j museau, tête ,’ cou, nuque et deux bandes sur les côtés du dos parallèles à l’épine, d’un roux jaunâtre très-vif j le milieu du dos et les épaules d’un marron-noirâtre ; le ventre et les autres parties inférieures, celle du pubis excepté, d’un noir plein; la région du pubis et les bras roussâtres ; membranes d’un noir parfait.
Elle paraît sujet à varier. Un individu , conservé au Musée de Paris, et rapporté par M. Roch , a la tête, ainsi que la région des parties génitales, jaunâtres , le reste du ventre noirâtre; il est d’un brun noir en dessus, aux épaules et sur le milieu du dos ; le reste est jaunâtre.
Longueur totale , 8 pouces 4 ou 5 lignes ; qnelques individus ont 9 pouces ; envergure, 3 pieds j quelquefois plus.
Synonymes. Vespertilio ingens dus., Exot. lab., pag. 94. — La Roussette Briss. , Quad.,,pag. 216. — Buff., vol. 10 , tab. 14. — Vespertilio vampyrus Sclireb., Saùgt., vol. 5 , tab. 44 ? figure exacte. Le Vespertilio vampyi'us deLinnée, Gmel., n’a rien de bien détei’miné. — La Roussette vulgaire GeofEr., Ann. du Mus., vol. i 5 , pag.gi. — Cuv., Regn. anim., vol. i, pag. 124. Voyez aussi Ann. du Musée, vol. 7, pag. 227 , où se trouvent des notices trèsintéressantes , communiquées par M. Roch.
Patne certaine. Les îles de France et de Bourbon. On dît qu’on la trouve aussi à Madagascar et peut-être en Afrique. On mange
DE MAMMALOGIE. i83
la chair de cette Roussette; c’est à tort, dit M Roch, qu’on la compare à la chair du lièvre ou à celle de la perdrix ; elle a une saveur particulière qui plaît en général ; celle des jeunes est surtout préférable. Cette espèce ft la Rougette se rassemblent pêle-mêle sur les arbres, où elles sont attirées par l’abondance des fruits et des fleurs ; elles ont toutefois des habitudes différentes , car , hors le moment où elles s’occupent à paître , les Roussettes vulgaires vont se fixer sur de grands arbres au centre des forêts , tandis que les Rougettes s’établissent dans les creux des vieux arbres ou dans des rochers. On ne croit pas qu’elles s’accouplent ensemble ; du moins jamais il n’en provient de mulets.
Musée de Paris : deux individus en très-bon état. Deux autres à Londres. Les deux sujets du Musée de Paris sont étiquetés sous le nom de Roussette de Buffon. Je n’ai pas examiné les molaires ni le crâne de cette Roussette.
ROUSSETTE ROUGETTE.— P OP £75 RÜBRICOLLIS {i).
Taille de moitié moindre que la Roussette édule. Dents incisives plus rapprochées , celles du milieu étant contiguës ; elles sont rapprochées par paire à la mâchoire inférieure. Oreilles petites , cachées dans les poils ; membrane interfémorale rudimentaire entièrement cachée sous les poils crépus du coccyx et des jambes. Oreilles courtes , arrondies , parfaitement cachées dans les poils ci'épus.
Pelage cotonneux , très-frisé, long, rude et très-abondant.
Un large collier d’un rouge roussâtre ou doré couvi’e toute la nuque , les côtés et le devant du cou ; la tête et toutes les autres parties supérieures sont d’un brun jaunâtre, mêlé de poils soyeux d’un jaunâtre clair ; poitrine d’un brun noirâtre ; les autres parties
(i)Ce nom que nous conservons est bien mal choisi, vu que sur huit espèces de grandes Roussettes , sept ont le cou roux , donc cette épithète de RubricoUis leur est applicable. Ce que M. Geoffroy dit du pelage de cette Roussette se borne à ce peu Je mots : Elle est dun gris-brun sur tout le corps , à l’exception du cou , où. règne une couleur très-vive mcle'e d orangé et de rouge.
i84 MONOGRAPHIES
inferieures d’un ton plus gris que le pelage du dos, mais variées de la même manière.
Dimensions données par M. Geoffroy : envergure , 2 pieds ; tête , 4 cent. 5 millim. J’ai trouvé la longueur tfÿtale de 7 pouces 4 lignes , etl’antibrachium de 4 pouces.
La Roussette a cou rouge, Briss., Quad., pag. 217. — Geoffr., Ann. du musée, vol. i 5 , pag. 98. — La Rougette, Buff., vol. 10, tab. 17. — Cuv., Reg. anim. , vol. i, pag. 124. Le Vespertilio vampjrus de Linn., Gmel., peut encore être rapporté ici, ainsi qu’aux articles de Yedulis et du vulgaris.
On ne doit point rapporter ici le soit-disant Pteropus ruhricollis dont M. Siebold vient de faire mention dans une petite brochure écrite au Japon et imprimée à Batavia , Spicilegiafaunœ Japonicœ. Cette espèce est nouvelle 5 nous en fournirons une description sous le nom de Pteropus dasjmallus.
Patrie donnée par les auteurs. Les îles de Bourbon et Madagascar. M. Rocb assure que cette espèce est distincte de la précédente; elle vit dans les arbres creux et dans les trous des rochers. Les couleurs du pelage offrent des disparités bien marquées.
Musée de Paris. J’ai vu dans quelques autres musées des Roussettes étiquetées sous le nom de Rubricollis. On a même donné ce nom au Céphalote de Pérou , dans un catalogue publié depuis peu.
ROUSSETTE PALE, ou FEUILLE MORTE.
— PTEROPUS PJLLIDUS.
Taille moindre que celle des individus de l’âge d’un an de la Roussette édule museau court , un peu obtus ; yeux plus distans des oreilles que de la pointe du nez ; oreilles courtes , arrondies , moins longues que la distance des yeux à la pointe du nez ; membrane interfémorale réunie à la base du coccyx par un rudiment d’une demi-ligne de largeur, entièrement caché sous les poils qui
DE MAMMALOGIE. i85
couvrent cette partie 5 toutes les membranes d’un brun très-clair. Incisives supérieures écartées, les inférieures plus entassées^ toutes les latérales plus grandes que. les intermédiaires ; point de dent anomale à la mâchoire supérieure où se trouvent quatre molaires; à l’inférieure une dent anomale avec cinq molaires, la dernière très-petite et réunie. VoyezXe crâne.
Pelage très-court , mélangé de poils bruns, gris et blanchâtres. La nuque , les épaules et le collier qui entoure la poitrine sont d’un roux de rouille vif dans les adultes , et d’un roux un peu plus pâle chez les jeunes ; tout le dos est cou^rt de poils couchés , lisses , courts et d’un brun pâle; cette teinte est produite par le mélange de poils bruns cendrés et blanchâtres. La tête^ la gorge, le ventre et les flancs sont d’un brun couleur de feuille morte ; toutes les membranes sont d’un brun pâle ou. couleur de feuille morte. Les sexes n’offrent aucune différence dans les couleurs du pelage , et les jeunes de l’année diffèrent des adultes seulement par une teinte généralement plus claire et moins vive des couleurs de leur robe. J’en ai mesuré de 7 pouces en longueur totale, et j’en ai vu de moins grands; ils ressemblaient exactement aux adultes, à l’exception de la légère différence que nous signalons.
Longueur moyenne des adultes , 7 pouces 6 lignes ; envergure , 2 pieds 4 ou 5 pouces;' antibrachium, 4 pouces 6 lignes; distance du bord antérieur des yeux à la pointe du nez , i pouce ; longueur des oreilles, 8 lignes.
On distingue cette nouvelle espèce au manque delà ti'ès-petite fausse molaire à la mâchoire supérieure , qui ne compte que trois grandes et une petite molaires , à sa teinte brune , couleur de feuille morte , à ses petites oreilles arrondies par le bout. Je n’ai point trouvé de variétés dans la couleur du pelage sur six individus d’âge et de dimensions différentes , que j’ai été à même de comparer.
Patrie. L’espèce a été trouvée à l’île de Banda, où elle est trèscommune; elle vit et pourvoit à sa subsistance de la même manière que la Roussette édule , qui abonde aussi dans cette même île.
Musée des Pays-Bas ^ quatre individus montés. Musée de Paris , individu provenant des collections des voyageurs nerlandais.
ROUSSETTE KERAUDREN (i) PTEROPÜS KERJUDRENIUS.
Taille environ d’un quart plus grande que la Roussette grise (Pteropus griseus) ; queue nulle , la membrane interfémorale échancrée comme dans Vedulis , mais seulement rudimentaire à l’entour du coccyx , où elle est cachée et totalement couverte par les poils assez longs de cette partie j oreilles courtes, un peu arrondies j membranes du vol naissant a^eu de distance de la ligne moyenne du dos ; pouce très-long. Toutes les membranes d’un noirâtre trèsfoncé. Dents incisives égales et symétriquement rangées*, une petite dent anomale à la mâchoire supérieure, une correspondante plus forte à l’inférieure; quatre molaires en haut et cinq en bas. Voyez le crâne calqué de la figure publiée dans l’ouvrage de M. Freycinet.
Pelage couché et brun sur le dos ; plus fourni et crépu sur la nuque et aux parties inférieures. Les poils lisses et couchés du milieu du dos sont à peu près noirâtres , mêlés de quelques poils cendi’és très-rares ; mais sur les côtés du dos, vers la limite de la région poilue, se trouve une longue bande en forme de croissant où les poils cendrés sont en plus grand nombre que les poils noirs. Toute la nuque ainsi que les épaules sont couvertes d’un pelage frisé, d’un jaune paille un peu roussâtre; ce demi-collier est terminé en pointe sur les côtés de la poitrine. La tête et la gorge sont d’un brun fauve très-foncé; la poitrine est légèrement teinte d’une nuance plus roussâtre et toutes les autres parties inférieures sont noires, mélangées de poils gris. Les oreilles sont très-petites et un peu arrondies ; les longs poils du coccyx cachent le rudiment de membrane dont cette partie est entourée. Nous avons vu des individus dont le collier jaune est plus clair , et d'autres où cette teinte est légèrement cendi’ée.
(i) Son nom de pays , à.Guiim , l’une des Mariannes, est Fanihi; les Carolinais la désignent par la dénomination de Po&.
i88 MONOGRAPHIES
pelage du cou long et frise ; membrane des flancs naissant à peu de distance de la ligne moyenne du dos ; membrane interfémorale peu large aux membres , rudimentaire et en partie cachée au coccyx.
Les poils du cou sont longs et frisés , ceux du dos au contraire courts et couchés. Toutes les parties inférieures sont d’un gris roussâtre, souvent d’un blanc jaunâtre ou légèrement teinté de roussâtre ces poils sont assez longs , très-légèrement frisés sur la gorge ; la tête et la nuque sont d’un roussâtre très-clair , et les poils de ces parties sont comme frisés 5 ceux du dos ont une teinte roussâtre très-claire , passant presqu’à la couleur lie de vin. Cette espèce est bien caractérisée par ses oreilles très-courtes , terminées en pointe.
Longueur totale de 6 pouces à 6 pouces 6 lignes 5 distance du nez au bord antérieure de l’œil, 9 lignes; longueur de l’antibrachium, 3 pouces 7 lignes ; longueur totale , 6 pouces ; mesure prise sur une femelle jeune. Un mâle adulte m’a fourni les dimensions suivantes : longueur totale , 8 pouces; envergure, 21 pouces; antibrachium, 3 pouces 10 lignes; humérus, 2 pouces 7 lignes; distance du bord antérieur des yeux à la pointe du nez , 1 1 lignes.
Synonymes. Cette espèce, qui est du nombre des découvertes faites par l’expédition française aux Terres Australes, a été décrite et figurée par M. Geoffroy dans les Annales du Muséum , vol. i 5 , pag. 94 , pl. fi. Je reproduis la figure dans cette monographie.
Patrie. L’espèce a été trouvée par feu Pérou dans l’île de Timor.
Elle est facile à reconnaître aux teintes très-claires du pelage , à ses oreilles très-courtes , à sa petite taille et à la réunion de ses membranes du vol qui se joignent à peu de distance de la ligne moyenne du dos. L’espèce est établie sur l’examen de deux individus.
Muséunis des Pays-Bas et de Paris.
Patrie. M. Reinwardt a rapporté les deux individus mentionnés del’ilede Ternate.
Musée des Pays-Bas.
ü, ROUSSETTE MÉLANOCÉPHALE. —
ME LANO'CEPHAL US.
Planche XII.
Taille de la sérotine d’Europe. Oreilles petites , courtes et arrondies 5 queue nulle , membrane interfémorale rudimentaire à peu près toute cachée par lespo‘ils du coccyx et des jambes. Museau très-court, incisives contiguës , symétriquement rangées ; une dent anomale assez forte à chaque mâchoire ; outre ces dents , trois molaires à la supérieure et quatre à l’inférieure \ la première molaire de la mâchoire supérieure munie d’un talon, ce qui la rend hilohée. Voyez le squelette et les détails de grandeur naturelle , pl. 16, fig. 3 et 4 -
Pelage un peu long et bien fourni, excepté sur le devant du cou ; le coccyx , les jambes et l’antihi'achium couverts ; les poils du dos de deux couleurs , d’un blanc jaunâtre à la base et d’un cendré noirâtre à la pointe \ nuque , sommet de la tête et museau noirs 5 des poils divergens d’un centre commun siir les côtés du cou , servant probablement à couvrir un appareil dont suinte une humeur odorante (i). Toutes les autres parties inférieures d’un blanc jaunâtre et terne j système cutané d’un brun foncé.
Longueur totale d’une vieille femelle à tétines longues , 2 pouces 10 lignes 5 antibrachium, i pouce 7 lignes j envergure, ii peuces.
Nous sommes redevables de la découverte de cette très-petite espèce à M. Van Hasselt , qui a trouvé cette Roussette dans un voyage fait dans les parties les plus solitaires de l’île de Java. La note manuscrite de ce naturaliste nous apprend qu’il en fit la capture dans les régions monlueuses du district de Bantam, où l’espèce porte le nom
(i) On observe un appareil semblable dans la Rosette mammilèvre et dans quelques autres espèces de Chéiroptères.
DE MAMMALOGIE. igi
de Batoeawwél ; il n’en put trouvei' qu’une petite famille suspendue à un arbre.
Patrie. L’île de Java.
Musëe des Pays-Bas , des individus montes et le squelette.